‹ Dictionnaire des drogues simples et composées ou dictionnaire dhístoire naturelle médicale de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 11 sur 193 · CHARBON · texte numérisé non relu

CHARBON

On prépare avec la graine du chanvre, des émulsions rafraîchissantes qui produisent de bons effets dans les cas de blennorrhée. L’infusion de ses feuilles sert à préparer, dans l’Inde orientale, une boisson enivrante qui jette dans un état de somnolence et d’extase.

On sait que le rouissage du, chanvre fait périr le poisson dans les eaux stagnantes ; mais nous pouvons assurer que ces effets délétères sont à peu près nuis dans les eaux vives. Si nous ne sommes pas dans l’erreur sur ce point , on ne peut concevoir les motifs des administrateurs des eaux et forêts de certains départemens , qui défendent, dans le prétendu intérêt des pêcheurs , le rouissage du chanvre dans les rivières , et le permettent dans les eaux stagnantes qui avoisinent celles-ci. Cependant ces lagunes d’eaux dormantes sont des espèces de réservoirs où les poissons se réfugient à la suite des inondations, et contribuent à repeupler les rivières, quand de nouvelles inondations viennent à faire rentrer les poissons dans lamasse des eaux courantes. On détruit donc ainsi une grande quantité de petits poissons, souvent même la génération de l’année, c’est-à-dire celle qui provient du frai déposé dans ces lagunes lorsque les inondations ont eu lieu au commencement de l’été.

Une autre considération beaucoup plus importante ( car la santé publique y est intéressée) devrait faire prohiber le rouissage du chanvre dans les mares. On sait que cette opération a lieu pendant la saison la plus chaude de l’année , saison dans laquelle les gaz et les miasmes qui naissent de la décomposition putride du parenchyme du chanvre émanent en abondance , et forment autant de foyers d’infection capables de déterminer des maladies pernicieuses, et de porter la désolation dans le voisinage. (A. R.)

CHARBON , Carbone, etc. On a donné le nom de charbon a divers produits naturels et artificiels, dans lesquels le carbone a été mis à nu par des procédés des arts, ou par des altérations qui résultent de la réaction spontanée des corps les uns sur les autres.

L’origine et la nature de ces produits divers leur a fait don^

lier des dénominations différentes. Voyez les mots Anthracite , Charbon animal, Charbon de bois, Charbon minéral, Charbon végétal, Diamant, Houille, Noir de fumée, Noir d'ivoire, Noir d’os, Tourbe carbonisée, etc.

Parmi les produits que nous venons d’indiquer nominativement, il y a des corps formés de carbone pur, d’autres où le carbone se trouve mélangé à d’autres substances. (A. C.)

CHARBON D’ÉPONGES. On prépare le charbon d’ éponges de la manière suivante : on introduit dans un creuset de terre des rognures d’éponges (i) ; lorsque le creuset est plein, on y adapte un couvercle que l’on fixe avec des fils de fer ; on lute le point de jonction du creuset et du couvercle , en ayant soin de laisser un passage pour les vapeurs.

L’appareil étant ainsi disposé , on place le creuset dans un fourneau, au milieu de charbons ardens : les éponges exposées à l’action de la chaleur se décomposent, les parties volatiles se dégagent, et le charbon reste dans le creuset. On laisse refroidir le vase; on retire le charbon que l’on pulvérise, et l’on conserve la poudre tamisée dans une bouteille bien fermée.

Le charbon d’éponges est employé comme résolutif dans les affections scrofuleuses et contre les engorgemens glandulaires ; on le donne en poudre à la dose de i à i gros deux ou trois fois par jour. Il est probable que les bons effets que l’on a obtenus de l’emploi de ce charbon sont dus à la présence des sels, et particulièrement des combinés d’iode qui peuvent y exister ; on l’applique en sachet sur les tumeurs (2). (A. C.)

CHARBON ANIMAL, Charbon d’os , Noir animaT, Noir d’ivoire, Noir d’os . On a donné le nom de charbon animal au produit composé de carbone , de carbonate et de phosphate de

(t) La préparation du charbon d’cpongcs doit être faite avec les éponges lavées ou non lavées. Nous pensons que les produits qui constituent le charbon préparé avec les éponges non lavées doivent jouir d’une plus grande efficacité que ceux préparés avec les éponges lavées , le lavage dissolvant une partie des matières solubles.

(2) M. Gaulthier de Clanbry a reconnu l’iode dans les cendres des éponges.

chaux, et de quelques sulfures qui résultent de la calcination des os en vase clos. Cette carbonisation s’opère de diverses manières, et particulièrement dans des marmites ou dans des cylindres. Suivant l’un de ces procédés, celui où les cylindres sont employés, 011 recueille les produits liquides qui résultent de la décomposition des os. En suivant l’autre , les produits qui se volatilisent, s’échauffent, brûlent, et contribuent à la carbonisation.

Premier procédé. Appareil à cylindre.

On introduit dans un ou plusieurs cylindres réunis dans un four bâti en maçonnerie, des os débouillis (1) , concassés; lorsque les cylindres sont pleins, on ferme le bout antérieur avec un tampon fixé par des clavettes ; l’autre extrémité est terminée par une buse à laquelle on adapte des allonges en plomb qui vont aboutir à des vases destinés à condenser les vapeurs qui se dégagent pendant la calcination.

Lorsque l’appareil est monté , on lute les jointures avec de la terre délayée convenablement ; 011 allume du feu sous les cylindres; 011 conduit le feu jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus de parties volatiles. Cette opération en grand dure ordinairement 36 heures. On arrête l’opération , on ouvre les cylindres, on tire les os dans des étouffoirs carrés, on les ferme. Lorsque le charbon est éteint (2) , on le sort de l’étouffoir , on le répand sur le sol , et 011 le réduit en poudre à l’aide de moulins ou de meules mises en mouvement par des animaux ou par des machines à vapeur. Le charbon pulvérisé est ensuite passé à travers un tamis plus ou moins serré.

Deuxieme procédé. Appareil à marmites .

O11 emplit d’os débouillis plusieurs marmites de fonte , on les assemble par paires, et on les renverse les unes sur les autres de manière à former des espèces de cylindres dont * ' 1 — —————— % “ 1 4

(1) On a donne le nom d’os débouillis aux os dont on a retire le suif î’aide de l’eau et de la chaleur.

(2) Le charbon animal qui ne serait pas tire dans un étouffoir , briderait, et laisserait pour résidu du phosphate de chaux , etc.

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