‹ Dictionnaire des drogues simples et composées ou dictionnaire dhístoire naturelle médicale de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 90 sur 193 · EAU D’ÉGYPTE · texte numérisé non relu

EAU D’ÉGYPTE

partie inférieure , on filtre , et l’on conserve dans des bouteilles bien fermées , que l’on place dans un lieu frais , à l’abri des rayons lumineux. La solution aqueuse d’huile animale de Dippel a été recommandée comme moyen thérapeutique, par le docteur Payen (1). Elle a été prescrite, à la dose de 8 à 32 grammes (2 gros à 1 once) , contre les convulsions, et à celle de 8 grain. (2 gros) , pour les enfans. O11 peut étendre ces quantités dans un verre d’eau sucrée ou dans tout autre véhicule approprié. O11 applique aussi cette eau en lotions sur les parties affectées de rhumatismes et de goutte. On en a obtenu de bons résultats. (A. C.)

EAU DE GOUDRON. On a donné le nom d ’ eau de goudron à l’eau commune qui a séjourné pendant quelques jours sur le goudron , et qui a enlevé à ce produit quelques-uns de ses principes. L’eau de goudron se prépare en mettant en contact pendant plusieurs jours 5oo grammes (1 livre) de goudron, avec eau 1600 (3 livres 3 onces 1 gros) , agitant, filtrant ensuite, conservant dans des flacons fermés. Cette préparation est administrée contre les maladies de poitrine et contre celles des voies urinaires. O11 la prend à la dose d’une ou deux livres par jour. L’eau de goudron contient environ o,5 centigrammes (ï grain) de matière soluble, sur 32 gram. (1 once) de liquide; 011 la coupe quelquefois avec de l’eau. (A. C.)

EAU D’ÉGYPTE, Eau grecque. On a donné ce nom à une solution peu concentrée de nitrate d’argent dans l’eau distillée de roses. On la prépare en faisant dissoudre , dans 260 grammes (8 onces) d’eau distillée de roses, 4 grammes (1 gros) de nitrate d’argent ; on filtre la solution. On se sert de ce liquide pour noircir les cheveux. Son emploi 11’est pas sans danger. Elle peut détruire les cheveux et attaquer le tissu cutané.

Cette préparation est un objet de commerce assez répandu, et la plupart de ceux qui la vendent et de ceux qui l’emploient

(!) Voir le mémoire lu, le 23 juin 1808, dans l’assemblée des professeurs de l’Ecole de Médecine, et sur lequel il a été fait un rapport favorable.

3oo EAU DE PLUIE.

ignorent tout-à-iait. sa nature, et les dangers de son emploi.

EAU DE JAVELLE. JT. Chloruré de potasse.

EAU DE LUCE. V. Mixture d’ammoniaque et d’huile volatile de succin.

EAU DE MER. V . Eaux minérales.

EAU DE PLUIE. On a donné ce nom à Peau dissoute dans l’air , et qui, par des circonstances atmosphériques, se précipite à l’état liquide. Cette eau, recueillie de manière à ce qu’elle ne puisse dissoudre de substances étrangères, est convenablement aérée ; elle peut servir aux usages de la vie , et quelquefois être employée comme succédanée de l’eau distillée. Pure, elle est sans saveur et sans odeur ; souvent elle acquiert des propr ié tés contraires en tombant sur les toits, coulant dans des conduits en bois ou en métal, et en entraînant avec elle en dissolution ou en suspension des sels, des matières orga° niques, etc.

L’eau de pluie est recueillie dans des espèces de conduits souterrains nommés citernes , ou bien elle s’accumule dans des cavités creusées dans le sol, et forme des mares, etc. L’eau ainsi réunie est susceptible d’éprouver des altérations qui sont, ou le résultat de la fermentation des substances organiques , ou de son action dissolvante sur les parois des conduits qui la renferment, et quelquefois par ces deux causes réunies. On doit avoir égard à ces altérations ; et si l’eau éprouve un com-? mencement de décomposition , on doit , avant de l’employer aux usages alimentaires, lui faire subir une épuration qui consiste à la faire passer à travers du charbon pilé. Pour obvier aux inconvéniens qui résultent de l’entraînement de diverses substances par l’eau , M. Thénard, a proposé de la faire filtrer à travers une couche de sable ; mais la pluie tombant quelquefois par torreris, il serait impossible, dans ce cas, d’établir un filtre assez grand pour débiter toute l’ëau qui en quelques instans est conduite dans une citerne. On doit aussi tenir propres les parois des citernes, et surtôut enlever les substances qui se déposent sur la partie inférieure. On peut aussi

EAU DISTILLÉE. 3oï

améliorer ces eaux eu jetant dans ces espèces de puits une certaine quantité de charbon de bois , et en laissant ce corps en contact avec Teau. Des essais tentés sur ce moyen ont eu tout le succès qu’on devait en attendre. (A. C.)

EAU DE RABEL. V. Acide sulfurique alcoolisé, p. 187.

EAÜ DE RIVIÈRE . L’eau de rivière est fournie par la réunion des eaux qui tombent sur les hauteurs, qui , filtrant ensuite à travers les terrains , donnent naissance à des sources qui se réunissent à la surface du sol, coulent et entraînent avec elles diverses substances salines qui se rencontrent sur le sol, et qui s’y dissolvent ou qui y sont tenues en suspension. Les eaux des rivières sont quelquefois limpides; quelquefois elles sont chargées de substances minérales, végétales et animales, surtout à la suite des orages, des fontes des neiges. La présence de ces substances dans l’eau la rend trouble et lui donne un aspect désagréable.

Ces eaux courantes chargées d’air, et privées par l’agitation des substances gazeuses insalubres qui pourraient s’y développer , sont les plus convenables pour les divers usages de la vie. On leur fait subir, dans quelques endroits, et particulièrement dans la capitale, des opérations qui donnent pour résultat une eau claire, limpide et salubre. Cette clarification est surtout nécessaire à la suite des grandes pluies et lors des grandes sécheresses (1). On doit , lorsqu’on fait usage de ces eaux, les prendre claires, sans saveur ni odeur.

Un travail sur les eaux potables a été publié par MM. Henry père et fils. Ce travail doit être consulté. (A. C.)

EAU DES CARMES. V . Alcoolat de mélisse composé.

EAU DISTILLÉE, Eau pure. Les eaux qui se trouvent dans la nature n’étant pas aussi pures , que celles qui doivent être employées pour diverses opérations chimiques ou pharmaceu—

(1) Dans l’établissement de M. Happey , quai des Célestins , l’eau est nonseulement privée , à l’aide de filtres de charbon, des substances étrangère» qui pourraient lui donner des propriétés nuisibles , mais encore elle contiens la quantité d’air qui est nécessaire pour que l’eau soit potable.

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