‹ Dictionnaire des facultés intellectuelles et affectives de l'âme où l'on traite des passions, des vertus, des vices, des défauts, etcChapitre 63 sur 251 · ON · texte numérisé non relu

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perçue par l'âme cl qui va retenlir an cretir; or, où est la sensation, alors qu'il s'agit d'un calme parfait, d'un état de quiétude de l'âme? Donc le contentement ne serait pas dans le cœur ; le mol cœur, dans le cas d'une distinction quelconque , ne devant jamais être employé au figuré.

Et si le contentement n'est pas dans le cœur, là où l'ont placé les moralisles, où sera-t-il? dans l'âme, comme la satisfaction. Mais avec celte différence dans la manière dont l'âme les sent l'un et rau!re,que, tandis que tout à fait contente, elle ne clierrlie pas des émotions nouvelles et reste inactive, car sans ces conditions elle ne serait pas réellement contente; elle fait au contraire un retour sur le passé, alors même qu'elle est satisfaite, à l'occas on peut-être d'un succès qu'on aura obtenu, et s'en applaudit. Ce sera, si on veut, un état délicieux, une jouissance agréable, mais peu durable, qu'elle se procure; néanmoins c'est un nouveau plaisir qu'elle goûte par le souvenir.

Il ressort évidemment de ces explications, que la manière dont l'âme ressent les effets du contentement ei de la satisfaction n'est lias la même, en ce sens que, d'une pari, le contentement, tout en étant l'ennemi de l'inquiétude, à l'instar de la satisfaction, ne peut rester tel, qu'à la condition que l'âme sera dans un état négatif, n'ayant ni passions ni désirs autres que ceux dont elle se contente ; tandis que la satisfaction ne peut être réellemenl goûtée, qu'à la condition que l'âme, en vertu de son activité, ramène l'esprit à d'agréables pensées, se rapportant à nos actes ou à nos discours.

Et par exemple, celui qui peut répéter gaiement ce vieux quatrain d'un égoïste:

Quand j'ai fait mes quatre repris Et que j'ai dormi d'un bon somme, Il ne m importe guère comme Chacun de moi pense ici-bas.

Celui-là, dis-jc, pourra vivre heureux et content; mais ceux qui savent qu'ils ont une mission philanthropique à remplir sur celte terre, ceux-là ne seront satisfaits que s'ils ont fait beaucoup de bien, s'ils peuvent se dire qu'on leur appliquera peut-être un jour ces paroles écrites à l'endroit de notre divin Maître : Perlransiit benefaciendo.

En second lieu, et c'est en ceci qu'on peut pms facilement saisir les nuances du sentiment de contentement d'avec celui de satisfaction, il n'est guère possible, par exemple, à un homme éclairé d'être satisfait de son travail, quoiqu'il soit content du choix du sujet. Caliimaque, qui taillait le marbre avec une délicatesse admirable, était content du cas singulier qu'on faisait de ses ouvrages, tandis que lui-même n'en étail jamais satisfait. J'ai connu moi-même, Irès-particiiliéremcnt, un professeur qui était on ne peut plus content du cas qu'on faisait de ses discours, et qui cependant, malgré les applaudissements répétés qu'il obtenait, n'était jamais entièrement satisfait de son œuvre ; il la revoyait avec soin, et ne l'aurail pas li-

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vrée à l'impression sans de nouvelles corrections. Certainement il n'avait pas besoin qu'on lui recommandât:

Cent fois sur le métier remettez voire ouvrage ; Polissez-le sans cesse, et I.; repolissez...

Car il y était naturellement porié par le désir et l'espoir de faire encore mieux.

En troisième lieu, enfin, si des travaux, n'importe leur nature, nous passons aux actions, pour les apprécier eu égard à nousmêmes, combien de fois n'arrivera-t-il pas que nons ne serons pas contents après nous être satisfaits?.... Vérité qui peut être d'un grand usage en morale. (Le chevalier de Jaucuwt.)

Ainsi, l'homme content, nous le répélons, c'est celui qui ne désire rien de plus que ce qu'il a, ou de ce qu'on lui accorde ; et l'homme satisfait , c'est celui qui voudrait bien plus encore qu'il n'a obtenu. Dans l'un, l'âme esl complètement tranquille, elle ne ressent ni passions ni désirs ; et dans l'aulre, il y a du trouble, elle désire: voilà à peu près toute la différence.

Je me trompe, il en est une autre que j'oubliais, malgré qu'elle ail été signalée, et que je vais mentionner, parce qu'elle ajoute un caractère différentiel de plus à ceux déjà indiqués. Je veux dire qu'il y a quelque chose de plus personnel dans le contentement que dans la satisfaction; et c'est ce qui explique pourquoi il sert peu d'être content de soi, si l'on n'est pas satisfait des autres. Cela fait que notre contentement ne peut être quo momentané. Et comment en serait-il autrement dans ce siècle d'égoïsme et de corruption? Aussi, nous a-t-on conseillé, comme le meilleur moyen d'êlre content de la position que le sort nous a faile, de la comparer toujours à une plus mauvaise. A celle condition on peut en effet être coûtent, quoiqu'on ne soit pas satisfait.

Dans tous les cas, et malgré qu'on puisso le désirer et le vouloir, il ne faudrait pas prétendre contenter tout le monJe ; à coup sûr, ce serait le vrai moyen de ne co itenter personne (De Retz) , et de n'éprouver soimême aucune satisfaction. A plus forte raison devons -nous renoncer à satisfaire les envieux et les jaloux ; c'est chose à la^. quelle on ne parviendra jamais. (Yauvenargues.)

