FAS FAT IS
qu'il entraîna la ruine de tous l«>s seigneurs crois que l'on s'es! mépris sur la véritable
qui y assistèrent et voulurent imiter leur acception du mol faste, et voici pourquoi,
souverain. (In vrai fléau, parce que, au ma- Certains auteurs ont prétendu qu'il entrait
riage de sa nièce Jeanne d'Albret, avec le du faste dans la vertu des stoïciens ; qu'il y
duc de Clèves, qui eut lieu à Chàlelleraull en en a toujours dans toutes les actions é I -
1541, il afficha un luxe si extravagant, qu'il tantes; que c'est le fa-le qui élève jusqu'à
fallut, pour combler le déficit de ses finances, l'héroïsme certains hommes à qui il en coû-
frapper un impôt sur le sel. De là le nom de Lcrait d'être honnêtes; que c'est lui qui rend
noces salées que le peuple donna à cette ce- la générosité moins rare que l'équité, et les
rémunie. Un vrai fléau, enfin, parce qu'en belles actions plus faciles par l'habitude d'uue
donnant l'exemple de la débauche, il favorisa vertu commune.
la corruption dans son ro\aume. Assurément, dans louies ces circonstances.
L'histoire nous apprendra encore que, on confond le faste avec l'orgueil et la vanité;
sous Louis XIII , les Parisiens imitaient le scnl.ment avec 1 action qu il msplre.et cela
tellement le, manières et le luxe des no- ne devrait pas être; cars, le fastueux pèche
blés qu'il fallut des ordonnances royales par ces deux défauts, ce sont eux qu H but
pour arrêter les progrès de ces vices, qui accuser, et non le faste, qu. n est qu une
amenaient les plus grands désordres dans les forme de ces défauts.
familles etc., etc. Donc il n'y a rien de bon ., On me dira peut-être que, dans les cas dont pour la société dans le faste. Du reste, voici •' "< question, les auteurs ont voulu parler quelques faits qui prouvent combien le luxe au figuré, c est possible ; et s I en est ainsi, était excessif, même à la cour de Henri le mon observation, quoique sans portée ad pr I hoc, n en est pas m o:ns juste. Llle prouverait, . . ce que je cherche à établir partout, la né- Ce roi, disent les historiens, aurait sans cessilé d.élre lrè8-rjg0ureux en ce qui coudoute préfère la simplicité; mais il n en était cerne ,cs lcrmes (.uVn cmpioie quanj on pas ainsi de ses maîtresses et de ses courli- £crjL
sans. Bassompierre raconte que, pour la ce- 0n" g prc,enua cnrorc que Ie f;iste cleinl
rémome des fiançailles de Henri, il avait lait (()(|t Benliment je bienfaisance. Pour ma
faire un habillement qui lui coûta quatorze , ■ suig 1()jll (!e ,c croire. car (0mbien
mille écus; il en paya >ix cents pour la fa- d(1 ras,ueux qui fonl des largesses, ou qui,
cou seulement, il ctail-compose d étoiles s'iis n'en font pas, c'est qu'étant eux-mêmes
d'or brode en perles. Il acheta de plus une dn)S ,a é j,s |)e peuvcn, satisfaire tout à
épée garnie de diamants, qu il paya cinq ,a foJS cl cn méme lfm deux sentiments
mille ècus : il avoue qu il ht cc:le dépense ,rcs opuo,és l'amourdes plaisirs et l'amour
extraordinaire avec de 1 argent gagne au de l'humanité.
jeu!... Une le faste empêche d'exrrcrr la bien-
Au baptême ilufils de madame de Sonrdis, faisance auianl qu'on le pourrait et le de-
en 1594, Gabrielle d'Estrées parut vêtue d'une vrait si l'on n'était pas fastueux, c'est vrai;
robe de salin noir, si chargée de pciles et de mais, nous devons le repéter, il est beaucoup
pierreries, dit l'Estoile, qu'elle ne se pouvait de fastueux qui font des largesses; ils sont
soutenir. Le même auteur ajoute peu après: donc bienveillants. C'est par vanité, s'é-
S.imeili,12 novembre, on me fit voir un mou- criera-t-on : qui peut l'aflir r? Quant à moi,
choir qu'un brodeur de Parie venait d'acheter comme je connais beaucoup de fastueui j our madame de Liancourl (Gabrielle d'Es- exerçant en secret la bienfaisance, je retirées), laquelledevait le porter le lendemain pousse l'accusation que madame de Sofflà un ballet et en avait arrête le prix à dix- niery a portée contre les hommes qui étalent neuf cents écus, qu'elle devait payer comp- |,. f,,„te cl la magnificence, comme trop absolant. (Dulaure.) lue, cl je répète : Non, le faste n'éteint pas
De nos jours on ne cite pas de pareilles tout sentiment de bienfaisance. extravagances; mais combien de nos philos i- D mi tous les cas, attendu que le faste enpbes qui, s'ils fréquentaient nos théâtres traîne à d'autres défauts, et que de chute en ou les salous somptueux de nos gros finan- chnle les fastueui tombent dans la fange du tiers, pourraient dire tout bas à plus d'une vice, à moins qu'ils n'aient une brillante fade nos grandes dames ce que l'illustre Tho- lune; il faut, eu inspirant aux jeunes gens des mas Morus, chancelier d'Angleterre, disait goûts simples et en leur donnant des babiplaisammenl à une jeune personne fort pa- Ludes de bienveillance, de cordialité et de rée, toute brillante de pierreries, qui se plai- générosité, les disposer à faire un meilleur gnail de la chaleur excessive : q Vous portes mage de leurs richesses. sur vous des maisons tout entières, des FASTIDIEUX (défaut).— Tout individu vignes, de grands héritages; je ne métonne pniiuyeul) importun , fatigant par ses dispas que tous succombiez so;,s le lait. » cours et ses manières, devient /a»/fdï«u*.
Ouoi qu il en soit, le faste était a son sum-
mum dans ces dernières an. cn France, Ce défaut, car c en est un, roraunl un des
RU étions-nous plus heureux? La disi lion caractères de I imporlumlé, nous rcoTerrons
des mœurs u'allait-elle pas croissant? L'a- •' '•"l"1'' I»»»™ [Voy.ce mol) loul ce
mour du fustc ne favorise-t-il pas la dé- M"1 > estreiailf.
bauclie? FAT, FatuitI (défaut). — Qui dil fatuité
a une nouvelle observation. Je indique les défauts du fat <u ton mode d'êïw