FÈVE TON K A
( de potasse ) , ils ont obtenu un précipité cristallin jouissant de toutes les propriétés alcalines, c’est-à-dire ramenant au bleu les couleurs végétales rougies par les acides, et susceptible de former avec ceux-ci des sels neutres. Ce nouvel alcali végétal a reçu le nom de strychnine, parce qu’il se rencontre également dans plusieurs autres plantes de la famille des Stryclmées. ( V. Strychnine.) La précipitation de la strychnine par la potasse est déterminée par la présence d’un acide végétal qui abandonne la strychnine pour s’unir à cette dernière base , et qui, étant considéré jusqu’à présent comme étant d’une nature particulière, a reçu le nom (ï acide igasurique. (V. ce mot, v. I , p. 119. ) La liqueur alcoolique a encore fourni une matière colorante jaune peu importante.
Le résidu , épuisé par l’éther et l’alcool , a été soumis à l’action de l’eau froide, qui en a séparé de la gomme; puis à celle de l’eau bouillante, au moyen de laquelle on a obtenu une petite quantité d’amidon. Enfin il est resté une masse volumineuse d’une substance gélatineuse , presque entièrement formée de bassorine et de quelques débris ligneux. (A. R. )
FÈVE TONKA, On nomme ainsi 9 dans la droguerie , la graine d’un arbre de la famille des Légumineuses et de la Diadelphie Décandrie. L. Cet arbre, décrit et figuré par Aublet ( Plantes de la Guiane , tab. 296 ), sous le nom de Coumarouna odorata , et par Willdenow sous celui de Dipterix o dorai a , croît dans les forêts de la Guiane, particulièrement à Sinémari et dans le district de Gêne. Le fruit, très bien décrit et figuré par Gærtner (de Fructib. 2 , p. ^3 et t. CXIII) sous le nom de Baryosma l'ongo, se compose d’une coque sèche, jaunâtre, fibreuse extérieurement, et qui a la forme d’une grosse amande. Il renferme une seule graine aplatie , longue de 12 à 20 lignes, couverte d’un tégument mince , luisant, d’un brun noirâtre , fortement ridé, et composée d’une amande à deux lobes entre lesquels se trouve un germe volumineux. Ces lobes ont une apparence onctueuse ; leur saveur est agréable , huileuse , et leur odeur aromatique rappelle celle des Heurs sèches de mélilot ou de la flouve odorante, mais elle est beaucoup plus forte.
FIBRE VÉGÉTALE. 54g
L’amande présente souvent à la surface interne de ses lobes une substance cristalline , d’où dépend l’odeur de la fève tonka. Les cristaux de cette substance sont des aiguilles carrées ou des prismes courts, terminés par des biseaux. Ils ne se dissolvent pas dans l’eau , et sont plus pesans que celle-ci ; ils sont solubles dans l’alcool , et leur dissolution n’altère en rien les teintures bleues végétales. Par ces motifs , M. Guibourt n’admet point l’opinion de M. Yogel de Munich , qui avait annoncé ( Journ . de Pharm. , t. VI, p. 307 ) que les cristaux étaient de l’acide benzoïque ; il les regarde , au contraire , comme formant une substance immédiate à laquelle il donne le nom de coumarine. L’analyse de la fève tonka, par MM. Bon trou et Boullay ( Journ de Pharm. , t. XI , p. 480), confirme l’opinion de M. Guibourt. Voici les résultats obtenus par ces chimistes : i°. une matière grasse, saponifiable , formée d’elaïne et de stéarine; 20. une matière cristallisable , odorante, possédant plusieurs caractères des huiles volatiles, dont elle se rapproche beaucoup , et qui, comme l’a dit M. Guibourt, est un principe végétal neutre ( cou marine ) ; selon M. Chevallier, elle contient de l’ammoniaque ; 3°. une matière sucrée fermentescible ; 4°. de l’acide malique libre ; 5°. du malate acide de chaux ; 6°. de la gomme; 70. de la fécule ; 8°. un sel à base d’ammoniaque et de la fibre végétale.
