DAHLIA
par Thunberg ; cependant, les jardiniers ayant conservé le nom primitif, nous sommes forcés d’adopter, pour la commodité des lecteurs , la dénomination la plus vulgaire.
La Dahlia changeante , Georgina variabilis , Kunth, est une plante originaire du Mexique , dont la tige herbacée s’élève à environ 2 mètres ; elle est rameuse, tantôt lisse , tantôt couverte d’une poussière glauque. Ses feuilles sont opposées , grandes, imparipinnées. Ses fleurs sont très grandes, composées au centre de fleurons tubuleux nombreux , jaunes , et à la circonférence de demi-fleurons en languettes, très grands, formant une couronne dont les couleurs sont extrêmement variées. Sous le rapport des couleurs , comme sous celui des dimensions et de l’aspect glauque ou lisse des feuilles , les Dahlias se divisent en deux races qui ont été regardées comme des espèces distinctes par Willdenow et M. De Candolle ; celui-ci les a nommées Georgina superjlua , et Georgina frustanea. La première race se compose de plantes plus élevées et plus robustes que celles de la seconde • leurs feuilles sont aussi plus grandes , d’un vert foncé , et ne sont jamais couvertes d’une poussière glauque. La seconde race est en outre caractérisée par ses fleurs marginales, dont le style est entièrement avorté. Enfin , la première race se distingue en ce qu’elle donne des fleurs rouges, purpurines, lilas, pâles et jaunâtres, tandis que la seconde renferme les variétés à fleurs jaunes et safranées. On voit donc que , sous le rapport des couleurs , les deux races se nuancent parfaitement entre elles.
Les dahlias sont cultivées, comme fleurs d’ornement, dans tous les jardins , où elles ont produit un nombre immense de variétés. On les multiplie , non par des semis , qui le plus souvent ne réussissent pas, mais par la division des racines. Celles-ci sont vivaces, tubéreuses, amincies aux extrémités. Dans les contrées méridionales de l’Europe, il suffit , pour les conserver , de couvrir la terre d’un peu de litière pendant la saison rigoureuse ; mais dans les pays septentrionaux on est obligé de déterrer les racines au mois d’octobre, et de les tenir pendant l’hiver dans un lieu sec et chaud. Vers le printemps , on plante les,
25o DALHINE.
portions de tubercule dans des vases que Ton abrite jusqu'au mois de juin , époque à laquelle on les transplante dans des terrains substantiels et exposés au midi.
Les racines de dahlia ont beaucoup d’analogie avec celles du topinambour ( Heliantlius tuberosus ) qui appartiennent à la même tribu naturelle. Elles pourraient offrir un bon aliment pour l’homme, sans le goût aromatique et peu agréable qu’elles retiennent , même après la cuisson. Il y a lieu d’espérer que la culture améliorera ce nouveau légume; en attendant, son emploi est restreint à la nourriture des animaux , qui paraissent en être très friands.
L’analyse des tubercules de dahlia a été faite par M. Payen. Les résultats qu’il a obtenus sont les suivans : eau, 0,76; dahline, 0,10; malate et citrate de chaux et d’ammoniaque, fibre ligneuse, phosphate de chaux, silice, albumine azotée, huile essentielle (1), huile fixe, substance aromatique amère, analogue à la vanille , gomme , gelée , nitrate de potasse, hydrochlorate de chaux , acide citrique , matière azotée analogue à l’osmazone , sulfate de chaux et matière colorante. La dahline est la seule fécule nutritive des dahlias et des topinambours ; ses faciles altérations et sa prompte conversion en sucre ont fait penser à M. Payen qu’elle doit être d’une facile digestion , et que sous ce rapport, elle pouvait rendre d’importans services à la Thérapeutique.
MM. Payen et Chevallier se sont aussi occupés d’extraire la couleur des pétales du dahlia, pour la placer sur du papier blanc , et en faire un papier très sensible verdissant par la présence d’une minime quantité d’alcali , et rougissant fortement à l’aide d’un acide excessivement étendu. (A. R.)
DAHLINE. On a donné le nom de dalhine à une substance d’un blanc éclatant , pulvérulente , très ferme , analogue à l’i— •nuline qui a été découverte dans les tubercules de la dahlia par M. A. Payen.
