CENTAURÉE
CEN TAURE A . Nom d’un genre de plantes de la famille des Synanthérées, tribu des Carduacées, lesquelles étaient autrefois très employées en Médecine. Ainsi les Centaurea Jacea, Cyanus benedicta, Calcitrapa , Behen et Centaurium, ont eu beaucoup de vogue sous les noms de Jacée, Bluet, Chardon bénit, Chardon étoilé ou Chaussetrape, Rehen blanc , et grande Centaurée. C’est sous ces noms officinaux universellement admis que nous traiterons des plantes médicinales qu’ils désignent.
CENTAUREE (grande). Centaurea Centaurium, L. — Rieh. Rot. méd. , t. I, p. 368. ( Famille des Synanthérées , tribu des Carduacées, Syngénésie Frustranée, L.) Cette plante, qui croît dans les pâturages élevés des montagnes , a une racine vivace , charnue , allongée , rougeâtre , d’une odeur aromatique, de laquelle s’élève une tige droite, rameuse, glabre , portant de grandes feuilles alternes, pennées , à folioles lancéolées et dentées. Les calathides de fleurs sont purpurines, globuleuses , et forment une sorte de corymbe irrégulier au sommet des ramifications de la tige. La racine, douée de qualités amères et aromatiques, était autrefois employée comme tonique et sudorifique. L’usage en est abandonné , et elle ne mérite guère le nom de Centaurée officinale qu’on lui a quelquefois donné. (A. R.)
CENTAUREE (petite). Gentiana Centaurium, L. Erythrœa Centaurium, Ricli. Bot. méd. , t. I, p. 3i3. (Famille des Gentianées. Pentandrie Digynie , L. ) On rencontre abondamment dans tous les bois de l’Europe cette petite plante , remarquable surtout par la couleur rose de ses jolies fleurs. Sa tige s’élève jusqu’à un pied ; elle est un peu quadrangulaire parla clécurrence des feuilles qui sont opposées , se croisant à angles droits, sessiles , ovales , aiguës et entières. Les fleurs forment une sorte de corymbe ou de panicule à l’extrémité des ramifications de la tige. Leur calice est à cinq sépales étroits, linéaires, appliqués; la corolle est infundibuliforme, plus longue que le calice ; son tube est étroit , terminé par un limbe à cinq segmens ovales et obtus. Les étamines, au nombre de cinq, sont tordues en spirale après la floraison ; le style est court , bifurqué à son sommet ,
CÈRASINE. 5
chaque branche portant un stigmate arrondi ; la capsule est très allongée , à deux loges et à deux valves qui portent un grand nombre de graines , attachées près de leurs sutures. Cette plante est douée d’une amertume franche , qui réside plus particulièrement dans les parties vertes. Néanmoins ce sont les sommités fleuries dont on fait usage en Médecine, sous forme d’infusion, comme toniques et fébrifuges. Quelques auteurs lui contestent la propriété vermifuge, mais c’est à tort. On en prépare aussi un extrait qui jouit des mêmes propriétés. Pour conserver aux fleurs leur couleur rouge , on est dans l’usage de les envelopper de papier aussitôt après qu’elles ont été cueillies , afin de les priver de la lumière pendant la dessication. Les doses auxquelles on administre cette plante sont les suivantes : en poudre, d’un demi-gros à 2 gros; et en infusion, une once pour une livre d’eau. (A. R.)
CEPE. Un des noms vulgaires du bolet comestible. V . ce mot.
CEPHAELIS 1PECACUANHA. Nom de la plante qui fournit l’ipécacuanlia annelé. V. ce mot.
CÉPHALOPODES. M. Cuvier a donné ce nom à la première classe des Mollusques. Ce sont des animaux marins qui ont le manteau en forme de sac ouvert par-devant, et contenant la partie inférieure du corps ; une tête saillante hors du sac , couronnée par des bras non articulés garnis de ventouses et qui environnent la bouche ; des yeux sessiles , deux mandibules cornées, trois cœurs, les sexes séparés. Il n’y a qu’un petit nombre de Mollusques céphalopodes dont les produits sont de quelque utilité. Les poulpes et les seiches dépendent de cette classe. V. ces mots. (A. R.)
