‹ Dictionnaire des facultés intellectuelles et affectives de l'âme où l'on traite des passions, des vertus, des vices, des défauts, etcChapitre 207 sur 251 · S9 VOL VOL · texte numérisé non relu

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cela «uivant les os, coutumes et mœurs des nions ré- oltés r( s'assurer d'eus à l'avenir,

populations, le^ ><>l n'eu est pas moins un leur r>la les armes et exercices peu i Mes et

crime dans noire pairie où chacun peut vi- difficiles, el permit tous les plaisirs et déliées.

vre par le travail ou par fa charité. El qu'on Secondement , elle bannit et chasse les

ne dise pas que la misère le rend excusable, vcrlus prjncjpa|cs qni ne peuvenl durer

ou que le voleur a une propension (elle S0;s un empire si mou et si efféminé: Ma-

pour le vol, que pour le corriger il faudrait xlmaSvirta>e> jacere oporlel voluptaie domi-

changer sa nature son organisation ; ce se- wan/e- {Cicèron.) Où la voluplé domine, les

rail la une erreur bien grande, puisqné So- grand(,s ve,.lus ne p(.uven[ exiger.

«■raie a conservé louto sa vie un goul 1res- „. ,, ., , , . .

prononcé pour la rapine et s'en est abstenu r.ercement, el e dégénère bientôt en son

par sagesse; puisque Louis XV avait le co.iira.re, qui est la douleur, le déplaisir, le

même goût, et ne l'a pas satisfait par dignité. sentir ■ ™mme '.«». ™ièrcs "eau douce

Donc le penchant au vol n'est pas lelement purent el vont mourir en mer sale; ainsi

inhérent à la constitution organique de 'e ";,ei dÇs voluptés se termine au fiel de la

l'homme qu'il ne puisse s'en rendre maître. d",,lelir- La voiup le quand elle n est retenue

,r , r . . par aucun hem, dit Sénèque, conduit rani-

\ouIez-vous, pessimistes, que le voleur dément à la douleur; elle se change en un

se corrige? msp.rez-lu. des seniimmls rch- vrai SU|)|)i;,.(1 . In prœcipUi est, ad dolorem

gieux, persuadez-le que le Christ est notre ver itf ul contrariamabU, nui modum teneal.

maître à tous (l) ici s il a celte conviction, il Finalement, la voluplé est la pourvoyeuse

obéira, soyez-en certa ns , aux commande- (ies aiauX- (piafoBf plante.) Celle remarque

ments d un Dieu qui mourut en pardonnant él,lit nécessaire pour justifier ce que nous

au bon larron, et abandonna a la justice avions dit dans le principe, de la voluplé, les

éternelle le voleur qui ne se repentait pas. propositions que nous avons émises d'abord

VOLAGE. Voyez Inconstant. étant en opposition flagrante avec les der-

VOLUPTÉ (sentiment) , Voluptueux. — nières que nous avons établies; et puis, parce

La voluplé n'est pas l'abus, mais le senti- que la plupart des auteurs sont portés à

ment du plaisir : en cela elle diffère de la dé- n'admettre qu'une seule sorte de volupté ,

hanche qui est toujours criminelle, en ce qui est celle des sens, ou intempérance cor-

qu'elle nuit à l'intérêt de la sociéié où elle P»relle, alors qac d'autres admettent dans le

sème le désordre et répand le goût de la cor- c(P,ir humain autant de formes de voluptés

ruplion et des vices ; tandis qu'au contraire, «l"''1 y a d'espèces de plaisirs dont l'homme

le goût du plaisir ayant été donné à tou> les PMI' abuser, et autant d'espèces différentes

êtres, ils peuvent y goûter dans de justes de phi- irs, qu'il y a de passions qui agitent

bornes, sans transgresser les lois morales et S0M âme.

religieuses; c'est-à-dire que rien ne s'op- Sur la même ligne de ces \olup'és, et par pose à ce qu'ils trempent leurs lèvres dans conséquent au premier rang des voluptés la coupe de la voluplé, celle-ci eniendue dans criminelles, on doil mettre les voluptés finie sens que nous lui donnons. Mais si tous poisonnées qui font acheter aux hommes par les èlres, hommes ou animaux, sont portés à les plaisirs d'un instant, de longues douleurs, goûter les pL) si/s sensuels, l'homme seul On pensera la même chose de ces voluptés peut s'élever jusqu'à la spiritualité du plai- qui sont fondées sur la mauvaise foi et sur sic, parce que seul il se distingue par son in- l'infidélité, qui établissent dans la société la lellig nce et son esprit des antres espèces confusion de races et d'enfants, et qui font animales. Aussi, doit-il au goût épuré et à suivrede soupçons, dedéfianceet fort souvent l'extension qu'il leur donne, parla pensée, de meurtres el "d'attentats sur les lois les plus d'être le plus heureux de toutes. sacrées et les plus inviôlablesde la nature. lin- Mais attendu que la plupart des gens qui fin.oii doit regarder commeuu plaisir criminel se piquent de courir après la volupté, abu- le plaisir que Dieu défend, soit par la loi nalusent des plaisirs, et en font leurs seules ido- rel'e qu'il a donnée à lo-us les hommes, soit les, il en est résulté que le mot voluptueux P'»"" ""e lot positive, toute jouissance sensé prend communément en mauvaise pari, suelic affaiblissant, suspendant ou détruisant el c'est même à cause de cela qu'après avoir le commerce que nous avons avec lui, en dilde la voluplé que, goûtée avec modération nous rendant trop attachés aux créatures. el avec règle, elle est chose belle et utile, De toutes les voluptés que l'homme peui on ajoute que l'excès ou dérèglement est la goûter, 1 1 voluplé des yeux, île l'odorat et de plus pernicieuse de toutes au public et au l'ouïe, esl la moins nuisible ; ce qui n'empêparticulier. De même « m il prise, elle ramol- che pas qu'elle puisse devenir criminelle, iii el relâche la vigu ur de l'esprit el du Sans doute elle ne détruit point l'existence ; corps, apolironnil eteffemine les plus coura- sans doute (die ne fait de tort à personne: geux : témoin Annibal. Les Lacé.lé no- n'importe, du moment où la morale et la renirus, qui faisaient profession de mépriser ligion la condamnent, s'y livrer est un ci ime. toutes voluptés, étaient appelés h mimes, et A plus forte raison considèrerons-nous eoinles Athéniens, mous t l délicats, femmes. » me criminelle la voluplé qui consiste dans [Pluturque.) Xerxès, pour punir lesUabylo- les excès de la bonne chère ou des plaisirs

