‹ Dictionnaire des drogues simples et composées ou dictionnaire dhístoire naturelle médicale de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 124 sur 193 · ESTRAGON · texte numérisé non relu

ESTRAGON

d’acides acétique et succinique, plus une petite quantité d’huile de succin. V. Acide succinique et succin. (A. C.)

ESPRIT DE VIN. V. Alcool.

ESPRIT VOLATIL AROMATIQUE HUILEUX DE SYLVIUS. V. Alcoolat aromatique huileux.

ESPRIT VOLATIL DE CORNE DE CERF. On a désigné sous ce nom , un liquide aqueux tenant en dissolution du sous-carbonate d’ammoniaque sali par un peu d’huile animale de Dippel rendue soluble par un excès d’alcali. Ce produit s’obtient de la manière suivante. On prend une cornue de terre lutée d’avance , on y introduit des morceaux de corne de cerf, de manière à la remplir aux trois quarts de sa capacité ; on la place dans un fourneau à réverbère garni de son dôme : on le fait communiquer, à l’aide d’une allonge , à un ballon tabulé supportant un long tube droit, ouvert à son extrémité supérieure. L’appareil étant ainsi disposé, 011 luteles jointures; et !orsque;lesluts sont secs, on allume le feu sous la cornue ;?on procède à la distillation, que Ton continue jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de dégagement de gaz; 011 laisse refroidir l’appareil, on le démonte , on recueille séparément les produits solides et liquides. Les premiers, c’est-à-dire le charbon et le sous-carbonate d’ammoniaque huileux , restent dans la cornue et dans l’allonge; les seconds passent dans le ballon. Ceux-ci offrent deux couches bien distinctes : l’une, plus légère est l’huile empyreumatique; l’autre, qui' occupe le fond du vase , est le sous-carbonate liquide. On les sépare l’un de l’autre , et on les conserve dans des flacons bien fermés. On purifie l’esprit de corne de cerf en le soumettant à la distillation à une douce chaleur, et recueillant les trois quarts du produit. On doit le conserver dans des flacons fermés, placés à l’abri de la lumière. Malgré ces précautions , ce produit se colore au bout d’un certain temps ; pour lui rendre ses propriétés, on le soumet à une nouvelle distillation. Ce liquide est administré comme stimulant et comme diaphorétique. On le donne à la dose de 4 à 8 grammes (1 à 2 gros). (A. C.)

ESTRAGON. Artemisia Dracunculus, L.— Rich.Bot. méd.

I t. I , p. 38o. ( Famille des Synanthérées, tribu des Corymhi-

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ières, Juss. S y nge'nésie superflue, L.) Plante herbacée , originaire de la Sibérie, et cultivée dans les jardins d’Europe. Sa tige dressée, rameuse, cylindrique, glabre, haute d’environ a pieds , porte des feuilles alternes , sessiles , entières , lancéolées, très étroites, glabres, et épaisses. Ses fleurs, composées de fleurons jaunâtres , forment de petites têtes disposées en épis axillaires, et dont l’ensemble constitue une panicule allongée. La saveur aromatique et agréable des feuilles d’estragon est due à la présence d’une grande quantité d’huile volatile que l’on extrait par distillation. Cette huile est employée par les vinaigriers pour donner un goût excellent aux vinaigres qui servent à assaisonner les salades. On se sert vulgairement des feuilles fraîches d’estragon comme condiment culinaire. Cette plante est un médicament stimulant , rangé par les thérapeutistes dans la classe des Antiscorbutiques ; mais il est rarement mis en usage.

Les propriétés antiseptiques qu’on lui accordait autrefois sont imaginaires. Son odeur forte peut masquer les émanations fétides qui s’exhalent des lits d’une foule de malades attaqués d’une maladie épidémique, mais ne détruit nullement les miasmes qui forment le foyer de l’infection. (A. R.)