La fève tonka sert à parfumer le tabac. Quelquefois on la réduit en poudre ; mais ordinairement , il suffit de la mettre entière clans le vase où est contenu le tabac. Les naturels de la Guiane enfilent ces amandes pour faire des colliers odorans. Le tronc de l’arbre est d’une telle dureté, que les créoles remploient aux mêmes usages que celui de gayac , et même lui donnent à tort le nom de gayac.- (A. R.)
FIBRE VÉGÉTALE. On donne ce nom à chacun des faisceaux de vaisseaux ou cellules allongées , dont l’ensemble constitue la charpente ligneuse des racines , des tiges , et des feuilles. Une fibre n’est donc point un organe simple, comme la simple inspection pourrait le faire croire , mais elle résulte de l’assemblage de plusieurs organes simples (pii, parleur forme
55o FIBRINE.
plutôt que par leur nature, diffèrent essentiellement de ceux qui composent le parenchyme , ou tissu cellulaire arrondi. La structure allongée des fibres permet de les séparer facilement dans le sens longitudinal ; c’est ce que les ouvriers appellent suivre le Jil du bois. Par la macération dans l’eau, on peut les isoler du tissu cellulaire environnant ; celui-ci se désorganise promptement , et il ne reste que le squelette ligneux. Ainsi le rouissage du chanvre , du lin , de Pagavé , du Phormium te — nax s etc. , est une opération qui n’a d’autre but que de mettre à nu la fibre végétale de ces plantes , dont la ténacité est plus ou moins considérable. Une macération plus prolongée occasione la division delà fibre en vaisseaux plus simples ou fibrilles qui étaient agglutinées par du tissu cellulaire ; enfin, on parvient à désorganiser les fibrilles elles-mêmes , et à les réduire en une pâte homogène , comme on le voit dans la fabrication du papier.
La fibre végétale est d’un emploi majeur dans les arts. Sa ténacité dépend de plusieurs causes, dont la principale est sans contredit le nombre , la forme allongée et la consistance du tissu membraneux des vaisseaux tubulés dont chaque faisceau est composé. M. Labillardière, par des expériences comparatives, a prouvé que les fibres du Phormium tenax ou lin de la Nouvelle-Zélande, étaient les plus tenaces. En suspendant divers poids à des fils d’un diamètre déterminé , il s’est assuré que lorsqu’un fil de soie peut supporter , sans se rompre , un poids de 34 , le fil de Phormium porte 23 | ; le chanvre 16 j ; le lin 1 1 7 ; et l’aloès pitte ( Agave americana ) 7.
Les chiffons , c’est-à-dire les tissus qui ont été soumis à des lavages plusieurs fois répétés , offrent la fibre végétale dans son étatdeplus grande pureté. Indépendamment de leur usage pour la fabrication du papier, ils peuvent être convertis en gomme et en sucre par Faction de l’acide sulfurique , ainsi que M. Braconnot de Nancy l’a démontré par des expériences très curieuses. Jr. Gomme et Sucre. (A. R.)