CONTENTION (faculté intellectuelle). -, Contention veut dire application forte, soutenue et pénible de l'esprit à quelque objet digne de méditation. La contention suppose •ce la difficulté et même de l'importance do la part de la matière , de l'opiniâtreté et de la fatigue de la part du philosophe. Il y a des choses qu'on ne saisit que par la contention. (Diderot.)

Envisagée de la sorte, la contention n'est autre cho;>e que l'attention soutenue, I'AprucmoN, L'Abstraction [Voy. ces mots); seulement, elle a de particulier avec cotte dernière que l'âme abîmée pour ainsi dire dans celle sorlc d'absorption mentale n'est plus acccssiblcà aucuneespèce de sensations.

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La Contmtionel Vabsorpl ion seraient donc le 1res onl l'estomac faillie et sont par celte

summum de l'attention. raison presque tous pâles, maigres et tristes.

C'est pourquoi, revenant sur ces matières Tel était Cicéron; il mangeait si peu cl si raque je me proposais île compléter dans cet remenl à cause de la faiblesse de son estoarticle,je vais enlrerdans quelques nouveaux mac, il éîaii si maigre qu'il ne semblait romdélails sur les avantages de l'attention soute- posé que de peau et d'os. [Plutnrque.) Tels nue ou application, et sur ceux de l'abstrac- furent a si Voltaire, dont le visage amaigri tion ou contention. iCssemhlait a un triangle; Wieland, qui

Les auteurs sont d'accord sur ce point, avait les jambes comme des flûtes; Rous-

que l'envie d'acquérir des connaissances ou le seau, qui, quand il ne parlait pas, penchait

désir de faire usage de celles que i;ous avons la léle jusque sur la poitrine, altitude de la

déjà acquises peuvent . s ms difficulté, se réflexion et de la tristesse; altitude de l'hy-

ranger parmi lis passions ; celle envie et pocondriaque.

C ' désir étant si forts dans quelques pei son- Les maladies vaporeuses ou nerveuses,

nés, qu'ils y absorbent toutes les auliespas- familières aux gens de lettres, seraient une

sions. suite plus naturelle et plus infaillible d'une

On conçoit que l'application, quand elle, élude sérieuse, dans les femmes qni seraient

esl portée à ce degré, puisse et doive servir assez dupes pour s'y livrer. Leurs organes de-

au progrès ; mais que de maux n'entrai ie- ljcals se ressentiraient davantage îles incon-

t-elle pas à sa suite ! On peut les lui allri- vénienls inévitables qu'elle entraîne. Aussi,

buer tous, depuis les plus simples désagré- un iuslincl salutaire semble-t-il les en écarter

menls delà distraction jusqu'à la perle coin- comme d'un précipice qui, pour être couvert

plèle de la raison pour le moral ; el de, ois de Meurs, n'en est pas moins affreux et dirige

une indisposition fort légère le coryza, par leurs goû s vers les objets frivoles. Ou si,

exemple), jusqu'à la mort, pour le physi- par de rares exceptions, il en est quelques-

que. Ne pouvant les énumérer en totalité, unes qui cultivent les lettres et les arts, il y

voyons du moins d'en indiquer les princi- a chez elles une exaltation telle de la sensi-

I aux. bililé, que les acciilenls que nous avons si-

Les gens de lettres comme tous les hom- gnalés leur rendent bien cbers leurs succès

mes appliqués à l'élude, qui ne prennent au- el leurs triomphes.

cuu exercice el se tiennent continuellement Observons toutefois que s'il esl peu de les yeux fixés sur leur ouvrage, une plume, femm s auteurs, il en est beaucoup au conun corn as ou une loupe à la main, sont traire qui se passionnent pour les romans, très-sujets à des fluxions sanguines cérébra- dont la lecture les attache à ce point qu'elles les , c'est-à-dire qu'une forte application y eousacn ni une partie d'un temps qui deil'esprii, en dirigeant vers la télé la plus vrail être consaci é au repos, el qu'elles emgraude partie des forces vitales, fait le cer- ploient au contraire à se créer des émulions veau un centre d'activité qui ralentit d'autant sans cesse renaissantes. Ces veilles prolonge Ile de tous les aulr. s organes. Une per- gées, ces heures d'agitation fébrile oui les sonne profondément occupée n'existe que par mêmes dangers que les éludes sérieuses qui la léle ; elle semble à peine respirer ; toutes occupent follement l'esprit, sans eu avoir lesaulres fonclionsse suspendent ou se trou- l'utilité. Elles usent les ressorts de la vie. Lient plus ou moins. L'appétit diminue à flétrissent les Meurs de la jeunesse el abtémesure que l'estomac s'affaiblit, cl celui-ci gent la durée de la vie sans que leur esprit ne digère que bien difficilement les aliments et leur ra-ur gagnent à celte occupation, même les pins légers qu'on y fait pénétrer, sans que la société en relire aucun avantage. La. digestion en souffre donc : des flatuosités Qu'on se laisse entraîner au désir immodeié. quelquefois douloureuses se dégagent et les de s'instruire ,• qu'on ruine sa saule en se sucs mal élaborés deviennent plus propres dévouant à la fonction pénible et ingrate d*6i à lu mer des en, haïras nu de mauvais le- clairer ses semblables, passe : mais Ifre de* vains qu'à réparer les déperditions qui sont feuilletons!...

