DOUCE-AMÈRE
L 'autre espèce est la Doradille ou Rue des murailles ( Asplénium Ru ta mur aria, L. ). De même que la précédente , elle croit par touffes serrées dans les fentes des rochers et des vieilles murailles. Ses pétioles ramifiés supérieurement portent de petites folioles irrégulièrement arrondies , un peu épaisses , et que l’on a comparées aux lobes des feuilles de la rue. Sa fructification se montre d’abord sous une forme linéaire , puis elle se développe de manière à recouvrir presque entièrement le dessous de la feuille. La rue des murailles était autrefois regardée comme une espèce de panacée; aujourd’hui elle est encore moins employée que le polytric des boutiques. (A. R.) DORSTENÏA CONTRAYERVA. V. Conïrayerva.
DOSE. On entend par ce mot la quantité déterminée, en poids ou mesure, d’un ou plusieurs médicamens simples ou composés qui doivent entrer dans une préparation. (A, C.}^ .
DOUCE-AMÈRE. Solanum, Uulcamara , L. — Rich. Rot. méd. , t I, p. 290. Bulliard , Herb. , tab. 23. (Famille des Solanées. Pentandrie Monogynie, L, ) Sous-arbrisseau sarmen** teuxtrès commun clansles haies et parmi les décombres de toute l’Europe. Sa tige est grêle, ligneuse à sa base, herbacée dans le reste de son étendue , pubescente , cyhndracée et grimpante. Ses feuilles sont alternes, pétiolées, à trois lobes profonds, dont celui du milieu est le plus grand , ovale aigu et entier; les deux lobes latéraux sont opposés et irréguliers. Ces feuilles varient d’ailleurs pour leurs formes ; on en trouve de quinquélobées , et d’autres parfaitement entières. Les fleurs ont une couleur violette , et sont disposées en petites grappes pédonculées et opposées aux feuilles. Le calice , d’un violet foncé, est très petit, turbiné et à cinq lobes aigus ; la corolle rotacée offre cinq segmens étroits et aigus , marqués à leur base de deux petites taches glandulaires vertes et luisantes ; les cinq étamines sont rapprochées en cône, et leurs anthères , comme dans les autres espèces du genre Solanum,, s’ouvrent par des pores terminaux. Le fruit est une petite baie ovoide, rougeâtre, biloculaire et renfermant plusieurs graines.
On récolte au printemps les jeunes rameaux de douce— Tome TI. 19
2go DRAGÉES.
amère, qui sont recouverts d’une écorce d’abord verte, puis grisâtre , et offrant à l’intérieur un canal médullaire très large; on les fait dessécher, et on les coupe en petits morceaux que l’on fend longitudinalement. Ces jeunes tiges ont une légère odeur nauséeuse , jane saveur dont la première impression est amère, mais qui laisse dans la bouche un arrière-goût sucré , d’où le nom vulgaire de douce-amère. On leur attribue des propriétés diaphoniques , et on les prescrit souvent dans les rhumatismes chroniques , la goutte , les maladies de la peau , la syphilis, etc. La dose est d’une à deux onces en décoction dans deux livres d’eau. Les baies ont une saveur fade , mais ne sont pas vénéneuses comme on le croyait autrefois. On prétend que les émanations de la douce-amère causent un narcotisme très prononcé chez les personnes qui en font dessécher une grande quantité dans les étuves. Il a été rapporté à l’article Cucuphes un fait assez remarquable de l’action de la douceamère sur un jeune homme qui en avait placé dans son chapeau. Ces faits appellent l’attention des observateurs.
On a attribué à la présence d’une matière particulière (la solanine ) les propriétés actives de la douce-amère. V . Solanine.
DOURALI. C’est le nom sous lequel est connu, dans l’Égypte supérieure, le sorgho ou millet d’Inde, dont les caryopses servent de nourriture à plusieurs peuplades d’Afrique. On cultive en France cette graminée pour faire des balais avec ses panicules , et pour engraisser la volaille avec ses graines* V. Sorgho. (A. R.)
\pOUVE (^GRANDE et PETITE). On nomme ainsi vulgairement les Ranunculus Lingua et Flammula , L. , espèces remarquables par leur âcreté. V. Renoncule* (A. R.)
DRACÆNA DRACO. Nom scientifique d’un arbre d’où découle la résine rouge sang-dragon. V . ce mot. (A. R.)
DRAGÉES. On a donné le nom de dragées à des substances végétales recouvertes d’une pâte sucrée, dure et blanche. Quelques-unes de ces préparations sont employées comme médicament, L’anis , recouvert de sucre , est donné comme carminatih
DRUPÀCÉES. agi
On a aussi donné , comme vermifuge j le semen-contra préparé de la même manière. {V. Pastilles ou tablettes vermifuges.) Les baies de genièvre > recouvertes de sucre , étaient autrefois appelées dragées de Sainl-Roch. On les administrait contre la peste. (A. C.)
DRASTIQUES. On a donné ce nom aux purgatifs énergiques. DRÈCHE. V. Bière.
DROGUES. On a donné primitivement le nom de drogues aux substances premières avec lesquelles le pharmacien prépare les médicamens magistraux et officinaux ; par extension , on Ta donné ensuite à toutes les substances médicamenteuses. Les drogues peuvent être divisées en deux classes , les drogues simples et les composées. Les drogues simples sont des produits tirés des trois règnes , et que Bon trouve dans le commerce ; les composées sont celles qui résultent de l’union , faite selon les règles de l’art , d’une ou de plusieurs substances simples > pour en former un mélange ou un composé. On a donné le nom de drogues simples à des produits qui sont évidemment des composés ; mais on s’est basé sur ce que ces substances existent dans la nature , et qu’elles ne sont point des produits de l’art.
Le choix des drogues simples qui doivent entrer dans un composé médicamenteux est de la plus grande importance pour la préparation des médicamens, et pour que les propriétés que doivent posséder les mélanges ou composés soient celles qui ont été reconnues par les praticiens. Le pharmacien doit s’attacher à reconnaître si les substances qu’il se procure n’ont pas été altérées ou par des circonstances indépendantes de la volonté du droguiste, ou par cupidité. Les falsifications nombreuses qui ne se présentent que trop fréquemment dans le commerce ont été décrites dans divers ouvrages, et notamment dans celui de Favre, sur la sophistication , et dans la traduction du Manuel des pharmaciens , par MAI. Kapeler et Caventou. ■ (A, G.)
DRUPACEES. Drupaceœ. Section de la famille des Rosacées , renfermant les arbres et arbustes dont le fruit est une drupe charnue, contenant un seul noyau. Tels sont les pru-
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niers, les cerisiers, les abricotiers, les amandiers, les pêchers, etc»