FIBRINE. On a donné ce nom à une substance particulière qui est très abondante dans le règne animal; elle fait la plus
FICAIRE. 55 ï
grande partie de la chair musculaire ; elle se rencontre dans un très grand état de division dans plusieurs liquides animaux tels que le chyle le sang. On l’obtient de la manière suivante : on fouette le sang récemment extrait, avec un balai formé par la réunion de petites branches. La fibrine s’y attache ; on la lave à grande eau, jusqu’à ce qu’elle soit décolorée ; on la fait ensuite sécher à l’air libre. La fibrine jouit des propriétés suivantes : elle est solide , sans odeur, sans saveur , d’une couleur jaunâtre et semi-transparente; elle est susceptible d’absorber à peu près les quatre cinquièmes de son poids d’eau , et de devenir blanche, flexible , élastique; l’éther, l’alcool la ramollissent et finissent par la rendre pulpeuse. Les acides agissent sur elle de différentes manières: quelques-uns s’y combinent, l’acide hydro-chlorique , Facide sulfurique affaibli ; d’autres la décomposent, l’acide sulfurique concentré, Facide nitrique. Elle est soluble à froid dans les alcalis, la potasse et la soude, mais ceux-ci la décomposent à l’aide de la chaleur. L’analyse de la fibrine a donné à MM. Gay-Lussac et Thénard, les résultats suivans : carbone, 53,36o; oxigène , 19,685, hydrogène, 7,021 ; azote, 19,934. ( Rech. phjs. Ch , t. II, p. 33o. )
FICAIRE ou PETITE CHÉLIDOINE. Ranunculus Ficaria , L. Ficaria ranunculoides , D.C. Flore française. ( Famille des Renonculacées , Juss. Polyandrie Polygynie , L. ) Cette plante est extrêmement commune dans les haies et les bois humides de toute l’Europe, où elle fleurit au premier printemps. Ses feuilles radicales sont pétiolées , entières ou légèrement anguleuses , d’un beau vert , et cordiformes. Les tiges , qui sont grêles , étalées , et un peu rameuses , portent des fleurs d’un beau jaune , composées d’un calice seulement à 3 folioles ( ce qui distingue cette plante des vraies renoncules qui ont le calice à 5 folioles )etde7àio pétales. Le reste de l’organisation de la fleur est semblable à celle des renoncules.
Les feuilles de la ficaire sont moins âcres que celles des autres Renonculacées; en certains pays, on les emploie même comme plantes potagères, après les avoir fait cuire dans l’eau. Les ra-
55a FIEL DE BOEUF.
cinés composées de fibres auxquelles sont attachées des tubercules oblongs et grisâtres, sont âcres et amères; elles ont été mises en usage dans les scrophules , le scorbut , et plusieurs autres maladies ; on les a aussi employées à l’extérieur comme résolutives. Elles sont aujourd’hui rarement usitées. (A. R.)
FICOIDE. Mesembryanthemum , L. Genre de plantes, type d’une petite famille nommée Ficoïdées, et qui se compose d’un nombre très considérable d’espèces, presque toutes indigènes du Cap de Bonne-Espérance. Ce sont des plantes grasses que l’on cultive avec facilité dans les serres des jardins d’Europe où elles se font remarquer par l’élégance , les couleurs vives et l’odeur suave de leurs fleurs. Dans la région méditerranéenne croît le Mesembryanthemum cristallinum , L. , vulgairement nommé glacial , parce que toutes ses parties sont couvertes de vésicules brillantes , ressemblant à de petits glaçons qui sont d’autant plus nombreux que la température est plus élevée. Cette plante est, ainsi que ses congénères, extrêmement rafraîchissante , étant appliquée extérieurement sur les brulûres ou autres phlogoses intenses. Sous ce rapport, on emploie, au Cap de Bonne-Espérance , le Mesembryanthemum edule , qui est en outre administré intérieurement contre la diarrhée et les aphtes des enfans.
Le Mesembryanthemum emarcidum de Thunberg est usité en guise de tabac chez les Hottentots, qui le nomment Kon, c’est-à-dire tabac à mâcher. Ils écrasent et tordent, comme du tabac ficelé , les racines , les tiges et les feuilles de ce ficoïde , laissent fermenter ces paquets et les conservent ainsi pour mâcher, surtout lorsqu’ils ont soif. Cette plante agit à peu près de même que le tabac, en procurant un léger narcotisme. Les colons du Cap en font un article de commerce sous le nom de racine de Canna ; ils l’échangent contre des bestiaux et autres marchandises. (A. R.)
FICUS CARICA. V Figuier.
