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contractent à voir des malheureux ou à faire couler le sang!
Non, ce ne sont pas ces causes qui, chez la plupart des médecins et des chirurgiens, produisent cette dureté véritable et la vraie insensibilité qu'on attribue au plus grand nombre. La seule, l'unique cause de cette aberration intellectuelle el morale, c'est la mauvaise éducation que les jeunes gens reçoivent ou se donnent. Livrés à eux-mêmes dans un âge où les passions les débordent et où elles sont le plus difficiles à éviter, on ne leur enseigne guère qu'à soigner plus ou moins bien un malade, on ne s'occupe guère qu'à en faire des praticiens routiniers ; mais quant aux qualités morales que doit avoir un médecin, c'est ce à quoi on pense le moins; el n'était l'école de Montpellier, qui, animiste et vitaliste, développe dans son enseignement des doctrines philosophiques que la morale la plus pure el la religion chrétiennenerépudieraient pas, la médecine, loin d'être une science, ne serait plus qu'un métier relevé; et nul ne contestera que l'exercice d'un métier forme des ouvriers habiles de leurs mains, mais non des artistes; il exerce le corps aux dépens de l'esprit et du cœur. Que l'enseignement soit réformé ; que les professeurs saisissent toutes les occasions qui pourront s'offrir à eux de parler des devoirs du médecin envers la société en général et les individus en particulier ; qu'ils persuadent aux élèves qu'ils sont appelés à devenir les amis les plus intimes, les confidents les plus discrets de leurs clients ; que leur ministère est de soulager, de guérir et surtout de consoler les malheureux; que bien souvent la misère, l'affreuse misère est assise au chevet du malade, et que le médecin doit l'en chasser; que la honte est près de rougir le front d'une coupable, el que le médecin doit l'empêcher d'y monter; que la pourriture va envahir tout le corps d'un misérable débauché, et que le médecin doit dire à celle pourriture : Tu n'iras pas plus loin 1.. qu'ils leur fassent comprendre tout ce qu'il y a de grandeur dans le mandat que la Providence nous a donné, tout ce qu'il y a de douceur à essuyer les larmes de la mère qui pleure, à calmer les douleurs de l'enfance qui souffre, à prévenir les infirmités qui affligent la vieillesse, à être aimé, béni et vénéré de tous; alors, n'en doutons pas, on pourra dire ,que les médecins affectent, car ils le doivent, la dureté el l'insensibilité; mais on n'osera affirmer, parce que ce serait une fausseté rétollanle, que les médecins sont durs, insensibles, peu compatissants.
ÉCLAIRÉ, Clairvoyant (facultés). — Ces teiuies, d'après Diderot, sonl relatifs aux lumières de l'esprit. Eclairé se dit des lumières nouvelles, acquises ; clairvoyant, des lumières naturelles : ces deux qualités seraient doue entre elles comme le sont la science el la pénétration.
Dictoxn. des Passions, etc.
Il y a des occasions où toute la pénétration possible laisse l'homme incertain, indécis sur le parti qu'il convient de prendre; dans ces cas, ce ne serait point assez que d'être clairvoyant, il faut être éclaire, il faut que noire jugement, que le raisonnement et 1 expérience oui formé, décide. De inéine, il
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<st des circonstances où la science la plus i -tendue, la plus profonde, laissant les indi- \h!us dans l'incertitude et l'indécision, il ne suffit pas qu'on soit éclairé, il faut encore êire clairvoyant.
Avec un esprit éclairé, l'homme possède la connaissance dès faits accomplis, des lois •eduos, des observations recueillies, des expériences tentées, etc., de manière à n'être pas forcé de s'abandonner à des conjeciures. il sait ce qvi s'est fait, parce qu'il a beaucoup lu dans les livres, longtemps assisté aux leçons et aux essais des savant-. Avec un esprit clairvoyant, dans tous les cas où il s'agit au contraire de conjectures ou de probabilités ,. les hommes peuvent deviner ce qui se fera, parce qu'ils ont une sorte de pre-eience qui leur permet de lire dans les imaginations, ou de se fonder sur les raisons que leur intelligence leur donne.
11 y aurait donc ce:te différence entre l'homme clairvoyant et l'homme éclairé, que l'un tonnait les choses purement et simplement, et que l'autre non-seulement les connaît, mais sait encore en faire une application convenable : néanmoins ils ont de commun, que les connaissances acquises sont toujours la base de leur mérite. Sans l'éducation, les personnes érlairécs auraient été des gens fut ordinaires ; on ne peut pas dire cela des clairvoyants. Bref, il y a beaucoup d'hommes éclairés cl fort peu de clairvoyants , la nalure nous accordant très-volontiers les qualités nécessaires pour nous instruire, mais refusant à la plupart les dons de la clairvoyance. Parfois, mais plus rarement encore, elle les réunit dans le même individu, seuls ou accompagnés de là pénétration, de la perspicacité,, etc., ce qui constitue V homme de génie. (Voy. ce mot.)