(1) L’huile volatile des dahlias , d’une odeur particulière, cristallise h o° en longs prismes aplatis , avant des caractères analogues à ceux présentes par l’acide benzoïque.
DAN AIDE ODORANTE. a5i
La dahline s'obtient de la manière suivante ( procède de M. Payen ) : on râpe les tubercules de dahlias , on exprime Ile suc, on délaie le marc dans l’eau bouillante, on presse die nouveau, on réunit les liquides, on y ajoute 3 pour 100 d.e craie ; on fait bouillir, on projette dans la liqueur 5 centièmes de charbon animal; on agite, on filtre, et l’on rapproche au quart du volume ; on ajoute de nouveau 2 pour ioo de charbon animal ; on clarifie avec 2 blancs d’œufs ; on filtre , on rapproche la liqueur jusqu’à pellicule légère : le liquide se prend en masse par refroidissement ; on délaie dans l’eau aussi froide que possible , on laisse déposer, on jette sur un filtre, on facilite le dépôt et le lavage de la dahline, en ajoutant à l’eau un dixième d’alcool. '
La dahline se rapproche beaucoup de l’amidon ; elle est peu soluble dans l’eau froide , très soluble dans l’eau à 7 o°, et cette solution aqueuse peut être précipitée par l’alcool. Les solutions d’iode, de chlore, d’acétate de plomb, de muriate de platine , de proto et de per-sulfate de fer, des proto-nitrates d’argent et de mercure, du proto-sulfate de cuivre , ne la précipitent pas. La potasse à froid dissout la dahline]; il n’en est pas de même de l’ammoniaque. La baryte la précipite; le précipité est blanc , très opaque , consistant , soluble par la chaleur , comme par un excès de dahline. Le poids spécifique de la dahline est de i3,56. L’acide sulfurique peut la transformer en sucre , de la même manière qu’il le fait d’autres substances végétales. {Voir le mémoire deM. Payen, Journ. de Pharmaèie,t. IX, p. 387.) (A. C.)
DANAIDE ODORANTE. Danais fragrans , Lamck. Illustr. des genres, tab. 166. (Famille des Rubiacées, Juss. Pentan-* drie Monogynie, L. ) Arbrisseau originaire des îles de France et de Madagascar. Ses tiges sarmenteuses et grimpantes sont munies de feuilles opposées , ovales - amincies , entières et glabres. Les fleurs sont rougeâtres, petites, d’une odeur agréable, comparable à celle du narcisse , et forment de petites panicules axillaires. Ordinairement un des sexes par son développement fait avorter l’autre ; ce sont les ovaires , ou le sexe femelle , qui , pour ainsi dire , étouffent les mâles ou les étamines,
afc* DAPHNINE. ■
d’où le nom allégorique imposé par Commerson , faisant allu-
sion aux Danaïdes qui ont étouffé leurs maris.
M. Du Petit-Tliouars a fait connaître les propriétés tinctoriales des racines de cet arbrisseau. Selon ce savant naturaliste, les Madécasses en extraient une couleur rouge inaltérable , en les faisant bouillir avec des cendres ; ils s’en servent pour teindre les tissus qu’ils fabriquent avec les fibres d’un palmier. Cette couleur est soluble dans l’alcool affaibli, qui , par refroidissement, laisse déposer une poudre jaune que l’on étend facilement sur le papier après l’avoir mêlée avec de la gomme arabique. En faisant bouillir les racines de danaïde avec l’alun , la couleur qui en résulte est jaune mélangée de rouge. Par l’évaporation de la teinture alcoolique , on obtient un extrait dont l’a-, mertume est comparable à celle du quinquina, et qui probablement jouit de propriétés fébrifuges, l’arbrisseau étant de la même famille naturelle que le cincliona. (A. R.)
DAPHNÉ. Daphné. Genre de plantes de la famille desThymé-»le'es et de l’Octandrie Monogynie, L., dont plusieurs espèces sont/ des petits arbustes à fleurs agréables et odorantes, et couverts d’une écorce épispastique. Tels sont les Daphné Gnidium , Laureola et Mezereum , connus vulgairement sous les noms de Garou ou Sainbois , Laureole et Bois gentil. V. le mot Garou, où il sera traité de ces diverses sortes d’écorces. (A.- R.)