FIEL DE BOEUF. A l’art. Bile , on a fait connaître la composition de ce fluide animal ; il nous reste à dire quelques mots de ses caractères et de ses usages. Le fiel de boeuf, contenudansune
poclie ou vésicule, est plus ou moins épais et visqueux, d’un jaune verdâtre, d’une odeur faible nauséabonde, et d’une saveur amère fort désagréable. Chauffé dans des vaisseaux fermés, il se trouble, devient écumeux, s’épaissit, et donne un extrait solide usité en Pharmacie. L’alcool et l’eau s’unissent parfaitement avec le fiel de bœuf; les alcalis fixes en augmentent la fluidité et la transparence ; les acides concentrés la troublent , en s’emparant de la soude libre , et en laissant précipiter la matière jaune unie à la substance résineuse. Il se putréfie promptement, exhale d’abord une odeur très fétide qui se convertit en une odeur moins désagréable , et ayant quelque analogie avec celle de l’ambre. La soude , qui figure au nombre de ses principes constituans , et qui en forme une sorte de sa— vonule, le rend très propre à dégraisser les étoffes de laine. Les peintres s’en servent aussi pour aviver les couleurs de leurs tableaux .
L’extrait de fiel de bœuf n’est pas la seule préparation pharmaceutique de ce liquide. On en fait aussi une teinture alcoolique qui a la propriété d’enlever les taches de rousseur , et qui sert à préparer un sirop stomachique, emménagogue et vermifuge. Celui-ci se fait en ajoutant une demi-once de teinture à une livre de sirop simple. La dose est d’une cuillerée à bouche tous les matins à jeun. (A. R.)
FIGUIER COMMUN. Ficus Carie a, L. — Ri eh. Bot. méd. , t. I , p. 194. ( Famille des Urticées , Juss. Polygamie Monoecie ou Dioecie , L. ) Arbre originaire du Levant , mais aujourd’hui extrêmement commun dans tout le bassin de la Méditerranée, et particulièrement dans la France méridionale et en Italie. Sa culture s’est propagée jusques dans les contrées tempérées et même assez froides de l’Europe, où il suffit de lui donner une bonne exposition, et de l’abriter contre les rigueurs de l’hiver. Il s’élève ordinairement dans nos climats à la hauteur d’une dixaine de pieds, tandis que dans les pays chauds il atteint souvent a5 et 3o pieds. Sa tige se divise en un grand nombre dé branchés étalées. Ses feuilles sont alternes, pétiolées , très ; grandes, échancrées à leur base, et découpées en cinq ou sept
lobes plus ou moins profonds ; elles sont d’un vert foncé luisant en dessus , d’une couleur plus claire en dessous , et hérissées de poils courts et rudes. Avant leur déroulement , elles sont enveloppées d’une longue stipule membraneuse. Les fleurs sont situées sur des réceptacles pyriformes, solitaires aux aisselles des feuilles supérieures; les mâles occupent la partie supérieure de ces réceptacles , et les femelles se trouvent sur la surface interne. Ce sont ces réceptacles qui deviennent charnus et constituent ce que l’on nomme vulgairement le fruit , c’est-à-dire la portion comestible qui porte le nom de figue. M. Mirbel leur a donné le nom de sy cônes. V. Fruit. La forme , la grosseur , la couleur et la saveur de ces réceptacles varient beaucoup ; on en voit qui sont pyriformes, d’autres globuleux ; les uns ne sont pas plus gros que le pouce , d’autres ont le volume du poing. Leur couleur est tantôt verte, tantôt blanche, tantôt d’un rouge vineux.
Les figuiers donnent en général deux récoltes par année : l’une se fait, en Provence , pendant les mois de juin et de juillet; les figues que l’on récolte alors sont plus grosses et moins savoureuses; elles naissent sur les branches de l’année précédente , et portent le nom de figues-fleurs ou de figues d’été. L’autre récolte se fait en automne ; elle est plus abondante que celle d’été. Les fruits sont généralement moins gros, mais comme ils sont plus sucrés, ce sont ceux que l’on fait sécher pour la conservation.
