‹ Dictionnaire des drogues simples et composées ou dictionnaire dhístoire naturelle médicale de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 170 sur 193 · o FONDANT DE ROTROü · texte numérisé non relu

o FONDANT DE ROTROü

Sépales . V. les mots Calice, Feuilles, Fleurs et Involuçre.

FOLLICULE. Folliculum. Les botanistes emploient ce terme dans une acception générique pour désigner un fruit sec , univalve , déhiscent par une suture longitudinale , et renfermant plusieurs graines attachées sur les bords de la suture à un trophosperme ou placenta qui devient libre après la déhiscence du péricarpe. Les plantes de la famille des Apocinées , telles, par exemple, que le dompte-venin et le laurier rose, offrent des exemples remarquables de cette sorte de fruit. Il naît ordinairement deux follicules Lun à côté de Vautre , mais quelquefois Fun des deux avorte. Dans la pivoine , le fruit a beaucoup de ressemblance avec le follicule ; on lui donne néanmoins le nom de capsule à cause de la structure capsulaire du fruit des autres Renonculacées , auxquelles la pivoine appartient.

En Pharmacie, le nom de follicule a été appliqué à de véritables gousses ou légumes. Ainsi, les fruits du séné ont été appelés improprement follicules de séné. {V. Séné.) Enfin , les zoologistes se servent du même mot pour désigner les organes sécréteurs de quelques produits odorans, comme le castoréum et le musc. V. ces mots. (A. R.)

FO AIENT AT IONS. On a donné ce nom à des médicamens liquides, employés à l’extérieur pour réchauffer ou pour laver différentes parties du corps. On les prépare avec Veau, le vin, le lait, l’alcool, l’éther, les huiles, etc. Ces liquides tiennent ordinairement en solution diverses substances médicamenteuses émollientes , aromatiques ou astringentes , etc. , selon le but que se propose d’en tirer le praticien. Ces fomentations sont alors appelées fomentations émollientes , fomentations aromatiques ou fomentations astringentes . Les f omentations s’appliquent ordinairement à Laide d’un tissu qui en est imbibé ; on se sert assez souvent pour cela de la flanelle. Les fomentations aqueuses s’administrent le plus souvent , le liquide étant à une température de 3a à 36°. (A. C.)

FONDANT DE ROTROÜ. /T Antimoine diaphorétique, p . 3 i 4 ? t. lPr.

FOUGERES. 1

FONTE. On a donné ce nom au fer altéré par des substances étrangères. V . Fer.

FOUGERES. Filices . Vaste famille de plantes cryptogames, que M. De Candolle considère aujourdlmi comme séparée des autres familles de la même classe, et qui , selon ce savant botaniste , doit être rangée dalis une nouvelle classe de Cryptogames monocotylédones, laquelle comprend en outre les Prêles, ’ les Lycopoclinées et les Marsiléacées. La structure de leur tige

est, en effet, très analogue à celle de la tige de certains végétaux monocotylédons arborescens , tels que les palmiers ; cependant , on y remarque quelques différences essentielles qui ne permettent pas de rapprocher définitivement les Fougères des vraies Monocotylédones ou Endogènes. Lors de leur germination , la petite feuille ou écaille qu’on a regardée comme un cotylédon ne présente point d’analogie avec le cotylédon des plantes phanérogames monocotylédones ; elle paraît plutôt 11 'être qu’une feuille secondaire peu développée , et conséquemment il n’y aurait point de cotylédon présent dans le germe avant son évolution. Les Fougères semblent liées par beaucoup plus de caractères aux Mousses et à quelques autres Acotylédones, qu’aux Monocotylédones-Plianérogames. D’ailleurs, les organes reproducteurs de cette famille diffèrent totalement de ceux des plantes phanérogames. Ils naissent le plus souvent sur la face inférieure des feuilles, ce qui a fait donner aux Fougères les noms de plantes dorsijeres ou epipbjllo spermes . Dans quelques genres, comme, par exemple , les Osmondes, les Ophioglosses, etc. , ces organes forment des grappes ou des épis terminaux. Ils consistent en de petits corps nommés sporules , • renfermés dans des capsules écailleuses , quelquefois entourées plus ou moins complètement d’un anneau élastique dont la structure est remarquable par des articulations transversales ; ces capsules sont groupées de diverses manières, et on a donné le nom de sores à ces amas; elles sont en outre, dans certains genres, recouvertes d’une membrane scarieuse qui a recule nom à? incluse. Rien n’annonce, dans une telle organisation, des rapports avec les organes sexuels des autres plantes, quoi—

que Hedwig , Rudolphi et plusieurs autres savans aient pré— tendu reconnaître la présence des sexes dans les divers organes qu’ils ont observés ; mais la divergence de leurs opinions , surtout en ce qui concerne les parties auxquelles ils assignent les fonctions de mâles , prouve que ce point de doctrine est loin d’être suffisamment éclairci. 11 nous semble donc plus rationnel de considérer les sporules des Fougères comme des corps reproducteurs ayant beaucoup plus d’analogie avec les bulbes et bulbilles de certains végétaux qu’avec de véritables graines.