une suite nécessaire du mouvement qui en- La dyspepsie, la faiblesse de l'estomac,

(relicnl la vie. Le corps privé d s sucs qui le de mauvaises digestions, l'amaigrissement, la

renouvellent, on souille par des humeurs tristesse et la mélancolie ne sont pas les seuls

excrémeplilielles qui y séjournent trop long- inconvénients attachés d une trop grande

t mps, languit, se fane el tombe comme un applic Lion des travaux de l'esprit; quelques

tendre arbrisseau planté dans nn terrain indiv. dus, parmi les savants ou ceux qui

aride et dont l'ardeur du soleil a desséché les s'effbrcenl de le devenir, éprouvent des nc-

branches ; <>u bien, le pi incipe \ ilal qui sur- vralgics cérébrales Irès-inquiélanles, el

veille les organes, trop longtemps flxé loin tains, des ardeurs d'entrailles qu h s

d'eux, parce qu'il était occnpé ailleurs,] ren- quittent plus .- lia vie mou rut de celte mala-

ennire, quand il y est appelé, des matières die. Les antres sont sujets à la dvséci

étrangères, dégénérées. Alors il se trouble, sont exposes ,i toutes sortes d'obstructions,

s'agite pour l<s chasser, et ouvre celte à des cours de ventre et à dos affections ner-

scène tumultueuse de mouvements irré- venseï sonvenl forl singulières. Ain i Kpi«

gulicrs qu'on nomme vap'iirs ou hypocon- cure. naît si fort affaibli son Corps pat il et

driacisme. travaux continuels, que , sur les derniers

Il n'est donc pas étonnant que Celsc ait lemps do sa vie il ne pouvait même souf-

remarqué que presque tous les gens de Ici- fiir aucun bab t sur lui ni quitter son lil

3L5 CON CoN ji

soutenir l'éclal do la lumière, ni regarder le jeunes gens, des enfants mêmes quf, excites

feu. • par une noble émulation et appliquant lou-

Fontenefle rapporte que le savant Tschir- tes les facultés de leur esprit à l'élude des

nausen avait vu souvent voltiger autour de langues ou des sciences, sont atteints d'une lui, pendant la nuit , beaucoup d'étincelles maladie grave qui les mène au t m beau I brillantes qui disparaissaient lorsqu'il voulait Parmi les fails que je pourrais rapporter les regarder fixement , mais qui duraient je choisirai le suivant. J'ai connu un jeune presque autant que son travail lorsqu'il n'y garçon de quinze à seize ans environ, si faisait pas attention , et que leur criai et leur passionné pour les mathématiques, qu'il reforce augmentaient même alors. Enfin, il les nonçait volontiers à tous les amusements vit pendant le grand jour sur une muraille de son âge pour aller s'enfermer dans son blanchie ou sur du papier lorsqu'il eut acquis cabinet et y travailler avec ardeur. Il y conûne certaine facilité à réfléchir. Ces étincel- sacrait môme ses heures de récréation. les, ajoute Pinel, qui n'étaient visibles que Son père, un des savants les plus distingués pour lui, étaient sans doute l'effet d'un Ira- que l'académie des sciences compte parmi vail assidu de cabinet et de longues veilles ses membres correspondants, voyait avec qui excitent fortement le cerveau et déter- bonheur le goût dominant de son fils pour minent une fluxion d'humeurs sur ce vis- une science qu'il affectionnait beaucoup luièère. même et dans laquelle il avait su, par ses

Je n'ai pas tout dit: la plupart des hommes écrits, se placer au premer rang parmi les de cabinet sont sujets à des insomnies opi- plus capables; son père, dis- je, tout en enniâtres; ils évitent les plaisirs dont les at- courageanl ses goùls, aurait \ouhi cepehtraits minent et dévorent; ils éprouvent des dant qu'il s'y livrât avec moins d'assiduité, inquiétudes dans tous les membres, un ma- et cherchait quelquefois à t'en distraire. L'eiH laise qu'ils ne peuvent définir, et à forée de faut, soit par condescendance aux \< Ion tés cultiver leur esprit ils perdent la raison. Et de ses père et mère, car il était parfaitement qu'on ne croie pas que j'exagè;e, car Zim- bien élevé et soumis à ses parents, s .il par merinanii raconte d'une manière fort pi- complaisance pour ses sceurs, consentait quante avoir été appelé chez une dame qui souvent à partager leurs jeux, mais il s'éavaitété atteinte de folie après une profonde chappait bientôt pour retournera son uccumélancoie. « Un bon curé de campagne qui palion favorite 11 mourut avant sa seine me connaissait pas, dit le docteur, arriva zième année d'une maladie cérébrale. chez elle sur ces entrefaites et me déclara A ce propos, nous ferons remarquer que, que cette maladie ne venait que d'une lec- si ces abus de l'étude minent les facultés ture trop assidue. Il me semble que vous de l'intelligence, usent les ressorts de la vie lisez peu (observation fort impertinente mé- et tuent les hommes faits et les pubères, à me pour un Zimmermann). — Peu ou point, plus forte raison ils auront cette fâcheuse répliqua-l-il d'un ton fort modéré ; croyez- influence dans l'enfance. Aussi, ne saurionsmoi, monsieur le médecin, tous les gens qui nous trop nous élever contre ces parents slulisent beaucoup deviennent tous à la fin. » pides qui veulent forcément que leurs enfants

Fort bi<n trouvé, dit le docteur en lui-mè- deviennent, dès l'âge le plus tendre, de vrai» me. Kn effet, la raison et l'imagination se génies. Pour atteindre ce but, ils imposent troublent peu à peu par la trop grande ap- à l'instituteur de leur fils l'obligation d'en plication, et à la fin, celle vraie sagesse est faire loul de suite un savant, et forcent la malquelquefois une véritable folie, où, comme le heureuse créature, sous les peines les plus ridit Rousseau, l'homme revient à sa stupidilé goureuses.de se remplir la tête de mots qu'elle première. ne comprend pas. Qu'en iloil-il résulter.'