Le nombre des variétés de figues que la culture a fait naître est presque infini. On les a distinguées en deux races principales, d’après leur couleur verte , jaunâtre ou blanche dans la première, violette, rouge ou noirâtre dans la seconde. Parmi ces nombreuses variétés, nous ne mentionnerons ici que celles qui sont les plus estimées.
Figue aubique blanche ou Grosse jaune : ovale , d’abord Manche , puis jaune à la maturité ; sa pulpe est rougeâtre et agréable. C’est la plus grosse de toutes les variétés ; elle égale le volume du poing.
Figue aubique noire ou Violette longue : allongée , très
grosse , d’un violet obscur à l’extérieur. Sa chair est rouge et médiocrement sucrée ; elle se fend assez souvent à l’époque de sa maturité. Elle est peu estimée.
Figue aubique noire (petite) , ou Figue Poire de Bordeaux : pyriforme, allongée, violette foncée extérieurement, excepté à sa base qui est constamment verte; la chair est d’un jaune rougeâtre. On la cultive aux environs de Paris.
Figue Bellone : grosse, violette, marquée de côtes et déprimée vers son sommet. Excellente figue, dont on fait deux récoltes abondantes.
Figue blanche, ou Grosse blanche ronde : pyriforme, un peu arrondie, ayant environ deux pouces de diamètre. Sa peau est lisse , d’un jaune pâle et comme blanchâtre ; sa chair est douce : et agréable. On cultive cette variété aux environs de Paris , et particulièrement au village d’Argenteuil , sur les bords de la i Seine. Il est rare que l’on puisse faire la récolte d’automne.
Figue blanche Barnissotte : verdâtre extérieurement, rouge ; en dedans , un peu déprimée à son sommet , et d’une moyenne ; grosseur. C’est une excellente variété , mais peu répandue. On J donne encore les noms de Barnissotte ou de Bourjassotte à deux i variétés dont la couleur est rouge ou noire. La grosse Barnis- ) sotte ou Bourjassotte est arrondie , déprimée , d’une teinte > rouge foncée, saupoudrée d’une poussière blanchâtre ; sa peau a est épaisse et dure , mais sa pulpe est très agréable. La petite h Bourjassotte est moins grosse que la précédente, plus déprimée, 3 recouverte d’une peau également dure ; sa chair intérieure est j pourpre. Ces deux variétés sont tardives, et demandent beauccoup de chaleur pour mûrir.
Figue Blayette : oblongue, violette en dessous, rouge en 3 dehors. Cette figue , d’une saveur fort agréable , est sujette à Bcouler.
Figue de Cotignac : oblongue, blanche, déprimée et jaune avers le sommet ; chair rose. On la mange fraîche ou sèche , et îelle réussit mieux dans les terrains un peu secs.
Figue Coucourelle blanche ou Mélitte, de grosseur moyenne,
dhlanche , relevée de côtes longitudinales. Elle est d’autant
meilleure que sa maturité est plus avancée. Ordinairement il vient trois ou quatre fruits à Faisselle de chaque feuille.
Figue Coucourelle brune : allongée, d’une grosseur moyenne, brunâtre en dehors. On la cultive abondamment en Provence ; elle est très productive.
Figue Grassane : blanche, arrondie, déprimée au sommet. Elle est hâtive , mais sa pulpe est peu sucrée.
Figue de Lipari ou Petite Blanche ronde. Sa grosseur n’excède pas celle d’une prune de Damas ; conséquemment c’est la plus petite des variétés que l’on cultive en France. Elle est blanche, globuleuse, d’une saveur très agréable.
