‹ Dictionnaire des drogues simples et composées ou dictionnaire dhístoire naturelle médicale de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 122 sur 193 · Tome II · texte numérisé non relu

Tome II

tant pas essentiellement des qualités amères de ces substances, mais des principes volatils particuliers qu’elles contiennent, ces espèces sont des médicamens magistraux ou extemporanés, et sous ce rapport, ils ne doivent pas être rigoureusement compris dans la classe des espèces telle que nous l’avons définie en tête de cet article.

Espèces apéritives ou diurétiques. Prenez racines de chiendent , d’asperge , de pissenlit , d’oseille , de chaque , 4 gros ; réglisse ratissée, 2 gros ; nitrate de potasse, 1 gros. Pour deux litres de boisson.

Espèces aromatiques ou stimulantes. On les prépare surtout avec les sommités fleuries des plantes de la famille des Labiées, telles que celles de sauge, de mélisse, de thym, de serpolet, d’origan, d’hyssope et de menthe poivrée. Ces plantes sont douées d’une légère amertume ; mais elles doivent leurs propriétés générales à des huiles volatiles qu’il importe de conserver dans l’infusion , laquelle par conséquent, doit s’opérer à une température douce et dans des vases fermés.

Espèces astringentes. Prenez râpure de corne de cerf, d’os ou d’ivoire, 1 once; riz lavé, 3 gros; racines de tormentille et de bistorte, de chaque, un gros; réglisse, 1 à 2 gros. Pour 2 litres de boisson. On prépare encore des espèces astringentes dans lesquelles n’entre point la râpure de corne de cerf ni le riz: ce sont des matières éminemment astringentes, telles que les écorces de grenade , la racine de rathania , les fleurs de roses rouges , etc.

Espèces carminatives. Les fruits de la plupart des Ombellifères, et quelques fleurs de Synanthérées ou de Légumineuses, entrent dans les espèces carminatives. On emploie principalement les fruits d’anis, de fenouil, d’aneth, d’angélique; les fleurs de camomille et de mélilot. La dose est de 4 gros à une once pour un litre d’infusion , qui doit se préparer dans des vases clos, à cause de la volatilité des principes d’où dépendent leurs propriétés.

Espèces diurétiques. V. Espèces apéritives.

Espèces émollientes. Elles se composent de feuilles et de ra-

cinés de mauve, de guimauve, de bouillon blanc, ainsique d’une foule de plantes où le mucilage est abondant. Les farines émollientes, telles que celle de lin , les bulbes d’ognons et d’autres Liliacées, font aussi partie de ces espèces. Elles sont spécialement destinées pour l’usage externe , en lavemens ou en fomentations. Pour cela on en fait bouillir une forte poignée, particulièrement des feuilles de mauves et des racines de guimauve, dans 2 livres d’eau. Le résidu sert aussi à faire des cataplasmes émolliens. Les espèces émollientes destinées à l’usage interne sont nommées espèces pectorales. V. ce mot.

Espèces pectorales ou bèchiques. Prenez fleurs desséchées de mauves, de violettes, de tussilage, de pied de chat et de coquelicot; feuilles de capillaire et d’hyssope. Incisez , mêlez et conservez pour l’usage. On en prépare des tisanes adoucissantes , que l’on édulcore , soit avec de la racine de réglisse , soit avec un sirop approprié. Les Fruits bèchiques , tels que les dattes, les jujubes, les figues et les raisins secs, sont employés en décoction dans les mêmes circonstances que les espèces pectorales. On combine quelquefois leur décoction avec l’infusion de celles-ci.

Espèces purgatives. Prenez manne en sorte, 2 onces; feuilles de séné ou follicules de séné , 2 gros ; rhubarbe choisie , 1 gros. Pour une potion de 3 à 4 onces, dont on augmente l’activité par l’addition de 2 gros d’un sel purgatif, tel que le sulfate de soude ou de magnésie.

EsPÈces sudorifiques. Prenez bois de gayac râpé, une once et demie; racines de salsepareille et de squine, de chaque, 2 onces; bois de sassafras , 3 gros ; réglisse, une demi-once. Pour 3 litres de boisson. On ajoute à ces espèces des substances purgatives , telles que du séné et de la rhubarbe , à la dose de 2 gros à une demi-once. Elles sont administrées dans le traitement des maladies syphilitiques.

Espèces vulnéraires , connues vulgairement sous les noms 1 de Faltranck et vulnéraire suisse. Elles se composent de [ plusieurs plantes indigènes , assez abondantes dans les bois et f les montagnes. Voici l’énumération des principales : pervenche ,

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