Plusieurs grands médecins ont également <Jue ces enfants qui, pour la plupart, avaient

fait cette remarque. Ainsi lîoerbaavc a af- montré beaucoup d'intelligence, deviennent

Orme que cette trop grande application des lourds, bouchés, indolents; ont de fréquents

gens de lettres fait tomber le cerveau dans alourdissements, n'en oublient que plus ai-

"atrophie: la vue s'obscurcit peu à peu, l'ouïe sèment, parce qu'au lieu de leur cultiver la

devient dure, enfin, on perd l'usage de ses raison on ne fait que les fatiguer et affaiblir

sens et ou tombe dans une privation absolue la mémoire par ces exercices forcés. On les

de pensées. A son tour, Van-Swiclen, le oblige à prononcer une même chose quinze

commentateur de Boerhaave, a fréquent- ou vingt fois pour la leur imprimer dans la

lent vu des gens savants perdre l'esprit, de- lète au lieu delaleur faire considérer et exa-<

venir indolents et périr enfin par un coup miner pour eu comprendre le sens. Piloya-

d'apoplexie. Ce n'est donc pas sans raison ble méthode d'instruire, disait Boerhaave

que Jean-Jacques a conclu de ses observa- Ilaller ajoutait : Cela n'est que trop \ rai, car

lions, que « les gens de cabinel sonl de tous loin de leur analyser une idée composée, cl

les hommes ceux qui vivent le plus assis, de leur faire sentir avec justesse les idées

pensent le plus et sonl par là, les plus mala- simples qu'elle renferme, on ne leur apprend

des et les plus malheureux de tous les hom- que les syllabes et les sons qui les expriment1,

lill>- >' on met par là obstacle sur obstacle au déve-

Les gens de lettres et les savants ne sont loppemenl d'aucune idée, ou si quelque idée

pas les seuls que l'application et des travaux s'en fait sentir légèrement, l'impression n'eu

opiniâtres de l'intelligence rendent malades est que passagère el disparaîtavec soin. C'esJ

et tuent ; combien ne voyons-nous pas de pourquoi on voit, d'une part, beaucoup !■

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jeunes gens qui s'élaient fait remarquer dans les écoles par le nombre de prix qu'ils y ont obtenus lous les ans, ne tenir que le dernier rang dans les facultés ou dans le monde; et d'autre part, tant d'enfants qui donnaient les plus belles espérances, deveuir idiots ou mourir.

Tous les gens instruits connaissent l'histoire d'un enfant qui, à quatre ans, parlait le latin et L'hébreu; à six ans était grand mathématicien, et à neul ans, fil un excellent ouvrage. Cet enfant, remarquable par sa capacité intellectuelle, fut promené par curiosité, et lit plaisir a tout le monde, excepté à Frédéric H, roi de Prusse, qui n'aimait pas les sciences. Loin donc de le flatter, ce souverain lui demanda en raillant, s'il connaissait le droit public. L'enfant répondit que non; mais aussitôt il se met à l'œuvre, il l'étudié, et un an après il soutient deux bonnes thèses Il mourut de celte élude forcée !

La contention est sujette aux mêmes avantages et aux mêmes inconvénients que l'application, à savoir: d'une part, un développement plus considérable des (acuités de l'entendement et une aptitude plus grande à la solution des problèmes les plus difficiles à résoudre et qu'on ne résoudrait pas probablement sans elle; et d'autre part, des distractions, des maladies, la mort 1

J'ai dit la solution des problèmes les plus difficiles. A ce propos, j'ajouterai au fait déjà cite à l'art. Abstkaction, dans lequel Archimède a été représenté courant tout nu les rues de Syracuse, oubliant qu'il sortait ilu b lin, le fait que je vais narrer et qui n'est pas moins remarquable.

"Le célèbre mathématicien Vièle, fameux uans le xvi* siècle, et sans contredit b' plus fort de son lemps ; le même qui a rendu les plus grands services à la science des nombres en désignant, le premier, les quantités par des lettres, donna un jour au roi de Fiance une preuve évidente de son talent.