On connaît un nombre très considérable cle Fougères ; il s’élève à plus de mille espèces. Elles croissent en plus grande abondance dans les contrées tropicales, où plusieurs sont arborescentes et présentent l’aspect le plus élégant. Dans nos climats, elles sont herbacées,, munies de tiges souterraines {rhizomes, improprement nommées racines) rampantes et vivaces. Leurs feuilles, désignées aussi sous le nom de frondes , sont, avant leur développement, roulées en crosse à leur extrémité ; elles sont portées sur un stipe qui, en général, tend à se bifurquer. Ce stipe se ramifie considérablement dans la plupart des Fougères; de manière que les frondes y offrent plusieurs pinnules , c’est-à-dire des portions de frondes de formes excessivement variées , mais toujours d’une symétrie si parfaite, si gracieuse, qu’elles produisent l’effet le plus pittoresque parmi les autres productions végétales. Quelques Fougères néanmoins ont leurs frondes très simples : telle est, entre autres, la scolopendre officinale. Les organes fructifieateurs sont disposés sur la face inférieure de la fronde d’une infinité de manières; tantôt en petits groupes isolés et punctiformes, tantôt en lignes transversales, obliques ou longitudinales, placées ordinairement sur les nervures , quelquefois bordant la fronde , tantôt occupant toute la superficie de celle-ci, tantôt enfin constituant de véritables épis en paniculcs. Ces dispositions si variées sont employées avantageusement pour caractériser les genres nombreux qui constituent la famille des Fougères.

Considérées sous le point de vue de leurs propriétés médicales , les Fougères ne sont pas fort intéressantes. Les rhizomes.

de quelques-unes ont une saveur plus ou moins âpre , amère et désagréable ; ils contiennent du tannin, un peu de mucilage ou d’amidon, et une matière résineuse aromatique. On les emploie comme vermifuges. Les frondes de certaines espèces, qui sont désignées dans les pharmacies sous le nom de capillaires, ont une saveur légèrement astringente et un parfum assez agréable ; elles passent pour bécliiques et pectorales. Dans les contrées du globe peu favorisées de la nature, comme, par exemple, la Norwège et la Nouvelle-Zélande, les habitans mangent les jeunes pousses et même les souches de quelques espèces. Par l’incinération , elles fournissent une quantité no^ table de potasse. Enfin, pour nous borner à l’indication géné-* raie de leurs usages , lors même que ces usages seraient fondés sur des propriétés imaginaires , on forme avec les frondes du Pleris aquilina ou fougère femelle , des matelas sur lesquels on fait coucher les enfans rachitiques.

Parmi les Fougères usitées en Médecine, nous mentionnerons le Polypode commun , le Calaguala, la Fougère maue, la Fougère femelle , les différentes sortes de Capillaires, FOsmonde, le Ceterach et la Scolopendre. V . ces mots, où l'on trouvera des renseignemensplus étendus sur leurs usages et leurs propriétés. (À. R.)

FOUGÈRE MALE. P oly podium Filix mas , L. — Nephrodvum Filix mas ., Rich. Bot. méd., t. I , p. 3q. Cette espèce est fort commune dans les bois ombragés et humides de toute l’Europe. Son rhizome ( tige souterraine , vulgairement nommée racine) est horizontal, de la grosseur du pouce , noueux, brun et recouvert à l’extérieur d’écailles épaisses, blanchâtres en dedans. Il en naît plusieurs frondes très grandes , hautes d’environ deux pieds , ovales , lancéolées , aiguës , portées sur des pétioles ou stipes courts et entièrement couverts d’écailles brunes et scarieuses. Chaque fronde estcomposée de pinnules très longues, rapprochées les unes des autres, profondément pinnatifides , à divisions dentées , obtuses , confluentes par la base et inclinées vers le sommet de la pinnule. Les capsules , qui renferment les sporules ou corps reproducteurs, forment des amas punctiformes arrondis , épars , recouverts d’im induse

ou tégument ombiliqué, attaché par le centre seulement et libre dans sa circonférence.

