Généralités
Le crédit et l'eiiiprunt ont été les premiers actes économiques de toute association humaine et tous deux, l'un aussi bien que l'autre, se perpétueront aussi longtemps que la civilisation maintiendra son empire, car ils rassemblent cba(iue jour les deux éléments constitutifs de la vie des nations : le travail et le capital, l'action et l'instrumeut, l'intelligence et l'outil.
D'un côté, un capital inutile et improductif, de l'autre, un être actif dénué de moyens matériels, c'est-à-dire insuffisance d'une part, impuissance de l'autre, jusqu'au moment où le crédit, réunissant ces deux faiblesses, en fait une force, jusqu'au jour où en vertu d'un contrat passé entre le possesseur de capitaux et l'entrepreneur, le capital fécondé par le travail enfantera des produits nouveaux, lesquels après avoir rémunéré d'abord l'association formeront ensuite d'autres capitaux qui circulerout à leur tour dans le mouvement social.
L'emprunt ou le crédit n'apportent donc pas seulement un avantage immédiat aux préleurs et aux débiteurs, ils concourent aussi par une sorte de mutualité et d'assistance réciproques à l'augmentation générale de la productivité humaine.
Nous n'avons pas à traiter ici du crédit public, ce sujet ayant fait l'objet d'un article spécial du Dictionnaire, nous ne nous occuperons que des vuxprunts publics, c'est-a-dire des emprunts d'État, en les considérant tant au point de vue de leur forme, qu'a celui de leurs dillérents modes d'émission, de souscription, etc., etc.
Ou s'est fait souvent de singulières idées à propos des emprunts d'Éiat, de bons esprits sont allés jusqu'à dire qu'en créant des rentes, on créait des capitaux et que le meilleur moyen pour un État de s'enrichir était d'emprunter.
Il n'est pas de doctrine plus fausse, car un accroissement quelconque de la richesse publique ne peut se produire que par une augmentation correspondante du travail national. Créer des rentes ou émettre des titres decréance qui nereprésentent pas
un travail, c'est simplement faire o[)érer à la propriété un changement de mains, lui se portant sur la Dette publique, les capitaux abandonnent un autre emploi où ils se trouveront en moins, sans avoir accru d'un centime la massi' des capitaux (\m existaient auparavant.
Oui dit emprunt dit besoin; on emprunte ceilont on manque, cela est vrai des [)ariiculiers connue des gouvernements. Il y a lieu cependant de l'aire une distinction à l'égard des em|)runts contractés par les particuliers. L'ii particulier emprunte pour subvenir à ses propres dépenses, ou bien pour créer des produits. Dans le premier cas, il tire de la somme prêtée des moyens d'existence qui ne sont pas des éléments de richesse, dans le second, c'est tout le contraire, puisque la somme prêtée doit se reproduire dans les mains de l'emprunteur accrue de prolits qui viendront s'ajouter à son propre cai)ital.
En général, les gouvernements n'empruntent (pie pour consommer et les emprunts ail'ectés à cette destination ne peuvent jamais enrichir ceux qui les font.
Contractés d'ordinaire en vue de la guerre, les emprunts servent à équiper les soldats et ([uelquefois à payer des subsides à des armées étrangères. Pour ces emprunts, il n'y a pas de création de richesses, il y a consommation, ce ([ui est fout l'opposé.
Loin d'accroitre le capital national et d'être pour le pays la rosée fécondante, les emprunts ne font (lu'en augmenter les charges.