Ce monarque avait l'ait intercepter des Icitrès écrites par le roi d'Espagne au gouverneur des l'ays-ltas, qui étaient alors sous la domination espagnole. Files étaient écrites en caractère» de convenance qu'on appelait chiffres, et par conséquent inexplicables. Voulant mettre à profil la science des combinaisons, Vièle lut charge par son souverain de connaître le contenu de ces lettres. L'historien raconte que le mathématicien resta un jour et demi le couJe appuyé sur une talile, la tète reposant sur sa main, sans fflire le moindre mouvement. Il était comme cataleptique, ou comme un cadavre, ne muu- \aul pas môme les paupières. Tout à coup il sort en sursaul de cet état de contention et dit au roi : <■ Sire, je liens la rédaction des lettres que vous m'avez confiées. »

j'ai dit encore que la contention d'esprit donne des distractions: j'ajoute que celles-ci boiii de différente! espèces. Ainsi on raconta q .'un unir ledomeslique de Uudé courut tout effrayé au cabinet .te sou maître I" prén nir que sa maison était pré» d'être incendiée! « Avertisse/ ma femme, répondit froidement

le savant Budé; vous savez bien que je ne me mêle point des affaires du ménage; » el au lieu d'interrompre ses travaux, il les continue malgré le pressant danger où il se trouvait el qu'il eut de suite oublié.

Le grand Corneille, surpris dans son cabinet par le fiancé de sa fille qui venait lui apprendre que l'état de ses affaires le forçait de rompre le mariage et de retirer sa parole, se contenta de lui répondre: « Ne pouviezvous pas bien, sans m'inlerrompre, parler de loul cela à ma femme? Montez chez elle, je n'entends rien à toutes ces affaires-là; » et il reprit son œuvre.

Enfin, j'ai lu qulque part que Cardan, médecin de mérite, et qui cependant, à cause, de la singularité de son esprit et de ses manières, avait été surnommé le plus fou des philosophes, Cardan était également sujet à ces sortes d'absorptions mentales; dans cet étal il oubliait ses affaires et devenait complètement insensible à l'impression des objets extérieurs sur les organes des sens.

Un jour qu'il se trouvait dans sa voiture, plongé dans une espèce de méditation profonde , son cocher, ne connaissant pas le chemin par où il devait passer, interrogea son maître , et n'en obtenant aucune réponse, il se laissa guider par les chevaux qui le menèrent près d'un gibet. Là, Cardan sortit de son étal de contention el il se mil dans une grande colère, qui cessa aussitôt qu'il eut appris la cause de celte déviation. Notons que pendant loul ce temps Cardan avait réellement travaillé. Il eu fui donc quitte poiir quelques moments perdus.

Au contraire , Archimède paya de sa v'c un moment de trop grande contention qui ne lui permit pas de juger le danger de sa situation, l'lutarquc raconte que, très-sujel à ces sortes d'abstractions, ce philosophe, sitôt qu'il était seul, s'amusait à tracer des figures géométriques sur la cendre de son foyer. Quelque lemps après qu'il eul résolu le grand problème dont nous avons parlé déjà plusieurs fois, la ville de Syracuse ayant été prise par les Romains , le général, pour soustraire Archimède au\ dangers qui le. menaçaient, lui envoya un de ses soldais avec ordre de le lui amener. Celui-ci trouva le philosophe occupé, pendant le tumulte, a résoudre un nouveau problème pour lequel il avait trace des Qgures sur le sable. Aussi, tout occupe de son problème il ne répondit que ces mots : • Soldat, ne dérange pas ma ligure. » Le soldai pril ce langage pour une désobéissance, el peut-être même pour une dérision, cl crul bien taire en lui donnant lu mort.

Heureusement que la contention n'a jamais occasionné di puis des résultats aussi déplora» bli s, ,i moins qu'on ne veuille considérer

comme tels I s morts subites par apoplexie que de Irop fortes contentions d'esprit peuvent occasionner ; et cependant, même hors ces circonstances, l'absorption mentale pi<> Ion ce, une application Irop forte, ne sont pas sans danger Ainsi, H peut s.' faire que, comme Macris, poète italien, auteur de l'A i>

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HWyBOUS soyons tellement absorbés dans nos pensées que nous nous brûlerons les jambes sans le sentir ; ou que, comme Carnéade, nous oublierons les soins ordinaires à donner au corps, même celui de manger; ou que, comme tant d'aulres, nous ne sentirons ni le besoin de rendre nos urines, ni que le froid nous saisit tout au moins aux pieds; et toutes autres circonstances qui favorisent les fluxions cérébrales, la for m ilion des calculs vésicaux , le développement des maladies calarrhales, et de bien d'aulres infirmi es.

Voilà les inconvénients attachés à 1 1 contention ; et voici les conseils à donner à ceux pour qui, l'amour des lettres, l'amour des sciences et des arts est une passion, et qui s'adonnent à leur élude avec trop d'assiduité.

Réduisez, leur dirons-nous, vos heures de travail : suspendu, ne le reprenez que lorsque vous vous sentirez délassé: si pendant l'interruption de voire travail vous avez pris voire repas, attendez que la digestion soit terminée (2 heures et demie environ), avant de vous y remettre. Ne prolongez pas vos études trop avant dans la nuit, interrompezles de temps en temps, soit pour faire un peu d'exercice à l'air libre, soit pour vous livrer à quelque délassement agréable, la musique par exemple. Changez de temps en lemps, s'il est possible, la nature de vos occup liions, vu qu'en changeant de sujet, l'esprit se fatigue moins qu'en le tenant constamment fixé sur le même ordre d'idées. Oui, le changement de travail est une sorte de délassement pour l'esprit ; la diflérence qui existe entre les premières et les secondes impressions qu'il reçoit el la manière dont elles le frappent, suffit très-souvent pour modérer l'activité de ses opérations, soit en changeant son mode d'exercice, soit enfin en cessant d'inciter les autres fondions de l'entendement de la même façon et aveu le même degré de force. Aussi, convient-il, pour éviter le danger qui peut résulter des contentions habituelles de l'esprit, de varier ses travaux de lemps à autre quand on ne peut se déterminer à les suspendre tout à fait : un grand nombre d'hommes de lettres étaient dans celte habitude.