La souche souterraine de cette fougère est douée d’une saveur âpre, légèrement amère, et d’une odeur particulière, nauséabonde pour beaucoup de personnes. La saison pour en faire la récolte n’est pas une considération indifférente. C’est en été qu’il convient de les recueillir. La souche est alors pleine ; sa cassure est franche , d’une couleur verte , d’une odeur bien caractérisée ; traitée par l’éther, elle fournit environ 5o grains par once, d’un produit oléo-résineux j tandis qu’au printemps, en automne et en hiver, ses qualités physiques sont très affaiblies , pour ne pas dire entièrement milles. La racine de fougère que Fon trouve dans le commerce est souvent altérée , et ne fournit qu’une petite quantité de substance oléo-résineuse lorsqu’on la traite par l’éther. C’est probablement pour n’avoir pas employé des racines de fougères identiques, récoltées dans la même saison, que les praticiens ont obtenu des résultats si opposés dans l’usage médical de ces racines.

M. Morin , pharmacien à Rouen, a publié l’analyse chimique de la racine de fougère ( Journ. de Pharm. , mai iBazj^ et Ann. de Chim. et de Phys. , juin 1824 ) et y a signalé les principes suivans : huile volatile , matière grasse composée d’élaïne et de stéarine, acides gallique et acétique, sucre incristallisable , tannin , amidon , matière gélatiniforme insoluble dans l’eau et l’alcool, ligneux. O11 doit à M. Peschier de Genève ( Bibliothèque universelle , avril 1826, p. 324) une analyse de bourgeons de la fougère mâle , dont nous consignons ici les principaux résultats. Ayant traité ces bourgeons par l’éther , il se fit dans le liquide un précipité d’une substance mamelonnée, qui , soumise à la presse pour en séparer le principe huileux , fournit un produit dont les caractères les plus saillans étaient cle présenter une couleur jaune-verdâtre ; d’être inodore , insipide , gras au toucher ; de répandre en bridant une fumée très irritante ; de se dissoudre à chaud dans l’alcool, et à froid dans l’éther, les huiles et la potasse. Cette substance est d’une nature qui semble tenir de la cire et de la résine; l’auteur la

regarde comme un principe adipocireux. M. Pescliier a obtenu en outre une liuile volatile aromatique, une huile grasse aromatique et vireuse, une résine brune, un principe colorant vert, un principe colorant brun-rougeâtre, de l’extractif , de l’acide acétique et de rhydro— chlorate de potasse.

Nul doute que les substances astringentes et aromatiques ( acide gallique , tannin , huile volatile ) dont les précédentes analyses démontrent la présence dans la racine de fougère mâle, n’en soient les principes actifs. Ce serait donc parmi les médicamens toniques que l’on devrait la ranger ; et conséquemment on pourrait , jusqu’à un certain point , se rendre raison des propriétés anthelmintiques qui lui ont été attribuées dès les plus anciens temps de la Thérapeutique Son usage a été abandonné et repris à différentes époques , d’après les résultats assez diffère ns qu’il avait offerts aux praticiens. Dans le courant du siècle dernier , elle fit partie d’un remède tenu secret pendant longtemps , et vendu très cher sous le nom de remède de Mme Nouffer contre le tænia ; mais les purgatifs violens, tels que la gomme gutte, la coloquinte, l’euphorbe, le calomel, et même les purgatifs assez doux , comme , par exemple , l’huile de ricin , auxquels on associait la racine de fougère , permettent de croire que les merveilleuses cures opérées par son emploi étaient dues aussi bien à l’action de ces purgatifs qu’à celle de la racine de fougère elle-même. Administrée sans adjuvans, elle n’a pas eu autant de succès contre les vers intestinaux (i). On emploie de diverses manières la racine de fougère mâle : i°. en décoction , à la dose d’une once à une once et demie dans deux livres

(i) Dans le mémoire de M. Pescliier , il est dit que dans l’espace de 9 mois plus i5o taenias ont été expulsés par l'emploi du produit obtenu de la digestion des bourgeons de fougère mâle dans l’éther sulfurique. Comme i 5 n’y i est pas lait mention de l’usage simultané d’autres médicamcns , il faudra 0 nécessairement admettre que ces bourgeons ont une vertu vraiment spécifique contre les vers,- mais cette préparation ne peut avoir une certaine efficacité' u qu’autant que les bourgeons ont été récoltés dans des circonstances convenables, et qu’ils sont doués à un haut degré des qualités physiques qui les v distinguent.

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