‹ Dictionnaire des drogues simples et composées ou dictionnaire dhístoire naturelle médicale de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 166 sur 193 · Tome IL · texte numérisé non relu

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est constituée essentiellement par une anthère, sorte 6e bourse à une, ou plus communément à deux loges qui contiennent le pollen , c’est-à-dire la poussière fécondante. Les anthères s’ouvrent de plusieurs manières : tantôt par des fentes longitudinales, tantôt par des pores situés à la base, au sommet, ou sur les parois des loges. Celles-ci sont ordinairement accolées ; dans quelques cas , elles sont séparées par un corps que l’on a désigné sous le nom de connectif. L’anthère est portée , dans le plus grand nombre des cas , par un corps de forme filamenteuse que l’on nomme filet : lorsqu’il manque , on dit que l’anthère est sessile Ainsi, le filet, de même que le style, est seulement un organe accessoire; il est généralement de la couleur et de la nature des pétales ; souvent on trouve les filets transformés en véritables pétales , au sommet desquels on voit quelquefois une anthère parfaite ou dégénérée. Les fleurs de Njmphæa alba offrent naturellement cette dégénérescence, qui est portée à son maximum dans les fleurs doubles.

Les organes sexuels, soit distincts, soit réunis dans une même fleur, ne sont jamais absolumens nus. Des enveloppes, de nature et de forme très variées, les protègent avant et après l’épanouissement de la fleur, circonstance qui indique l’accomplissement de l’acte de la fécondation. C’est cet instant que les botanistes désignent sous le nom d ’anth'ese; ils nomment estivation ou préfloraison l’époque antérieure à la fécondation , ainsi que l’état des parties durant cette époque ; car les enveloppes florales ont alors diverses positions relatives. Elles sont tantôt appliquées par leurs bords comme les valves d’un fruit , tantôt imbriquées ou se recouvrant les unes les autres ; dispositions importantes pour la classification , puisqu’elles se présentent ordinairement de la même manière dans toutes les plantes qui appartiennent à la même famille naturelle.

La plus interne des enveloppes florales a reçu le nom de corolle , et ses divisions ont été nommées pétales. C’estcet organe accessoire qui constitue la fleur par excellence , aux yeux de la plupart des personnes peu versées dans l’étude de la Botanique. C’est, en effet, la corolle qui en est la partie la plus apparente ,

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celle que décorant les plus vives couleurs, et dans laquelle réside au plus haut degré le parfum. Un grand nombre de pétales sont rétrécis à la base et attachés, soit au réceptacle , soit sur le calice, par une sorte de péciicelle qui a reçu le nom d 'onglet; la portion plane, ordinairement large et plus ou moins arrondie , est appelée le limbe. Quand il n’y a point d'onglet sensible, le pétale est sessile. Les capitules de fleurs de plusieurs Synantliérées se composent d’organes floraux dont la forme est fort variable. Les corolles de toutes les Chicoracées , par exent* pie , sont en languettes unilatérales, et roulées en cornet seulement à la base ; on leur donne le nom de demi-- fleurons . Les corolles de plusieurs autres plantes de la même famille sont régulières, ordinairement à cinq lobes, et ont reçu le nom de fleurons. Enfui , il y a des capitules qui sont composés de ces deux sortes de corolles: les demi-fleurons occupent alors ordinairement la circonférence, et les fleurons la partie centrale ou le disque. Dans ce dernier cas , on dit que les capitules sont en rayons ; on se sert aussi pour ces capitules de l’expression de fleurs radiées. Les corolles de certaines plantes sont très irrégulières, soit dans le nombre, soit dans la symétrie de leurs parties ; c’est ce qu’on voit chez les Labiées, les Chèvrefeuilles, les Personnées , etc. Cette irrégularité d’une des enveloppes florales est toujours concomitante de quelques phénomènes d’avortement qu’éprouvent les organes sexuels; de sorte que, lorsque , par une cause fortuite , le nombre normal ou la forme régulière de ces derniers organes se trouve rétabli , les enveloppes florales reviennent également à une forme symétrique.

Enfin, on observe souvent en dehors de la corobe une enveloppe ordinairement foliacée que l’on nomme calice. Elle se compose de pièces plus ou moins distinctes, qui sont désignées sous le nom de sépales , ou simplement sous celui de folioles calicinales. Indépendamment de leur fonction protectrice de la fleur , les sépales remplissent le même rôle physiologique que les feuilles de la tige, avec lesquelles ils ont la plus grande analogie de structure.

