‹ Dictionnaire des drogues simples et composées ou dictionnaire dhístoire naturelle médicale de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 163 sur 193 · FÈVE DE SAINT IGNACE · texte numérisé non relu

FÈVE DE SAINT IGNACE

se rapprochent de celles qui caractérisent cette dernière ; mais elles rappellent en outre les qualités physiques du sassafras, ce qui probablement a fait croire qu’ils en étaient le fruit. On aperçoit presque toujours à leur surface une efflorescence blanche , qui se répand même sur les parois des vases où on les tient renfermées ; ce principe cristallin est dû à une huile volatile concrète, analogue au camphre , ou plutôt, selon M. Guibourt , à un acide volatil voisin de l’acide benzoïque.

D’après des expériences de M. Chevallier, cette graine contient de l’huile volatile plus pesante que l’eau, et une matière grasse ( de la stéarine ) qui cristallise régulièrement.

La seconde sorte, à laquelle M. Guibourt donne le nom de feve pichurim bâtarde , est toujours plus courte que la précédente ; elle est oblongue-arrondie , quelquefois ronde , d’une longueur qui varie de neuf à quinze lignes , et d’une largeur de six à neuf. Elle se distingue en outre en ce qu’elle est souvent entière et recouverte d’un épiderme rugueux d’un gris rougeâtre. Au-dessous de cet épiderme, la surface est presque noire. Le sillon longitudinal et intérieur des lobes est peu marqué , l’odeur à peine sensible , à moins qu’on ne la râpe ; enfin, elle ne présente point de cristaux soit à sa superficie , soit sur les vases où on la conserve.

L’analyse de la fève pichurim bâtarde a été publiée par M. Bonastre ( Journ . de Pharm t. XI, p. i), qui en a retiré les principes suivans sur 5oo parties : huile volatile concrète, i5; huile fixe butyreuse, 5o ; stéarine, no; résine glutineuse, i5; matière colorante brune, 4°; fécule, 55; gomme soluble, 6o ; gomme ayant quelque rapport avec celle dite adraganthe, 6 ; acide uni à une substance étrangère, 2 ; sucre incristallisable, 4; résidu salin, 7,5o; parenchyme, ioo; eau, 3o. (A. R.)

FÈVE DE SAINT IGNACE, ou NOIX IGASUR DES PHI- LIPPINES. On donne ces noms à la graine d’un petit arbre qui croît aux Philippines, et qui appartient à la famille des Strychnées ainsi qu’à la Pentandrie Monogynie, L. Les missionnaires jésuites ont les premiers fait connaître en Europe certaines propriétés médicales de ces graines , d’après des rensei-

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gnemens populaires qu’ils avaient recueillis dans les Philippines; et ils les ont décorées du nom. du fondateur de leur ordre. Linné fils (Supplém. i49) consacra ce nom en désignant l’arbuste en question sous le nom d ’lgnalia amcirci . La plupart des botanistes modernes le considèrent néanmoins comme une espèce du genre Strj’chnos.

Les fruits, de la grosseur d’une poire moyenne, sont ovoïdes, glabres, recouverts d’un test ligneux, épais et cassant; ils renferment des graines, dont le nolnbre varie de i5 à 25, entassées les unes sur les autres, grosses comme des olives, arrondies et convexes d’un côté , anguleuses et à trois ou quatre faces de l’autre, offrant une cicatrice à l’une des extrémités. Elles sont extérieurement d’un brun pâle , striées , glabres ou recouvertes d’une efflorescence grisâtre adhérente , mais susceptible d’être enlevée lorsqu’on les gratte avec un couteau. Elles n’ont point d’odeur ; leur saveur est excessivement amère.

Les fèves de Saint-Ignace ont été préconisées, dans les pays dont elles sont originaires , comme un remède efficace contre certaines fièvres intermittentes rebelles. On les donnait à la dose de 5 grains en poudre , et de 20 grains en infusion ; elles étaient la base de l’eau de Polissard, contre la goutte. Mais ces propriétés , loin d’être constatées par les médecins européens, sont au contraire regardées comme très suspectes. Si l’on réfléchit , en effet , aux acciclens graves qu’elles peuvent occasioner , et à l’action énergique qu’elles excitent sur le système nerveux , action qui dépend de la nature du principe délétère qu’elles contiennent, on n’hésitera pas à les classer parmi les poisons narcotico-âcres. MM. Magendie et Delile ont démontré qu’elles agissent sur l’économie animale de la même manière que la noix vomique.

MM. Pelletier et Caventou ont publié une analyse très soignée de la fève de Saint-Ignace. Ces chimistes, après l’avoir traitée d’abord par l’éther qui en a séparé une matière grasse, puis par l’alcool qui en a séparé une matière cireuse, ont fait évaporer la liqueur alcoolique jusqu’à consistance d’extrait; celui-ci dissous dans l’eau et traité par une dissolution alcaline

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