‹ Dictionnaire des drogues simples et composées ou dictionnaire dhístoire naturelle médicale de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 17 sur 193 · CHAUX · texte numérisé non relu

CHAUX

flamme produite par le combustible à travers la pierre à cliaux ; mais ce procédé est moins avantageux cpie le précédent.

O11 peut obtenir un produit analogue à la chaux (1) en calcinant les coquilles d’huîtres à une haute chaleur. L’oxide de calcium , provenant de ces coquilles , est usité dans quelques préparations pharmaceutiques.

La chaux convenablement préparée jouit des propriétés suivantes. Elle est blanche, d’une dureté assez considérable; sa surface est poreuse , et non recouverte d’un vernis terreux. Exposée à l’action de l’air , elle absorbe l’eau et l’acide carbonique, se fendille, se réduit en fragmens, puis en poudre. Immergée dans l’eau , elle absorbe de ce liquide , acquiert du volume , se dilate , se divise en morceaux , et se réduit en poussière , en donnant lieu à un dégagement considérable de chaleur qui fait passer à l’état de vapeur une partie de l’eau absorbée. Sa saveur est âcre et urineuse. Elle est peu soluble dans l’eau , mais cependant en assez grande quantité pour communiquer à ce liquide la propriété de verdir le sirop de violettes , de bleuir le papier de tournesol rougi par les acides. Mise en contact avec les acides, elle s’y combine, et donne naissance à des sels.

La chaux est composée de calcium 100 , et d’oxigène 3g. Dans les arts, elle est employée à la confection des mortiers, dans la peinture et le tannage.

En Pharmacie , elle sert à préparer l’eau de chaux , à décomposer le sel ammoniac , à préparer la soude et la potasse caustique, etc.

La chaux dissoute dans l’eau ( V. Eau de chaux pour sa préparation) est astringente ; elle absorbe les acides; elle tue les vers intestinaux. On l’a mise en usage pour combattre quelques maladies cutanées , la diarrhée, le scorbut. On peut l’employer en injections contre la gonorrhée. Introduite dans la vessie, après avoir été étendue d’eau, elle a la propriété de diviser les calculs urinaires formés d’acide urique et d’urate d’ain-

(1) Ces coquilles contiennent, outre ta chaux réduite, du phosphate de chaux.

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moniaque. (Laugier.) On l’applique à l’extérieur sur les plaies gangréneuses et sur les ulcères de mauvais caractères. La dose à laquelle on l’administre à l’intérieur est celle de une à 4 onces, mélangée avec du lait légèrement chauffé. Quelques auteurs ont avancé que l’usage habituel de ce médicament affaiblissait les organes de la digestion : des faits qui nous sont bien connus nous feraient penser le contraire. (A. C.)

CHAUX CARBONATÉE. V . Carbonate DE CHAUX.

CHAUX FLUATÉE. /U Fluate de chaux.

CHAUX PHOSPHATÉE V. Phosphate de chaux.

CHAUX SULFATEE V. Sulfate de chaux.

CHAYAVER. On a donné ce nom à la racine de Y Oldenlandia iimbellatci , plante qui croît naturellement et que l’on cultive aussi sur la côte de Coromandel. Cette racine est employée dans la teinture sur calicot. On assure que la matière colorante qu’elle contient est plus belle que celle contenue dans la garance , et qu’elle communique aux cotons de Madras leur couleur rouge si belle et si estimée. (A. C. )

CHÉBULES. Nom d’une espèce de Myrobolans. V. ce mot.

CHÉLIDOINE ( GRANDE ) ou ÉCLAIRE. Chelidonium

mcijusy L. — Rich. Bot. méd. , t. II, p. 653. ( Famille des Papavéracées , Jussieu. Polyandrie Monogynie , L. ) Cette plante est excessivement commune dans les décombres , sur les vieux murs et dans les lieux stériles. Elle a une tige rameuse, herbacée, cassante, garnie de feuilles alternes , pe'tioléès , pinnatifides , à lobes arrondis , incisés et dentés. Ses fleurs sont jaunes, et forment, en se réunissant au nombre de quatre à huit, de petits bouquets au sommet des ramifications de la tige. Toutes les parties de la chélidoine contiennent un suc propre , laiteux , d’un jaune safrané, et dont l’àcreté est extrême. On emploie ce suc pour détruire les verrues qui se développent sur les parties du corps, et parculièrement sur celles des mains. On en faisait autrefois usage comme médicament interne dans l’ictère, les hydrçpisies et les fièvres intermittentes. Mais ce remède, qui purge avec violence,

est maintenant abandonné, et, d’après les expériences du professeur Orfila, il doit être rangé au nombre des poisons narticoâcres (1).

L’analyse de la cliélidoine a été faite par MM. Chevallier et Lassaigne , qui ont reconnu dans cette substance les produits suivans : i°. mie matière résineuse amère, d’une couleur jaune très foncée; 20. une matière gommo-résineuse , d’une couleur jaune-orangé, d’une saveur amère, nauséabonde ; 3°. du citrate de chaux ; 4°* du phosphate de la même base ; 5°. de l’acide malique libre ; 6°. du nitrate et de l’hydro-chlorate de potasse* 70. une matière mucilagineuse ; 8°. de l’albumine ; 90. de la silice. Des essais postérieurs à cette publication avaient fait connaître à M. Chevallier la présence d’une matière cristalli— sable dans lachélidoine; mais M. Godefroy, pharmacien de Paris, signala le premier la présence de cette substance dans une des séances de là Société de Pharmacie. Son mémoire fut imprimé dans le Journal de Pharmacie , t. X, p. 687. M. Godefroy obtient la matière cristalline de cette plante en traitant la cliélidoine par l’eau , précipitant par l’ammoniaque la solution, recueillant le précipité, le lavant bien et le traitant par l’alcool bouillant , filtrant et faisant évaporer la matière cristallise. M. Godefroy doit continuer ce travail, (A. R.)

