CHARDONS
pli que sur les plaies et les ulcères putrides. Mêlé à de la farine de lin , on le fait entrer dans des cataplasmes. Il a été recommandé pour la guérison des maladies cutanées et de la teigne. I/o nguent employé contre ces maladies se prépare en mêlant exactement 4 gros de charbon porphyrisé, 2 onces d’axonge, aromatisant cette préparation à volonté. (À. C.)
CHARDON. Carduus. Le vulgaire désigne sous ce nom collectif une foule de plantes qui n’ont de rapport entre elles que par les nombreux piquans dont elles sont armées; mais les botanistes Font restreint à un genre de la famille des Synanthérées, qui forme le type de la tribu des Carduacées. Comme ce genre ne renferme qu’une seule espèce qui offre quelque utilité en Médecine , nous ne limiterons pas à cette seule plante le nom de chardon , et nous donnerons une courte description des autres plantes auxquelles on a, improprement il est vrai, mais généralement appliqué la même dénomination, suivie d’un adjectif qui en fixe la distinction.
CHARDON A CENT TÊTES. F. Panicaut.
CH ARDON BÉNIT. Centaurea benedicta , L. — Rich. Bot. méd., t. I, p. 366. (Famille des Synanthérées , tribu des Carduacées. Syngénésie Frustacée, L. ) Cette plante croît dans les champs des contrées méridionales de l’Europe. Elle est annuelle et herbacée ; sa tige est rameuse , garnie de feuilles semi-amplexicaules, allongées, offrant de grandes dentelures irrégulières, terminées par une petite épine. Toute la plante est couverte de poils laineux. Les fleurs forment des capitules jaunes , solitaires et terminaux. L’amertume du chardon bénit indique des propriétés fébrifuges, fort préconisées autrefois, et analogues à celles de la chausse- trape, plante qui appartient au même groupe de végétaux.
CHARDON ÉTOILÉ. V. Chausse -TRAPE.
CHARDON À FOULON ou Cardère a foulon. Dipsacus fullonum, L. — Rich. Bot. méd., t. I , p. 4 o5 . (Famille des Dipsacées , Juss. Tétrandrie Monogynie, L. ) Cette plante croît naturellement dans les lieux incultes. On la cultive dans plusieurs pays de manufactures à cause de ses capitules hérissés,
36 CHARRÉE.
qui sont employés par les bonnetiers et les fabricant d’étoffes de laine , pour peigner les tissus et en séparer les poils. Elle a une racine blanche , bisannuelle , qui donne naissance à une tige droite , raide , haute de 3 à 4 pieds , épineuse , creuse intérieurement , un peu rameuse vers la partie supérieure , garnie de feuilles opposées et connées , ovales , lancéolées , aiguës , un peu sinueuses et irrégulières sur les bords. Les fleurs forment à l’extrémité des rameaux un capitule très dense et ovoïde. Cette plante, usitée autrefois comme tonique et apéritive, est tombée dans l’oubli.
chardon hémorroïdal. Sermtuia arvensis, L. Cirsium
arvense, DC. Flore française. Plante de la famille des Synanthérées, tribu des Carduacées , excessivement abondante dans les champs et les vignes qu’elle infeste et dont il est difficile de les débarrasser. Elle passait autrefois pour apéritive , et son nom d’hémorrhoïdal est dérivé de la propriété imaginaire qu’on lui supposait de guérir les hémorrhoïdes ; mais on ne s’en sert plus aujourd’hui.
