‹ Dictionnaire des facultés intellectuelles et affectives de l'âme où l'on traite des passions, des vertus, des vices, des défauts, etcChapitre 172 sur 251 · RAI 7Ô · texte numérisé non relu

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mouvoir. Or, s'il en est ainsi , s'il est vr.ij que la vie esl un combat, soyons toujours sutla défensive , si nous ne sommes pas les assaillants. Mais quel que soit le rôle que nous remplissions, tâchons que ce soit avec courage et fermeté, celte condition étant une de celles qui prouvent le mieux la quiétude u'e l'âine.

QCINTEDX. Voij. Bizarre.

RAILLERIE (défaut), Raillcur — La raillerie, selon Théophra?le, n'est qu'un reproche déguisé des défauts des autres. Celle définition revient à peu près à celle d'Arislole, son maître, qui appelait la raillerie une honnête inutile.

J'ai réuni à l'article Moquerie ( Yoy. ce mot) tout ce qui est relatif à la raillerie et à la plaisanterie , etc.; ce qui m'autorise et me commande , pour éviter les répétitions , de me borner à ne rien dire que d'utile. Me renfermant donc dans les limites de celte autorisation , je ferai une simple observation. Elle consiste dans ce fait positif, que si la raillerie servait à bannir le vice et la folie du inonde, elle pourrait être de quelque usage dans la société civile; mais, au lieu de cela, on l'emploie d'ordinaire à se moquer ;iu bon sens et de la vertu, et à combattre ce qu'il y a de plus saint , de pïus respectable et de plus digne de nos éloges. De sorte que , quelque fine et spirituelle qu'elle soit, sou usage est presque toujours déplacé.

RAISONNEMENT (f acuité). — Le raisonnement est une synonymie continuelle d'expressions diverses; c'est une substitution de plusieurs mots à un seul, ou d'un seul à plusieurs ; c'est une composition qui appelle une décomposition dont elle a besoin pour éclairer toutes les parties de son objet , ou une décomposition qui tour à tour appelle une composition p uir soulager la mémoire; c'est enfin une succession plus ou moins prolongée de propositions toutes identiques.

Le raisonnement , quand on l'exprime, est donc inséparable de ses formes , quoiqu'il en diffère essentiellement. Les formes changent , le raisonnement est toujours un, loujours le même; puisque, soit qu'on le considère dans l'esprit, indépendamment de tout langage, soi t qu'on le considère dans le discours, il n'est jamais que le rapport d'iDENTlTÉ, tantôt senti confusément , Lanlol aperçu d'une manière distincte. ( l.rtroiiiiguière.) En deux mots, le raisonnement i st l'art de comparer des niées et de tirer des conséquenres des différents rapports qu'elles ont entre elles. Il se compose de plusieurs jugements,

Onpeul se h arer l'esprit humain, dans le système de haut , comme un i mpire d ni la sensibilité' représente les sujets ; Vfntendt ment , les agent! OU iniaisln s ; la raison , le s uverain , le législateur suprême; ou, si l'on veut, comme un édifice doul la leniibi

lité livre les éléments épars, dont l'entendement assemble les parties, dont la raison est l'architecte: elle seule forme le plan général d'ap'ès un idéal qui lui est propre. (Gérando.) Parlant, le raisonnement esl la preuve la plus forte de l'activité du suprême moi , dans l'exercice de ses faculté-. Il est le dernier terme et le triomphe de celle activité même , surlout quand le raisonnement embrasse un vaste ensemble d'idées habilement coordonnées dans tout' s ses parties , comme dans le système d'une science , ou même dans les systèmes entiers de toutes les connaissances humaines, ainsi que ce'a a lieu dans la plus haule méditation de la philosophie première et de la métaphysique. | Fréd. Be'raid. )