ESTURGEON. Acipenser. Genre de Poissons Chondroptérygiens, qui renferme plusieurs espèces (particulièrement YAcipenser Huso, L.) dont la vessie natatoire et les intestins servent à préparer Pictliyocolle. [V. ce mot.) La chair de l’esturgeon commun ( Acipenser Sturio, L.) est un aliment très recherché. Salée ou marinée, elle forme un objet de commerce assez important. Les œufs de cette espèce, ainsi que de celle de VAci— penser Huso, servent à préparer le caviar, dont l’usage est si considérable chez les peuples du Nord. V . Caviar. (A. R.)

ÉSULE. Esula. On donnait anciennement ce nom à plusieurs espèces du genre Euphorbe. Linné l’a restreint comme nom spécifique à l’une d’elles , que nous décrirons plus bas sous le nom d’ÉsüLE officinale. Le tithymale (E. Cyparissias, L.) était la petite ésule ( Esula minor) des boutiques ; I’Euphorbe des marais ( Euphorbia palustris, L.) , ainsi que I’Épurge ( Euph . Lathyris, L.)ont été appelées grande ésule ( Esula major). Enfin*

on nomme communément Ésule ronde, T Euphorbia Peplus et VE. helioscopia, L., qui croissent abondamment dans les lieux cultivés. V . tous ces mots. (A. R.)

ÉSULE (GRANDE). V. Épurge.

ÉSULE (PETITE) F.Tithymale.

ÉSULE OFFICINALE. Euphorbia Esula , L. Cette espèce d'eupliorbe croît dans les provinces méridionales de FEurope. Elle a des affinités avec F Euphorbia Cyparissias que F011 trouve si communément dans nos champs, mais elle est plus grande dans toutes ses parties. Ses tiges nombreuses, vivaces, s’élèvent à plus d’un pied, et portent des feuilles lancéolées , sessiles, mucronées, très entières et glabres. Les fleurs forment une fausse ombelle au sommet des rameaux ; les ovaires sont glabres, marqués sur leur convexité de points glanduleux ; les graines sont lisses et d’une couleur brune ; la racine est petite et rougeâtre, couverte d’une écorce mince , qui était autrefois usitée comme purgatif hydragogue , et comme émétique ; mais la violence de ce remède en a fait abandonner l’usage. On l’apportait sèche des départemens méridionaux de la F rance. (A. R.)

ÉTAIN. Stannum, Jupiter. L’étain est un corps simple métallique , qu’on rencontre dans la nature , et dont la connaissance remonte à la plus haute antiquité. D’après divers auteurs, ce métal était en usage du temps de Moïse , et les Phéniciens, qui en taisaient un grand commerce, le tiraient d’Espagne où ils avaient établi des colonies. Les Romains paraissent avoir exploité les ruines de l’Angleterre. Les mines d’étain qui existent dans les Indes orientales, telles que les mines de Bancae t d zMalaca, fournissent des étains très appréciés dans le commerce. La province de Cornouailles (Angleterre) est, après l’Inde, la contrée la plus riche en mines d’étain : elle fournit plus de ce métal à elle seule que tous les autres états européens. La Saxe, la Bohême, l’Amérique méridionale possèdent aussi de ces mines. Des recherches laites en France , dans le but de trouver des mines d’étain propres à être exploitées, et de diminuer le tribut que nous payons à la Saxe et à l’Angleterre pour la fourniture de

l’étain employé dans nos fabriques, n’ont pas été totalement infructueuses. On a déjà découvert trois de ces mines. La première, située à Vaury (Haute-Vienne) a été exploitée par les anciens. Depuis i8oq, l’administration y a fait faire quelques travaux. La deuxième a été reconnue à Ségur (Corrèze), et n’a été le sujet d’aucune recherche. La troisième, à Piriac (Loire-Inférieure) , située sur les bords de la mer, a nécessité des recherches qui ne sont pas encore terminées.

L’étain existe dans la nature sous deux états : i°. combiné avec Voxigene (formant l’oxide d’étain mêlé avec de l’oxide de fer et de silicium , et aussi avec l’oxide de fer et avec de petites quantités d’arsenic) ; 2°. combiné au soufre (formant le sulfure d’étain). Ce sulfure est souvent allié à du sulfure de cuivre. L’oxide, qui est le seul minéral dont on extrait le métal, est d’un brun foncé, quelquefois translucide, le plus souvent opaque , d’uue pesanteur spécifique considérable. Il est presque toujours cristallisé. Sa forme ordinaire est celle d’un prisme à quatre pans, surmonté de pyramides: souvent ces cristaux se croisent, et forment par cette réunion des angles rentrans , auxquels on a donné le nom de bec d'étain. L’étain a été trouvé aussi à l’état natif ; mais les minéralogistes ne sont pas d’accord sur ce lait. Le plus grand nombre des savans pensent que le métal qu’on, a trouvé dans la nature provient d’anciennes exploitations.

