EAU ÉTHÉRÉE
tiques , on a recours à la distillation pour obtenir ce produit à l’état de pureté convenable. A cet effet, on prend l’eau la plus pure que Ton peut se procurer , on en remplit aux trois quarts la cucurbite d’un alambic , et l’on procède à la distillation ; l’eau s’échauffe , bout , se réduit en vapeurs qui passent dans le chapiteau et dans le serpentin où elles se condensent. On rejette les premières portions (4 litres environ) , qui peuvent contenir quelques substances volatiles , et qui ont servi à laver le serpentin ; on recueille ensuite les seconds produits , que l’on reçoit dans des vases de verre lavés à l’eau distillée , et qui ensuite sont bien bouchés. Lorsqu’il n’y a plus qu’un quart du liquide dans la cucurbite , on laisse tomber le feu et l’on arrête l’évaporation.
L’eau distillée ne doit pas précipiter par les solutions de nitrate de baryte , de nitrate d’argent , d’oxalate d’ammoniaque , d’acétate de plomb; elle ne doit pas rougir le papier bleu de tournesol , ni bleuir ce papier rougi par les acides.
L’eau distillée est employée dans toutes les analyses exactes ; elle sert à opérer la solution d’un grand nombre de substances qui se décomposeraient en partie si on les traitait par l’eau ordinaire. Exemple , l’acétate de plomb , le muriate de baryte , le per-chlorure de mercure, etc. (A. C.)
EAU ÉTHÉRÉE. Eau tenant de l’étlier en solution. On la prépare de la manière suivante. On place dans un flacon ayant deux tubulures , l’une à la partie inférieure , et fermée par un bouchon , l’autre à la partie supérieure , de l’eau distillée , i kilogramme (2 livres) ; on y ajoute de l’éther sulfurique pur, 128 grammes (4 onces). On ferme le flacon , et l’on agite vivement. On renouvelle pendant plusieurs jours , et plusieurs fois par jour, cette agitation. On laisse ensuite reposer; on tire à clair par la tubulure inférieure. O11 sépare ainsi l’eau éthérée de l’éther en excès. La proportion d’éther mêlé à l’eau a été évaluée à 1 , o .
Cette eau est employée comme antispasmodique. Elle est peu usitée. (A. C.)
EAU ÉTHÉRÉE CAMPHRÉE. M. Planche a donné la for-
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mule d’une eau éthérée camphrée qui est limpide, qui se mêle aux sirops et aux eaux distillées sans les troubler. Elle contient par once environ 4 décigrammes (8 grains) de camphre, et 9 à io décigrammes (18 à 20 grains) d’éther. Elle se prépare de la manière suivante. On prend les substances suivantes : camphre pur, 16 grammes (4 gros) ; éther sulfurique rectifié, 48 grammes (1 once et demie). On agite pour aider à la dissolution. Lorsqu’elle est opérée, on ajoute cet éther camphré à 936 grammes d’eau (1 livre 1 4 ' onces) introduite dans un flacon à deux tubulures, une inférieure et une supérieure. On agite fortement, et deux ou trois fois dans l’espace de deux heures ; on laisse reposer, et l’on tire par la partie inférieure. Cette eau, d’après M. le professeur Chaussier, paraît être convenable dans les affections adynamiques compliquées d’ataxie , dans l’éclampsie. (A. C.)
EAU FORTE. V. Acide nitrique du commerce.
EAU MERCURIELLE. V. Nitrate de mercure.
EAU OXIGÉNÊE , Deutoxide d} hydrogène. L’eau oxigénée fut découverte par M. le professeur Thénard , qui la fit connaître en 1818. Ce produit, des plus curieux, s’obtient de la manière suivante. On prend du deutoxide de barium pur , on le fait dissoudre dans de l’acide hydro-chlorique , on en précipite la baryte par l’acide sulfurique ; l’acide hydro-chlorique mis à nu reste en dissolution avec de l’eau légèrement oxigénée ; 011 répète à plusieurs reprises la solution de l’oxide de barium et la précipitation par l’acide sulfurique. L’eau se charge à chaque fois d’une nouvelle quantité d’oxigène ; on filtre ; on sépare ensuite l’acide hydro-chlorique par le sulfate d’argent; on recueille le chlorure, puis on précipite l’acide sulfurique par la baryte. Si l’opération est bien conduite , et que les proportions des matières employées soient convenables, ce que l’on peut faire avec du soin , on ob tient en résultat l’eau oxigénée. M. Thénard est parvenu à charger la liqueur de 125 volumes d’oxigène ; mais il a reconnu que quand la liqueur contenait à peu près 5o volumes d’oxigène , elle laissait dégager, du jour au lendemain , assez de gaz pour qu’il n’y
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eût point d’avantage à continuer de l’oxigéner à l’aide du deutoxide.
