‹ Dictionnaire des drogues simples et composées ou dictionnaire dhístoire naturelle médicale de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 134 sur 193 · EXTRAIT D’OPIUM PRÉPARÉ PAR FERMENTATION · texte numérisé non relu

EXTRAIT D’OPIUM PRÉPARÉ PAR FERMENTATION

( Méthode de M. Depeux. ) Prenez opium pur et choisi, ce que vous voudrez ; divisez-le , mettez-le dans de l’eau avec quantité suffisante de ferment de bière ; aidez à la fermentation en plaçant le vase dans un lieu dont la température soit de 20 à 25® centigr. ; lorsque la fermentation se sera développée et que la liqueur sera devenue limpide , étendez d’eau ; passez sur un filtre de papier joseph ; faites bouillir jusqu’à ce qu’elle ait perdu son odeur vireuse ; évaporez ensuite jusqu’en consistance d’extrait. Ce procédé n’est plus guère employé aujourd’hui. Il en est de même du procédé suivant, qui jouissait d’une grande célébrité.

EXTRAIT D’OPIUM PRÉPARÉ PAR DIGESTION. ( Formule de Diest.) On prend opium pur et choisi, 5oo grammes ( 1 livre ) ; eau de fontaine , 2 kilogrammes ( 4 livres ) ; on di~

vise l’opium, et l’on fait bouillir légèrement pendant une demi-heure; on passe ensuite, et Ton conserve la colature ; on fait bouillir le résidu une seconde fois avec la même quantité d’eau ; 011 répète une troisième fois l’épuisement de l’opium ; on réunit les décoctions , on les met dans un vase d’étain ; on place celui-ci sur un bain de sable ; on chauffe la liqueur au point de la faire bouillir , au moyen d’une lampe ; on continue de faire bouillir doucement pendant six mois, en ayant soin de remplacer par de nouvelle eau celle qui s’évapore. On transvase de temps en temps la liqueur pour séparer un dépôt qui se forme au fond du vase. Au bout des six mois , on laisse refroidir, on passe à la chausse, puis au filtre de papier. On fait ensuite évaporer la liqueur filtrée jusqu’à consistance d’extrait pilulaire. On conserve dans un vase bien clos. Ce mode d’opérer, comme on le voit, est long et très dispendieux; cependant il ne fournit pas un extrait qui puisse compenser par ses propriétés les difficultés qu’il y a à vaincre pour obtenir cette préparation.

EXTRAIT D’OPIUM PRÉPARÉ A L’EAU FROIDE, selon la méthode de C arlheuser , modifiée par Croharé. On prend opium pur et choisi , 5oo grammes ( 1 livre ) ; on le divise et on le met en contact avec eau de fontaine, 2 kilogrammes ( 4 livres ). On 1 mêle ensemble, et l’on porte à l’étuve; on laisse en macérai tion pendant deux jours, en ayant soin de remuer de temps en î temps ; après ce temps écoulé , on passe la liqueur , on la laisse i reposer pendant deux jours ; 011 enlève une pellicule qui la re- ) couvre; on filtre, on réduit à moitié à une douce chaleur; on : laisse reposer de nouveau à l’étuve pendant deux jours ; i on sépare les substances solides qui se sont précipitées • on filtre, et l’on fait évaporer jusqu’en consistance d’extrait (1). Le procédé de Josse, modifié par Bucquet, est le suivant : on

' prend de l’opium pur, 011 le malaxe en ayant soin de faire tom-

(1) On pourrait modifier ce procédé en agissant de la manière suivante : ilorsque 1 extrait est en consistance de miel ? on le dissout dans l’eau froide, on filtre et l’on fait évaporer.

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ber sur l’extrait un petit filet d’eau. L’opium se dissout eu partie, la matière gommo-résineuse qui a une odeur désagréable reste dans la main ; on filtre le solutum aqueux , et on le fait e'vaporer à la chaleur du bain-marie • lorsqu’il est à l’état d’extrait , on le conserve dans un vase et dans un lieu convenables.