CHARDON-MARIE. Carduus marianus, L.- — Rich. Bot. méd. , t. I, p. 363. ( Famille des Synanthérées. Syngénésie égale, L. ) Vulgairement Chardon argenté et Artichaut sauvage. Cette plante croît dans les lieux incultes. Sa tige, haute de 3 à 4 pieds, est rameuse supérieurement, garnie de feuilles très grandes, sinueuses , glabres, luisantes , et marquées de taches blanches. Ses capitules sont fort gros , placés au sommet des ramifications de la tige; l’involucre est composé de folioles glabres, garnies sur leurs bords de dents épineuses. Dans certains pays, on mange les feuilles radicales de ce chardon, après en avoir retranché les bords épineux ; elles ont le goût des cardons. La saveur amère de sa racine et de ses feuilles indique des propriétés toniques ; elles ont en conséquence été employées comme fébrifuges; mais on ne s’est pas borné à ce seul usage, et le chardon-marié a été préconisé dans plusieurs maladies contre lesquelles il n’était qu’un remède illusoire.
CHARDON ROLAND ou roulant. V . Panicaut. (A. R.)
CHARRÉE. On a donné le nom de charrée aux cendres qui ,
CHATAIGNIER. 3 7
par le lessivage, ont été privées des sels solubles qu’elles contenaient. (A. C.)
CHATAIGNIER. Fagus Castaneci, L. Caslanea vulgaris, Lamck. — Ricb. Bot. méd. , t. I , p. i3i. ( Famille des Amentacées, Juss. Cupulifères, Rich. Monoecie Polyandrie, L. ) Grand arbre qui forme des forêts entières dans plusieurs contrées de l’Europe et de l’Amérique septentrionale. Le tronc acquiert, par la longévité extraordinaire de cet arbre, des dimensions énormes , et l’on cite comme un des colosses les plus extraordinaires parmi les végétaux , le châtaignier du mont Etna, qui renferme dans son intérieur une maisonnette avec un four; mais il est probable que cet arbre est formé par la soudure naturelle ou greffe de plusieurs individus. Le châtaignier a des branches longues et très étalées , garnies de feuilles lancéolées , glabres et dentées en scie. Les chatons mâles sont longs , dressés , composés d’une foule de très petites fleurs à étamines nombreuses , et exhalent une forte odeur spermatique. Les fleurs femelles naissent dans la partie inférieure de ces cliatons. Le fruit, ou la châtaigne , est enveloppé, au nombre de deux ou trois ensemble, dans une cupule épineuse , charnue , coriace , ayant l’apparence d’un péricarpe , mais qui n’est autre chose que le calice dont l’extension est devenue si considérable après la fécondation, qu’il a fini par recouvrir entièrement les ovaires. La châtaigne, dont le tégument extérieur est brun , rougeâtre , luisant , et l’enveloppe intérieure rouge, mince, fragile, a d’énormes cotylédons entièrement composés d’une fécule sucrée.
La culture a fait développer un assez grand nombre de variétés de châtaignes qui se distinguent entre elles par leur saveur et leur grosseur; les plus grosses de celles-ci portent vulgairement le nom de marrons . Comme les variétés sont désignées par des noms patois qui varient selon les pays , nous ne devons pas les énumérer ici, et nous renvoyons, à cet effet, aux ouvrages d’Économie rurale et cT Agriculture, tels que la nouvelle édition des Arbres et Arbustes de Duhamel, v. III, p. G5, le Traité de la châtaigne de Parmentier, le Mémoire de Desmarets dans le
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Journal de Phy sique pour 1771 et 1772, etc. O11 trouvera également dans ces traités les renseignemens nécessaires sur la culture des châtaigniers , laquelle exige dans le principe quelques soins.
La châtaigne est un aliment sain, puisqu’il n?est composé chimiquement que de beaucoup d’amidon et d’une certaine quantité de matière sucrée mais il est privé ou il ne possède que bien peu de gluten , ce qui fait que le pain de châtaignes est d’une digestion difficile, parce qu’il ne peut lever qu’avec peine sans l’introduction de cette substance azotée qui, étant si abondante dans le pain de froment , lui assure la supériorité sur les autres ali mens.
Le sucre existe dans la châtaigne en assez grande quantité, pour que plusieurs chimistes aient proposé de l’extraire avec avantage. Parmi les procédés qui ont été publiés, on remarque celui de Guerazzi de Florence , qu’on peut regarder comme dérivant du travail de Parmentier , publié en 1 780 , et ayant pour titre Traité de la châtaigne. Le sucre de châtaigne peut être employé à faire de l’eau-de-vie.
