‹ Dictionnaire des facultés intellectuelles et affectives de l'âme où l'on traite des passions, des vertus, des vices, des défauts, etcChapitre 105 sur 251 · FIN · texte numérisé non relu

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gés de i'adoucir, ou plulôt de le relever par une épilhèle : celle noble fierté. {Voltaire.)

Du reste, les nuances qu'on remarque entre ces différentes sortes de fierté sont tellement délicates, que si esprit fi< r est un blâme , et âme Gère une louange, c'est que, je le répèle, on entend par es, rit fier, un homme qui pense avantageuseme >t de luimême, et par âne fière , des sentiments élevés.

Toujours est-il que la fierté, quand elle part d'un sentiment noble et louable, étant une \ertu (alors qu'elle est réglée, s'entend), il est des occasions où il sied bien à un homme d'êlre fier : c'est quand il a le mérite d'une bonne action, et qu'il n'a à s'en prévaloir qu'auprès d'un public qui l'approuve. Ainsi, soldat valeureux, il sera heureux et fier de voir l riller sur sa poitrine l'étoile des braves, juste récompense de ses services et de son courage ; citoyen , il éprouvera un sentiment de noble fierté, si par sa capacité, son dévouement et son inlrépidité, il mérite le litre de bienfaiteur de sa pairie; magistral, il apportera d :ns sa retraite le sentiment d'une délicieuse fierté, s'il n'est descendu de son siège que pour ne pas furfaire à l'honneur que la magistrature doit sauvegarder, etc., etc.

FILOU, Filouterie. Yoy. Fripon, Friponnerie et Vol.

FIN , Finesse. — On appelle finesse, en morale, celte faculté qui a été donnée à l'homme, pour qu'il puisse saisir les rapports superficiels des choses {Mannonlel ) ; tout comme celte faculté à l'aide de laquelle, soit par prudence ou aulrement, sa pensée et ses intentions échappent à l'œil le plus exercé qui épie (ouïes ses démarches et .'es actions pour surprendre son secret.

On admet bien encore une autre sorle de finesse, la finesse dans la conversation comme dans les ouvrages d'esprit, qui consiste dans l'art de ne pas exprimer direcîement sa pensée, mais de la laisser aisément apercevoir ; c'est une énigme dont les gens d'esprit devinent tout à coup le mol; mais comme celle-ci n'est que la conséquence d une l'acuité primitive de l'intelligence, nous n'avons pas à nous en occuper.

Restent donc deux sortes de finesse: la finesse de l'esprit et la finesse de caractère. La première, qu'il est impossible d'acquérir, leut cependant se développer ju-qu'à un Certain point, par la culture de l'esprit luimême, qui gagne d'autant plus qu'on le cul-, live davantage, et devient ainsi une qualité Ires-précieuse, si on ne le fausse pas : et cesi précisément ce qui arrive, parce qu'il est trop fin, ou si l'on veul, parce que c'est nu corps trop délié pour avoir de li consistance. Gela vient de ce qu'un travers de la finesse est d'imaginer au lieu de voir, et qu'à force de supposer elle se (rompe.

Et quant a la finesse de caractère, qu'on laconsidère.avec F. Bacon, comme le c.'iemin couvert de la prudence, ou avec Duclos, comme le mensonge en aciion, du moment Dictions; ui:s Passions, etc.

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où elle n'est que le fruitd'une attention fixe et suivie, d'un esprit médiocre que l'inlérêl anime et qui cherche à tromper; du moment où elle devient une des nombreuse* formes du déguisement ou delà dissimulation (Fo//. Déguisement), il est inutile, je pense, d'insisler davantage sur ce sujet C'est pourquoi je rac borner li à Taire, en passant, quelques remarques.

1° On peut être plus fin qu'un antre, mais non pas plus fia que tous les autres (La Rochefoucauld) ; et on risque d'être a'trapé en jouant au plus fin. 2° La plas subtile de loutes les finesses est de savoir [e<ndrede tomber dans les pièges qu'on nous tend. 3° On n'est jamais si aisément Irompe que quand on songea tromper les autres. »• Le vrai moyen d'être trompé, c'est de se croire plus fin qu'autrui. Avec celte idée, on se tient moins en garde contre les artifices, et, par conséquent, on est bientôt trompé. 5° La finesse, c'est l'occasion prochaine de la fourberie : de l'une à l'autre il n'y a qu'un pas, et il est glissant : le mensonge seul en fait la différence.

On voit, par ce qui précède, que je no blâme pas l'homme fin ; je veux au contraire qu'il le soit, et surtout qu'il sache combien il est essentiel pour lui, comme pour toutes les personnes d'ailleurs, de connaître toules les finesses, à la condition qu'il n'usera du son savoir que pour ne pas être trompé, et non pour essayer de tromper les autres. Lt comme le plus souvent c'est à ce dernier et odieux usage que la plupart des hommes appliquent les ressources de leur esprit et la souplesse de leur caractère, il ne sera pas inutile, je suppose, d'ajouier quelques observations aux remarques que j'ai déjà faites, ne fût-ce que pour compléter ce que j'ai omis à l'artic'e Déguisement.

La finesse, nous dit-on, dénote toujours un cœur bas et un pelit esprit t>la est si vrai que, en général, on n'est fin qu'à cause qu'on veut se cacher, n'étant pas tel qu'on deirait être, ou que, voulant d s choses permises, on prend, pour y arriver, des moyens indignes, faute d'en savoir choisir d'honnêtes. Il faut donc faire remarquer aux enfanls l'impertinence de certaines finesses qu'ils voient pratiquer; le mépris qu'elles allirenlà ceux qui les fonl, et enfin leur faire honte à eux-mêmes quand on le. surprend dans quelque dissimulaiion ; les prherde temps en temps de ce qu'ils aiment le mieux, parce qu'ils ont \oulu y arriver parla finesse, et déclarer qu'ils l'obtiendront quand ils le demanderont simplement.

Il conviendrai! aussi de les désabuser des mauvaises subtilités par lesquelles on vent faire en sorte que le prochain se trompe, sans qu'on puisse se reprocher de l'avoir trompé : il y a encore plus de bassesse et de supercherie dans ces raffinements que dans les finesses communes. Les autres gens pratiquent, pour ainsi dire, de bonne foi, la finesse, mais ceux-ci y ajoutent un nouveau déguisement pour l'autoriser. Nous dirons donc à l'enfant que Dieu est la vérité mé'ue

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