CÈRASINE. Le nom de cèrasine a été donné, par M. John de Berlin, à des substances d’apparence gommeuse qui se gonflent dans l’eau froide , mais qui ne s’y dissolvent pas facilement. La cèrasine est soluble dans Peau bouillante ; mais par le refroidissement de ce liquide , elle s’en sépare à l’état de gelée.
L’eau aiguisée par les acides sulfurique, nitrique ou hy— dro-chloriquc, à l’aide d’une douce chaleur, dissout la céra-
6 • CÉRATS,
sine. La gomme adragant offre le meilleur exemple de ce produit. (A. C.)
CERASUS AVI UAL F. Merisier.
CERASUS LAURO-CERASUS. F . Laurier-cerise.
CERASUS MAHALEB. F. Bois de Sainte-Lucie.
CERASUS VULGARIS. F. Cerisier.
CÉRATS. On a donné le nom de cérats et cV oléo-cérats à des médicamens externes d'une consistance assez molle pour qu’ils puissent s’étendre et se fondre sur la peau ; ils sont composés d’huile et de cire. On ajoute à ces préparations, d’après des prescriptions particulières, des eaux , des poudres , des oxides , des sels et des extraits, afin de leur donner des propriétés que ni Fhuile ni la cire ne possèdent pas.
Les règles qui suivent doivent être observées dans la préparation de ces produits.
i°. On doit employer l’huile d’olive ou d’amandes douces très récente (i).
2°. On ne doit pas faire entrer dans ces préparations des huiles siccatives : ces huiles contractent facilement de la ranci dité et acquièrent de l’âcre té qu’elles communiquent au cérat „
3°. La cire employée doit être pure : la cire jaune (2) donne du cérat jaune, la cire blanche du cérat blanc.
4°. Varier la quantité d’huile selon que le cérat est préparé avec ou sans eau ; employer 1 2 parties d’huile et 4 parties de cire pour faire le cérat sans eau, et 16 parties d’huile et 4 de cire pour le cérat où l’eau doit être incorporée. ( Foir les exemples donnés dans le nouveau Codex. )
5°. Opérer la solution de la cire dans l’huile à une douce chaleur.
6°. N’ajouter l’eau que par petites portions en battant la
(ï) On peut, si l’on vent avoir un cérat de la plus grande blancheur, décolorer les huiles en les laissant en contact avec le charbon animal pendant 36 heures, agitant de temps en temps , et filtrant ensuite.
(2) Des essais faits sur la cire jaune m’ont démontré que ce produit pourrait être décoloré par le charbon animal. ( Observation-inédite .)
CÊRATS. 7
masse, afin d’incorporer de l’air en même temps que ce liquide. Ce mode d’agir donne lieu à un produit d’une plus grande blancheur.
70. Dissoudre dans un liquide approprie' les sels, les extraits qui doivent entrer dans le médicament , afin d’obtenir une division plus exacte et un mélange plus homogène.
8°. Ne préparer les cérats qu’à proportion des besoins, ces produits étant susceptibles de passer à la rancidité. Le cérat simple est adoucissant et émollient. (A. C.)
CÉRAT SIMPLE. Le cérat simple sans eau se prépare de la manière suivante : on prend
Huile d’amandes douces pure. . . (6 onces) iga gram.
Cire blanche très pure.. ........ (2 onces) 64 grain.
On fait fondre la cire dans l’huile à une douce chaleur et au bain-marie ; lorsque la fusion est parfaite et que le mélange est bien clair , on laisse refroidir, on ratisse la masse figée, en ayant soin de voir si la partie inférieure ne contient pas quelques substances étrangères, que l’on sépare ; on triture la partie ratissée dans un mortier , et on la réduit en une substance homogène exempte de grumeaux, que l’on place dans un pot, et que l’on conserve pour l’usage. (A. C.)
CÉRAT PRÉPARÉ A L’EAU , Céral blanc, Cérat de Gailien. On prend
Cire blanche très pure. ..... (a onces) 64 gram.
