GAZ
gique, et pour raffermir les gencives. La teinture au rum ou tafia est le grand remède contre la goutte des habitans des Antilles.
Le bois de gayac fournit une buile essentielle d’une odeur vanillée. On l’obtient en agissant de la manière suivante : faites infuser dans l’eau et pendant deux heures , de la râpure de gayac ( 1 partie de gayac et 6 d’eau froide h Au bout de six heures, mettez sur le feu, et chauffez pendant un quart d’heure ; passez sur un tamis de toile métallique ; mettez la liqueur tenue chaude en contact avec de l’huile fixe, et abandonnez le tout pendant trois jours dans un lieu frais. Ce temps écoulé , on aperçoit entre l’eau et l’huile fixe une couche d’huile essentielle aromatique , incolore , soluble ! dans l’alcool , volatile ; on peut la séparer à l’aide de l’alcool et de la distillation. (A. R.)
GAYACINE, V. Résine de gayac.
GAZ. Ce mot paraît avoir été employé pour la première fois \par Vanhelmont, qui s’en servit pour désigner toutes les substances dégagées des corps à l’état de vapeurs , par l’action du calorique. L’introduction de ce mot dans le langage de 1 la Chimie moderne est due à Macquer. Les gaz sont disi tingués en gaz permanens et en gaz non permanens . Les gaz t permanens sont ceux qui conservent l’état aériforme à toutes ) les températures. Les gaz non permanens, appelés aussi vapeurs,
Isont ceux qui passent à l’état liquide lorsqu’on leur enlève une partie du calorique qui les constituait à l’état de gaz. Sous j le rapport de leur action sur l’économie animale , on a rangé \ les gaz en quatre sections. La première comprend les gaz res-
Ipirables , Voxigene ; la deuxième les gaz non respirables, l’azote, le protoxide d’azote, l’hydrogène et ses combinaisons avec le carbone ; la troisième , les gaz irritans , l’hydrogène phosphore' , l’ammoniaque , les gaz provenant des acides sulfurique , sulj fureux , nitrique, nitreux, hydro-chlorique , fluorique, le chlore, etc. ; la quatrième les gaz délétères, le deutoxide d’azote, l’hydrogène sulfuré, l’hydrogène arseniqué. Nous renverrons , pour l'étude de ces gaz , à des articles spéciaux , sur
ceux sont qui usités, et aux ouvrages de Chimie, pour ceux <]ui ne sont pas employés dans la Thérapeutique.
GAZ ACIDE CARBONIQUE. /U Acide carbonique , 1. 1 , p.6o.
GAZ AMMONIAQUE. V. Ammoniaque, t. I , p. 293.
GAZ AZOTE. V. AZOTE, t. I, p. 372.
GAZ FLUOR1QUE. V. Acide fluorïque, t. I, p. 84-
GAZ HÉPATIQUE. V . Acide hydro-sulfurique, t. I, p. 109.
GAZ HYDRO-CHLORIQUE. ZU Acide hydro-chlorique , t. I,
GAZ HYDROGÈNE. V . Hydrogène.
GAZ HYDROGÈNE ARSÉNIÉ. V. Hydrogène.
GAZ HYDROGÈNE CARBONÉ et PHOSPHORÉ. V. Hydrogène.
GAZ HYDROGÈNE SULFURÉ. V. Acide hydro-sulfurique.
GAZ MURIATIQUE. /U Acide hydro-chlorique.
GAZ MURIATIQUE OXIGÉNÉ. V. Chlore.
GAZ NITREUX. V . Acide nitreux.
GAZ NITRIQUE. V . Acide nitrique, t. I. , p. 139.
GAZ OXIGÈNE. V . Oxigène.
GAZ OXIDE DE CARBONE. V ’. Oxide de carbone.
GAZ OLÉIFIANT. V. Hydrogène BI-CARBONÉ.
GAZ PROTOXIDE D’AZOTE. V. Protoxide d’azote.
