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nue c'esl se jouer de Dieu que de se jouer de la vérité dans ses paro'es ; qu'on doit les rendre précises el exactes, et parler peu pour ne rien dire que de juste, afin de respecter la vérité.
Gardons-nous bien enfin d'imiter ce* personnes qui applaudissent ans enfants, lorsqu'ils ont marqué île l'esprit par quelque finesse. Bien loin de trouver ces louis jolis et de nous in divertir, reprenons-les sévèrement, et faisons en sorte que tous Kurs artifices réussissent mal. afin que l'expérience les en dégoûte En les louant sur de telles fautes, on leur persuade que c'est être habile que d'être fin.
A l'égard des femmes, comme elles sont nées artificieuses et qu'elles usent de longs détours pour arriver à leur but ; comme elles estiment la finesse, vu qu'elles ne connaissent point de meilleure prudence, et que c'est d'ordinaire la première chose que la prudence leur a enseignée; comme elles ont un naturel souple el propre à jouer toutes sortes de comédies, des larmes qui no leur coulent rien, des passions vives, des connaissances bornées, de là vient qu'elles ne négligent rien pour réussir, et que les moyens qui ne conviennent pas à des esprits plus réglés leur paraissent bons. Elles ne raisonnent guère pour examiner s'il faut désirer une chose, mais elles son! industrieuses pour y parvenir.
Ajoutons qu ciles sont timides et pleines de fausse honte, ce qui est encore une source de dissimulation.
Le moyen de prévenir un si grand mal, est de ne les mellre jan ais dans le besoin de la finesse, el de les accoutumer à dire ingénument leurs inclinations sur toutes choses permises. Qu'elles soient libres pour témoigner leur ennui quan I elles s'ennuient ; qu'on ne les assujettisse point à paraître coûter certaines personnes ou certains livres qui ne leur plaisent pas. (Fénelon.)
FLATTERIE (défaul), Flattkob. — La flatterie est une profusion de louanges fausses ou ex 'gérées inspirée à celui qui les donne, par un sentiment d'égoïsme ou d'intérêt personnel; ou bien, en d'autres terme-, un commerce honteux de mensonges, fonte, d'un côté sur l'inérét, et île l'autre sur l'orgueil : c'est l'arme du flatteur.
Née parmi les hommes du besoin qu'ils ont, les uns d'élre trompés, et les autre- rie tromper, la Batterie est plus ou moins coupable, basse, puérile, selon ses motifs, son objet et les circonstances.
Dans lotis les cas, on pourrait regarder la flatterie comme une conversation honteuse qui tourne au profil du Oatleur. lui voulezvous la preuve) Ecoule/ Tliéoplirasle. : ■ S il vous arrive qu'un tel homme vous accompagne quelque part, écrivi it ce nu raliste,
il vous dit BU i hein n : V oi/rz-iims tmiimiiit
tout le monde a Ut ytux sur pmu ■' Dont
toute lu ville il n'y u </>ie ri". s à i/ n ciln uf rixe : mi ne paflt OU» dis VOUI, Ofl w imite vue rus mér < . Il ajoute mille chose de
celle nature. Si vous allez raconter quelque chose, il impose silence aux assistants, il leur exalte votre personne el vos discours de manière que vous puissiez l'entendre; et aussitôt que vous avez cessé de parler, il est le premier à applaudir par les acclamations les plus flatteuses. S'il vous échappe quelque froide plaisanterie, il rit de bon cœur et porte le tout de son habit à sa bouche,
comme s'il voulait s'empêcher d'éclater
11 achète des fruits pour les apporter à vos enfants; il a soin de les leur distribuer en voire présence , et il les baise el les caresse beaucoup Si vous donnez quelques repas, il est le premier des convives à lou< r
votre vin 11 vous choisit les morceaux
Il vous demande si vous n'avez pas froid, si vous voulez qu'on vous apporte de quoi vous couvrir; il pousse même la' complaisance jusqu'à vous couvrir lui-même. Non content de ces démonstrations publiques d'intérêt el d'amitié, il vous parle tout bas en se penchant à votre oreille, el il n'adresse la parole aux autres qu'en tenant les yeux fixés
sur vous » En un mot, le caractère du
flatteur consiste à dire et à faire tout ce qu'il croit pouvoir le rendre agréable.