DAPHNINE. Le nom de daphnine a été donné à une substance dont M. Vauquelin signala la présence en 1808, lorsqu’il fit l’analyse des daphnés (1). Dans son premier travail, ce savant reconnut que ce produit avait une saveur âcre et persistante^ qu’il était 1res volatil, agissant sur les couleurs bleues vé-. gé taies à la maniéré des alcalis . D’après de nouveaux travaux du même chimiste (. Journal de Pharmacie , t. X, p. 333 et 4T9)? l’alcalinité de la daphnine lui semblerait être due à l’ammo— > niaque , sans que le principe âcre du daphné participât à cette propriété ; il eut été à désirer que ce savant chimiste eût décidé d’une manière affirmative cette question du plus haut intérêt.
( 1) Ann. cle Chimie, t. LXXXV1, p. 174*
Le procède' suivant pour obtenir la daphnine a été donné par Boer et Gmelin (Diss. sur la garou. Tubingue, 1822); on traite l’écorce du Daphné Alpina ou IVIezereum, par l’alcool; 011 fait évaporer l’alcoolat en ayant soin de recueillir l’alcool pour le faire servir à une autre opération. On traite le résidu de la distillation par l’eau ; on précipite la dissolution aqueuse filtrée , par le proto-acétate neutre de plomb ; on lave le précipité, on le délaie dans l’eau et on le décompose par l’hydrogène sulfuré ; on filtre et l’on fait évaporer la liqueur jusqu’à siccité ; on dissout le résidu dans l’alcool absolu et à froid ; on filtre la dissolution et on laisse la liqueur s’évaporer spontanément : la daphnine cristallise ; on la lave ensuite avec de l’alcool absolu froid, et on la redissout pour la faire cristalliser?
La daphnine cristallise en prismes réunis en faisceaux incolores , transparens , brillans , très solubles dans l’eau chaude ; la solution aqueuse, faite à chaud, laisse déposer des cristaux par refroidissement ; elle est très soluble dans l’alcool et l’éther; se colore en jaune d’or avec un peu de potasse, de carbonate de potasse , d’eau de baryte ou de chaux ; elle n’est pas précipitable par l’acétate de plomb. Par l’acide nitrique, la daphnine se convertit en acide oxalique. (À. C.)
DATTIER. Phœnix Dactjlifera , L. — Rich. Bot. méd. , t. I, p. 80. Delile, Flore d’Égypte, tab. 62. (Famille des Palmiers. Dioecie Hexandrie, L. ) Ce beau palmier est originaire de l’Inde , de l’Arabie et de l’Afrique septentrionale , d’où on l’a transporté sur les plages chaudes de la Méditerranée, et jusque dans certaines localités de nos département méridionaux ; mais dans ces derniers lieux , quoiqu’il végète très bien en plein air, sa fructification ne réussit jamais parfaitement. On le cultive avec succès dans toutes les régions équinoxiales , et surtout aux îles de France et de Bourbon , aux Antilles , et dans l’Amérique méridionale.
Le tronc du dattier présente une colonne cylindrique ou légèrement renflée vers le milieu , d’un pied à un pied et demi de diamètre , et qui s’élève à plus de 5o pieds , sans aucune ramification latérale. A la partie supérieure de cette colonne, on
observe des aspérités graduellement plus grandes et qui sont les débris des pétioles des anciennes feuilles. Enfin , Tarbre se termine par une couronne de feuilles sous la forme de palmes , dont la base est élargie en gouttière , et qui sont formées d’un grand nombre de folioles étroites , lancéolées , aiguës , plissées en deux dans le sens de leur longueur. C’est au milieu de ces palmes que naissent les fleurs ; elles sont dioïques , et constituent des régimes rameux renfermés avant l’épanouissement dans de vastes spathes coriaces , monophylles , et fendues d’un seul côté. Aux fleurs femelles succèdent des fruits nommés dattes ; ce sont des espèces de drupes ovoïdes , allongées , de la grosseur du pouce , environnées à leur base par le calice, d’une couleur jaune dorée , quelquefois un peu rougeâtre ; leur péricarpe charnu et mielleux recouvre un noyau osseux, terminé en pointe aux deux extrémités, et creusé d’une rainure profonde sur l’une de ses faces.