Figue Marseillaise. Ainsi nommée, parce qu’on la cultive abondamment aux environs de Marseille. C’est la meilleure variété que l’on connaisse ; sa pulpe , quand elle est arrivée à une parfaite maturité , est un véritable sirop. Elle est globuleuse, de la grosseur d’une grosse prune de Reine-Claude, ayant la peau mince et lisse.
Figue Marseillaise longue, ou Grosse Blanche longue : d’une grosseur moyenne , blanche , allongée , striée , et quelquefois ponctuée de blanc ; sa chair est rouge.
Figue Mouissone. C’est une des variétés les plus petites et les plus hâtives ; on en fait deux récoltes. Sa peau est noire et ex^ cessiveinent mince.
Figue Négrone : petite, d’un rouge bruir extérieurement , et la chair d’un rouge vif. Elle est peu délicate.
Figue Peronas : oblongue, velue et blanche en dehors, rouge à l’intérieur. Sa peau est épaisse , et on ne la mange guère que sèche. Elle est fort productive.
Figue Poire ou de Bordeaux. V . Figue Aubique noire (Petite).
Figue royale ou de Versailles : presque ronde , blanche et très productive ; mais elle n’est bonne que lorsqu’elle a été séchée.
Figue de Salerne : globuleuse, blanche, hâtive , très sucrée et excellente pour faire sécher. Sa culture réussit , surtout dans les terrains élevés et pierreux.
Figue verte ou de Cuers : longuement pédonculée.
verte
extérieurement, rouge en dehors. C’est une des meilleures variétés que Fou cultive en Provence ; elle demande un terrain gras et humide.
Figue verte brune : de la grosseur d’une Prune-Monsieur, verte en dehors , excepté vers le sommet qui est d’un brun
foncé; sa chair est rouge et excellente.
Figue violette : globuleuse,, assez grosse , striée, d’un violet foncé en dehors , d’un rouge vineux en dedans , et fort agréable. Le figuier se reconnaît facilement à ses feuilles très petites, presque rondes et profondément découpées.
Figue violette longue. V. Figue Aubique noire.
Les figues fraîches sont un aliment aussi sain qu’agréable. Elles deviennent beaucoup plus nourrissantes lorsque la maturité a fait développer le principe sucré qui , dans certaines variétés, est fort abondant.
On préfère surtout les figues d’automne que l’on fait sécher au soleil, étendues sur des claies de bois, après les avoir laissées sur l’arbre jusqu’à leur parfaite maturité, et même jusqu’à ce qu’elles aient commencé à se rider. Les figues sèches forment la base de Palimentation du peuple pendant une partie de l’année , en Grèce et dans PAsie-Mineure.
La maturation des figues s’effectue artificiellement par divers procédés. Dans les années tardives , on pique la tète de la figue soit avec une épingle, soit avec une plume taillée en biseau et trempée dans de la bonne huile , quelquefois on enlève avec la pointe d’une serpette sa partie supérieure où sont les fleurs mâles; le suc propre recouvre bientôt la plaie, et le fruit mûrit rapidement sans rien perdre de ses dimensions. Un autre moyen , qui a joui d’une grande célébrité, est la caprification , que l’on pratique encore dans le Levant. Il consiste à placer sur les figuiers cultivés des branches de figuiers sauvages , vulgairement nommés caprifiguiers. Les fruits de ces derniers sont remplis d’œufs d’une espèce de cynips qui y éclosent, et dont les larves, se répandant sur les figues cultivées, les piquent et hâtent leur maturité.
558 Fl LI PENDULE.
En Médecine, les figues sont employées comme béchiques et adoucissantes. On en prépare des tisanes d’un goût agréable, en coupant trois ou quatre figues en quatre parties , et les faisant bouillir dans une pinte d’eau. On les associe ordinairement avec d’autres fruits béchiques , tels que les dattes, les jujubes et les raisins secs. Les figues conservées dans du sirop très cuit , et bouillies dans du lait, sont usitées comme topiques pour dissiper les inflammations douloureuses de certaines tumeurs.