EXTRAIT D’OPIUM PRIVÉ DE NARCOTINE. {Procédé de M. Dublanc.) Pour priver l’extrait d’opium de narcotine , M. Robiquet a rappelé le procédé d’Alphonse Leroy , qui consiste à délayer l’extrait avec un peu d’eau, aie mettre dans un flacon avec de l’éther rectifié, à agiter fréquemment, à remplacer l’éther qui s’est chargé de la narcotine par de nouvel éther, et à continuer l’épuisement par ce véhicule jusqu’à ce qu’il refuse de se charger de ce principe ; on réunit alors les liqueurs éthérées ; on sépare l’éther par distillation pour l’employer de nouveau à épuiser d’autre extrait. On fait ensuite dissoudre , on filtre , et Ton fait évaporer. M. Dublanc s’étant convaincu que l’éther à froid n’enlevait pas toute la narcotine à l’extrait dépuré, a proposé le procédé suivant (i) : prenez extrait aqueux d’opium , 5oo gram. ( i livre ) ; dissolvez dans eau distillée, 25o grammes ( 8 onces ) ; introduisez le solutum dans le bain-marie d’un petit alambic ; versez par-dessus, éther pur, 325o grammes ( 6 livres et demie); ajoutez à l’appareil une cucurbite et un serpentin; procédez à la distillation pour obtenir y5o gram. ( i livre 8 onces ) d’éther; démontez l’appareil, décantez l’éther qui surnage l’extrait, lavez celuici encore chaud avec l’éther distillé ; faites rapprocher le résidu , dissolvez dans l’eau distillée , filtrez la solution , et faites évaporer de nouveau en consistance convenable : l’extrait ainsi préparé ne contient plus de narcotine. On peut se servir de l’éther que l’on a purifié par distillation, pour traiter de nouveau de l’extrait d’opium. Lorsque l’on prépare l’extrait privé de narcotine, on doit prendre les précautions pour ne pas s’exposer à enflammer la vapeur éthérée ; cette inflamma-

tion pourrait avoir des suites funestes. Les divers extraits dont nous venons de parler ne doivent être délivrés que sur l'ordonnance du médecin.

Extraits préparés par V intermède de V alcool , du sous-carbonate

de potasse et du vin.

EXTRAIT D’ELLÉBORE NOIR DE BACHER. (Codex. ) On prend racine sèche d’ellébore noir mondée et contusée, i kilogramme (2 livres) ; sous-carbonate de potasse, 2Ô0 gram. (8 onces) ; alcool à 12 = 220, 4 kilogrammes (8 livres). On introduit le tout dans un matras , que l’on place sur un bain de sable médiocrement chauffé; on fait digérer pendant 12 heures en agitant de temps en temps ; on passe la liqueur avec expression ; on ajoute sur le résidu , vin blanc vieux de bonne qualité , 4 kilogr. (8 livres) ; 011 laisse en digestion, pendant 24 heures, à une douce chaleur; on passe de nouveau avec expression ; on laisse reposer cette seconde colature, on la décante , on la mêle à la première qui a été tirée à clair, et l’on fait évaporer le mélange à une douce chaleur , pour l’amener en extrait d’une bonne consistance. MM. Henry père et Guibourt ont donné la formule suivante pour la préparation de l’extrait d’ellébore noir , destiné à la confection des pilules toniques. Cette formule, qui est celle de Bâcher, leur a été communiquée, par M. Lodibert, dont l’érudition est bien connue. On verse sur de la racine d’ellébore grossièrement pulvérisée, suffisante quantité d’eau-de-vie alcalisée (1) pour qu’elle en soit parfaitement humectée. On répète cette irroration douze heures après , et après le même espace de temps , on verse sur | le macéré du vin blanc du Rhin , ou , à son défaut , du vin de ! Grave , de manière à ce qu’il surnage de six travers de doigts

Ila masse placée dans une terrine de grès. Après quarante-huit heures d’infusion , on fait bouillir, pendant une demi-heure y dans une bassine d’argent; on passe la liqueur chaude; on

(1) L’eau-de-vie alcalisce se préparé en faisant dissoudre une partie d’alcali du nitre fixe , dans 9 parties de bonne eau-de-vie.