Dans quelques départemens méridionaux , et surtout près d’Alais, département du Gard, on conserve les châtaignes par la dessication que l’on opère en les mettant au four, ou en les étendant sur des claies , et entretenant dessous un feu convenablement dirigé. Quand la dessication des châtaignes est achevée, on les enferme dans des sacs mouillés, et l’on frappe dessus
avec des bâtons pour briser et détacher les tégumens, que l’on sépare ensuite en les vannant.
La variété de châtaignes que l’on nomme à Paris marrons de Lyon est la plus estimée de toutes. Ces marrons sont plus gros, plus riches en principes sucrés, et ils ont une saveur et un arôme particuliers qui se développent par la cuisson. Les confiseurs les font glacer au sucre après les avoir fait bouillir dans l’eau, et enlevé les tégumens. L’enveloppe intérieure, rouge et mince, adhère fortement à l’amande , de sorte qu’en voulant la détacher, on brise un grand nombre de marrons, qui dès lors ne sont plus convenables pour être glacés. M. Vernaut, habile
CHAUDIÈRE. 3q,
confiseur de Paris, avait trouvé un moyen très simple d’obvier à cet inconvénient; , moyen qui consiste à faire bouillir dans une eau alcaline les marrons, après les avoir privés mécaniquement du test coriace extérieur 1 L’action de l’alcali s'exerce uniquement sur la membrane rouge , la convertit en une matière noire susceptible d’être enlevée avec la plus grande facilité. Néanmoins , les marrons ne peuvent être soumis à ce procédé qu’au tant qu’ils sont cueillis avant leur complète maturité; plus tard, l’enveloppe intérieure résiste à l’action des agens chimiques.
Le bois du châtaignier est remarquable par sa densité et son défaut d’odeur, qui le rendent très propre à la fabrication des tonneaux; il laisse moins évaporer les principes alcooliques et aromatiques que le chêne et tout autre bois , et il ne leur communique aucun goût quelconque. L’écorce de châtaignier peut être employée pour tanner les cuirs. (A. R.)
CHAUDIÈRE. Les chaudières sont des instrumens qu’on emploie dans les officines, laboratoires, fabriques, etc. Elles sont construites avec des matériaux de différente nature, et elles varient par leur forme, selon les emplois auxquels on les destine .
Les chaudières de fonte sont employées pour préparer ou pour évaporer des dissolutions alcalines. Elles sont sujettes à se casser lorsqu’elles éprouvent brusquement le passage rapide d’une haute température au froid. Lorsqu’on fait évaporer une solution saline dans ces vases, on doit avoir soin de ne pas laisser séjourner les sels à la partie inférieure de cet instrument : la couche saline , en se fondant , pourrait recouvrir le fond , et intercepter le contact du liquide; l’évaporation deviendrait alors plus lente; et si la couche saline venait à se fendiller, le liquide froid’ pénétrerait à travers les fissures, et pourrait donner lieu à la fracture de ce vase. On doit avoir soin , lorsque ces vases sont recouverts de couches salines, d’employer pour enlever ces dépôts des précautions assez grandes, afin que les coups qu’011 donne à ces vases dans la vue d’enlever ces substances ne donnent pas lieu à la destruction de la chaudière. Avant d’employer une chaudière de fonte , il faut examiner si
4o CHAUME.
elle n’a pas de soufflures dans quelques-unes de ses parties. On donne le nom de soufflures à des défauts causés par des cavités intérieures, dues à de l’air qui n’a pu s’échapper lors de la fusion. Le moyen de reconnaître si une chaudière contient des soufflures est le suivant : avec un martelet pointu on frappe doucement sur toutes le parties de la chaudière; si ce vase contient une sôufflure, le son, au lieu d’ètre clair, est voilé lorsqu’on frappe sur la soufflure ; si l’on frappe alors plus fort, on peut faire un trou. Ces recherches sont surtout utiles pour les grandes chaudières en fonte.