Huile d’amandes douces. ... (8 onces) a5o gram.
On ratisse la partie supérieure de la cire pour en séparer quelques parties qui ont acquis de la couleur, ou qui se sont salies par le frottement ; on coupe ensuite la cire par morceaux et on la met avec de l’huile dans un vase bien propre : lorsque la solution est opérée, à l’aide d’une douce chaleur , on introduit le mélange dans un mortier de marbre bien sec et chauffé d’avance, en ayant soin de le faire passer à travers une toile serrée pour séparer les impuretés qui pourraient encore s’y trouver ; on agite ensuite circulairement le mélange en se servant
8 CÉRATS.
d’un pilon qui doit avoir été chauffé (i). On a soin de détacher des parois du mortier et de la tête du pilon les premières portions qui s’y attachent et de les faire retomber dans la partie qui est encore liquide, afin que le tout , se refroidissant également, présente la même consistance et n’offre pas de grumeaux , ce qui arriverait si l’on ne prenait pas ces précautions. Lorsque le mélange est bien uni, on incorpore par petites portions : eau ordinaire ou de roses (6 onces), 192 grammes ( on s’aperçoit qu?à chaque addition d’eau le cérat blanchit ). Lorsque toute l’eau est introduite, on opère la trituration, et on la continue jusqu’à ce que l’on s’aperçoive que le cérat adhère au pilon , qu’on lève brusquement : c’est une marque certaine que le cérat est assez battu ; on le place alors dans un vase fermé , et on le conserve pour l’usage (2). (A. C.)
CÉRAT DE GOULARD , Cérat de Saturne , Cérat additionné dJacétate de plomb. Ce cérat se prépare de la manière suivante : on prend
Cérat blanc préparé comme nousl’avons dit. (1 livre) 5oo grain. Sous-acétate de plomb liquide . ... (1 gros) 4 (3).
On mêle avec soin , dans un mortier de marbre ( ou dans unè terrine ) ; on conserve pour l’usage. Cette proportion donne à peu près 20 grains d’extrait de Saturne pour 4 onces de cérat ; mais cette quantité est souvent portée à plus haute dose dans diverses prescriptions. Le cérat de Saturne est dessicatif.
(1) On chauffe fe mortier et le pilon avec de l’eau bouillante, et on essuie ensuite ces instrumens. "On peut aussi se servir d’une terrine au lieu de mortier.
(2) Lorsqu’on [remplace la cire blanche par de la cire jaune, on obtient un cérat jaune très employé dans les hôpitaux. Parmentier a dit « que cette v cire contient un principe colorant, jouissant de quelques propriétés mé- )> dicamenieuses. »
On peut aussi, avec le cérat jaune , faire le cérat de Saturne : l’opération est la même.
(3) Le mortier (ou la terrine) employé à cette préparation doit avoir des
GERBERA AH0ÜA1. 9
CÉRAT DE QUINQUINA. Cérat simple(demi-once), î 6 grammes ; extrait alcoolique de quinquina dissous dans une petite quantité' d’alcool (demi-gros), 2 grammes; faites chaufferie cérat, incorporez, triturez, et conservez pour l’usage.
Si nous voulions rapporter ici les diverses formules des cérats qui peuvent participer de principes qu’on leur ajoute, nous serions forcés d’y consacrer un espace considérable, et nous dépasserions le cadre de cet ouvrage. En effet, les formulaires étrangers donnent des recettes de ce'rats dans lesquels la calamine, le spermacéti, l’axonge de porc, l’émétique, la résine , entrent. Il appartient au praticien d’indiquer les nombreuses additions que l’on peut faire au cérat.