FIGUIER D’INDE. Nom que les Français, dans les colonies, ont donné à la raquette ( Cactus Opuntia, L.), à cause de ses fruits qui ont l’apparence d’une grosse figue , et qui sont remplis de petites graines très dures , placées dans une pulpe rouge et d’une saveur douce. Les Indiens s’en servent pour teindre en rouge. (À. R.)
FILIPENDÜLE. Spircea Filipendula, L. (Famille des Rosacées, Juss. Icosandrie Pentagynie, L.) Plante d’un aspect très élégant, qui croît abondamment dans les bois sablonneux de l’Europe tempérée, et particulièrement aux environs de Paris. Sa racine est vivace, et se compose de fibres noirâtres qui présentent de distance en distance des renflemens tuberculeux charnus , de formes et de grosseur variées. Ils semblent ainsi suspendus à des fils, d’où le nom vulgaire de filipendule. Ses feuilles , étalées en rosettes à la base de la tige , sont partagées en un très grand nombre de divisions finement découpées , vertes et glabres sur les deux faces. Un corymbe de jolies fleurs blanches termine la tige. Les tubercules de la filipendule exhalent, avant la dessiccation, une odeur légère de fleur d’oranger; ils ont une saveur faiblement amère et astringente , ce qui a engagé quelques médecins à en faire usage contre les flueurs blanches. Ils contiennent une quantité assez notable d’amidon. On a aussi employé les feuilles comme diurétiques, astringentes et antihémorrhoidales, soit en infusion administrée à l’intérieur, soit en décoction appliquée extérieurement. Aujourd’hui l’usage des diverses parties de la filipendule est abandonné.
FIL IX MAS. V . Fougère male.
FILTRE DE PAPIER. On a donné ce nom à du papier plié de manière à former une espèce d’entonnoir. On les fait de la manière suivante : on prend un carré de papier , on le ploie en quatre d’abord, ensuite on replie de nouveau en quatre chacune des quatres parties de manière à former un double éventail plissé en seize parties ; on coupe la partie supérieure qui est inégale ; on entre-ouvre la feuille double , elle présente la forme d’un entonnoir. On le place alors dans un entonnoir de verre dont il garnit tous les parois , on l’enfonce assez profondément pour que le fond du fdtre ne présente pas une trop grande surface. Le poids du liquide supporté étant en raison de la surface du fond, pourrait donner lieu au déchirement du papier. Le filtre peut être fait avec plusieurs sortes de papiers non collés y il en est de gris et de blanc. Le papier gris non collé étant susceptible de communiquer un mauvais goût aux liqueurs qui le traversent , et d’en changer la nature , on se sert pour les analyses chimiques du papier blanc dit papier Joseph ., encore faut-il ( dans quelques expériences délicates ) laver le filtre à l’acide hydro-chlorique d’abord , puis à l’eau bouillante ; mais on ne prend ces précautions que lorsque l’on veut faire une analyse dont les résultats doivent être d’une grande précision. D’autres filtres sont employés. V . Clarification.
FISTLLINE. Fistulina buglossoid.es . Ce champignon , qui forme un genre particulier établi par Bulliard (Champ. , p. 3 1 4, tab. ^4? 464 et 497)? appartient, selon Persoon et De Candolle, au genre Boletus, et a été nommé par ce dernier auteur B. hepaticus. O11 le trouve ordinairement à fleur de terre et à l’ombre des vieux chênes ; ce qui lui a fait donner le nom cl Hjrpodrjs par Solenander , médecin du XVIe siècle , qui l’employait comme topique calmant dans les accès de goutte. Il a une couleur rouge foncée ou sanguine ; il est attaché par le côté, sessile ou brièvement pédicule'. Sa surface supérieure est parsemée, dans sa jeunesse, de petites protubérances qui disparaissent par l’âge ; l’inférieure présente des tubes grêles, iné-
56o FLEURS.