Les dattiers sauvages fournissent des fruits d’un goût âpre et désagréable; c’est la culture qui, de même que pour la plupart des autres fruits, leur fait acquérir d’excellentes qualités. Les dattes forment en effet la principale nourriture de plusieurs peuplades de l’Afrique ; et comme la culture des dattes n’offre presque point de difficultés, la civilisation des hommes, auxquels ces précieux végétaux fournissent naturellement tant de ressources, est fort peu avancée : car c’est une observation assez générale, que l’industrie humaine se développe d’autant plus que la terre est inféconde, ou qu’elle exige de grands travaux pour être fertilisée. La séparation des sexes dans les divers individus de dattiers est un obstacle à la fécondation, qui s’opère néanmoins habituellement dans les plantes sauvages , parce que le nombre de mâles y est proportionné à celui des femelles , et que la nature les a distribués à proximité. Mais comme on ne cultive les palmiers que pour obtenir des fruits , le nombre des mâles qui se trouvent accidentellement dans les plantations est insuffisant pour la fécondation des femelles : de là cette coutume antique de répandre le pollen des fleurs mâles sauvages sur les régimes de fleurs femelles. On prétend que sans cette opéra-
tion, le fruit des dattiers lie nouerait point, et Ton cite plusieurs circonstances où la récolte des dattes a manqué, parce que Ton n’avait pu la pratiquer. Cependant il nous paraît difficile d’admettre que l’aspersion du pollen soit absolument nécessaire au développement des péricarpes ; nous pen sons , au contraire, que par la fécondation, c’est-à-dire par l’acte qui détermine la vitalité et l’évolution du germe, la partie charnue du fruit s’appauvrit et acquiert une saveur moins agréable. On sait que l’avortement complet des graines produit une grande amélioration dans une foule de fruits ; et c’est ainsi que les meilleures oranges sont celles où l’on ne trouve point ou presque point de graines dans les loges. Il ne faut donc pas attribuer une aussi grande importance à la pratique des Orientaux , que certains auteurs , enthousiastes du merveilleux , ont voulu y attacher. Des usages dont l’origine se perd dans la nuit des siècles, et surtout ceux qui ont été introduits sous une influence religieuse , se perpétuent souvent sans motifs raisonnables : la prétendue fécondation artificielle des dattiers nous semble devoir être mise au nombre de ces pratiques inutiles.
Les meilleures dattes viennent de l’Afrique , par la voie de Tunis et des autres états barbaresques. Celles que l’on tire de l’Afrique occidentale sont blanchâtres , petites , sèches et peu sucrées. On doit les choisir récentes, fermes et exemptes de mites. Pour les conserver , il faut les tenir à l’abri de la chaleur et de l’humidité. Il ne convient pas de les mettre dans des vases trop exactement fermés; car, à la moindre chaleur, elles exhalent , en fermentant , de l’humidité et des gaz qui altèrent promptement la masse de ces fruits. Les dattes qui ont été cueillies dans un état de maturité complet sont les plus fermentescibles ; aussi , pour être livrées au commerce, en fait-on la récolte un peu avant la maturité , et on les fait sécher au soleil en les étendant sur des nattes.
La saveur sucrée et visqueuse des dattes indique des propriétés adoucissantes et pectorales ; elles sont employées comme telles en décoction et associées avec les raisins secs, les jujubes et les figues. On les faisait entrer dans plusieurs préparations
pharmaceutiques ; elles ont donné leur nom à l’électuaite diaphœnix. Nous ayons parlé de leurs qualités alimentaires pour les peuples qui habitent les pays où les dattiers croissent en abondance ; ils en préparent , au moyen d’une forte pression, un sirop épais ou une sorte de miel , dans lequel ils conservent les dattes elles-mêmes, ainsi que plusieurs fruits indigènes ; ils en font aussi d’agréables gelées et pâtisseries. Par la fermentation avec addition d’une certaine quantité d’eau, les dattes donnent une fort bonne liqueur spiritueuse , qui peut remplacer Peau-de-vie obtenue du vin ou des céréales. On en fait aussi du vinaigre , le seul en usage dans l’Égypte supérieure. Le vin de dattier, dont on fait usage dans les pays chauds, se prépare avec la sève de l’arbre, qui découle en abondance du stipe de l’arbre, lorsque l’on y fait des entailles; on choisit pour cette opération les vieux pieds devenus inféconds , parce que la perte de la sève entraîne nécessairement celle de l’arbre. Au centre du faisceau de palmes qui termine le stipe des dattiers , se trouve un bourgeon conique formé des jeunes feuilles , et dont la saveur est analogue à celle de la châtaigne crue ; cependant on ne le mange que rarement , parce que l’on ne peut l’enlever sans faire périr l’arbre qui le porte.