Les chaudières en cuivre sont moins employées , à cause de la facilité avec laquelle elles s’oxident ou sont attaquées par les acides. Leur fond doit toujours être plus épais que les parois. Elles offrent la facilité de transmettre plus vivement la chaleur aux liquides, et par conséquent l’évaporation est plus prompte. On doit éviter, dans l’emploi de ces kistrumens, de les mettre en contact avec des substances susceptibles de les attaquer , et de laisser séjourner les liquides dans ces vases. Comme pour les chaudières de fonte, on doit éviter que le fond ne se recouvre de sels qui puissent former, une couche interceptant l’accès du calorique à transmettre aux liquides.
Les chaudières en plomb sont utiles pour la concentration de l’acide sulfurique faible , et pour traiter beaucoup de substances portant un excès de cet acide ( la préparation des acides tartrique et citrique). On doit apporter le plus grand soin dans la manière de les chauffer, et éviter que le fond se couvre de dépôt. L’extrême fusibilité du plomb indique assez la cause de ces précautions.
Les chaudières destinées à l’évaporation des liquides doivent , quelle que soit leur forme , être peu profondes , et présenter une grande surface à l’air : l’évaporation est plus rapide, et il y a économie de combustible. (À. C.)
CHAUME. Cuhnus. On désigne sous ce nom la tige fistuleuse et entrecoupée de nœuds des Graminées. Quelques chaumes n’offrent point de lacunes à l’intérieur, et renferment Une quantité notable de matière sucrée ; tels sont les chaumes
CHAUSSE-TRAPE. 4i
du maïs et du sorgho. On sait que le sucre de canne provient du suc exprimé des tiges du Saccharum officinale . Les nodosités clés chaumes renferment beaucoup de silice. V . Graminées et Sucre. (A. R.)
CHAUSSE-TRAPE ou CHARDON ÉTOILÉ. Centaurea Cal ci trop a , L. — Rich. Bot. méd., t. I,p. 365. (Famille des Synan— thérées , tribu des Carduacées. Syngénésie frustranée , L.) Cette plante est excessivement commune sur les bords des chemins et dans les lieux stériles. Elle a une tige dressée, très rameuse, garnie de feuilles sessiles , lancéolées, aiguës, dentées, incisées ou pinnatifides , les inférieures presque lyrées. Les capitules sont composés de fleurs roses, celles des bords stériles et plus grandes que celles du centre. L’involucre est ovoïde, allongé, formé d’e'cailles imbriquées, terminées par de longues épines très aiguës et divariquées en étoile.
La saveur de la ehausse-trape est très amère. Les feuilles surtout sont douées de cette qualité, qui annonce des propriétés fébrifuges que les médecins ont eu souvent occasion de constater, principalement dans les fièvres intermittentes. La racine, qui ne participe que faiblement aux qualités des autres organes de la plante, a néanmoins joui d’une grande réputation au commencement du siècle dernier : on l’employait contre les maladies des voies urinaires, la néphrite calculeuse, etc. Elle formait la base du remède de Baville , dont la composition est restée fort long- temps secrète.
On administrait la ehausse-trape en décoction à la dose d’une once par 2 livres d’eau. On en préparait aussi un extrait que l’on donnait à la dose d’une once à une once et demie.
L’analyse de la ehausse-trape a été faite par Figuier, professeur de Chimie à l’école de Médecine de Montpellier. Il a reconnu les principes suivans : i°. du ligneux; 20. une substance gommeuse ; 3°. une matière résiniforme ; 4°* Ulî principe animalisé ; 5°. de l’acétate, du muriate et du sulfate de potasse ; 6°. du muriate et du sulfate de chaux ; 70. une matière verte; 8°. de la silice ; g0, un peu d’acide acétique.
AL Petit, pharmacien de Corbeil , a fait un essai d’analyse