Lisez les biographes, ils v< us diront que Crébillon parcourait quelquefois des romans, surloutceuxde LaCalprenède, dont il faisait ses lectures favorites. D'Aubanton aimait aussi cegenre de lectures qu'ilappelait ladièle del'espnt. Un pareil moyen cependant est bien moins favorable au délassement de la pensée, que la suspension entière et momentanée de n'importe quelle occupation. C'est pourquoi lorsqu'on éprouve cette tension incommode ducervean qui produit l'embarras et la confusion des idées, il serait beaucoup plus avantageux de les quitter entièrement pour ne les reprendre que quelques heures après, et d'employer ces moments à des récréations convenables ; mais surtout à des exercices capables de rétablir entre le cerveau et l'ensemble du système musculaire, l'équilibre qui doit nécessairement exister entre eux, et

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qui ordinairement est délnu' par uno application trop constante a:x travau? de cabinet.

Ces précautions ne suffiront pas s\ f'on n'y fait concourir les préceptes suivants : Manger régulièrement aux mêmes heures ; prendre peu de nourriture et bien broyer les aliments, afin qu'ils s'imprègnent d'une plus grande quantité de salive ; choisir des mets nourrissants, mais légers el de facile digestion; boire peu de vin pur, mais bien de l'eau rougie ; se priver de ligueurs alcooliques el de tout autre excitant liquide ou solide.

Quand le sommeil nous gagne et que l'heure de dormir a sonné, il faut se mettre au lit et faire durer le repos du cerveau en proportion de la fatigue morale de la journée. On ne doit pas lutter contre le besoin de dormir, ni voulo:r se tenir éveillé en buvant du café. Celui-ci, par l'excitation qu'il produit, peut bien prolonger la veille, ranimer l'imagination qui s'éteint par lassitude ; mais c'est toujours aux dépens de l'estomac qu'il irrite, el de tout le système nerveux qu'il surexcite. Mais si, au contraire, nous sommes tourmentés p .r l'insomnie et que, malgré notre bon vouloir de dormir aux heures de la nuit où tout repose dans la nature, il nous est impossible de fermer l'oeil, il n'est qu'un moyen d'y parve:.ir; vous croirez peut-être que c'est l'usage de l'opium ou de ses préparations ou de ses succédanés, ilétrompez-vous, il augmenterait l'insomnie; le véritable moyen, ce sont des exercices violents ; rien ne détruisant la surexcitation cérébrale qui produit l'insomnie, comme une surexcitation physique poussée jusqu'à la fatigue.

C'est le seul moyen qui m'ait réussi contre une insomnie très-importune qui m'était survenue durant un concours pendant lequel j'avais passé un grand nombre de nuits à travailler. Malgré la satisfaction qu'amène le succ.'s, je suis resté bien des nuits encore; entièrement éveillé, et je ne suis parvenu a me débarrasser de mon insomnie, qu'en faisant pendant plusieurs jours de suite cinq à six lieues par jour, dans des chemins impraticables, un sic de chasse sur 'e dos et le fusil sur l'épaule. Je me rappellerai toujours, qu'après ma première journée de faiig e, je dormis trois heures la nuit suivante, ce qui me décida à faire deux lieues de plus le lendemain, lilles me valurent deux heures d;: plus de sommeil. Aussi je recommande le moyen comme excellent.

Les autres précautions à prendre consistent à se tenir le ventre toujours libre ; ;V vider la vessiesitôtquelebesoinsc fait sentir; à veillera ce que les extrémités inférieures, les piids surtout, ne se r« froidissent pas, lr plupart des maux provenant de cette cause ; à avoir la tète constamment découverte dans l'appartement, et très-légèrement couverte au lit. Il n'y aurait pas d'inconvénient à coucher nu-tête, mais on s'expose à ce que des insectes s'introduise;. t dans l'oreille el y déterminent des dou'eurs intolérables (cela m'es!

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arriva). Enfin, on doit prendre do temps en

temps un bain tiède et puis à la garde de

Dieu.

CONTINENCE (vertu). — La continence est une vertu morale par laquelle nous résistons aux impulsions de la chair. 11 y a cette différence entre la continence cl la Chasteté (Voy. ce mol), que celle-ci autorise les jouissances charnelles quand elles sont légitimes et renfermées dans de sages limites ; tandis que la continence les défi nd entièrement, et en ordonne la privation complète. Aussi faut-il avoir acquis un grand empire sur soi-même et sur la fougue de ses appétits sensuels, pour observer rigoureusement les lois de la continence.

On y attachait un si grand prix (liez les Germains, qu'un jeune homme qui perdait sa virginité avant vingt ans, en restait diffamé. Nous n'en serons pas étonnés, si nous réfléchissons qu'on tenait beaucoup autrefois à la multiplication de l'espèce, et à ce que les hommes fussent fortement constitués. O' , les auteurs attribuant avec raison, à la continence durant la jeunesse, la fécondité des pères cl la vigueur des enfants, serons-nous étonnés que ces peuples aient attaché la flétrissure à la perte précoce de la virginité?