fait une seconde infusion du marc, dans une nouvelle quantité de vin ; on fait bouillir et Ton passe de même; on réunit les deux produits; on les étend de deux parties d’eau bouillante, et l’on fait évaporer jusqu’en consistance de sirop épais. Cet extrait est redissous dans la même quantité d’eau bouillante , et réduit , par l’évaporation*, en consistance d’extrait ferme ; il sert alors à la préparation des pilules. MM. Henry et Guibourt ont déterminé quelle était la quantité de liqueur alcalisée et de vin à employer ; ils ont vu que 5oo grammes (i livre) de racine exigeaient i25o grammes (2 livres 8 onces) d’eau-de-vie alcalisée, et 6 litres de bon vin blanc. Ces auteurs ont indiqué diverses modifications. Elles consistent, i°. à mettre tout le liquide alcalisé en une seule fois; 20. à supprimer les affusions d’eau bouillante. (> V . le mémoire des auteurs, Journal de Pharmacie , t. XIII, janvier 1827.)

Extraits préparés avec les infusions alcooliques .

EXTRAIT DE CANTHARIDES. On prend de la teinture de cantharides, on l’introduit dans le bain-marie d’un alambic, on procède à la distillation pour retirer les trois quarts de l’alcool ; on continue ensuite l’évaporation pour obtenir l’extrait de bonne consistance. L’alcool retiré par la distillation ne doit être employé que pour préparer de nouveau de la teinture. L’extrait de cantharides étant vénéneux, on ne doit pas le délivrer sans ordonnance.

EXTRAIT DE COLOQUINTE COMPOSÉ. ( Pharmacie de Londres.) On prend chair de coloquinte, 24 grammes (6 gros) ; extrait d’aloès pulvérisé, 48 grammes (1 once et demie) ; searn— monée pulvérisée, 16 grammes (4 gros); semences de cardamome en poudre fine, 4 grammes (1 gros); esprit-de-vin à 20°, 5oogram. (1 livre). On fait macérer la chair de coloquinte dans l’espritde-vin , pendant quatre jours ; on passe ; on ajoute à la colature Taloès et la scammonée ; on fait évaporer à une douce chaleur jusqu’à consistance d’extrait; on ajoute vers la fin de l’opéra— lion la poudre de semences de cardamome.

EXTRAIT DE NOIX VOMIQUE. Plusieurs procédés pour

obtenir ce produit ont été publiés. Les produits obtenus doivent différer les uns des autres, l’alcool employé à leur préparation étant plus ou moins défïegmé.

Premier procédé. On prend noix vomique râpée , 5oo gram. (i livre) ; alcool à 12 = 220, 2 kilogrammes (4 livres). On met le tout dans un vase couvert; 011 maintient à une douce température , pendant vingt-quatre heures ; on passe à travers un linge ; on exprime fortement le résidu ; on le fait digérer une seconde fois avec i5oo grammes (3 livres) d’alcool. On passe de nouveau avec expression; on réunit les deux liquides; on soumet à la distillation pour retirer une partie de l’alcool ( les trois quarts). On continue l’évaporation pour obtenir une masse de consistance pilulaire. Cet extrait est administré comme stimulant du système nerveux , et surtout de la moelle épinière. On l’administre à très petite dose d’abord, puis on augmente (graduellement. Cette préparation, et les deux suivantes , 11e doivent pas être délivrées sans l’ordonnance d’un praticien : connu.

Deuxieme procédé. Extrait alcoolique de noix vomique ï de M. Fouquier. On fait digérer des noix vomiques dans l’ai— ]cool à 22— 32°. On renouvelle l’alcool jusqu’à ce qu’il ne prenne ni couleur ni saveur ; on mêle toutes les teintures ; on ï filtre à travers le papier; on distille pour obtenir une partie

Ide l’alcool ; on évapore le résidu en consistance pilulaire. L’extrait alcoolique ainsi obtenu forme environ le douzième de la noix vomique employée. Cet extrait est plus actif que le pré- : cèdent.

Troisième procédé. Extrait sec de noix vomique. On épuise 13 par l’alcool à 36° de la noix vomique râpée. Lorsque l’alcool !)ne lui enlève plus rien , on distille et l’on fait évaporer jusqu’en ^consistance d’extrait; 011 reprend cet extrait par l’eau distillée ; on filtre; on fait évaporer à une douce chaleur jusqu’en consistance sirupeuse. On fait ensuite dessécher à l’étuve l’extrait étendu en couches minces sur des capsules plates.

On doit avoir soin de mettre de côté l’alcool provenant de ces opérations, et de ne l’employer que pour la préparation de

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