L’eau oxigénée est liquide , incolore , presque inodore; mise en contact avec les papiers de curcuma et de tournesol , elle en détruit peu à peu la couleur , et elle les rend blancs. Elle attaque promptement l’épiderme ; quelquefois elle le blanchit tout à coup et cause des picotemens dont la durée varie en raison des individus et de la quantité de liqueur. Si celle-ci est considérable, la peau peut être vivement attaquée et détruite. Mise en contact avec la langue , elle la picote , épaissit la salive , et produit une sensation qui se rapproche de celle attribuée aux solutions métalliques. Sa tension est plus faible que celle de l’eau ; elle se concentre dans le vide par l’intermède d’un corps absorbant. Soumise à différens degrés de froid , l’eau oxigénée. ne s’est pas solidifiée malgré qu’elle eût été exposée pendant trois quarts d’heure un à froid de 3o° ; si elle contient seulement 3o à 4° fois son volume de gaz oxigène , et qu’on la soumette à un froid de io° sous zéro, il y a une partie du liquide qui se congèle, tandis que l’autre reste liquide. La partie liquide est bien plus oxigénée que celle qui se congèle. D’après l’opinion du savant auteur de cette découverte , il est pro-* bable que si la partie congelée contient de l’oxigène , ce gaz appartient à une certaine quantité d’eau oxigénée interposée.
La densité du deutoxide d’hydrogène est de i,45a, l’eau étant 1000. On peut remarquer la différence de densité en versant du deutoxide d’hydrogène dans de l’eau ordinaire ; on voit ce liquide traverser l’eau et couler à travers comme Je ferait un sirop.
L’eau oxigénée mise en contact avec un grand nombre de corps, présente des phénomènes particuliers ; ces phénomènes ont été décrits par M. Thénard, dans le deuxième volume de son Traité de Chimie élémentaire et pratique.
L’eau oxigénée , pour être conservée le plus long-temps possible, doit être introduite dans un tube de verre allongé et fermé à la lampe par une de ses extrémités ; l’autre extrémité se bouche avec du liège. On met ensuite ce tube dans une éprou-
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vette à pied ; on l’entoure de glace , on porte à la cave et l’on recouvre le tout avec une cloche.
Les usages du deutoxide d’hydrogène ne sont pas tous connus ; on peut cependant l’employer avec succès à l’extérieur , toutes les fois que l’on a besoin d’un irritant prompt et énergique. La dissolution oxigénée que l’on obtient en traitant l’acide hydro-cldorique mêlé à l’eau oxigénée par le per-oxide de barium, est très propre à cet usage. Le deutoxide d’hydrogène peut aussi servir à restaurer les anciens dessins recouverts de taches noires : l’expérience en a été faite sur un beau dessin cle Raphaël, et les résultats obtenus ont été des plus satisfaisans.
L’eau oxigénée n’a pas été employée dans l’art médical ; il est probable que ce liquide, chargé à volonté d’une quantité plus ou moins grande d’oxigène , doit avoir de l’action sur l’économie animale ; et l’étude de cette action peut faire prévoir d’avance d’heureux résultats pour la science thérapeutique , si l’on considère l’avantage qu’a tiré M. le docteur Gay de l’emploi de l’eau de Roche-Corbon , qui contient Arès peu de sëls , et de l’oxigène en solution. (A. C.)
EAU PHAGÉDÉNIQUE. La préparation connue sous le nom à? eau phadégénique s’obtient de la manière suivante. On verse dans une solution d’eau de chaux 5oo grammes (i livre), une solution de per-chlor lire de mercure, 1 2 décigrammes (24 grains) . On agite. Cette préparation est appliquée comme détersive dans le traitement des ulcères vénériens. On la remue chaque fois qu’on veut s’en servir. (A. C.)
EAU RÉGALE. V. Acide HYDRO-CHLORO-NITRIQUE.
EAU ROUGE. V. Teinture aromatique composée.
EAU SECONDE. On a donné ce nom à deux produits liquides employés dans les arts. Le premier, employé par les orfèvres, est un mélange fait à parties égales d’acide nitrique du commerce et d’eau commune. C’est de l’acide nitrique du commerce étendu d’eau.
Le second est une solution de potasse dans l’eau. Elle se prépare en dissolvant 2 kilogrammes (4 livres) de potasse du commerce dans 6 kilogrammes ( 12 livres) d’eau.