Les monnaies dans l'antiquité
11 parait que les Hébreux el les Égyptiens ne connurent l'usage des métaux précieux qu'après la conquête de leur pays par les l'erses. Sous les Ptolèmées, ils eurent des monnaies d'or, d'argent et de cuivre mentionnées dans les livres du .Nouveau Testament et analogues à celles des Grecs : en or, la mine de 2,38-4 fr. 40 c, le sicle de 39 fr. 74 c, sa moitié ou statère, son quart drachme ou denier; en argent, le talent (9,930 fr.), la mine (t98 fr. 70 cl, la livre (79 fr. 48 ci, l'once (6 fr. 62 c), le sicle (3 fr. 31 c), la drachme (0 fr. 83 c), l'obole (0 fr. 17 c.) ; en cuivre, le tctrassarion de j cent., l'assarion de 1 cent., le lepton de 7 cent. Mais, comme le talent , le sicle , la mine et la livre n'étaient que monnaies de compte.
En Grèce, l'unité était la drachme d'argent de
1 fr. 34 c. d'après le système Éginète, le plus ancien (vin* ou ix« siècle avant .l.-C), et de 0 fr. 94 c. d'après le système allique, le plus répandu (œuvre de Selon en grande partie), avec quelques multiples et les sous-multiples suivants : tétrobole 0 fr. 70 c. 1/3, triobole 0 fr. 47 c. ; diobole 0 fr. 31 c. et obole 0 fr. 15 c 1/2. H y avait même des 1/2 et des 1/4 d'obole d'argent. 11 y eut également l'obole de bronze, le chalque, valant à peu près
2 centimes. La mine et le talent, monnaies de compte, valaient: la première 94 fr. 44 c. elle second ô,600 fr. environ. L'or monnayé n'existait que chez les Grecs d'Asie qui avaient la darique de 8?f,104 d'or fm et le statère de 8g%064 valant 20 drachmes d'argent (ce qui établit un rapport de valeur entre les deux métaux de 10 à 1), avec les divisions du double, de moitié et du quart. Il y avait aussi le talent d'or, dit de Sicile, qui valait G drachmes d'argent.
Les Romains n'eurent d'abord pour unité monétaire que la livre de cuivre, Vas auquel on ne donna
1. Nous renvoyons, pour ce qui concerne le détail des cours divers tant commerciaux que réels des monnaies courantes et anciennes, au savant Traité du chanf/e des monnaies de M. Le Touzé.
MONNAIES
une forme |KirticuIière avec empreinte ([ue sous Servius Tullitis. L'as pesa la livre juscju'à la première guerre punique.
Kn 2(19 avant J.-C. on frappa le denier d'argent valant 10 as de cuivre ainsi (jne le ([uinairc, sa moitié, et le sesterce, son (juarl. On a trouvé, en l'rance, à Vernon, en IS74, un de ces sesterces dont k- poiiis primitif a du être de is'',14, d'une valeur de 0 fr. 25 c. l/3, et perlant la tèle de Minerve comme les drachmes d'Athènes. Le denier varia de poids et de litre connue l'as. La pièce tl'argcnt la plus petite était la libella, 16® partie du denier.
Les moiMuiies d'or datent, à Home, de l'an 207 avaidJ.-C. Ce furent les pièces de 1, 2, 3 et 4 scrupules, le scrupule valant 5 deniers il'argent ; puis l'aureus pesant S»'^179 et valant 25 deniers, les semissis et tremissisou trions, moitié et tiers de l'aureus qui devint plus tard le solidns. Constantin frappa des sous d'or à la taille de 72 à la livre et pesant 4 scrupules, et remplaça le denier d'argent par l'argenteus de 4''%54 valant 0 fr. 97 c. L'as fut la moitié de ce nouveau denier et se subdivisa en 48 petits as. Il lit aussi frapper tle petites monnaies de cuivre dont deséchanliilons ont été trouvés dans la Vienne en 187G.