EFFROI , EPFBiYÈ. — L'effroi est une agitation vive et violente causée par la présence imprévued'tt i dai ger qu'on n'a pas eu le temps d'apprécier, et qui existe tant qu'on croit le danger réel et présent. L'effroi est donc la continuation de la Frateor (Voy. ce mol), qui n'est que passagère, (t s'efface bientôt. Leurs effets physiques étant le- mêmes, nous renverrons a l'article Pb< n fl. que nous pourrions dire des conséquences organiques et vitales de l'effroi.
EFFRONTERIE, I — '-'. f-
fronlerie est un défaut d'éducation par lcqael nous manquons à la pudeur et aux règles de la bienséance. C'eBl le vice habituel des ger.« gi ossiers, ■-ans instruction, mal élevés : c'est le défaut accidentel des intempérants; les hommes qui sont excité- par l'iise que produisent les vins généreux ou i qoenrs fermenlées, n'ayanl pas plus do. i, jgon et ''• • retenue que ceux qui n'en ont jamais su apprécier les avantages. Aussi l'homme effronté a le ton haut et parle d'un .- r insolent ; s',1, agit, si • manl i • - ont un laisser-aller qui fonl rongirles personnes II lui tant il n'i n :
lui-raén e ; ignorant le- d ;voi nêtetê elles us • pourrait il
craindre le blâme de ce qu'il ne s'y confo:c>^ pas ?
La plupart des petits garçons qu'on appelle espiègles sont enclins à devenir effrontés, et le deviennent si, au lieu de les réprimander quand ils agissent contrairement à la pudeur, à la politesse et à l'honnêteté, on rit de leurs espiègleries. Dans leur van té d'enfant, fis s'imaginent être très-aimables, fort gentils, ei, visant à l'effet de paraître tels, ils se montrent parfois d'une effionter e révoltante. Peu à peu ils en contractent l'habitude, et, le pli une fois pris, c'en est fuit d'eux, ils ne se corrigeront jamais.
» C'est pourquoi il ne faut jamais rire, et moins encore avoir l'air d'applaudir aux singeries, aux extravag inres, aux gestes libres et immoraux des enfants. On doit au contraire être d'une très-grande Sévérité envers eux à cet égard, et d'une sévérité bien plus grande encore quand l'effronté est ass z âgé pour comprendre la valeur et la portée de ses paroles, la convenance ou l'inconvenance de ses actes.
ÉGARDS.— Nous avons vu à l'art. Atttntion, que cemot, au pluriel ¥ signifie égards, ou cette attention réfléchie, mesurée, sur la façon d'agir et de se conduire dans le commerce du monde par rapport à soi et à autrui : à soi, relativement aux égards, aux ménagements, à l'estime, à la considération que l'on croit mériter: aux autres, quant à la déférence < t aux témoignages d'intérêt, do justice, de reconnaissance, de circonspection, de discrétion, etc., etc., qu'on leur doit, n'iu porte dans quelle position ils se trouvent placés. Ainsi , ce serait manquer aux égards dus au magistrat que de faire eu -a près me la satire des hommes appelés à rendre la justice; ce serait manquer d'égards envers Se négociant, que d'accuser de friponnerie tous les gens qui fonl le négoce, etc., et n I i lorsque l'un et l'autre sont par leur probité à couvert de tout reproche. On pourrait « ire, à plus forte raison, s'ils étaient coupabl • alors, les blesser par nos discours, ce serait souvent fort mal agir, attendu qu'il ne sol t pas toujours qu'un reproche soit fondé, pour justifier celui qui le fait méchamment ou A contre-temps. De même, le- égards demandent qu'on n'affecte pas un air content devant uno P i sonne . ai
I - égards sont la marque d'une bonne éd ration. Ils d ment être réciproques entre
t ii M s les li e que dus es hom-
mes étant égaux, qu ique d'une condition unie, les égards doivenl ■
ique d'espèces différentes. \ oh i en quoi elles consistent : les égards du supérieur, par exemple, envers son Inférieur, consistent à ne jamais laisser apercevoir sa supériorité, "i donner liou à «unie qu'il s'en souvient. C'est en quoi consiste la véritable pniie- -e .les grands, la simpl cité doit en «iro le i raetèi e.
Cependant, nous ne d oublier
que trop de démonstrations extérieures nul-
ivenl .i ci Ile simplicité : elles onl un