Il serait rrès-avanlageux de prolonger beaucoup celle époque, et il y a peu de siècles que rien n'elail plus commun, même en France. Entre autres exemples connus, je. citerai le père de Montaigne, homme non moins scrupuleux et vrai que fort et bien constitué. Il jurait s'élro marié vierge à trente-trois ans, après avoir servi longtemps dans les guerres d'Italie, et l'on peut voir dans les écrits du lils quelle vigueur et quelle gaielé conservait le père à plus de soixante ans.

Avant énuméré les avantages de la continence en parlant de la chasteté, nous ne rc- \ tendrons pas sur ce sujet.

CONTRADICTION (vice). — La contradiction est une espère de démenti que l'on rcçoil quand on parle, ou qu'on donne soimême à celui qui parle. Par conséquent, contredire quelqu'un, c'est lui faire voir qu'il ment ou qu'il se trompe; deux condilions fort désagréables pour lui.

Ce vice, c ir c'en est un, lorsqu'on en a l'habitude, prend quelquefois sa source dans l'irréflexion , mais, plus souvent encore, dans l'amour-propre ou la vanité. Il est iusp ré, J " «lois, par une humeur maligne ou le désir de briller qui porte les e.e 11 a m' COO« In dire leg uns les autre-.. Bail par simple es

prii de contradiction, soit, je le répète, avec

la prétention de montrer plus de tonnaissauces, plus de lumières, que celui que l'on lontrdit. D'où II suit que l'homme contrariait! présente à l'autre deux idéei Lrès-pémilles à accueillir , savoir : qu'il manque d instruction ; ou bien que, loul capable qu'il est, îise trouve néanmoins en présence d'un plus capable que lui. Il sera donc humilié

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par la première de ces idées; p rlé à la jalousie ou froissé dans sou amour-propre pour la seconde; et, dans l'un et l'autre cas, il prendra le contrariant en aversion, si celui-ci ne lui devient odieux. Voilà une des fâcheuses conséquences de la contradiction.

H en est une autre non moins fâcheuse : elle arrive quand on contredit quelqu'un pour le .'impie désir ou le malin plaisir de trouver à contredire, c'est-à-dire par irréflexion. Dans ce cas, si l'on n'a pas assez do jugement et d'esprit pour soutenir avantageusement la controverse, on met à jour sa propre ignorance, et alors, je le demande, est-il rien de plus mortifiant que d'avoir soulevé soi-même la discussion?

On ne saurait donc trop Signaler ces inconvénients aux jeunes gens qui ont de l'esprit naturel, mais pasencore des connaissances trèsëtenduesel bien positives, car ce sont eux qui ordinairement se montrent contrariants par irréflexion; tout comme à ces personnes trèsinstruites, mais enflées de leur propre mérite , et celles-là, on le sait, ne le cèdent guère à la jeunesse quand il s'agit de contrarier quelqu'un. Sans* celle recommandation, et quelques exemples bien choisis, comment les présomptueux éviteronl-ils co dangereux travers?

Au contraire ils l'éviteront tous , si on leur persuade bien, car c'est la vérité, que rien n'est plus désagréable pour la personne qui fail les frais de la conversation, que cette espècede démenti qu'on lui donne. Kl comme, généralement; cette personne ne parle que pour se faire valoir ou tout au moins pour qu'on la trouve aimable, c'est la blesser profondément que de la contredire ; et, à plus forte raison, de se montrer d'une manière plus avantageuse qu'elle; de lui faire manquer, en un mot, ce qu'elle désire tant d'obtenir, l'approbation de loules les autres personnes présentes.

Quoi qu'il en soit, si l'on a ce défaut et qu'on ne puisse s'en corriger, ce qui est assez difficile, car, quelque susceptible que chacun puisse être pour lui quand on le contrarie, il en est beaucoup, il j'en connais, qui sont Irès-contrariants, et qui, tout en provoquant des discussions par leur opposition, se plaignent d'être toujours contrariés;

dans ce cas, dis-je, il faut, autant que faire se peut, être calme dans la discussion et mesuré dans les e\ pressons. N'eu venir jamais à des personnalités, ni a des allusions piquantes que noire antagoniste puisse prendre pour lui; -ans cela h discussion la plus calme dans les commencements, peut dégénérer en dispute très-viVO, même entre deux bous amis. Eu observant ces règles, on évitera le plus souvent d 'aigrir dav alliage les gens que l'on contrarie , S moii s que ce no

-.nient des gens de 1 1 es-inau v aïs esprit; et ou conservera Boi-méme son sang-troil, cho&O plus impur la nie qu'on ne le pense : car, quand

on contredit avec irop de chaleur ou qu'oïl

s'emporte, un perd ordinair ni beaucoup

Je sa force logique. Pourquoi cela ? Parce qu'on ne jouit plus tic toute la lucidité de

coo

son esprit, condiiion nécessaire, indispensable même, pour rr.ellre de l'ordre el de la clarlé daus les faits qu'on allègue, dans les preuves qu'on administre; pour exposer a\ec précision et pureté de diction, nos raisons les plus paissantes, et ne rien oublier, enfin, de ce qui peut, en rangeant les audileurs de notre côté, nous élever au-dessus de nos adversaires.