Les diverses parties de cet arbre ont des usages économiques. Les fibres de la base des feuilles servent à faire des cordages , des tissus grossiers, des corbeilles, etc.; le bois est employé pour les constructions, mais on 11e peut en faire des planches, à cause de sa structure propre aux végétaux monocotylédons ; ses fibres longitudinales sont interposées d’un tissu cellulaire plus abondant au centre qu’à la circonférence , de sorte qu’à l’inverse des arbres de nos climats , la partie la plus dure ne se trouve pas au centre. Enfin, les palmes ou feuilles des dattiers ne sont point inutiles ; elles forment un article de commerce important pour certains pays où les rits de la religion romaine sont ponctuellement suivis. Ces palmes étaient, dans l’antiquité, le symbole de la victoire et la récompense des triomphateurs ; elles figuraient dans toutes les processions et les fêtes du judaïsme. On leur a substitué, dans nos climats septentrio-
DàÜCUS DE CRÈTE. 2Ô7
haux , les branches des arbres indigènes ; mais en Italie et en Espagne , on tient beaucoup à la pureté des anciens usages , et il est tels vallons de la Ligurie et de la côte de Valence en Espagne , où Ton cultive les dattiers uniquement pour fournir les processions de palmes , lors des grandes cérémonies.
L'analyse du pollen du dattier a donné pour résultats : i°. de la pollenine ; 2°. une matière animale soluble dans l’eau, et qui peut être précipitée par l’infusion de noix de galle ; 3°. de l’acide malique libre en grande quantité; 5°. des phosphates de chaux et de magnésie. ( Fourcroy et Vauquelin, Annales du Muséum dé Histoire naturelle , t. I, p.
DATERA STRAMONIUM. V. Stramo ine.
DATURINE. Dalurium. On a donné le nom de daturine à une substance cristalline qui a été découverte par Brandes , clans les semences de la stramoine ou pomme épineuse. La daturine se trouve dans la graine, à l’état de malate acide , que l’on peut obtenir à l’aide de l’alcool bouillant. On décompose ensuite ce sel par la magnésie , et l’on reprend le précipité par l’alcool bouillant; la liqueur ^ par évaporation, laisse déposer la daturine. ■ ’V
Ce principe est presque insoluble dans l’eau et dans l’alcool froid; il est soluble dans l’alcool bouillant, susceptible de s’unir aux acides et de former des sels d’où l’on peut précipiter la daturine par les alcalis.
Les sels que forme la daturine combinée aux acides sont l très solubles.
On a attribué à la daturine l’efficacité de l’extrait de stramonium employé contre le rhumatisme invétéré , et dont les : bons effets ont été constatés à l’hôpital d’Utrecht , par MM. Kir- : choff et Engelbart.
La daturine n’a pas encore été employée comme moyen thév rapeutique; il serait à désirer que quelque praticien s’occupât 1 de l’examen des propriétés de ce nouveau produit. (A. C.) DAÜCUS CAROTTA. V. Carotte.
DAUCTJSDE CRÈTE. Daucus creticus offic.Souscenom était Tome II. i n
DÉCANTATION.
connu , dans l’ancienne Pharmacie, le fruit de Y Alhamantha cretensis , L., plante de la famille des Ombellifères et de la Pentandrie Digynie. On le faisait venir de File de Crète et des autres contrées orientales , quoique la plante qui le produit croisse assez abondamment entre les rochers des montagnes subalpines delà France, telles, par exemple, que la chaîne du Jura. Ce fruit, que l’on considérait autrefois comme une graine nue , est légèrement cotonneux, allongé, couronné par deux styles, séparable en deux portions, et mélangé avec les débris des pédicelles des ombellules, dont il faut le séparer par le triage. lia une saveur forte et une odeur aromatique. Ses propriétés sont stimulantes comme celles des fruits de la plupart des Ombellifères; ce qui autorise la substitution des fruits de la carotte , lorsque l’o'n ne peut se procurer le daucus de Crète, aujourd’hui peu répandu dans le commerce. Cette drogue entrait dans la composition du sirop d’armoise , de la thériaque et du diaphænix.