CRÉL1D0INE ( PETITE ). Nom vulgaire de la ficaire. V. ce mot.

CHÊNE. Quercus. Ce genre de la famille des Amentacées de Jussieu, ou Cupulifères de Richard, et de la Monoecie Polyandrie , L. , renferme quelques espèces dont les usages sont très multipliés, soit dans les arts, soit en Médecine. Ainsi, le chêne commun d’Europe , plusieurs chênes de l’Amérique septentrionale, fournissent d’excellent bois de construction; le liège est une espèce de chêne dont nous parlerons au mot Liège; le chêne des teinturiers ( Quercus infectoria ) est l’arbre sur lequel on

(1) Le suc de che'lidoine réest point un poison pour certains animaux , mais il agit sur eux comme diui clique. (Observation de MM. Lassaigne et Chevallier. )

recueille les meilleures noix de galle ; le chêne coccifère nourrit l’insecte connu sous le nom de kermès végétal. Le querci-* tron ( Quercus tinctoria ) est usité' dans la teinture, etc. V. ces mots. (A. R.)

CHÊNE COCCIFÈRE. Q uercus coccifera , L. Petit arbre indigène des parties me'ridionales de l’Europe , et sur lequel se de'veloppe la galle , insecte nomme' kermès végétal. V. ce mot.

CHÊNE COMMUN. Quercus Robur, L. — Rich. Bot. me'd., t. I, p. 128. Vulgairement chêne rouvre, chêne mâle. Le Quercus pedunculata, que plusieurs botanistes considèrent comme espèce distincte, est, selon nous, une simple variété' du chêne commun. Cet arbre, par la beauté de son port, la grosseur de son tronc , la solidité et la dureté de son bois , est le plus important de nos forêts. Ses feuilles sont alternes , portées sur de courts pétioles , obovales, sinueuses sur les bords. Les fleurs mâles forment de longs chatons grêles, pendant au-dessous des fleurs femelles qui sont sessiles (pédonculées dans le Q. pedunculata ) et auxquelles succèdent des glands ovoïdes allongés, emboîtés dans une cupule écailleuse qui en revêt le tiers inférieur.

De toutes les parties de cet arbre, c’est l’écorce qui jouit au plus haut degré de propriétés astringentes, dues au tannin qu’elle renferme en abondance. Réduite en poudre grossière, ou simplement concassée , elle forme le tan qui sert à la préparation des cuirs. On choisit, pour cela, les écorces des individus âgés de 20 à 3o ans , et on les enlève au printemps , c’està-dire au moment de la sève.

La poudre d’écorce de chêne est employée en Médecine comme tonique , dans les diarÜïées chroniques , les hémorrhagies passives; et mélangée avec des substances végétales amères, telles que la gentiane, la camomille romaine, elle a été mise en usage , surtout dans la Pharmacie militaire , pour remplacer le quinquina. On a donné le nom de quinquina français à ce mélange , dont la dose doit être proportionnée à l’âge du malade et à la gravité de la maladie ; elle est ordinairement de f\ à 6

gros , plusieurs fois répétés , pour arrêter les accès d’une fièvre intermittente simple.

Les chirurgiens ont obtenu beaucoup de succès de remploi de la poudre d’écorce de chêne dans le pansement des ulcères toniques, lorsque les chairs sont blafardes et boursoufflées, et la suppuration séreuse et fétide. On fait également usage pour laver les ulcères , de la décoction d’écorce de chêne à la dose de 2 à 4 gros pour une pinte d’eau.

Les expériences faites par M. Chevallier, sur la poudre d’écorce de chêne, pour y chercher des principes analogues à la quinine et à la cinchonine , ont donné des résultats assez curieux encore inédits.

L’amande blanche et charnue des glands de chêne a une saveur âpre et désagréable qui disparaît en partie lorsqu’on les soumet à l’ébullition dans une lessive alcaline. On pourrait alors en faire du pain, et ce serait une ressource dans les temps de disette. S’il faut s’en rapporter aux anciennes traditions historiques, les glands de chêne auraient été la nourriture principale de nos barbares aïeux ; mais dès que les bienfaits de la civilisation eurent procuré aux hommes des comestibles plus abondans et d’une meilleure qualité , les glands de chêne furent l’unique partage des cochons , qu’ils engraissent considérablement.

Cependant quelques chênes des contrées méridionales de l’Europe ont des glands doux et bons à manger ; tels sont les Quercus Ilex, L., vulgairement nommé yeuse ou chêne vert, et Q. Ballotta , Desfont. Il en est de même du chêne blanc, du chêne de montagne , et de quelques autres espèces qui croissent dans l’Amérique septentrionale.

La torréfaction des glands de chêne augmente l’intensité de leurs propriétés amères et astringentes. On administrait la poudre de ces glands torréfiés , à la dose d’un demi-gros à un gros , dans la diarrhée, le diabètes, etc. Cette préparation n’est plus usitée. (A. R.)

CHÊNE JAUNE. Synonyme de Quercitron. V. ce mot. CHÊNE LIÈGE. V- Liège.

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