GAZ ACIDE SULFUREUX. V. Acide sulfureux, t. I. p.169.
GAZ ACIDE SULFURIQUE. V. Acide sulfurique , 1. 1 , p. 1 74.
GÉLATINE, Colle forte , etc. On donne ce nom à une matière animale qui , dissoute dans Beau , fournit par refroidissement une masse solide tremblante. La gélatine peut solidifier plus de 5o fois son poids d’eau à la température de io° audessus de zéro. Les substances organiques qui contiennent le principe propre à former la gélatine , et d’où l’on peut l’extraire par l’eau bouillante , sont très nombreuses : le tissu cutané , les membranes, les tendons, la chair musculaire, la fournissent en grande quautité ; les os en sont en partie formés, et l’on en obtient à peu pu es les de leur poids. La gélatine pure est incolore, inodore, insipide, diaphane, ne rougissant pas la teinture de tournesol , ne verdissant pas le sirop de violettes.
GÉLATINE. 6a3
Elle est très soluble dans l’eau chaude , peu soluble dans l’eau froide. La gélatine à Létal tremblant, abandonnée à elle-même au contact de l’air, s’aigrit, se liquéfie, et passe ensuite à la fermentation putride. Cette décomposition est beaucoup plus rapide en été que dans une autre saison. L’alcool , l’éther , ne la dissolvent pas, et ils sont sans action sur cette substance ; les acides ni les alcalis ne la précipitent pas de sa dissolution ; l’alcool la précipite en partie, en s’unissant à l’eau ; le tannin la?précipite entièrement ; le précipité, considéré comme une combinaison de tannin et de gélatine , est abondant , d’un gris blanchâtre , passant à la couleur brune par son exposition à l’air. Ce précipité se réunit en une masse visqueuse élastique , susceptible de se dessécher et de devenir friable (1). Cette combinaison est imputrescible, analogue à celle qui se forme lors du tannage des peaux. Les réactifs qui font reconnaître la présence de la gélatine en solution sont : i°. le nitrate de mercure , qui trouble cette solution (Thomson ) ; 20. le sulfate de platine, qui , selon M. E. Davy, est un réactif très sensible ; 3°. le chlore , qui y détermine un dépôt blanc nacré , formé de filamens très flexibles , très élastiques ; ce précipité imputrescible est faiblement acide ; et laisse dégager du chlore pendant plusieurs jours; il est soluble dans les alcalis et sature en partie ces corps, en donnant naissance à des hydro-chlorates. Onl’a considéré comme formé de gélatine altérée, de chlore et d’acide hydro-chlorique. L’acide nitrique se comporte avec la gélatine comme avec les autres substances animales. L’acide sulfurique la convertit en partie en matière sucrée cristallisable (2) , et en une substance
(1) MM. Bosc et Cadet ont reconnu que l’on pouvait faire une masse plastique en mêlant au précipité obtenu des solutions de gélatine et de tannin, de l’ardoise en poudre.
(•2) Pour obtenir ce produit, on traite t partie décollé forte en poudre, par 2 parties d’acide sulfurique à 66° ; on laisse en contact pendant 2^ heures ; on ajoute ensuite 100 grammes d’eau ; on fait bouillir pendant 5 heures , en ayant soin de remplacer par une nouvelle quantité d’eau celle qui s’évapore , saturant ensuite la liqueur par la craie, filtrant la liqueur, faisant évaporer, et rapprochant la liqueur en consistance sirupeuse.