DAUPHIN. Delphinus. Genre de Mammifères cétacés liabitans des mers , qui renferme plusieurs espèces d’où l’on retire une grande quantité de substance huileuse employée pour
l’éclairage. (A. R.)
DAUPBINELLE. Delphinium . Nom d’un genre de plantes qui se compose de plusieurs espèces dont les diverses parties ont quelques usages médicinaux. Telles sont celles connues sous les noms vulgaires de pied-d’allouette et staphysaigre. V. ces mots.
DAURADE. Un des noms vulgaires du cétérach officinal.
J/, ce mot. (A. R.)
DÉCANDRIE. La dixième classe du système sexuel de Linné a été ainsi nommée , parce que les végétaux qu’elle renferme offrent des fleurs hermaphrodites à dix étamines. (A. R.)
DÉCANTATION. On a donné le nom de décantation à une opération qui consiste à verser doucement, par inclinaison , une liqueur qui dépose, dans le but de séparer la partie claire qui surnage , de celle qui s’est précipitée au fond du vase. Le mot décantation dérive du mot canthus , bec , goulot , de
ce que cette opération se fait plus facilement lorsqu’on se sert d’un vase qui a un goulot. On peut aussi se servir d’une pipette , d’un siphon , pour pratiquer la décantation.
DÉCAPER. Opération qui consiste à enlever par le frottement , à l’aide du sable , l’oxide ou les substances étrangères qui recouvrent la surface d’un métal. (A. C.)
DÉCOMBUSTION. Le mot décombustion a été employé par Fourcroy, comme synonyme de désoxigénation. JT. ce mot.
DÉCOCTION. Decoctum. La décoction est une opération par laquelle on se propose d’extraire les principes solubles d’un ou de plusieurs corps, en les faisant bouillir avec un liquide. La décoction est simple ou composée : simple, quand elle est préparée avec une seule substance : composée , quand elle est préparée avec plusieurs.
La décoction a aussi été divisée en trois espèces, la légère , la médiocre et la forte : pour la première , l’ébullition ne dure que quelques minutes ; pour la seconde , la durée de l’ébulliîion est d’une demi-heure ; enfin pour la troisième , elle peut être continuée pendant plusieurs heures de suite. Ce qui établit entre ces trois modes d’agir une différence, c’est la durée de l’ébullition et non sa force ; car sitôt que les liquides commencent à bouillir, ils font monter le degré du thermomètre à un point qui varie pour chacun d’eux ; mais ensuite , que l’ébullition soit lente ou rapide dans un même liquide, le mercure reste au même niveau : preuve incontestable que tout le combustible employé sert à transmettre le calorique au liquide, sans l’y fixer en plus grande quantité.
La décoction pouvant altérer les propriétés médicinales , et changer les caractères physiques et chimiques des corps, quelle que soit leur nature , le pharmacien ne doit l’employer que lorsque cela est nécessaire. Des preuves de ces altérations qui résultent de l’action du feu sur les substances végétales lui sont fournies dans la pratique de son art ; en effet, il a pu remarquer que, par une longue ébullition , les sirops se colorent , les inu-
cilages perdent de leur consistance , les substances purgatives perdent de leurs propriétés , etc. , etc.
On donne aussi le nom de décoction , et mieux celui de de~ coctum, au produit que Ton obtient de l’opération que nous venons de décrire. Les décoctions jouissant de propriétés plus ou moins actives d’après le mode suivi pour leur préparation, le praticien doit , autant que possible , donner dans sa formule le mode d’agir qui lui est indiqué par la nature delà maladie, par l’âge et l’état des malades auxquels il ordonne ces préparations.
Les décoctions qui peuvent être ordonnées sont en grand nombre : nous indiquerons ici celles qui sont les plus employées.
