TIQUE COMPOSÉE
EAUX DISTILLÉES DES PLANTES. On a donné ce nom aux produits qui résultent de la distillation de l’eau sur les plantes ou sur quelques-unes de leurs parties. Les racines , les écorces, les feuilles, les fleurs, les fruits ou semences sont employas pour fournir des eaux distillées. Quelques parties des animaux , des extraits , sont aussi mis en usage pour fournir quelques-unes de ces préparations. L’eau distillée sur une plante ou sur une de ses parties acquiert de nouvelles propriétés en se réduisant en vapeur ; elle entraîne non-seulement avec elle des substances volatiles par elles-mêmes , mais encore d’autres substances qui le deviennent à l aide de l’eau (1). L’union que ces substances contractent entre elles lors de la distillation est si intime , que l’on éprouve les plus grandes difficultés pour la rompre. O11 a cru pendant quelque temps que l’eau distillée des plantes inodores ne jouissait d’aucune vertu; on se basait , pour adopter cette opinion , sur ce que les caractères de l’eau distillée obtenue n’étaient pas assez tranchés. MM. Deyeux et Clarion ont démontré que c’était du mode de distillation , et non de l’odeur vive d’une plante , que dépendent les vertus de
(]) J’ai constate dans un grand nombre d’eaux distillées la présence de l’acètate d’ammoniaque, quelquefois avec excès d’acide, quelquefois avec excès de base, (Exp,. inédites . )
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l’eau distillée sur cette plante ; en effet , ils ont vu que Teau de laitue , cohobée plusieurs fois (i) , prenait par cette préparation une propriété calmante , et que Teau de bluet avait une odeur prononcée. M. Henry a vu que Teau distillée sur la rhubarbe possédait la propriété laxative.
Les eaux distillées ont été divisées en eaux distillées simples et en eaux distillées composées , selon qu’elles étaient préparées avec une ou plusieurs substances. On les a aussi divisées en eaux distillées odorantes et en eaux distillées inodores. Cette dernière classification est vicieuse , car les eaux distillées dites inodores sont pourvues d’odeur ; celle-ci , à la vérité , est moins sensible dans ces liquides que dans les eaux aromatiques , mais elle n’en existe pas moins.
La nature des substances , la manière de les disposer , de conduire le feu , d’opérer le refroidissement de Te au vaporisée n’étant pas sans influence sur la qualité de l’eau distillée , nous avons rapporté ici les règles générales qui doivent être suivies dans la préparation de ces produits.
i°. Si la texture de la substance est serrée, fibreuse, si elle renferme peu d’eau de végétation , on doit la diviser par un moyen convenable , la mettre ensuite quelque temps en contact avec l’eau , pour que ce liquide puisse pénétrer cette substance et faciliter la sortie des principes volatils.
2°. Lorsque la plante est peu odorante, on doit distiller à plusieurs reprises le produit obtenu sur une nouvelle quantité du végétal. Lorsque la plante, au contraire, est odorante , on
(i) L’opinion de MM. Deyeux et Clarion a été combattue dans l’article Eaux distillées du Nouveau Dispensaire d'Edimbourg; et notre collègue,
M. Cbe'reau, est porté à croire que la réfutation est juste ; il recommande cependant, pour obtenir Teau de laitue, d’employer les feuilles colorées et le tronc, de préférence aux feuilles étiolées. Nous avons reconnu , par Fexpé- $ rience, que l’eau de laitue obtenue en faisant passer, h plusieurs reprises, l’eau sur des feuilles de laitue, jouissait à un degré plus éminent de la propriété calmante, que celle qui avait été préparée en faisant distiller une seule fois l’eau sur la laitue ; des expériences que nous avons faites doivent être répétées avant d’être publiées.
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en met de suite avec l’eau une quantité suffisante pour la pré-»
paration de l’eau.
3°. On a soin de mettre assez d’eau dans l’alambic pour que la substance destinée à fournir l’eau distillée soit recouverte d’eau jusqu’à la fin de l’opération. Si l’on avait à craindre que par l’ébullition elles ne passassent à l’état de pâte , qui , en s’attachant au fond de la cucurbite, pût donner lieu à un produit empyreumatique, on les place dans un panier d’osier plongeant dans la cucurbite, ou mieux encore dans un bain-marie percé.
^ ° . On a soin que la masse de plante ne soit pas en trop grande quantité pour la capacité de la cucurbite ; cette précaution est nécessaire pour que le liquide ne puisse , en s’élevant trop haut , passer de la cucurbite dans le chapiteau et de là dans le récipient.
5°. Il faut porter rapidement l’eau à l’état d’ébullition , et la maintenir à cet état jusqu’à la fin de l’opération.
6°. On doit rafraîchir le serpentin le plus souvent possible.
rj°. Il faut employer de préférence les plantes fraîches aux plantes sèches ; on excepte cependant la mélisse , qui acquiert une odeur plus marquée par la dessication (i).
8°. On doit filtrer les eaux distillées aromatiques au moment de les employer , afin d’en séparer les petites gouttes d’huile essentielle qui surnagent , cette huile étant âcre et
D’après M. Decroizilles , qui l’a vu pratiquer par H. M. Rouelle, on peut distiller avec succès, pour obtenir des eaux très suaves, des flems conservées à l’aide du muriate de soude. La manière de conserver ces fleurs est celle-ci : on prend les proportions suivantes, i kilogram. et demi (3 livres) de roses, on les pétrit pendant 2 ou 3 minutes avec un demi-kilogramme ( i livre ) de sel. Les fleurs perdent de leur suc, elles se réduisent en une pâte pou volumineuse que l’on peut conserver dans un vase de terre cuite ou dans nn baril ; on ferme ensuite ces vases, et l’on conserve pour Tusage. Lorsqu’on veut opérer , on délaie la pâte dans la cucurbite de l’alambic avec le double de son poids d’eau, et l’on procède h la distillation. Selon quelques praticiens, Peau distillée obtenue par ce procédé est plus suave, et la quantité d’huile volatile lors de la distillation est plus considérable. ( Ann. de Chimie ,
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