blanche qui ne cristallise pas. ( V. le mémoire de M. Braconnot, Annales de Chimie et de Physique , t. XXIII , p. 1 13. ) On obtient la gélatine par divers procédés : i°. par le traitement à l’aide de l’eau et de la chaleur, des rognures de peau, des parchemins, des oreilles de bœufs, de moutons, etc.; 2°. par le traitement des os à l’aide de l’eau chauffée sous la pression de deux ou trois atmosphères ; 3°. par le traitement des os par l’acide hydro-chlorique , qui enlève le phosphate et le carbonate de chaux , et qui met à nu le principe gélatineux. Le premier de ces procédés consiste à nettoyer les rognures de peau, etc., à les priver de la graisse et des poils, à les introduire dans une chaudière à basse pression , à faire bouillir avec une grande quantité d’eau, à séparer les solutions pour les faire évaporer , à enlever des écumes qui se forment , à aider à la séparation des dernières portions d’écumes en ajoutant un peu d’alun ou de chaux , à passer la liqueur ainsi écumée à travers un filtre à claire-voie , à laisser reposer , à décanter , à faire évaporer de nouveau , à écumer , à concentrer , à couler la liqueur convenablement concentrée dans des espèces de moules découverts, dans lesquels elle se solidifie en prenant la forme de plaques molles ; à enlever au bout de 24 heures ces plaques, à les couper en tablettes que l’on place sur des cordes tendues dans des endroits secs et très aérés ; ou bien à faire passer de la vapeur d’eau dans des cuves contenant des rognures de peau , à déterminer ainsi la dissolution , qui est filtrée , concentrée, clarifiée , comme nous l’avons dit. Les produits ainsi obtenus sont plus ou moins colorés ; leur couleur varie du blanc jaunâtre au brun rougeâtre, quelquefois au brun foncé. Les plus estimées sont celles qui sont les moins foncées en couleur, l’intensité de coloration étant le signe d’un commencement d’altération du produit. Un procédé analogue est employé pour obtenir la gélatine des os. Ce procédé fournit des colles d’une bonne qualité , et quand on opère avec soin , ces colles sont de la plus grande beauté. Ce procé<dé est dû à Papin, qui observa que les os chauffés en vase clos étaient ramollis , et que la partie qui unit les parties solides était dissoute. Ce résultat
GÉLATINE. 6i5
occupa les savans et les philantropes, Rumford , Parmentier 5, MM. Cadet de Vaux, Appert, etD’Àrcet; il consiste à traiter les os divisés (1) par l’eau, à Laide de la pression, ou par l’eau en vapeur, qui d’une chaudière génératrice passe dans des vases où s opère la solution de la gélatine (2). Les os bien nets étant soumis à une température de 120 à i35° pendant environ 3 heures, fournissent une solution que I on tire après le refroidissement par des issues pratiquées à cet effet; on ajoute ensuite à ce liquide les eaux de lavage du marc ; on laisse déposer , 011 tire à clair, on rapproche le plus promptement possible jusqu’en consistance convenable, c’est-à-dire au point que la liqueur puisse, parle refroidissement, se prendre en gelée consistante ( on fait les essais sur quelques gouttes seulement ) ; on coule la masse dans des vases mauvais conducteurs du calorique, disposés à cet effet. Au bout de 5 à 6 heures de repos, on décante le liquide. Si l’on veut s’en servir pour faire des tablettes de bouillon, 011 y ajoute un extrait composé de viandes, de légumes, etc. ; on verse le mélange dans de petites caisses plates en fer-blanc ; on porte à l’étuve pour obtenir une dessication complète. Si l’on veut réduire en plaques ( en colle forte) , 011 y ajoute pour clarifier, deux centièmes en poids d’alun en poudre ; on mêle exactement ; on laisse reposer à chaud pendant 6 heures; on tire dans moules; on laisse refroidir; on coupe les plaques que l’on porte sur les cordes placées dans un séchoir. 100 d os donnent en grand de 12 à 16 de gélatine ou colle forte sèche, selon que les os employés sont secs et plus
(1) Les déchets provenant du travail des fabricans de mordes de boutons d'os ( la dentelle des bout.onniers ), les os des têtes de boeufs et d’autres animaux ( les canards ), les os de l’intérieur des cornes des animaux (les co raillons) t
l* 1 humérus des moutons ( les omoplates sont les plus convenables.
(■?.) Dans ce cas, les os sont mis dans ces vases avec de l’eau dans les proportions suivantes :
Os divisés » t partie,
Eau ' 2 parties.