FRAGON PIQUANT
3°. Le fourneau r de coupelle, destiné à faire les essais d’or et d’argent (i) , se compose de différentes pièces , qui contiennent le cendrier , le foyer quadrangulaire , la grille , la petite caisse en terre ou coupelle, le gueulard, et les ouvertures destinées à introduire le charbon. A la cheminée du fourneau est adapté un tuyau de tôle qui détermine un courant d’air et un tirage plus rapide. On substitue au fourneau à coupelle carré, le fourneau elliptique inventé par MM. Anfrye et d’Arcet; ce fourneau est plus commode. Nous renverrons, pour la description de ces fourneaux , aux ouvrages qui traitent des essais d’or et d’argent, et au Traité des Réactifs, 2 e édition, publiée en ï825.
On a encore donné le nom de fourneaux à des vases en fonte, de forme pyramidale, au fond desquels est une rainure destinée à supporter une grille. Ces pièces de fonte se placent dans un massif en briques , et 011 les recouvre d’une plaque de tôle ou de fonte , destinée à intercepter le courant d’air pour étouffer ou conserver le feu , et encore pour que le massif qui les contient ne présente pas de solution de continuité lorsque l’on n’a pas besoin du fourneau. Les fourneaux en terre étant sujets à se casser , il serait utile d’avoir de ces instrumens faits en fonte et disposés de manière à ce que leur intérieur pût être garni à volonté d’une couche de briques ou de terre, qui empêcherait la perte d’une grande quantité de chaleur. Nous avons déjà cherché avec un fabricant de fonte, à établir de ces fourneaux ; mais les essais que nous avons tentés sont encore incomplets.
FRAGARIA YESCA. V. Fraisier.
FRAGON PIQUANT. Ruscus aculeatus , L. — Rich. Bot. méd. , t. I , p. 86. Bulliard , Herb. de la France , tab. 2.43. (Famille des Asparaginées. Dioecie Syngénésie, L.) Cette plante est connue sous les noms vulgaires de petit houx , housson , buis piquant , myrte épineux , etc. Elle croît dans les bois ombra—
(1) En province, cette operation est confiée aux pharmaciens, qui, par la naturede leurs études , présentent les garanties convenables.
58o FRAISIER.
gés de l’Europe méridionale et tempérée. Sa souche horizontale, rampante, de la grosseur du petit doigt, marquée d’anneaux rapprochés, donne naissance à des fibres perpendiculaires et blanches; elle pousse une tige ligneuse, haute d’un pied, très rameuse, raide, portant des feuilles très rapprochées, alternes , dures, coriaces, sessiles, ovales, piquantes, entières , accompagnées à la base d’une petite stipule. Ses feuilles ressemblent beaucoup à celles du Myrtiis microphylla, que l’on cultive dans les jardins. Les fleurs sont très petites, et naissent du milieu de la grosse nervure qui occupe la face inférieure de la feuille ; elles sont dioïques , et enveloppées d’abord dans une petite spathe membraneuse. Le fruit est une petite baie de la grosseur et de la forme d’un pois , d’un rouge vif, et contenant une ou deux graines très blanches.
La racine du fragon piquant était une des cinq racines majeures des anciennes Pharmacopées ; on la faisait entrer dans le sirop des cinq racines. Elle a une saveur amère , un peu âcre, et elle contient du mucilage. Cette racine se distingue de celle d’asperge, avec laquelle d’ailleurs elle a une grande analogie de propriétés , par la forme de sa souche , qui est plus cylindrique, plus longue et plus grêle, par sa plus grande blancheur, et surtout par la plénitude de ses fibres radicellaires.
Les graines du fragon torréfiées ont été proposées comme un des succédanées indigènes du café. Dans le midi de la France , les tiges sont employées à faire des balais que l’on nomme gringons. (A. R.)
FRAISIER. Fragaria vesca , L. - Rich. Bot. m. t. II, p. 5o5. (Famille des Rosacées, section des Fragariacées. ïcosandrie Polygynie , L.) Cette petite plante croît abondamment dans toute l’Europe , dans les bois , sur les coteaux ombragés , et même jusque sur les hautes montagnes, parmi les mousses. De sa racine noirâtre, composée de fibres allongées, grêles, un peu rameuses , naissent plusieurs tiges qui rampent à terre , s’y implantent par de nouvelles racines. Les jets compris entre cellesci sont appelés courans ( en latin Jlagellœ ) ; mais , engraissé par la culture , le fraisier produit , au lieu de courans ,
des œilletons qui forment une touffe de tiges peu garnies de feuilles et hautes de quelques pouces. Les feuilles radicales sont, pour la plupart, velues, longuement pétiolées, et composées de trois folioles ovales , presque soyeuses en dessous et fortement dentées en scie. Les fleurs sont blanches , pédonculées et terminales, munies de réceptacles qui s'agrandissent considérablement après la floraison. Ce sont ces réceptacles que le vulgaire prend pour les fruits du fraisier; mais ils ne sont que les gjrnophores , c'est-à-dire les supports des akènes ou véritables fruits. La ténuité et la consistance crustacée de ceux-ci déguisent leur nature , et ils sembleraient des graines nues , si l'on n’était convaincu que parmi les Rosacées , aussi bien que dans toute autre famille , il ne peut en exister.