Dans tous les cas, le raisonnement doit partir d'un fait el lendrc à une conséquence apputéc sur une chose manifeste ; car on sent bicoque l'esprit peut raisonner avec certitude, d'après des laiis manifestes qu'on prendra pour principe d'un raisonnement ; au lieu q >c si on ne forme de raisonnement que d'après des probabilités, el non d'après des induction- fondées sur la certitude d'un rail, on a toujours heu de se repentir doses conclusions : en effet, ce n'est que raisonner au hasard. ( llippocrale, Prércpt. )

En procédant ainsi, celui qui a de la justesse de raisonnement pourra loujours bien déterminer, par la comparaison , la nature d'une action , au lieu de choisir entre deux devoirs incompatibles celui qui doit l'emporter,, tu les conséquences fâcheuses qni peuvent être la suite de sa détermination, en suivant toutefois les ordres de sa conscicnc • en vue de la morale, el de la r ligion. Cela Veut dire que , dans bien des i as , le CO ludoit Hre forcé de sacrifier si-< pencha 0 II a ses devoirs , ce qui esl chaque fois, je me liai ■ de le dire, un nouvel ellori qui embellit l'action el la rend bien plus méritante.

.••oe rate juge sans peine, que c'esl en tain que les portes de son injuste priso 1 lui sont

ouvertes, et que c'est un crime é un sujet do se soustraire aui poursuites de son sou vc

rain, quoique prévenu, Soerate aurait-d été

plus Bstimable, si, négligeant pendant s i y te l'élude de la morale, il eûl en besoin, sur le point de mourir, de méditer longtemps pour connaître ses devoirs? Il fut toujours ù • modéré dans l'usage des plaisirs 'i dans le désir des richesses, ^urail-ilélé plus louable, si, s'aband muant a son penchanl, il eût eu

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plus de peine à vaincre son amour pour les l'âge se sera fait sentir a nos mauvais j en-

femmes, son goût pourle vin, et son inclina- chants ou à nos funestes inclinations. Les

lion pour le vol? Scipion rend aux parents pères et mères, les instituteurs et inslilulrici s

et à l'époux la belle Espagnole, sans que sa ne sauraient donc se trop hâter <Je rendre les

vertu soit démentie par l'avidité de son re- enfants rangés et réglés,

gard. Que d'efforts cette victoire ne dut-elle RAPPORTEURS (défaut). — C'est un bien

pas coûter à un jeune guerrier! Mais s'il eût vilain caractère, c'est un métier bien odieux

augmenté par ses habitudes le penchant au que le caractère et le. métier du rapporteur,

plaisir, qui était inséparable de son âge, l'ac- Il trafique des paroles d'antrui, sème des

lion de Scipion aurait été plus digne d'estime, rapports qui portent le désordre et la désu-

quoique, eu dehors de cette action, Scipion fût nion dans la société, divulgue les secrets les

resté digne de mépris. La noblesse des motifs plus cachés, répète les discours qu'il en-

augmente le prix del'action. Celle de Scipion, veuime le plus souvent par des réflexions

dueauseut amour delà vertu, est héroïque : malignes et méchantes,

à | eine est-elle louable, si on l'attribue à la Rapporteur a plusieurs significations,

politique, au désir de se conserver l'estime Employé dans le sens qui vient d'être dit, il

des Romains et de s'attirer l'affection des signifie ce travers ou cette manie qu'ont les

Espagnols. enfants, les jeunes gens, bien des adultes, et

RANCONE (défaut).— La rancune est une quelques vieillards, d'aller, sans mission ni

haine secrète et invétérée qu'on garde au mandat, répétant à qui renl les entendre les

fond de son cœur, jusqu'à ce qu'on trouve propos que sans défiance on aura tenus de-

les moyens de l'exercer contre ceux qui en vaut eux, ou les actions que l'on aura com-

sont l'objet. Les hommes sujets à celle pas- mises.

sion sont à plaindre. Ils portent en eux, dit De pareils êtres devaient être fuis comme

Nicole, une furie qui les tourmente sans cesse, on fu l un malfaiteur ou ces reptiles dont on