gaux, d’abord blancs, puis jaunâtres ou roussâtres. La chair de ce champignon est mollasse , zonée de rouge plus ou moins fonce'. Paulet prétend qu’elle est agréable, et qu’elle serait une ressource au besoin , puisque ce champignon acquiert quelquefois une telle grosseur , qu’un seul peut fournir amplement de quoi faire un bon repas. Cependant on ne doit le manger que lorsqu’il est très jeune , et qu’il a encore la forme d’une langue ou d’un foie. (A. R.)
FLEURS. Flores . On nomme ainsi l’appareil des organes sexuels des végétaux. Ordinairement ces organes et leurs enveloppes ont des formes particulières et des couleurs brillantes, qui, aux yeux du vulgaire, sont les seuls moyens par lesquels il parvient à les distinguer des autres parties de la plante ; mais le botaniste ne s’arrête pas à ces simples apparences : la fleur existe, pour lui, toutefois qu’il rencontre ou un seul organe sexuel isolé, ou deux organes sexuels réunis, munis ou dépourvus des enveloppes florales qui n’en sont que les accessoires. Dans la majorité des végétaux, les fleurs sont hermaphrodites, c’est-à-dire qu’on y trouve les organes mâles et femelles réunis sur un même réceptacle. Quelquefois elles sont iinisexuées ; et alors la fleur mâle, séparée de la fleur femelle, existe tantôt sur le même individu, tantôt sur des individus distincts: dans le premier cas les fleurs sont dites monoïques , et dans le second dioiques. Examinons successivement les parties dont se compose une fleur hermaphrodite complète , en commençant par les organes essentiels, et en procédant du centre à la circonférence; nous passerons ensuite en revue les cas insolites où la fleur est réduite à une plus grande simplicité (t).
(i) Comme nous aurons l’occasion de revenir sur la plupart des organes floraux, à chacun des mots qui les désignent respectivement, nous ne donnerons, en ce moment, qu’un exposé général de ces organes, afin que l’on puisse envisager d’un seul coup d’oeil leurs rapports mutuels. Pour compléter les renseignemens botaniques et pharmacologiques que l’on voudrait acquérir sur ces organes en particulier, il faudra donc consulter la plupart des articles désignés dans la suite de eet article.
L’organe femelle , nommé pistil , occupe constamment la partie centrale , et s’élève à peu près du milieu du réceptacle ; il se compose de V ovaire, du strie, et du stigmate. L’ovaire et le. stigmate en sont les parties essentielles. Le premier renferme les ovules , qui, par la fécondation, deviennentles graines; il offre tellement de diversités dans sa structure, que nous ne pouvons la faire connaître par de simples généralités. Sa couleur est ordinairement verte, et sa consistance plus ou moins foliacée. Le stigmate, organe formé de papilles glanduleuses, reçoit l’impression de l’agent fécondateur mâle, qu’il transmet aux ovules par Fintermédiaire d’un tissu particulier que l’on a désigné sous le nom de cordon pistillaire, parce qu’on le supposait formé de tubes creux agglomérés longitudinalement ,mais qui, mieux examiné en ces derniers temps par M. Adolphe Brongniart, n’est pas composé de canaux continus. Ce tissu conducteur est souvent comme engaîné dans le style, prolongement filiforme qui le sépare de l’ovaire ; souvent aussi on le voit partir imméi diatement du stigmate et ramper sur les parois de l’ovaire, ou i composer une colonne centrale à laquelle on donne le nom de i columelle : on dit alors que le stigmate est sessile sur celui-ci.
) Cette absence du style dans un grand nombre de plantes prouve ) qu’il n’est pas un organe essentiel. Dans quelques plantes, et j particulièrement dans les ïridées, le stigmate est pétaloïde ; j celui du safran est la partie employée dans la droguerie. /U Sa—