‹ Dictionnaire des drogues simples et composées ou dictionnaire dhístoire naturelle médicale de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 162 sur 193 · FÈVE COMMUNE · texte numérisé non relu

FÈVE COMMUNE

tardive que la précédente , à laquelle elle ressemble beaucoup , mais dont elle se distingue aisément par ses fruits qui restent toujours verts j 3°. la Fève naine, originaire d’Afrique, petite, très branchue et productive ; 4°- Fève a longues gousses, plus tardive et plus grande dans toutes ses dimensions que les autres variétés; 5°. la Fève de Windsor, à graines larges et presque rondes, craignant le froid, peu productive, mais très forte en tige, et conséquemment estimée comme fourrage ; 6°. la Fève des champs ou de CHEVAL , nommée aussi Féverolle et Gourgane, inférieure en qualité à toutes les autres variétés, reconnaissable à ses gousses cylindriques et coriaces.

La fève est cultivée depuis la plus haute antiquité. Chez les Romains, elle était principalement destinée à la nourriture des hommes ; mais on l’employait aussi pour celle des animaux , comme nous le faisons encore aujourd’hui avec avantage en raison de ses cotylédons gros et farineux. On ne sert les fèves sur les tables des gourmands , que lorsqu’elles sont encore dans leur primeur, et qu’elles n’ont acquis que le quart, ou tout au plus le tiers de leur longueur. Un goût nauséabond, répandu dans la plupart des graines des Légumineuses, est extrêmement marqué dans les fèves , ce qui fait qu’elles sont peu agréables à certaines personnes. On les mange après les avoir privées de leur tégument qui est coriace, presque corné, et d’une saveur un peu âpre. La farine de fèves mêlée au pain , le rend lourd et de difficile digestion ; aussi n’a-t-on recours à son usage que dans les années de disette. Cette farine sert à préparer des cataplasmes résolutifs et émolliens ; elle faisait partie des farines résolutives .

Les tiges et les feuilles de fèves coupées en vert avec les fleurs et les jeunes gousses sont un excellent fourrage. Elles forment un fort bon engrais, lorsque, après la floraison, on les retourne avec la charrue. Sous ce rapport , leur culture a acquis un haut degré d’importance en Angleterre et en France,

La composition des fèv^s a été déterminée par Einhoff, qui y a rencontré les substances suivantes : substance amère aigre , 3,54; gomme, 4, Ci; amidon, 34,47; fibre amilacée avec des

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membranes extérieures , 25,54 ; substance Végéto-animale ( gliadine ) , 10,86; albumine soluble, 0,81 ; phosphates de chaux et de magnésie, 0,98; eau, i5,63 ; perte, 3,46. MM. Vauquelin et Fourcroy y ont en outre trouvé du sucre et du phosphate de potasse en petite quantité , et du tannin dans les tégumens. (A. R.)

FÈVE PICHURIM. Cette graine est produite par une espèce de laurier qui croît dans les contrées équinoxiales de l’Arnérique. AFM. de Huinboldt et Kunth ( Nov. généra et species Plant, œquin. , t. II , p. 166) ont décrit cet arbre sous le nom générique à’Ocotea Pichurim y mais il est bon d’observer que le genre Ocotea n’est qu’un démembrement des Lauriers, dont il est peu distinct.

Le nom vulgaire de Pichurim a été diversement modifié dans le commerce ; ainsi on a encore désigné cette graine sous les noms de Pichonin , Pichola et Pichora. Enfin, c’est à cette même graine que l’on a appliqué la dénomination de noix de sassafras y laquelle est capable d’induire en erreur sur son origine , le fruit du sassafras étant une petite drupe ovoïde de la grosseur d’un pois , et entourée à sa base par le calice persistant.

O11 trouve aujourd’hui chez les droguistes deux sortes de : fèves pichurim. Quoiqu’elles offrent quelques différences dans I leur aspect extérieur, ainsi que dans l’odeur et les autres qua- ! lités physiques , on croit néanmoins qu’elles sont produites par : deux variétés d’une même espèce.

La première sorte , nommée par M. Guibourt semence pi~ i churim vraie , se compose de lobes conformés comme ceux des I semences du laurier ordinaire , mais beaucoup plus gros , isolés et entièrement nus. Ils ont douze à vingt lignes de longueur, n et six à neuf de largeur. Leur forme est elliptique-oblongue,

> convexe d’un côté , concave de l’autre , avec un sillon longi- [i tudinal , et une petite cicatrice à la base , qui est la trace du y germe ; ils sont brunâtres, unis ou légèrement rugueux à l’exi térieur , d’une couleur de chair et marbrés à l’intérieur , à peu près comme dans la noix muscade. Leur odeur et leur saveur

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