De tout temps une sorte de réprobation générale a pesé sur la léle du Batteur. Ou sait depuis longtemps aussi que tout flatteur vit aux dépens de celui qui Vécoute, et pourtant, comme généralement tout le monde aime à être flatté, on devient quelquefois flatteur par pure galanterie, alors surtout qu'on ne craint pas d'èire accusé d'agir d'après une pensée coupable. Eh bien 1 même dans ce cas, c'e-l mal de flatter, parce quo les éloges que l'on donne rendent vains, orgueilleux, présomptueux, etc., ceux à qui ils s'adressent.
Cependant, c'est ce qui arrive tous les jours, e'esl-a-dire que tel dalle pour se l'aire bien valoir ou de peur de se faire mal valoir; et tel autre po r se donner le plai-ir de f lire un échange de flatteries. A le- entendre, il n'est rien de pire que la louange exa.érrc. ou fausse; on doit rougir de s'entendre louer sans l'avoir mérité, et dès lors on se garderail bien de flatter autrui sans sujet. Néanmoins, à peine ces sortn de sages se sont ainsi prononcés contre la flatterie à leur adresse ou à l'adresse des autres, qu'ils se laissent caresser par elle, et sont entraînés à s'en ser\ ir.
Pourqu i ? dira-l-on : parce que l'amourpropre est le plus grand de tous les Ailleurs, cl que malheureusement chacun de nous .si rempli d'amour- propre j parce que nous devrions ton* savoir, OU du moins nous ne devons pai ignorer que l'amour- propre, tout en étant le plus grand des (lalleurs, esl .m si par conséquent hi cause de loua les maux, • Il vaul mieux, ilit Anlislhène dans tes S nlences, I. milice dans les serres des corbeaux que <1 i ti s les mains des flatteurs ! » PuiSSiOfl ■-
nous ne pas l'oublier !
Ce n' si pot la -eiile Benlence que l'on lit
portée contre la Batterie. Charron disait
d'elle : « La fl.ill' ne < si pire que le faux lé
moignage; celui-ci ne corrompt pas le juge: il ne fait que le tromper : au lieu que la flatterie corrompt le jugeaient, enchante l'esprit, et le rend inaccessible à la vérité. » Et l'auteur d'un recueil de pensées morales et critiques écrivait à son to.ir : « J'ai entendu quelquefois comparer les flatteurs aux voleurs de nuit, dont le premier soin est d'éteindre les lumières:» et la comparaison m'a paru juste; car les flatteurs de» rois ne manquent jamais d'éloigner de leur personne tous les moyens qui pourraient les éclairer. One chose assez bizarre, c'est qu'on condamne en idée la flatterie, et qu'on n'en aime pas moins la séduction; on rougirait d'avouer qu'on en est le jouit ; mais l'on n'en est pas moins dépendant, moins esclave. Cela provient de ce qu'il n'y a que la flatterie grossière qui offense un homme délicat, au lieu de lui plaire, et alors elle est ordinairement punie par le mépris; tandis q e, quand c'est une main habile qui l'a préparée, qu'elle a su épargner la pudeur de celui qui est flatté, et contenter sa vanité, il faut avoir beaucoup d'esprit pour la rejeter.
La conclusion de tout ceci, c'est que la flatterie n'est jamais permise, le moindre de ses effets étant de laisser dans l'antre du vice bien des orgueilleux et des vaniteux qu'on en retirerait peut-être, si on leur disait la vérité avec ménagement, mais sans déguisement; si on leur inspirait surtout un vérit ible dégoût pour la flatter e qui met le mensonge dans la bouche du flatteur, et fait autant de dupes qu'il y a d'orgueilleux et de sols.
FOI (vertu). — La foi es' une vertu chrétienne par laquelle on croit à tout ce que Dieu et l'Eglise nous ordonnent de croire.
