‹ Dictionnaire des facultés intellectuelles et affectives de l'âme où l'on traite des passions, des vertus, des vices, des défauts, etcChapitre 43 sur 251 · BU A · texte numérisé non relu

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pour accomplir ce que sa foi lui impose, et tant d'autres faits du même genre, nous monirent les motifs moraux aux prises avec les mobiles physiques, avec le désir de la vie, le soin de sa conservation, l'horreur de la souffrance et de la destruction. Dans ces cas, une force supérieure à la force physique soutient la volonté, l'excite, l'exalte même, tellement qu'elle se dégage des instincts de la nature inférieure et consent à subir ce qui peut affliger ou tuer le corps.

1 Cette force victorieuse est une force morale; mais il y a plusieurs espèces et plusieurs degrés de force morale. Le guerrier qui affronte la mort pour se distinguer et obtenir de l'avancement ou un signed'honneur puise certainement son courage dans un motif moral, dans l'amour de la gloire; mais ce motif se résout à son tour dans l'amour de soi, puisque cet éclat ou cet avancement qu'il cherche, tend en définitive à son exaltation ou à sa jouissance. Il travaille pour lui : c'est donc un motif intéressé.

Il en est de même du courage immense déployé souvent par ceux qui courent après la fortune, et qui vont la chercher par terre et par mer, au milieu des plus grands périls, risquant mille fois leur vie pour acquérir la richesse ou pour la conserver.

Il y a dans l'exemple une force d'entraînement remarquable, à la guerre surioul, où le succès en dépend le plus souvent. Où l'un passe , les autres veulent passer. Mais il n'appartient pas à tout le monde de passer le premier : c'est le privilège do ceux qui commandent; c'est par là qu'on justifie son rang, en se montrant digne d'être rlief; car le chef dot être la tète. On a honte de ne pas .suivre celui qui se met en avant, qui expose sa vie pour nous frayer le chemin. Que de victoires ont été dues au courage du général s'élançant à la tête des bataillons incertains devant la mitraille! Aréole et Loili peuvent le dire. Aussi la force des armées est principalement dans les officiers qui savent pousser les masses à la victoire ou à la mort. Dans ce cas, le courage d'un homme devient c lui de toute une armée, qui ne fait plus qu'un cœur, un corps avec lui; elle marche comme un seul homme.

Il en va de même pour les affaires civiles et dans les assemblées. Il y a des moments critiques qui demandent une décision ; et lanl qu'une volonté énergique ne se prononce pas, l'incertitude plane sur l'assemblée immobile et vacillante. Qu'un homme do co'ur se mette en avant, cl il entraînera les autres. La voie ouverte, tout le monde s'y précipite. Le courage se développe et s'affermit par l'habitude. On fait mieux ce qu'on l'ait souvent; on le fait plus facilement, plus prompteuienl et plus sûrement. Le courage nouveau, le jeune courage, est bouillant, impatient, téméraire. Le courage rassit, le vieux < ourage, est calme, prudent, et sait attendre. l'habitude émoussant les impressions, on t'émeut moins du danger quand on le rencontre tous les jours. Le- vieux soldat! de rfimpire, qui avaient >unécti à tant de ba-

tailles et vu la mort sous tant d'aspects, conservaient leur sang-froid sous la grêle des boulets et des balles, et marchaient au combat comme à une fête.

Cet avantage de l'habitude est d'un grand secours à ceux qui commandent. Ils risquent moins d'être troublés par le bruit, l'embarras et le tumulte du moment. Leur imagination , accoutumée à ces excitations , ne s'exalte plus par la peur , ils conservent mieux la liberté du jugement et de la décision.

Mais ce n'est pas seulement à ceux qui commandent les armées que l'habitude d'affronter le danger est nécessaire, elle est non moins indispensable à ceux qui sont appelés à arrêter le flot populaire quand il mugit et gronde. Gloire donc à ceux qui ont assez de courage pour l'affronter et le voient venir se brider à leurs pieds.

Gloire donc à Boissy-d'Anglas, président de la Convention. Il n'est pas de Français qui ne sache que, le 1" prairial an III (20 mai 1795), uue troupe d'hommes et de femmes armés se portèrent vers les Toileries, où siégeait la Convention nationale. Après en avoir enfoncé les portes, ils se rendirent maîtres de la salle des séances. Boissy-d'Anglas prit alors le fauteuil de président qu'André Dumont venait de quitter pour donner Tordre de faire évacuer les tribunes. Le jeune Ferraud.à la tête de plusieurs députés et de quelques gardes de la Convention, repousse deux fois les assaillants ; mais à la troisième attaque la Convention est envahie, et la plus grande partie des députés , protégés par quelques gardes, se réfugient sur les bancs supérieurs.

Ferraud est frappé d'un coup de pistolet au moment où il s 'élançait à la tribune pour défendre le président. Transporté dans la salle de la Liberté, -a télé est coupée prune jeune fille nommée Aspasic Migelli, qui , bientôt après, rentre dans la salle des séances revêtue de l'éebarpe du jeune représentant, marchant devant sa tête portée au bout d'une pique, et tenant çncore le couteau dont elle s'était servie.

Le désordre était alors au comble. Les agents de l'étranger soudoyaient les assassins , on déchirait les procèt-verbaux. Un jeune officier, lils .lu dépoté Mailly, percé de trois blessuret, lombail au pied 'le 1 1 tribune. C'en était fut de la représentation nationale... Mais c'est en \ ain qu'on menace Bols-

tj-d'Anglas, qu'on lui présente la létedeton

collègue ; il refuse île rouvrir la séance, et

ferme à son poste, résigné à la mort, son courage en impose encore i ces hommes

égaies.

A ce noble, trait de eourage civil, je no connais de digne pendant que ci lui qu'a dé -

ployé M. de La m h line dans une circonstance non moins difficile. I.a fiance entière a n

pété arec admiration les pnrolei qu'il prononça le 24 lévrier à lllolel le-Vilie pour

motiver ton refus d'accepler le drapeau roue comme drape tu national. Lu Imposant à la foule armt c par; un altitude naine ci '

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