DÉCOCTION AMÈRE. Prenez racine de gentiane ( Gentiana lutea ) coupée par tranches, 4 grammes ( i gros) ; jetez-la dans eau de rivière, i25o gram. ( 2 livres 8 onces ) ; faites bouillir pendant 10 minutes; versez la liqueur bouillante sur des espèces amères, 8 grammes (2 gros) ; laissez infuser pendant 2 heures ; passez sans expression. (A. C.)
DÉCOCTION ANTI-VÉNÉRIENNE DE LISBONNE. (. Pharm . batave. ) Prenez bois de santal blanc , de santal rouge , racine de salsepareille , de chaque 96 grammes ( 3 onces ) ; bois de Rhodes , de gayac , de sassafras , de chaque 32 gram. ( 1 once) ; sulfure d’antimoine , 64 grammes (2 onces) ; écorce de garou, 16 grammes (demi-once); faites infuser pendant 12 heures dans eau de fontaine bouillante, 4000 grammes (8 livres) ; faites ensuite une décoction assez prolongée pour que la liqueur soit réduite à moitié. Ajoutez, vers la fin de l’opération , racine de réglisse, 16 grammes ( demi-once ); passez, laissez déposer.
Cette décoction se prend quotidiennement à la dose de 1 livre à 3. (A. C.)
DÉCOCTION BLANCHE , Décoction de mie de pain. Prenez corne de cerf calcinée et porphy risée , 8 grammes (2 gros) ; mie de pain de froment , 2.4 gram. (6 gros) ; sucre blanc , 32 gram.
( 1 once ) ; mêlez dans un mortier , et pilez pour faire un me-
DÉCOCTION. i&i.
lange exact. Faites bouillir pendant io minutes avec eau commune, 1000 grammes (2 livres) ; passez la* décoction chaude dans une étamine peu serrée, en exprimant légèrement ; ajoutez eau de fleurs d’oranger,. 16 grammes (4 gros), ou , si la prescription le porte, eau de cannelle, 8 grammes (2 gros). Cette préparation se donne contre la diarrhée , les affections catarrhales. On doit remuer cette liqueur , afin de la faire prendre trouble au malade. La dose est d’une ch opine ou d’une pinte par jour. Quelques praticiens ordonnent quelquefois, au lieu de mie de pain, la gomme, à la dose de 4 à 6 grammes ( 1 gros , 1 gros \ ) ; on doit suivre ce mode de préparation dans ces cas seulement. (A. C.)
DÉCOCTION DE CASSE. Prenez pulpe de casse, 64 gramme. ( 2 onces ) ; faites bouillir pendant cinq minutes dans eau , 1000 grammes ( 2 livres) ; passez sans exprimer; ajoutez, ou sirop de violettes, 32 grammes ( 1 once ), ou, si l’ordonnance le porte, manne en larmes, 64 grammes (2 onces). Cette préparation est un bon laxatif. (A. C.)
DÉCOCTION DE GAYAC COMPOSÉE. Prenez bois de gayac, râpé, racine de salsepareille, de chaque 48 grammes ( 1 once, et demie ) ; faites infuser pendant 4 heures dans eau commune: tiède, 2000 grammes (4 livres); faites bouillir de manière à réduire le liquide à i5oo grammes ( 3 livres ). Versez-le ensuite bouillant sur les substances suivantes : sassafras râpé,. 8 grammes ( 2 gros ) ; réglisse ratissée et divisée , 16 grammes ( demi - once ) ; laissez infuser pendant demi-heure , passez et tirez à clair. Cette décoction est employée comme sudorifique dans les cas d’affections vénériennes anciennes, dans les cas de maladies cutanées ; on la donne à la dose, de 1 à 2 livres par jour , prise en plusieurs fois. (A. C.)
DÉCOCTION DE GAYAC COMPOSÉE ET PURGATIVE. Prenez gayac râpé , racine de salsepareille coupée , de chaquer 1 once ; carbonate de potasse , 25 grains ; faites macérer pendant 12 heures dans eau commune, 2000 grammes ( 4 livres) ; faites ensuite bouillir de manière à ramener la liqueur à i5oo grammes (3 livres); versez-la bouillante sur les subs-»
tances suivantes : feuilles de séné mondées , bois de sassafras râpé , réglisse divisée , de chaque 8 grammes ( 2 gros ) ; rhubarbe concassée, semences de coriandre, de chaque 4 gramm, ( 1 gros). Passez en exprimant, et décantez la colature lors-^ qu’elle sera éclaircie.