Il est impossible que celui qui croit en Dieu (et tout homme qui n'est pas insensé doit y croire) n'ait pas la foi, et il est également impossible que celui qui croit en Dieu et à la foi ne croie pas à l'Eglise que Jésus- Christ a établie sur la terre. Dès lors, s'il croit à une Eglise contre laquelle les foudres de l'impiété ne prévaudront jamais, il croira aussi aux vérités que celte Eglise nous enseigne, parce qu • son divin fondateur les lui a révélées, et qu'il ne peut ni se tromper ni nous tromper.
Il a été de tout temps des philosophes qui ont osé crier contre la foi, et prétendu que c'est renver.-er tous les principes de la raison que de croire sans examen et sans preuves. Oui ; mais où voient-ils qu'o i a cru sans examen et sans preuves? Assurément, s'iis étaient i onsequents, ces philosophes, ils reconnaîtraient que la foi et la raison sont d'accord sur la plupart des devoirs et des actions des hommes; que les choses dont la religion nous éloigne sont souvent aussi contraires au repos de cette vie qu'au bonheur de l'autre, et que la plupart de celles où elle nous porte contribuent plus au bonheur des hommes et à la tranquillise de la société, que tout ce que notre ambition el n Ire vanité nous font rechercher avec tant d'ardeur
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Ce n'est pas tout; la phlosophie, nous l'avons prouvé, conduit à croire qu'il n'y a qu'un Dieu. Or, ce Dieu étant la vérité éternelle, nous devons croire ce qu'il a voulu enseigner à toutes les nations, et avoir la certitude que c'est se conformer aux principes de la raison, que d'adopter les préceptes û'r.uc religion qu'il a fondée. Ainsi, soit que, s'adressant à Pierre, il lui ait dit : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise; soit qu'il ait ordonné aux apôtres d'aller instruire les peuples et d'enseigner toutes les nations au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, il nous a invités par là à avoir la foi en celte Eglise dont saint Pierre fut le premier chef, et en une religion catholique prêchée d'abord par de pauvres pécheurs qui, sans instruction première, mais inspirés de ses divines pensées, ont converti à cette religion ceux-là mêmes qui les persécutaient.
Hommes de peu de foi, laissez-nous avoir nos croyances. Laissez-nous avec l'es: érance, qui se mourrait dans notre âme sitôt que le flambeau de la foi cesserait de l'animer. Laissez-nous avec la conviction que les liens de la famille rompus en ce monde par la faux de la mort se renoueront un jour dans l'éternité ; que tout ce que nous avons aimé, nous pourrons l'aimer encore, et que tout ce que nous aurons souffert en cette vie. avec ré>ignniion, n ms donne des droils aux récompenses que le Rédempteur a promises à ses élus. Laissez-nous croire enfin avec Newton, Pascal, Bossuet, Fénelon, c'est-àdire les hommes de la terre les plus éclairés daus le plus philosophe des siècles, et dans la force de leur esprit et de leur âge, ce que le grand Coudé mourant répétait avec foi : «Oui. nous voir ans Dieu comme il est. » Siculi es/, fade ad fanion !
FOL'RBE (vice , FotniB'ic. — Quand un homme joint la finesse au mensonge, et se sert du d guisement pour nuire, les actes qu'il aeco nplil dans celle intention constituent la fourberie.
La fourberie naît de la lâcheté el de l'intérêt qu'on a à cacher la vérité. Ce vice rompt lous les accords lails dans la sociét», en pervertissant tous les signes extérieurs des sentiments.
De toutes les fourberies, la plus noire est celle qui abuse du nom sacré dit l'amitié, pour trahir ceux qu'elle a dessein de perdre; tout comme de tous les caractères vicieux, le fourbe est, sans contredit, celui qui mérite le p!u> noire exécration. Les autres caractères s'annoncent ordinairement pour ce qu'ils sont : ils nous avertissent eux-m. de nous tenir sur nos gardes; au lieu que le fourbe nous conduit dans le piège, lors même qu'il prétexte de nous en garantir. C'est un hypocrite qui ouriit la trame de es no rcêurs avec ce que les hommes respecieul lu plus.
Toute la conduite du fourbe étant fondée sur la dissimulation, la finesse, l'hvpocrisic, dont il use largement pour nous mieux