Le parfum et la saveur agréable des fraises sont tellement notoires , que nous croyons superflu d’insister sur leur usage i comestible. Il s’en fait pendant l’été une immense consommation sur les tables; on les sert saupoudrées de sucre, et arro- { sées de vin ou de crème. On en prépare aussi d’excellentes con- ] fitures, glaces et liqueurs d’agrément. On a prétendu qu’elles 5 exerçaient une action diurétique capable d’expulser les cal— 1 culs ; mais cette propriété est pour le moins très douteuse. I Nous considérons également comme à peu près imaginaires les \ vertus qu’on a attribuées aux fraises de faire disparaître les coni erétions qui se forment dans les articulations à la suite de la goutte , et de ramener promptement à la santé des individus j affectés de fièvre hectique , et de phthisie pulmonaire.
La culture a fait naître un nombre très considérable de va— i rie tes, qui sont connues des jardiniers souS des noms particui tiers. M. Duchesne de Versailles, vieillard respectable qui se ri livre encore aujourd’hui avec succès à l’étude de la Botanique j appliquée , s’est occupé de leur histoire depuis 1 760 , et il l’a x exposée dans une excellente monographie. Il a découvert une
0 foule de particularités intéressantes dans cette espèce , où les b variétés ont ceci de remarquable, qu’elles se conservent indé-
1 finimentpar les graines. Ce sont, en un mot, de véritables races,
sur lesquelles le climat et le sol semblent n’avoir que peu d’influence.
Parmi les variétés les plus estimées, nous citerons : i°. le fraisier d’ Angleterre , qui porte des fraises liâtives , rondes, très parfumées , liantes en couleur , quelquefois ambrées. Comme il est très petit , les cultivateurs anglais l’élèvent sous des châssis. 2°. Le fraisier de Montreuil ou F. f ressaut ; il forme des pépinières en plein champ dans les environs de Paris ; ses fraises sont pâles , allongées , quelquefois anguleuses et cornues. Il y a une sous-variété que l’on estime peu , parce qu’elle est creuse et fade ; c’est celle à laquelle le peuple de Paris donne le surnom de caperon , et que l’on appelle aussi fausse noire. Ce fraisier est plus haut et son feuillage est moins brun que dans le fraisier des bois. 3°. Le fraisier de Bargemon , ou majaufe de Provence. Originaire des Alpes de Provence , cette variété cultivée ne fleurit qu’aux mois de septembre et d’octobre. Ses fraises sont rondes ou comprimées, d’un jaune roux qui se colore en un rouge foncé par l’action du soleil ; la partie cachée par les dents du calice est marquée d’une étoile blanchâtre. 4° .Le fraisier breslinge, ou breslinge d’Allemagne. La couleur de ses fraises est verdâtre ou d’un rouge brun dans la partie exposée au soleil ; la pulpe est ferme, juteuse et très parfumée. 5°. Le fraisier de Bruxelles , ou caperonnier royal. Il est fécond en grosses fraises dont la récolte se fait deux fois par an , et qui varient beaucoup quant à leurs formes ; mais elles ne sont jamais anguleuses ou aplaties.
Nous n’avons pas cru nécessaire de mentionner ici toutes les autres variétés du fraisier commun; elles sont si nombreuses et si peu distinctes entre elles , qu’il faudrait en faire une longue énumération et entrer dans des détails minutieux. Nous ajouterons seulement aux variétés de fraises dont l’exposition précède, le fraisier du Chili , ou frutiller, qui appartient à une espèce exotique rapportée des environs de la Conception au Chili, parle célèbre voyageur Frézier. C’est une plante dioïque , nommée par les botanistes Fragaria Chiloensis , et bien distincte d,c notre fraisier commun. Les gynophores sont très
gros , d'un rouge jaunâtre , qui s’anime au soleil d’une nuance dorée très brillante. La suavité de leur parfum les fait rechercher par les amateurs sensuels ; et , sous ce rapport , on cultive avec soin et en grand le fraisier ananas ou quoimio de Harlem , ainsi que les fraisiers de Bath et de Cantorbérj > qui n’en sont que des variétés.
La racine de fraisier est formée de deux ou plusieurs souches, longues de deux à trois pouces, réunies par leur partie inférieure, d’où partent un grand nombre de fibres radicellaires. Elle a une couleur noire à l’extérieur, fauve à l’intérieur; son odeur est nulle , sa saveur amère et très astringente. Sa décoction , d’un rouge foncé , contient du tannin et de l’acide gallique. On emploie encore assez fréquemment cette racine dans la blennorrhagie, soit comme diurétique, dès le début de cette affection, soit comme astringente , pour faire cesser l’écoulement. Dans le premier cas, les bons effets sont dus plutôt à la quantité d’eau que l’on boit qu’à Faction réelle de la racine. On l’a aussi mise en usage dans les diarrhées et les hémorrhagies passives. On a remarqué qu’un usage prolongé de la décoction de cette racine teint en rouge les excrémens, phénomène qui a fait croire quelquefois à une affection grave des intestins ; mais le changement de boisson a bientôt fait dissiper ce prétendu flux sanguin. (A. R.)
FRAMBOISIER. Eubus idœus , L. — Rich. Bot. méd.,t. II, p. 5i2. (Famille des Rosacées. Icosandrie Monogynie , L.) Arbuste épineux qui croît naturellement dans les bois de l’Europe, et que Bon cultive abondamment dans les jardins, à cause de son excellent fruit, connu vulgairement sous le nom de framboise , Ce fruit est multiple, c’est-à-dire formé d’un grand nombre de petites baies succulentes , rouges ou blanches, serrées intimement l’une contre l’autre et réunies sur un réceptacle conique. Il a une saveur acidulé sucrée, et une odeur très aromatique. On mange ordinairement les framboises mélangées avec les fraises. Elles communiquent leur parfum au vinaigre, et elles servent à préparer le sirop de vinaigre framboise', ainsi qu’une gelée et un alcoolat aromatique. Le suc de framboises