La décoction de gayac composée et purgative est employée à peu près dans les mêmes cas que la décoction composée ; on la donne à la dose d’une livre et plus par jour, prise en quatre fois. (A. G.)
DÉCOCTION DE PAVOTS, Décoction anodine. Prenez têtes de pavots blancs, 128 grammes ( 4 onces ) ; eau, 2000 gram. (4 livres). Faites bouillir pendant 10 minutes, et passez. Cette décoction est souvent employée en fomentation. (A. C.)
. DÉCOCTION DE POLYGALA SENEKA. Cette décoction se prépare de même que celle de serpentaire. /Y cet article.
DÉCOCTION DE QUINQUINA SIMPLE. Prenez écorce de quinquina gris, choisie exempte d’écorces étrangères et concassée, 82 grammes ( 1 once ) ; faites-la bouillir pendant 10 minutes , dans un vase couvert , avec eau de rivière , 1000 gram. ( 2 livres ) ; ajoutez ensuite, vers la fin de l’opération , muriate d’ammoniaque, 1 gramme (18 grains) , ou sous-carbonate de potasse, 2 grammes ( demi-gros ). Si l’on veut obtenir les principes actifs contenus dans le quinquina, ajoutez, au lieu de ces sels, acides citrique, oxalique ou tartrique , de l’un ou de l’autre, 1 gramme ( 18 grains). Passez, laissez déposer, tir^z à clair, et ajoutez sirop de quinquina, 16 grammes (demionce) (1). (A. C.)
DÉCOCTION DE QUINQUINA COMPOSÉE ET LAXATIVE. Préparez la décoction simple comme il est dit plus haut, et, au lieu d’y ajouter le sel, coulez la décoction bouillante sur les substances suivantes :
(1) Les praticiens doivent surtout , lors de la prescription de cette décoction , indiquer les substances que le pharmacien doit y ajouter. (D'air le Manuel du pharmacien , t. I , p. 198. )
DÉGOCïlOïs .
Follicules de séné. ....... 8 grammes ( 2 gros )
Sulfate de soude 8 grammes ( 2 gros ) ,
Muriate d’ammoniaque. .. . 1 gramme (18 grains).
Laissez infuser pendant une demi-heure ; passez avec expression , laissez déposer , tirez à clair et additionnez la décoction avec sirop de séné composé , 32 grammes ( 1 once ).
DÉCOCTION DE RACINE DE GRENADIER, Cette décoction, que l’on emploie avec succès pour détruire le tænia, se prépare de la manière suivante : prenez écorce de racine de grenadier de bonne qualité, 64 gram. (2 onces) ; eau commune, 1000 grain. ( 2 livres). Faites macérer pendant 24 heures; faites ensuite bouillir jusqu’à ce que la liqueur soit réduite à moitié , 5oo grammes ( 1 livre ). On passe , 011 divise en trois doses qui doivent être prises de dèmi-heure en demi-heure. La première et la deuxième déterminent, chez quelques personnes , des vo— missemens. Sans avoir égard à cet effet, on doit prendre la troisième, qui 11’exerce plus la même action sur l’estomac. Cette décoction détermine des selles dans lesquelles 011 trouve le plus souvent le tænia. ( V. le Journal de Chimie médicale , t. I , p. 377. ) Lorsque l’on veut faire prendre cette décoction, on purge la veille le malade arec la potion suivante : huile de ricin, sirop de limon, de chaque une once et demie. On aide l’action du purgatif par des boissons relâchantes.
DÉCOCTION DE RACINE DE SERPENTAIRE. Prenez racine de serpentaire, 32 grammes ( 1 once ) ; eau, 2000 gram. ( 4 livres ). Réduisez à moitié par l’ébullition. La décoction de serpentaire est ordonnée à la dose de 25o grammes ( 8 onces ) par jour, en, quatre fois, dans les cas d’affections rhumatismales et arthritiques , dans ceux d’hydropisie, et dans les affections du poumon , accompagnées de débilité et de sécrétions abondantes. (A. C.)
DÉCOCTION DE RIZ. Prendre les mêmes doses de riz que d’orge, Opérer de la même manière, et remplacer le sirop de