(1) Admirables paroles prononcées par un élève de l'école polytechnique, le 24 février 1 8 18, à la vue du crucifix placé dans la chapelle «les Tuileries, envahie par le peuple en amies

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cliarnels, l'une el l'autre élanl Irès-préjadîtiables à la sanlé de l'homme qu'elles rument, à son intelligence qu'elles abaissent, en le rappelant de ces hautes et sublimes contemplations pour lesquelles il est naturellement fait, à des sentiments qui l'attachent bassement aux délices de la tible ou aux jouissances de la chair, comme aus sources de son bonheur.

Tous les hommes doivent donc éviter les ■voluptés déréglées et les plaisirs voluptueux, surtout poussés jusqu'à la luxure. Ils le doivent même d'autant plus, que ces plaisirs traînent généralement après eux, non-seulement les chagrins et les remords, mais encore les douleurs violentes, les souffrances incessantes, les maux les plus graves, les maladies les plus honteuses. Bref, la jouissance inconsidérée les énerve, les abat et les tue avant qu'ils soient arrivés au milieu de la carrière qu'ils étaient destinés à

parcourir: quel'e triste leçon pour l'humanité!

Si celui qui commence une vie de jouissances immodérées ne proflte pas de cet enseignement pour mettre un frein à ses penchants ; si ce tableau de tant de conséquences fâcheuses succédant aux sensations voluptueuses ne le retient pas sur le bord de l'abîme ; si la crainte d'une vieillesse précoce accablée d'infirmités et d'une mort prématurée ne peuvent rien sur son âme subjuguée par les passions ; qu'il enleude du moins une voix amie qui lui cric : cette vie de délices après laquelle tu cours ne peut le conduire qu'à ta perdition et à ta damnation ; hâte-toi d'y renoncer, il en est temps encore , et rappelle-toi qu'une carrière de privations, mais laborieuse et bien remplie , après l'avoir procuré une bonne santé sur la terre, le procurera aussi une éternelle félicité dans le sein de Dieu.

ZÈLE (facullé), Zélé. Onditgénéialemeul qu'un individu est zélé, quand sous l'impression d'une affection vive et tendre, d'une piété sincère, ou d'une charité ardente (le mot charité employé dans le sens vulgaire), il s'agite et s'empresse à assurer, quand il le peut, les succès de ses amis, de ses proches, ou les siens, les intérêts de tous; et à témoigner de son ardeur pour la gloire de Dieu el de la religion, pour le service de l'humanité.

Le zèle ne serait donc pas un sentiment primitif, mais bien une faculté qui se révèle et s'exalte sous les inspirations de l'amour de Dieu, l'amour du prochain, l'amour de la pairie, l'amitié, etc. , sources fécondantes où l'homme puise les bons sentiments qui 1 animent, les forces et le courage qui lui sont nécessaires. Tel on nous montre le missionnaire, par exemple, supportant et affrontant avec calme el sérénité les fatigues et les dangers d'un voyage long et périlleux , sans s'inquiéter des hurlements des animaux féroces qui le guettent au passage ; hôtes des lorèls, bien moins à craindre pour lui, que les sauvages de la plaine, à qui il va porter le flambeau de la foi avec la parole de ï'Bvansile.

J'insiste sur ce fait que le zèle n'est pas un sentiment primitif, mais bien la mise en pratique de plusieurs autres sentiments , pour faire remarquerque j'étais entièrement libre de le passer tous silence. Néan-

moins, comme on peut pécher également par excès ou par défaut de zèle; et que, par conséquent, il est des circonstances où il faut savoir le modérer, et d'autres où il convient au contraire de l'exciler ; comme par un zèle indiscret el inconsidéré, nous pouvons tous, compromettre plus ou moins li position, la fortune, l'avenir d'aulrui el le nôlre ; comme bien des gens en imposent souvent à la société par un zèle affecté ; il est bon que nous soyons avertis, et que nous sachions surtout quelle est l'origine véritable du zèle, afin que nous nous adressions là où il convient que nous frappions, soit pour l'empêcher de marcher en aveugle el lui imprimer une direction salutaire ; soit pour le raviver dans ceux en qui il s'affaiblit et paraît près de s'éteindre; soit principalement, pour donner à l'homme, zélé, mais ignorant ou peu instruit, des conseils salutaires.

Il les trouvera résumés dans ces quelques mots : Consultez toujours , avant d'agir, une raison éclairée ; ne vous assoupisse! ta* dans les froides lenteurs de l'apathie, mais sachez persévérer malgré les obstacle*, quand

votre zèle sera dirigé et soute. m par la ni lu, et qu'il aura pour objet les intérêts de l'Eï\ se, delà patrie.de lu société, de la famille, des sciences, des arts, etc., qui peuvent a

chaque instant du jour, réclamer les secours efficaces de votre cèle.

DE L'CSAIiEl DES PASSIONS,

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