Il est une autre sorte de contradiction : c'e-l celle qui résulle de l'impossibilité où l'on est d'obtenir ce qu'on désire ardemment, à savoir: le soldat, de l'avancement ou la croix ; le solliciteur, une place ; le prisonnier, sa liberté, etc. Le moyen de supporter un jour avec philosophie ces contr.iriélés, c'est d'accoutumer doucement les enfants à toutes sortes de contradictions, afin qu'ils n'espèrent jamais a\oir toutes les choses qu'ils désirent, et qu'ils soient préparés et habitués de bonne heure aux contrariétés dont la vie est semée. (Fénelon.) CONVICTION. Voy. Persuasion.

COQUETTERIE et Minabdemîe (vices). — Li coquetterie est un désir immodéré de plaire; cl l'art que les femmes emploient pour contenter ce désir, c'est-à-dire l'emploi de toutes les petites manières dont elles se servent pour se rendre agréables à ceux qu'elles veulent enlacer de leurs filets, constitue la minauderie.

La minauderie n'est donc par elle-même, ni un vice ni un défaut, mais tout simplement la mise en action des moyens de plaire que la coquetterie inspire; dès lors je n'ai pas à m'en occuper.

Et quant à la coquetterie, ce vice de la femme coquette, car c'en est un, elle naît ou de la manie que ces femmes ont de se faire courtiser, ou d'un sentiment d'orgueil et de vanité plutôt que de libertinage.

Faul-i! vous montrer jusqu'où peut aller la coquetterie? Voyez iJéatrix Cinci : elle supporta sans rien avouer les plus cruelles tortures, mais le tribunal de l'inquisition ayant ordonné au bourreau de lui couper ses beaux cheveux, elle se décida alors à parler. A la vérité, peu de femmes pousseraient la coquetterie jusque-là. Mais malheureusement, pour un trop grand nombre, surtout dans nos cités, allumer, dans le cœur de l'homme, par des manières agaçantes, par des poses voluptueuses, une passion qu'on ne songe même pas à partager ; exciter en lui des désirs brûlants et lui faire espérer un bonheur qu'on se propose bien ne jamais accorder; et, à l'aide de ce manège, se faire rechercher et aimer par p'usieurs à la fois , est un désir si vif, un besoin si impérieux, qu'elles en font leur seule et unique pensée; c'est le seul plaisir qu'elles veuillent goûter. Qu'il soit satisfait., qu'elles puissent en lirer vanité aux yeux de leurs compagnes et du monde, voilà tout ce qu'elles envient. Mais comme cette pensée est uue pensée coupable; comme la coquetterie, quelle que soit l'idée dominante qui anime la femme, suppose un dérèglement moral, si ce n'est Dictiokm. des Passions, etc.

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nne dépravation honteuse de l'esprit ; comme, généralement, on a dans la société une fort mauvaise idée des coquettes, et cela parce , que, à quelques rares exceptions près, une jeune personne qui minaude court à sa perte, si elle n'est déjà perdue; comme une fille roquette peut bien n'être pas criminelle , mais n'est jamais innocente; comme enfin, chez quelques-unes la minauderie est l'expression mimique de la luxure, on ne saurait trop s'élever contre la coquetterie, dont le moindre mal, je l'ai déjà dit, est d'allumer dans le cœur de l'homme une flamme impure que la coquette sait alimenter.

La coquetterie est un des ornements et en même temps l'un des plus grands vices des femmes. Poison qu'elles jettent dans l'air et que respirent ceux qui les approchent ; poison qui produit au cerveau des vertiges et obscurcit la raison ; qui souffle dans le cœur les ferments du désir, de l'amour malheureux ; il fait à lui seul plus do mal aux hommes, aux jeunes gens surtout, que toutes les impulsions de leur propre nature.

.!e ne dis point que les coquettes, malgré leurs minauderies, ne manquent pas le plus souvent le but qu'elles se sont proposé ; el c'est ce qui arrive surtout à la médiocrité qui, ayant besoin de recourir au manège, à la fausseté, pour attirer les regards, devient si exagérée dans ses mines, qu'elle opère un effet contraire et se rend ridicule aux yeux dos personnes sensées qu'il est <i ailleurs très-difficile de tromper.

Je ne dis pas que les hommes les plus dépraves n'éprouvent une sorte de répulsion pour les coquettes déhontôes ; mais qui dira aux jeunes personnes les dangers qu'elles courent en entrant dans le monde, si elles s'attachent à la coquetterie, et la répulsion qu'elle fait éprouver? Sera-ce les femmes âgées, dont l'expérience ou l'usage du monde a formé la raison ? Hélas 1 les jeunes personnes écoutent peu les femmes qui ont cessé d'être coquettes, et celles qui conservent de la coquetterie en vieillissant, seraient de bien mauvaises conseillères, puisqu'elles sont pires que les jeunes.

Oui, une femme coquette ne se rend point surla passion de plaire et surl'opiuion qu'elle a de sa beauté. Elle regaide le temps et les années comme quelque chose seulement qui ride et enlaidit les autres femmes ; elle oublie du moins que l'âge est écrit sur le visage. La même parure qui a autrefois embelli sa jeunesse, défigure enfin sa personne, éclaire les défauts de sa vieillesse. La mignardise et l'affectation l'accompagnent dans la douleur et dans la fièvre : elle meurt parée et en rubans de couleur.

Lise entend dire d'une autre coquette , qu'elle se moque de se piquer de jeunesse et de vouloir user d'ajustements qui ne conviennent plus à une femme de quarante ans. Lise les a accomplis, mais les années pour elle ont plus do douze mois et ne la vieillissent point. Elle le croit ainsi , et pendant qu'elle se regarde au miroir, qu'elle met du

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