Le cérat de quinquina est regardé comme tonique. (A. C.) CERBERA AHOUAI et CERBERA TREVETIA, L. (Famille des Apocynées, Juss. Pentandrie Monogynie , L.) On a désigné dans les ouvrages de matière médicale ces plantes comme synonymes; cependant, quoique très voisines et congénères, elles sont distinctes. La première est un arbre du Brésil , de la grandeur d’un poirier, dont les feuilles sont coriaces , très grandes, ovales, lancéolées et éparses vers le sommet des branches. Les fleurs terminales ont le tube de la corolle cylindrique avec les découpures du limbe beaucoup plus courtes. Le Cerbera Thevetia , qui croît dans les Antilles , et sur la Terre ferme de l’Amérique méridionale , est un arbrisseau élégant , à feuilles linéaires , vertes et luisantes sur la face supérieure. Le fruit de î’Ahouai est une drupe sèche , contenant un noyau osseux à deux sillons latéraux , divisé en quatre loges renfermant chacune une graine ou amande. Celle-ci est un poison dont les expériences du docteur Ricord-Madianna ont démontré la violence sur des animaux domestiques. Les naturels de l’Amérique suspendent à leurs ceintures les noyaux vides de ces
parois bien unies; le pilon doit être exempt de fissures; ces fissures pourraient contenir nne certaine quantité de mélange de cire et d’huile , qui , sc mêlant
ensuite au produit, formerait des grumeaux et détruirait l’homogénéilé.
io CERFEUIL.
fruits, qui, en s’entrechoquant, produisent un bruit que Ton entend de fort loin. (A. R.)
CERF. Ceivus Elaphus, L. Mammifère de Fordre des Ruminans , remarquable surtout par ses cornes entièrement osseuses, très ramifiées et caduques. Ce bel animal a pour patrie les contrées tempérées et boréales de l’ancien continent. Il est plus petit que le cheval; son pelage est fauve-brun en été, avec une ligne noirâtre sur l’épaule, et de chaque côté une rangée de petites taches fauve pâle ; en hiver, il est d’un gris uniforme. La femelle du cerf, qu’on nomme Biche , n’a point de cornes; son petit est connu sous le nom de Faon . Le bois des cerfs (c’est ainsi qu’on désigne ordinairement leurs cornes) est employé en Médecine. V- Corne de cerf. (A. R.)
CERFEUIL. Chœrophyllum sativum , Lamck. , Scandix ce refolium , L. — Rich.Bot. méd., t. II, p. ^5. (Famille des Ombellifères, Juss. Pentandrie Digynie, L.) Plante annuelle que l’on cultive en abondance dans les jardins, pour des usages culinaires. De sa racine fusiforme, simple, blanche, s’élève une tige rameuse, dressée, légèrement striée , haute d’environ 2 pieds ; ses feuilles radicales sont portées sur de longs pétioles , tripinnées, à folioles ovales, incisées et dentées, d’un vert clair. Les fleurs forment des ombelles blanches, souvent latérales, à quatre ou cinq rayons ; elles sont entourées d’un involucre à une ou deux folioles ; les involucelles situés à la base des ombelles partielles sont composés de trois à quatre petites folioles. Le fruit est très allongé, lisse , glabre, terminé par les deux styles persistans.
Le cerfeuil est très odorant , et employé pour assaisonner les alimens. Son suc entre dans la composition des sucs d’herbes magistraux. On en prépare une eau distillée qui jouit essentiellement des propriétés médicales excitantes et diurétiques que l’on a reconnues dans la plante; car c’est à l’huile volatile que celle-ci contient , et qui s’élève pendant la distillation , qu’il faut attribuer ces propriétés. On en fait un extrait que l’on donne à la dose d’un à deux gros. L’infusion ou la décoction se prépare avec cerfeuil, 2 onces ; eau, une livre. (A. Ré
CERISIER. ii
CÉRIJNE. M. Chevreul a donné le nom de cérine à une substance particulière qui se précipite par évaporation, de l’alcool mis en digestion sur du liège divisé. Cette substance est blanche , en petites aiguilles ; elle ne se fond pas dans l’eau bouillante , mais elle s’y ramollit , et tombe au fond de ce liquide , tandis que la cire fond à 63° centigrades environ , et surnage ce liquide. Cette substance chauffée et distillée éprouve à peu près les mêmes changemens que la cire. Elle est plus soluble dans l’alcool que celle-ci. L’acide nitrique la dissout par degrés, et en convertit une partie en acide oxalique. Elle ne se dissout point dans la solution alcoolique de potasse.
