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trariélé dans les choses, à la pins petite contradiction dans les paroles.
Les personnes bilieuses, mélancoliques et nerveuses sont également sujettes à celte passion, l'homme sanguin est plutôt porté à la vivacité et à l'impatience ; mais quel que soit le tempérament, si une fois on a pris l'habitude de la colore, les plus petites causes suffiront pour la produire : l'âme est alors comme ces substances inflammables qui détonnent au plus léger contact.
Cette habitude peut venir de fort loin, car reniant , à cette époque de la vie où sa raison n'est pas encore formée, est accessible à la colère : on sait que ces petits tyrans ont de violents accès de rage quand leuis désirs sont contrariés ; si leur nourrice ne devine pas la cause de leur mal, ils étouffent quelquefois dans les étreintes d'une convulsion. C'est ce qu'avait remarqué Jean-Jacques : « Souvent, dit-il, les enfants pleurent malgré tous les soins et toutes les peines qu'on se donne pour les calmer : alors on s'impatiente, on les menace; des nourrices brutales les frappent même quelquefois. »
« Je n'oublierai jamais, ajoute Rousseau, d'avoir vu un de ces incommodes pleureurs ainsi frappé par sa nourrice. Il se tut surle-champ, je le crus intimidé. Je me disais : ce sera une âme servile dont on n'obtiendra jamais rien par la rigueur. Je me trompais, le malheureux suffoquait de colère, il avait perdu la respiration , je le vis devenir violet. Un moment après vinrent les cris aigus : tous les signes du ressentiment, de la fureur, du dé-espoir de cet âge étaient dans ses accents. Je craignis qu'il n'expirât dans cette agitation. Quand j'aurais douté que le sentiment du juste et de l'injuste fût inné dans le cœur de l'homme, cet exemple seul m'aurait convaincu. Je suis sûr qu'un tison ardent tombé par hasard sur la main de cet enfant lui eût été moins sensible que ce coup assez léger donné dans l'intention manifeste de l'oilenser. »
Je suis complètement de l'avis du philosophe de Genève, attendu qu'un enfant Irèsjeune a beaucoup d'amour-propre, et qu'on peut beaucoup obtenir en le prenant par les sentiments.
A ces causes de la colère nous ajouterons la faiblesse d'esprit. Un voit en effet, par expérience, les femmes, les vieillards, les enfants malades être très-colères, tout ce qui est faible étant naturellement porté à se plaindre ; tout comme la perte d'un denier ou l'omission d'un gain met en colère un avare.
J'ai dit, comme moraliste, que l'homme devait concentrer sa colère, et ne pas se laisser aller à ses emportements et moins encore à sa violence; liendrai-je le même langage comme médecin ?
Cette question est, ce me semble, excessivement délicate : car, si nous parcourons les auteurs qui ont signalé les effets de la colère considérée comme xause de maladies, nous y lirons que les accidents les plus graves, et la mort même, sont survenus, soit que la colère ail été concentrée, soit qu'elle ne l'ait
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pas été. Je suppose même que les accidents sont d'autant plus fréquents et d'autant plus graves qu'on la concentre davantage; mais comme je ne sache pas qu'on ait l'ait le dénombrement ni des cas qu'on peut attribuer à celle passion refoulée à l'intérieur, ni de ceux qui ont été la suite de srs mouvements expansifs chez le colérique, je crois que c'est plutôt en combattant par des moyens hygiéniques sagement combinés la prédisposition naturelle que les individus ont à s'enflammer, à s'emporter, qu'on en modérera les élans, en rendra les accès plus rares, et finira par en triompher sans danger. Jusque-là je ne me prononcerai pas sur les avantages ou les inconvénients de la concenlratiun en soi des mouvements tumultueux de la colère.
Mais , pour détruire cette prédisposition, que faut-il faire? 11 y a d'abord à examiner :
Premièrement, si l'individu est d'un tempérament sanguin, bilieux ou nerveux, chacun de ces tempéraments favorisant chez les colériques le développement de celte passion , et, à la suite de ses accès , un certain ordre de maladies.
Ainsi chez le sanguin on voit survenir des fièvres inflammatoires, des gastrites (Pinel), des apoplexies par hémorrhagie cérébrale , des amauroses par compression des nerfs optiques (Richtcr), des congestions pulmonaires qui peuvent rompre les vaisseaux et déterminer l'hémoptysie.
C'est cet accident qui occasionna la mort de Valenlinien. Les Quates elles Mo raves ayant été battus par les Romains, le Franc Mérobaud fut envoyé en dépulation à cet empereur, qui fut si choqué du costume du député, et si mécontent de ses excuses, qu'il entra dans la plus violente colère : c'est à ce point que le sang lui jaillit par la bouche, et il mourut suffoqué : un anévrisme s'était rompu.
Nous ne parlerons pas des hémorihagies cutanées, ni des hémorrhagies supplémentaires qui surviennent dans quelques cas, parce que ces accidents sont bien moins graves que les précédents.
Par contre, on voit se manifester chez les bilieux des vomissements de bile, des diarrhées de même nature, le choléra-morbus, l'ictère et autres maladies qui toutes annoncent une trop grande sécrétion biliaire el un ébranlement considérable essentiel ou sympathique du système hépatique.
Enfin, chez les personnes nerveuses, on observera tantôt l'espèce d'apoplexie qui frappa Fourcroy, lor.|u'on lui annonça qu'il n'avait pas été nommé grand maître de l'Université ; el celle qui tua Cbaussicr, quand on lui annonça qu'il avait été destitué de celte charge émiuente ; tantôt l'cpilepsie [Sauvages); tantôt la catalepsie (Mélanges des curieux de la nature); tantôt l'aphonie (j'en ai vu un cas ) ; tantôt l'aliénation mentale (Pinel, Esquirol) ; tantôt des accès d'hystérie (les faits que j'ai observes sont fort nombreux) ; tautôt des coliques ncrvcu.es (Zimmermann), etc. Tourlelledil avoir vu mourir deux femmes de colère : l'une dans les cou-