GÉRANIUM A ROBERT
plantes herbacées dans nos climats , sous-frutescentes dans les contrées situées au-delà des tropiques. La corolle, composée de cinq pétales , est tantôt régulière , tantôt irrégulière ; les étamines , ordinairement au nombre de dix , sont quelquefois légèrement soudées par la base , et quelques-unes sont dépourvues d’anthères. Le fruit est une capsule à plusieurs coques indéhiscentes , monospermes , réunies par leur côté interne , et surmontées du style qui est persistant.
Plusieurs des espèces qui composent le genre Géranium de Linné , que les modernes ont subdivisé en trois genres distincts, sont douées, principalement dans leurs feuilles, d’une odeur pénétrante tantôt très suave, et qui rappelle celle des végétaux les plus agréables sous ce rapport, tantôt d’une fétidité repoussante. Ce sont surtout les plantes du genre Pélargonium qui présentent toutes les nuances d’odeur imaginables. Malgré cette qualité active, elles ne sont d’aucun usage en Médecine. Néanmoins Thunberg dit que les racines rouges et charnues de quelques Géranium ( Pélargonium ) qui croissent dans les sables aux environs du cap de Bonne-Espérance , sont astringentes , que les colons savent très bien les employer contre la diarrhée et la dyssenterie.
Le Géranium à Robert et l’Érodium musqué (T7*. ces mots) sont les seules espèces indigènes qui ont été et sont encore employées contre diverses maladies.
La capucine et Y O xalis acetosella , vulgairement nommée Surelle, qui fournit le sel d’oseille , faisaient autrefois partie des Géraniacées ; mais on a proposé , dans ces derniers temps , de les placer dans deux nouvelles familles , qui ont reçu les noms de Tropéolées et d’Oxalidées. Nous adoptons d’autant plus volontiers cette séparation proposée par les botanistes, qu’elle est d’accord avec l’observation des propriétés de ces plantes, qui sont très différentes de celles des Géraniacées proprennent dites. V. Capucine et Surelle. (à. R.)
GÉRANIUM A ROBERT. Géranium rabertianum, L. — Ricli. Bot. méd., t. II, p. 719. ( Famille des Géraniacées, Juss. Monadelphie Décandrie, L.) Cette plante, connue sous les noms
GERMANDRÉE VULGAIRE» 649
vulgaires à' herbe à Robert , d'herbe à esquinancie, croît abon-* daiiiment sur les vieilles murailles , dans les décombres et les
lieux incultes de l’Europe.
Ses tiges sont rameuses , dicliotomes , géniculées , articulées, renflées à chaque articulation, poilues, cylindriques et rougeâtres. Les feuilles sont aussi rougeâtres, un peu velues, accompagnées de petites stipules, opposées, pétiolées, profondément partagées en trois folioles pinnatifides. Les fleurs sont rouges , géminées, portées sur des pédoncules axillaires plus longs que les feuilles, et bifurquées à leur sommet. Le calice est tubuleux, renflé à sa base, composé de cinq sépales ovales-lancéolés. La corolle offre cinq pétales obovales , arrondis , entiers , longuement onguiculés, et du double plus longs que le calice. Les étamines , au nombre de dix, sont toutes fertiles. La capsule est à cinq coques , surmontée d’un appendice pyramidal, dont l’apparence est celle d’un bec très allongé ; d’où l’étymologie du mot géranium, et les noms vulgaires de bec de grue, bec de cicogne qu’on donne à cette plante.
L’herbe à Robert exhale une odeur très forte, puante, approchant de celle du bouc. Sa saveur est astringente. La décoction de ses feuilles a été employé en gargarisme contre les affections de la gorge. Toute la plante fraîche, pilée et appliquée en cataplasme , est un remède populaire pour dissiper les érysipèles. On a prescrit le suc contre les calculs de la vessie, et même contre les hémorrhagies ; mais il n’y a aucune guérison bien constatée obtenue par de pareils moyens thérapeutiques.
GERMANDRÉE AQUATIQUE. V. Scordium.
GERMANDRÉE IVETTE. V. Ivette.
GERMANDRÉE MARITIME. V. Marum.
GERMANDRÉE VULGAIRE ou PETIT-CHÊNE. Teucrium Chamœdrjs, L. — Rich. Bot. méd., t. I, p. 249 ( Famille des Labiées. Didynamie Gymnospermie, L.) Petite plante herbacée , très commune dans les bois montagneux et sur les coteaux secs et arides. Ses tiges sont hautes d’environ deux décimètres , couchées , un peu ligneuses , pubescentes , garnies de feuilles
GÉROFLIER.
opposées, ovales, fortement crénelées, obtuses, lisses et d’un vert gai en-dessus, plus pâle en-dessous. Ses feuilles offrent une imitation en miniature de celles du chêne , ce qui a valu le nom de petit-chêne à la plante. Les fleurs sont ordinairement purpurines, disposées deux ou trois de chaque côté dans les aisselles des feuilles supérieures. Leur corolle est, comme dans les autres espèces du genre Teucrium > unilabiée , c’est-à-dire que la lèvre supérieure semble ne pas exister, parce qu’elle est réduite à deux languettes très petites et subulées, tandis que la lèvre inférieure est , au contraire, très grande, pendante, à trois lobes, dont celui du milieu est très grand, dilaté, arrondi et un peu concave.
La germandrée n’est pas douée de cette odeur aromatique plus ou moins forte , qui caractérise en général les Labiées ; elle ne se distingue que par une amertume très intense , qui lui donne des propriétés toniques et stomachiques, analogues à celles de la petite centaurée. Elle n’est point stimulante, ou, en d’autres termes, son action excitante n’est point aussi instantanée que celle des plantes où l’huile volatile est le principe dominant. Les sommités fleuries de germandrée sont souvent usitées en infusion aqueuse théiforme. On les fait macérer dans le vin, à la dose d’une demi-once pour 2 livres de liquide. Elles sont employées dans tous les cas où l’on veut exciter modérément Faction de l’estomac : car ce médicament ne produit jamais aucune réaction générale. Ainsi il ne faut plus considérer la germandrée comme sudorifique , anti-arthritique , etc. Elle fait partie des espèces amères , de la thériaque , de l’alcool général, de l’orviétan et d’une foule de médicamens composés, aujourd’hui négligés par les médecins. (A. R.)
GÉROFLIER pour GIROFLIER, V. ce mot.