On a aussi donné le nom de cérine à une substance extraite de la cire par l’alcool bouillant.
La cérine de John se distingue par les propriétés suivantes : elle est soluble dans les huiles fixes et volatiles ; elle est précipitée de la dernière de ces espèces d’huiles sous forme de grains d’un aspect graisseux.
Elle est insoluble dans l’eau , dans l’alcool froid et dans l’éther ; elle est soluble dans l’éther et l’alcool à chaud , et elle s’en sépare à mesure que ces liquides se refroidissent. Elle est fusible à une température qu’on a évaluée de 5o à 6o° centigrades ; son poids spécifique a été porté à 1,000 : elle a la consistance de la cire , et s’unit aux alcalis caustiques , avec lesquels elle forme des savons. Dans un nouveau travail, MM. Boissenot et Félix Boudet ont établi, dans des essais sur la cire , les propriétés de la cérine et celles delà myricine. Voir l’art. Cire.
CERISIER. Prunus Cercisus, L. Cerasus vulgaris, Miller. — Rien. Bot. méd. t. II, p. 520. (Famille des Rosacées, Juss. Icosandrie Monogynie, L.) C’est une opinion généralement reçue , que ce bel arbre a été apporté des environs de Cérasonte, ville de l’Âsie-Mineure , par Lucullus. Cependant il y a lieu de croire , d’après de bonnes raisons développées par l’abbé Rozier, que le général romain transporta en Italie seulement une variété du cerisier commun , mais une variété remarquable par l’excellence de son fruit.
i2 CERISIER.
Le cerisier cultivé a ses rameaux un peu étalés , et leur ensemble forme une cime arrondie. Ses feuilles sont pétiolées , pendantes , ovales, aiguës, dentées en scie. Ses fleurs sont blanches, pe'donculées, et disposées par petits faisceaux qui, vers le commencement du printemps, naissent de bourgeons écailleux. Tout le monde connaît les fruits de cet arbre, nommés cerises , qui diffèrent essentiellement des prunes par la forme de leurs noyaux ; cette différence a paru suffisante aux auteurs modernes pour constituer le genre Cerasus , que Linné avait réuni au Prunus. On sait qu’il y en a plusieurs variétés, désignées vulgairement sous les noms de griottes , guignes et bigarreaux. Ces variétés ont même été élevées au rang d’espèces par Decandolle ( Flore française , seconde édition ) , et ont reçu les noms de Cerasus caproniana, C. Juliana , et C. Duracina. Les griottes j nommées ainsi dans plusieurs départemens, et cerises à Paris , sont plus fondantes , et leur peau se sépare plus facilement de la chair que celle des guignes; celles-ci, de même que les bigarreaux, se rapprochent peut-être davantage des merises, fruit d’une autre espèce de cerisier ( C. avium) , qui sont douces, noires et succulentes. C’est avec cette dernière espèce que l’on prépare le kirsch-waser . V . ce mot et Merisier. La culture a fait naître une foule de variétés dans le cerisier commun , variétés qu’il serait difficile de faire connaître dans cet Ouvrage où nous visons à la concision , et où souvent nous devons nous borner à l’indication des ouvrages qui traitent plus en détail des divers sujets. On devra donc consulter les ouvrages d’Horticulture , et particulièrement le Traité des arbres fruitiers de Duhamel.