7. Les monnaies de la Gaule et en France sous l'ancien régime.
Les plus anciennes monnaies de la Gaule sont des imitations des statércs d'or et des drachmes grecques (pièces qui ont dû être introduites par les riiocècns, fondateurs de Marseille). Les Gaulois eurent aussi comme monnaie des picluiis, pièces formées d'alliage d'or, d'étain et de cuivre, et des pièces d'argent analogues au quinaire ou dcnii-denier romain. 11 y avait quelques-unes de ces dernières dans la trouvaille de Vernon et parmi elles un denier à la légende « Giamilos » dont on n'a pu jusqu'ici connaître l'origine. Après la conquête romaine les deniers et quinaires d'argent se répandirent beaucoup. On frappa peu après le sou d'or de 40 deniers d'argent ; cl le denier d'argent appelé saïga devint l'unité monétaire des l-'rancs. Les tiers de sou d'or ou triens devinrent très abondants. C'est en 541 que l'elTigie des rois francs fait place sur les pièces à celle de l'empereur.
Dans la collection de M. le vicomte de Ponton d'Amècourt se trouvaient, en 1878, avec des triens mérovingiens cinq de ces deniers d'argent datant de Pépin le Bref et de Carloiuan. Mais l'histoire est à peu près muette sur les monnaies de la première race des rois de France. Par suite de fraudes, l'or disparut presque complètement et Charleraagne partagea la livre d'argent, alors de 367 gr., en 20 sous de 12 deniers chacun, soit 240 deniers de 0 fr. 34 c. Charles le Chauve éleva le denier à 0 fr. 36 c; mais les perturbations et altérations, durant le moyen âge, furent telles que le denier, quand on cessa de l'employer, sous Louis XIV, n'était plus qu'une toute petite menue monnaie de cuivre et que la livre d'argent baissa jusqu'au-dessous de 5 gr. avant rétablissement du système métrique. Saint Louis frappa des agnels d'or de 60 au marc, ledit marc valant 1/2 livre ou 8 onces, l'once 8 gros, le gros 3 deniers et le denier 24 grains; il créa les premiers sous d'argent fin dits gros deniers. auxquels Louis Xll substitua les testons remplacés eux-mêmes par les francs d'argent valant 20 sols.
On frappa aussi sous Louis XI des écus d'or de 70
au marc; sous Louis XIII des louis d'or de 36 1/2
MONNAIES
au marc et des louis d'argent ou écus blancs de diverses valeurs.
Mais ce fut Henri 111, en 1575, qui donna le premier le nom de//-a/^c à une pièce d'argent au tilre de 10 deniers d'argent lin à la taille de 17 1/2 pièces par livre. Avec Henri IV apparaisseut les écus de 6 livres dits écus à la vache et portant les armes du Béarn.
Louis XIV fit frapper en argent des lis de 30 1/2 au marc, des trois couronnes de 8 et en or des louis de 30; sous Louis XV, on frappa en or, les Noailles à la taille de 20, les Croix de Malte à celle de 24 -rs, les mirlitons à ceUe de 37 1/2, en argent, les cens de .Navarre à la taille de 10, les écus de 6 livres (à celle des 1/3) et 3 livres, les pièces de 24, 12 et (j sous; et Louis XVI les louis d'or de 24 fr. 15 à la taille de 32.
Les monnaies de billon, bronze et argent, avant 17S9. étaient les sous ou douzains à la taille de 132 au marc, les pièces de 30 deniers à la taille de 100 au marc et de 15 deniers ou 6 liards dites pièces de 6 et de 3 blancs, ou encore, gros et deraigros de >iesle ; celles de cuivre, des liards à la taille de 64 au marc, des pièces de 4 deniers à 54 à la taille, 2 deniers et 6 deniers, ces dernières à la taille de 40. Le liard qui valait 3 deniers fut longtemps une monnaie provinciale. Le premier sou de cuivre date de 1719 et les deux sous de Louis XVI. Il y avait le patard de 3 liards et le double patard.