Unité monétaire
L'unité monétaire fut l'objet lui-même tant qu'on se servit de graines, de perles, de coquillages, et ses multiples furent des chapelets ou loampum dudit objet, d'où ces séries d'anneaux et de bourses à poudre sur les monuments des Pharaons. Pour les toiles, les peaux, les métaux en barre, l'unité était une longueur déterminée de ceux-ci, celle d'un certain pied humain avec ses multiples et sousmultiples basés sur la longueur d'autres parties du corps de l'homme : la toise, la coudée, la palme, le pouce et le doigt.
Quand on donna au métal-monnaie une forme particulière, l'unité fut celle d'un poids dudit métal équivalant au poids d'une graine quelconque, du kouara par exemple, d'où carat Qi grain, et plus tard de la quantité d'eau contenue dans le cube de la demi-coudée. Ces mesures devaient varier et ont varié de fait comme la densité des grains choisis et comme les dimensions du corps humain.
Les unités et dénominations de poids sont aussi employées dès la Genèse comme unités et dénominations monétaires. Abraham donna 400 sicles d'argent pour une pièce de terre; et le sicle d'alors était la 3,000® partie du cube d'eau appelé bath ou talent et contenant 18 litres, 088 d'aujourd'hui.
Il y a lieu de croire que, dans le principe, les monnaies contenaient réellement la quantité de métal précieux indiquée par leurs noms et leurs poids ainsi que cela a encore lieu en Chine avec l'argent .sai-5i ramené à ce que l'on appelle l'état complet de fin. Tels étaient, en tout cas, Je talent en Grèce, l'as ou pondo dans l'ancienne Rome, le pound-sterling en Angleterre, la livre en France, le marc en Allemagne. Mais pour répondre à la multiplicité et à la rapidité des échanges, il a fallu multiplier les espèces ; et, pour les avoir sous des dimensions maniables et des formes très solides, on a dû recourir à des alliages du métal précieux avec un métal de moindre valeur. Le rapport des deux métaux dans ledit alliage en a constitué le titre. Avant le système métrique il y avait deux échelles de titre : l'une pour l'or de 24 parties ou carats se subdivisant chacune en ;{2 grains; l'autre pour l'argent de 12 deniers, chaque denier contenant 24 grains.
Le grain correspond comme poids à peu près à 0»%053. Au lieu de 1000"=' on avait des 768*" de fin d'or et des 288"=' de fin d'argent.
L'Angleterre, la Russie et les Indes déterminent encore le titre de cette façon, et presque partout le commerce des métaux précieux travaillés se sert toujours de carats et de deniers. — A travers toutes leurs transformations, les unités monétaires, du moins quant à leurs dénominations, restèrent géiiéralcnuMit réglées sur le poids principal qu'elles avaient pour but de représenter dès le début. C'est ainsi que des monnaies, qui ne furent réelles que pendant un certain temps, comme le sicle, la
tlradimo, la mine et surtout la livro. restèrent si longtemps nioiuiaies de compte. Ce qui rend tonjours si diflicile la détermination exacte de la valeur des diverses monnaies, c'est ce l'ait (jne les unités de poids qui leur servent ainsi presque iiidelininient de dénomination ont elles-mêmes beaucoup varié cl que la livre qui, à l'origine, était de IJ onces, ',1G gros, .'SS deniers, 6,9 r: grains ou de 37:-î gr. pesait un ijuart de moins du temps de Solon, qu'elle varia entre ;!0i) el 381 gr. a Uome, d'après des savants tels (jue Uadée et Uomé de l'Isle, qu'elle fut de SJJ^M»;) sous les Mérovingiens, que Cliarlemague la porta de \-2 à 13 onces (408 gr.) et qu'au XI" siècle elle se divisa en 2 marcs ou IG onces, variant toujours de pays à pays, de province à province, de localité à localité, pour tendre pourtant, surtout dans le Zollvcrein allemand, vers le poids de ôOO gr.
La connaissance qu'il faut avoir et la distinction (ju'il faut faire de la (aille et du pied compliquent encore la dilliculle. Le pied c'est le rapport qui établit combien on a fabriqué d'unités monétaires avec l'unilè de poids au titre lin, c'est-à-dire sans alliage; et la taille c'est celui (lui établit combien on en a fabriqué avec l'unité de puids au fifre Icgul, c'est-à-dire avec alliage. Le pied ne règne plus guère qu'en Allemagne '.