G A Y AC
terrain arénacé, et elle donne plus de couleur dans les contrées méridionales. (A. R.)
GAYAC. Guajacum officinale, L. — Rich. Rot. méd. , t. Il, p. 771. Lamck. Illustr. tab. 342. ( Famille desRutacées, section des Zygopliyllées. Décandrie Monogynie, L.) Grand et bel arbre, qui croît naturellement dans les Antilles, principalement à Saint-Domingue et à la Jamaïque. Son tronc assez élevé, composé d’un bois jaunâtre, très compacte, se divise en branches recouvertes d’un épiderme grisâtre et rugueux. Ces branches sont comme articulées par des nodosités, et portent des feuilles composées de deux à trois paires de folioles opposées, sessiles, ovales , obtuses , entières et glabres. Les fleurs sont bleues, pédonculées, réunies au nombre de huit à dix dans les aisselles des feuilles supérieures.
Le bois de cet arbre est un article de commerce assez important , non-seulement en raison de ses usages pharmaceutiques , mais encore parce que son extrême dureté le rend propre à la fabrication de divers meubles et instrumens. C’est le meilleur que nous connaissions pour faire des mortiers et des pilons. Il est désigné dans les anciennes pharmacopées , sous les noms de bois saint et bois de vie ( Lignum sanctum , L. vitœ ). Comme il existe, dans les Antilles et sur le continent de l’Amérique du sud, plusieurs espèces voisines du G. officinale, qui ont aussi un bois très dur, telles que le G. sanctum , L. , et le G. arbo— reum , D. C. , il est probable que ces arbres contribuent aussi à fournir le gayac du commerce. Celui-ci est envoyé en grosses bûches, assez droites, recouvertes d’une écorce grise, épaisse, présentant à la surface interne et dans sa cassure, une infinité de petits points brillanset comme cristallins, que M. Guibourt soupçonne être de l’acide benzoïque. Ne serait— ce pas tout simplement de la résine produite par les vaisseaux propres qui existent en plus grande quantité dans l’écorce que dans le bois, car on observe aussi de ces points brîllans dans la cassure des i fragmens d’écorce? L’aubier est jaune , et les couches ligneuses anciennes sont d’un brun verdâtre, très denses, résineuses, d’une odeur faible , mais cjui provoque 1 éternument lors-
&20 GAYAG.
qu’on les râpe. La râpure est jaune, passant au vert par l’effet de la lumière.
La saveur du bois de gayac râpe' est légèrement âcre et amère. Celle de l’écorce a beaucoup plus d’intensité , à cause de la plus grande quantité de résine qu’elle contient. C’est à cette substance que le gayac doit ses propriétés médicales. Elle découle de l’arbre, soit par des incisions que l’on pratique dans l’écorce, soit naturellement par des fissures occasionées par la chaleur du soleil. Cette résine étant une substance qui a des usages particuliers, et ayant été considérée comme une substance immédiate par M. Brandes, qui l’a nommée gayacinc , nous consacrerons un article spécial à son examen. V. Résine de gayac.
Le bois de gayac était autrefois en grande réputation pour la guérison des maladies vénériennes. L’emploi dumercure fit bientôt oublier ce remède , ou du moins on ne s’en est plus servi que comme d’un adjuvant utile, mais non pas comme d’un spécifique propre à triompher de tous les accidens qui compliquent la syphilis. Plusieurs médecins l’ont aussi recommandé dans le traitement des maladies de la peau , de la goutte et des rhumatismes chroniques. Il agit contre ces diverses maladies, par ses propriétés stimulantes , qui déterminent une forte excitation à la périphérie du corps, et procurent une sueur abondante chez quelques individus ; mais un grand nombre de personnes n’éprouvent pas cet effet lorsqu’ils ont fait usage du gayac.
On administre le gayac en décoction , à la dose d’une à deux onces, que l’on fait bouillir dans deux livres d’eau jusqu’à réduction d’un tiers. Cette tisane i convenablement édulcorée, doit être prise par verrées d’heure en heure. Ordinairement on J ne l’emploie pas seul, et on l’associe aux autres bois et racines sudorifiques, tels que le sassafras, la salsepareille et lai squine.
Infusé dans de l’eau-de-vie, le bois de gayac fournit une teinture que l’on prescrit dans les mêmes circonstances que la décoction. Elle est aussi usitée comme anti - odontal —