Quelques organes accessoires existent dans certaines fleurs ;

nous nous bornerons à citer ici les parties de nature helcro» gène que Linné' a désignées sous le nom de Nectaires , parce qu’elles sécrètent une liqueur mielleuse. On les observe principalement à la base et dans la substance même des pétales ; quelquefois elles forment des glandes sur le réceptacle, soit à la base de l’ovaire , soit en dehors des pétales. Linné a singulièrement abusé du mot nectaire en l’appliquant à des organes de formes bizarres, comme certaines corolles ou certaines étamines dégénérées.

Les bractées , les spath es et les involucres qui soutiennent le calice ou qui entourent les capitules, les régimes et les ombelles de fleurs , forment la transition des organes floraux à ceux de la végétation ; ils sont très analogues aux feuilles, et nous en avons dit quelques mots en parlant de ces dernières.

Tous les organes que nous venons d’énumérer ne se rencontrent pas dans un grand nombre de plantes ; il en est qui s’éloignent tellement de ce que Ton nomme habituellement calice ou corolle , qu’il faut des connaissances plus que vulgaires pour discerner leur nature. Ainsi , par exemple , dans certaines familles anomales, telles que les Conifères, les Amentacées, les Àsclépiadées, les Euphorbiacées, les Graminées, etc. , les enveloppes florales sont déguisées sous des formes qui n’ont aucune ressemblance avec celles des autres familles ; elles sont aussi modifiées dans leur consistance, de manière à ce qu’on ne puisse les assimiler à aucun des organes que l’on rencontre habituellement dans les fleurs , et l’on désigne les parties dont ces tégumens floraux se composent sous le nom commun N écailles ) dans les Graminées, on les a nommées lepicene , glume , glu melle , etc.

Il y a beaucoup de plantes parmi les Monocotylédon es où l’on ne trouve qu’une seule enveloppe florale. Doit-on la regarder comme un calice lorsqu’elle a une apparence foliacée, ou comme une corolle lorsque sa nature est pétai oïcle ? Tournefort et Linné, qui s’en tenaient. à ces faibles caractères, résolvaient facilement la question ; mais quand on attacha plus d’importance à la valeur de certains caractères moins variables,

comme, par exemple, la position respective des parties, et lorsqu’on lit plus d’attention aux lois de l’analogie et des aftiu i tés naturelles , on sentit qu’il était impropre de nommer calice un organe que , dans des plantes de la même famille , on désignait sous le nom de corolle. M. De Jussieu a proposé de donner toujours le nom de calice à l’enveloppe florale lorsqu’elle est unique, quelles que soient sa couleur et sa consistance Cependant des botanistes modernes, n’adoptant pas les idées du célèbre réformateur de la science , ont préféré se servir d’un terme neutre, pour ainsi dire , et ils ont désigné l’enveloppe florale des Monocotylédones sous le nom de périgone ou de périanthe.

Nous avons dit plus Faut que les fleurs de certaines familles de plantes n’offraient pour enveloppes que des écailles , dont, les formes et la consistance se modifiaient de diverses manières ; mais on y reconnaissait toujours , par la présence des étamines et du pistil , que c’étaient de véritables fleurs. Maintenant nous ne devons pas omettre de dire qu’il y a des végétaux où l’appareil reproducteur est tellement hors de toute analogie avec les organes sexuels des autres plantes , que plusieurs naturalistes refusent à ces végétaux la possession des sexes. Les plantes nommées cryptogames par Linné , et aga mes par Richard , sont munies en effet de corps reproducteurs qui doivent plutôt être assimilés aux bourgeons et aux bulbes de certaines plantes phanérogames qu’à de véritables organes sexuels. Néanmoins, comme cette opinion n’est pas généralement admise , on se sert encore de l’expression de fleurs (moins souven t néanmoins que de celle de fructification) pour désigner les singuliers organes ffuctifieateurs que l’on voit groupés sous forme de coques sur le dos des feuilles de Fougères, aux aisselles des bractées des Lvcopodes ; formant des épis dans les Prêles; isolés et capsuliformes sur le rhizome des Marsiléacées ; portées sur de longues soies , et présentant la forme d’une urne , dans les Mousses, etc. , etc.

L’inflorescence (c’est ainsi qu’on nomme la disposition générale des fleurs sur la tige ou sur les parties qui les supportent)

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