Extraction. L’oxide est en roche , ou disséminé dans les sables. Dans le premier cas , on bocarde la mine, et on lave la poudre qui en résulte pour séparer les parties terreuses de l’oxide. On se sert, pour ce lavage, de caisses, puis (Je tables dormantes . L’eau , en passant sur le minerai , entraîne la poudre fournie parla gangue, qui est moins pesante que l’oxide d’étain ; celui-ci reste sur la table. Lorsque la mine provient d’un terrain d’alluvion , on procède à un lavage qui se pratique de plusieurs manières, selon la disposition des lieux. Si le minerai contient des sulfures de cuivre , de fer , de l’arsenic , on le grille à un degré de chaleur qui n’excède pas le rouge brun , et dans un fourneau de réverbère. Par ce grillage, on volatilise presque tout l’arsenic • on décompose la plus grande

ÉTAIN. 44,i

partie des sulfures ; 011 convertit le soufre en gaz sulfureux qui se dégage , en|sulfates et en oxides de cuivre et de fer qui restent mêlés à l’oxide d’étain. Lorsque le grillage est terminé, on jette le résidu encore presque rouge dans des cuves pleines d’eau ; les sulfates de cuivre et de fer se dissolvent , et les oxides insolubles forment un résidu ; on décante les liqueurs, et on les fait évaporer pour obtenir les sulfates, qu’on sépare lorsqu’ils sont cristallisés ; on soumet alors les oxides au lavage. L’oxide d’étain, plus pesant, reste sur la table, tandis que la plus grande partie des oxides de fer et de cuivre est entraînée par l’eau. Quelquefois l’oxide d’étain est encore mêlé à du fer ; on sépare ce métal en se servant d’une pierre d’aimant.

Lorsqu’on a obtenu l’oxide d’étain, on procède à sa réduction en métal : pour cela , on se sert de charbon; on prend parties égales de minerai et de charbon, on ajoute de l’eau, on mélange , puis on jette le mélange humide dans un fourneau à manche, de la hauteur de i4 à ? 5 pieds, et dont la sole est en granit. L’oxide d’étain se décompose, il passe à l’état de métal; celui-ci tombe dans la partie inférieure du fourneau , et de là dans un bassin de réception , d’où 011 le fait passer de temps en temps dans un bassin destiné à le recevoir. On obtient encore l’étain en traitant l’oxide dans un fourneau de réverbère chauffé à la houille. Ces divers modes sont en rapport avec la nature du minerai et celle des localités.

L’étain ramené à l’état métallique a quelquefois besoin de subir une nouvelle opération qu’on appelle le raffinage. Nous ne nous étendrons pas davantage sur ces opérations qui tiennent à la métallurgie , et nous indiquerons à nos lecteurs les ouvrages où ils peuvent puiser des détails sur ces opérations, qui pourraient faire des volumes entiers (1).

L’étain est un métal blanc, dont la couleur se rapproche beaucoup de celle de l’argent. II est plus dur que le plomb ;

'(i) Brongniart, Minéralogie; Girardin et Lecoq, Elcmcns de Minéralogie; | Diet. technologique, ait. Étain , t. VIII , p. 268.