La rancune est ordinairement la marque craint le dard venimeux. Ou si la chose est

it'un caractère méchant. Elle est taciturne, impossible, tout en cherchant à s'assurer

sombre, mélancolique. Quelque motif qui la de la réalité du fait mentionné, quand notre

fasse naître elle est inquiétante et d'un carac- intérêt nous y oblige, nous devons fermer

1ère fâcheux. Il est bon que les passions la bouche au rapporteur par un blâme sévère.

odieuses et nuisib'es à la société lourmen- " faudrait f lire plus encore, c'est-à-dire le

lent d'abord ceux qui y sont sujets. (Saba- dénoncer à chacun et à tous, afin que géné-

tier.) ralemenl honni et méprisé, repoussé par les

Ayant déjà énuméré à l'article Haine (Voij. gens comme il faut, il reçût de nouveau une

cemotjcn quoi consiste la rancune, ses effets, bonne et rude leçon.

et l'opinion que les auteurs surtout s'en sont Disons toulefois que les rapporteurs ne

formée, il devient inutile de nous y arrêter sont pas toujours animés par de mauvaises

plus longtemps. intentions. Certains vont partout colportant

RANGÉ, Réglé (faculté). — Généralement les raPPoris> soit pour le plaisir de bavarder,

onnesefailpasuneidéc exacte dins le monde solt P«ur se rendre agréables aux personnes

(les savants exceptés) de ce que c'est qu'un ^Ul a,,llent d e,rc au courant de la çhroni-

bomme rangé; et la plupart, j'ai longtemps 3ufi' sult Pour n,ontrer Hu on ne se gène pas

été de ce nombre, confondent les gens réglés devant eux ou qu ils sont a même de savoir

avec les gens rangés, malgré qu'il faille des ccrla,nps cho3es que beaucoup d'autre, ne

conditions bien différentes pour èire l'un ou sauraie"t pas sans eux. Néanmoins, quel

l'autre, qu en soit le motif, je doit le répéter, le rap-

El par exemple, celui qui, pour ménager P0,"leur 'a't un méiier odieux,

sa réputation et ne pas nuire à sa personne. Le rapporteur, disons-nous, n'agit souvent

fait tout avec modération ou sans excès, met de la sorte que dans le but d'être agréable à

des bornes à ses dépenses, les combine avec 'a société. Eh bien, je mets en fait qu'il est

ses moyens, est un homme réglé, tandis que encore plus facile de se faire bien valoir

ceiui qui est bon ménager de son temps et dans le monde en ne disant jamais des ab-

de son bien, met de l'ordre dans sa conduite, senlsce qu'on n'oserait dire en leur présence,

ne fait point de dissipation , dépense son ar- eu se montrant toujours discret et conciliai]!,

gcnl selon le goûl delà société où il vit.de qu'en rapportant ce qu'on sait de mal ^nr

façon néanmoins que les commodités dômes- '^nr compte. Or, ne vaut-il pas mieux user

(îques n'en soutirent pas par l'envie de briller; de ce moyen que de l'autre? Par malheur, on

celui-là , d:s-je,est un homme rangé. Nous ne réfléchit pas assez aux conséquences que

sommes donc rangés dans nos affaires et nos 'cs rapports entraînent, et pour avoir le

occupations; nous sommes réglés par nos plaisir desc faire applaudir un instant, cha-

inreurs et notre conduite. cun sacrifie parfois un brillant avenir : car,

Etre rangé ou régie est une qualité fort ne nous y trompons pas, tel sourit et estimable, qui s'acquiert par l'éducation. On '''!U' 'a niain au rapporteur, qui le nié rise la perd quelquefois dans la jeunesse, quand ;JU f°"d de l'âme. Savez-vous pourquoi ? le tourbillon des passions nous emporte ; Parce que le vrai devoir d'un honnête mais si nous l'avons possédée, elle reviendra h mime est de prendre le parti de son ami se mettre a sa place sitôt que notre raison absent et de le soutenir; au lieu que le rapprendra son empire, et que l'influence de porteur veut se distinguer, en amitié, par un

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