Les cerises sont des fruits d’autant plus agréables , qu’elles mûrissent dans une saison où l’air embrasé nous fait rechercher tout ce qui rafraîchit. On les fait dessécher, soit au soleil , soit au four; elles deviennent alors très sucrées. On les conserve aussi sous forme de confitures, ou on les fait macérer dans de l’eau-devie avec du sucre. Les queues de cerises sont employées comme diurétiques par le vulgaire. Le bois du cerisier , malgré son peu de dureté, est très recherché pour la fabrication des meubles ;
CÉRIUM. i3
il est d’un grain fin , d’une couleur rouge avec des nuances plus ou moins foncées qui se dessinent en veines sur les surfaces longitudinales. Il transsude du bois de cerisier une gomme connue dans les officines sous le nom de Gummi nostras , et qui a souvent été employée pour remplacer la gomme arabique et autres gommes étrangères. L’écorce du cerisier est quelquefois substituée frauduleusement au quinquina ; on doit avoir attention d’éviter ce mélange nuisible , car l’écorce de cerisier , d’après les recherches de savans chimistes, n’est pas fébrifuge. M. Hielm, chimiste suédois, a trouvé dans le jus de la cerise un sel à base de chaux ; il en a retiré un acide qu’il a comparé aux acides formique , tartrique et sébacique, et qu’il a cru reconnaître comme un acide particulier. Ce travail nous a paru incomplet , et digne de fixer de nouveau l’attention des chimistes. D’après Guyton de Morvèau, la couleur des cerises est due à la réaction de l’acide propre à la cerise sur la matière colorante de ce fruit. ( Annales de Chimie , t. XXX, p. 197. )
CERITE. On a donné le nom de cérite à un minéral d’où l’on extrait le cérium ; d’après l’analyse de H i singer , il contient
Silice 18,00
Oxide de cérium.. 68,5g
Oxide de fer 2,00
Chaux i,25
Eau et acide carbonique 9 , 60
Une autre variété de ce minéral, qui se trouve dans les mines de cuivre de Bastnaes , près de Riddarhy tta , en Suède , a été analysée par Klaproth; elle a fourni 54,5 d’oxide de cérium, et 34,5 de silice. (À. C )
CÉRIUM. On a donné le nom de cérium à un corps combustible simple métallique, découvert par MM. Berzélius et Hisinger, dans la cérite. Les expériences de ces chimistes ayant été répétées par Klaproth et par M. Vauquelin, elles ont confirmé cette découverte.
Le cérium existe naturellement : i°. à l’état d’oxide en com-
i4 CÉRIUM.
binaison avec la silice et l'oxide de fer dans une mine de cuivre; a®, avec la silice, Foxide de fer, la chaux et l’alumine au Groenland ; 3°. avec Facide fluorique ; 4°- avec l’acide fluorique, Fyttria , dans les environs de Fahlun ; 5°. à l’état de cérite titanifère, mêlée de manganèse oxide', de fer oxidé, de silice, de chaux, d’alumine et d’eau, dans un minéral trouvé sur la côte de Coromandel, et analysé par M. Laugier.
Le cérium s’obtient de la manière suivante : on calcine la cérite, on la réduit en poudre, et on la fait dissoudre dans l’eau régale ; lorsque la dissolution est opérée , on neutralise avec de la potasse pure, et l’on ajoute du tartrate de potasse, qui fournit un précipité qui, bien lavé et calciné, donne de Foxide de cérium. Cet oxide, traité par le charbon à l’aide d’une forte chaleur, donne, selon quelques chimistes, le métal, et selon d’autres un carbure.
Le cérium est un métal blanc-grisâtre , lamelleux, très cassant ; sa pesanteur spécifique n’a pas été déterminée, à cause de la presque impossibilité qu’il y a de le réduire en culot. Ce métal est presque infusible ; on est cependant parvenu à en sublimer de petites quantités. On n’a pu encore, à cause du peu de métal que l’on en a obtenu, faire des expériences multipliées pour reconnaître ses propriétés ; on sait seulement que chauffé jusqu’au rouge et à l’air libre, il absorbe Foxigène, devient blanc , et passe à l’état d’oxide.
Des essais touchant Faction du cérium sur l’économie animale ont été faits par Gmelin. D’après la traduction de M. Robinet, il résulte de diverses expériences que le muriate de cérium introduit dans l’estomac n’a qu’une action absolument insignifiante, puisque chez les chiens, qui communément vomissent avec une extrême facilité, il n’a pas même occasioné cet accident; qu’introduit à une certaine dose dans le système veineux , il ne produit point d’effet sensible ; mais qu’à plus forte dose , il tue instantanément, non pas en détruisant l’irritabilité du cœur, en coagulant le sang, mais, comme il paraît probable, par une action apoplectique sur le cerveau. (A. G.)