plié en différens sens , il fait entendre un certain bruit auquel on a donné le nom de cri de V étain, qui est plus ou moins fort, selon que l’étain est plus ou moins pur. Il est susceptible de se réduire, par l’action du laminoir, en lames minces ; il passe difficilement à l’état de fils. L’étain est d’une pesanteur spécifique de 7,291, et de 7,299 quand il a été écroui. (Brisson.) Ce métal, selon Cricbton, est fusible à 228° centigrades. Lorsqu’il est fondu , il exige un haut degré de température pour se réduire en vapeur. Si , lorsqu’il est en fusion, on le laisse refroidir lentement, et que l’on perce la surface pour faire couler le métal qui n’est pas encore solidifié , on remarque , dans la cavité , des cristaux qu’on a reconnus pour des prismes rhomboïdaux. L’étain exposé à l’air, perd de son brillant et prend une couleur noirâtre; fondu et laissé en contact avec l’air, sa surface se recouvre d’une pellicule grise qui passe par l’action de la chaleur à la couleur jaune. Si l’on chauffe fortement, le métal prend feu ; ilbrûle en se convertissant en oxide blanc, qu’on peut ob* tenir cristallisé. L’étain s’unit au soufre, au sélénium , au phosphore , au chlore et à l’iode. Avec divers métaux , il forme des alliages. Ce métal chauffé au rouge, et mis en contact avec l’eau à l’état de vapeur, la décompose. Cet effet n’a pas lieu à une basse température.

L’étain est employé dans une foule de circonstances. A l’état d’alliage avec le cuivre , il forme le métal de cloche , celui avec lequel on fabrique les canons. Uni au plomb, il forme la soudure des plombiers ; en feuilles très minces , il sert dans l’étamage des glaces ; allié au fer, il forme le fer-blanc. O11 se sert, dans quelques provinces de France, de vaisselle d’étain; on en fait aussi des instrumens employés dans l’économie domestique. L’emploi de l’étain dans ce cas a été pendant long-temps le sujet de craintes : on pensait que ce métal contenait de l’arsenic qui pouvait être dissous et porté dans l’économie animale. Cette opinion fut combattue, et des expériences faites en 1781, par Bayeii et Charlard , démontrèrent que les étains de Banca et de Malaca, qui avaient été suspectés, ne contenaient pas d’arsenic ; que les autres étains n’en contenaient au plus qu’un

six— centième de leur poids , et souvent moins ; et que cette quantité était incapable de donner à l’étain des qualités vénéneuses.

L’étain en limaille ou en poudre est employé dans l’art médical comme antbelmintique. On l’administre surtout contre le tcenia. La dose est 12 décigrammes à 4 grammes (24 grains à

I gros). Le docteur Àlston indique la limaille à la dose de 32 grammes (1 once), mêlée à 128 grammes (4 onces) de mélasse , le matin à jeun , et à celle de 6 grammes (1 gros et demi) les 2 jours suivans. Après avoir fait prendre ces doses , on administre un purgatif. On le donne aussi à l’état de bols à la dose de 4 grain, à 16 (1 gros à 4) ? en se servant pour l’amener à cet état d’une quantité convenable de gomme adraganthe.

L’étain est employé comme réactif pour précipiter l’or de ses dissolutions; le précipité est d’une belle couleur pourpre.

II fait aussi reconnaître la présence des tungstates solubles , avec lesquels il donne un beau précipité bleu. (A. G.)

ETAMINES. Stamina. On nomme ainsi l’appareil générateur mâle des plantes. O11 y distingue ordinairement deux parties, savoir: i°. Y anthere , sorte de bourse qui renferme le pollen ou la poussière fécondante; 20. le filet, qui soutient ordinairement l’anthère' Il arrive souvent que le filet manque , et alors l’antlière est dite sessile. Celle-ci est donc la partie essentielle de l’étamine ; on la trouve quelquefois à une seule loge ; mais dans la plupart des cas elle est biloculaire ; quelquefois les deux loges sont écartées, et placées aux deux extrémités d’un filet transversal , qui a reçu le nom de connecllj. Le nombre des étamines varie dans les différentes fleurs, depuis l’unité jusqu’à un nombre tellement considérable^ qu’on ne s’arrête plus à les compter. C’est d’après la considération de ce nombre , que Linné a fondé les principales classes de son système sexuel; il a eu égard ensuite à leur grandeur relative et à leur insertion sur le calice ou sur l’ovaire. Nous examinerons plus en détail ces modifications de la structure florale , à l’article Système sexuel. Les étamines n’étant pas employées isolément, nous ne dirons rien de leurs usages, qui

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