Bureau du change. Frais d'essai, de fonte et d'affinage
Le change des monnaies est la plus ancienne des opérations de banque. Dans les temps anciens, les changeurs joignaieut à ce commerce celui des matières or et argent avec les opérations de fonte et d'atlinage. Tels étaient à Rome et au moyen âge les argentarii, ces grands complices des altérations et fraudes gouvernementales. Aujourd'hui les changeurs ne font guère qu'échanger des monnaies courantes contre des monnaies étrangères représentées par des lettres de change ou par des chèques.
Pour cela, ils ont à connaître le pair intrinsèque, c'est-à-dire l'égalité de valeur des deux monnaies échangées, ce qui se déduit de la comparaison des quantités de métal fin contenues dans chacune d'elles. A cet égard, le Bulletin o/ftcieldeh Bourse de Paris ne porte généralement que les souverains anglais, les piastres espagnoles et américaines, les guillaumes de Prusse et les impériales russes. .Mais on y cote aussi l'or et l'argent en barre et d'autres monnaies as.sez usitées, comme les quadruples espagnoles, les ducats de Hollande et les dollars des États-Unis. Les prix moyens sont pour les impériales russes 20 fr. 50 c. ; les guillaumes 24 fr. 50c; le dollar 5 fr. 15c.; le souverain 25 fr. 20 c.
Les grandes transactions des monnaies se font le plus souvent au poids avec prime variable et.'^urla base suivante :
Souverains et impériales au titre 0,916, 3,148 fr. 29 eau iiilogi".
Doll.irs au litre 0,900, 3,093 fr. 30 c. au kilogr.
Florins de Hollande et 20 marcs au titre o,h99'/j, 3,091 fr. 58 c. au kilogr.
rjucats d'Autriche au tilre 0,985, 3,-385 fr. 4t c. au kilogr.
Alphonses d'or au titre 0,986, 3,079 fr. 55 c. au kilogr.
di:t. des fi.v. — u.
Les frais d'essai sont de 1 fr. G5 c. pour l'or et l'argent doré, I fr. 15 c. pour l'argent lin, 3 fr. pour les lingots contenant du platine, 2 fr. pour les lingots dorés très lourds; les frais de pesée 15 cent, par lingot. Ceux de fonte sont de 1 fr. par kilogr. d'or et 40 cent, par kiloyr. d'argent, sans pouvoir descendre au-dessous de 3 fr. ni dépasser, pour les matières de plus de 200 kilogr., 30 fr. par 100 kilogr. Quant aux frais d'allinage, ils sont de G fr. par kilogr. tl'or et lingots dorés conlenant plus '1*^ "iVinr «^l'or et G p. 1000 sur la valeur de l'argent à raison de de 218 fr. 8',i c. le kilogr.
On di.'itingue dans l'eslimation des métaux précieux, le prix sa/is rctcnuo, c'est-à-dire la valeur absolue du métal, le [nix avec retenue, c'est-à-dire la valeur d'achat des lingots au bureau de change, enlin le prix cowwf^/rm^. c'est-à-dire la valeur courante ou convenlionnelle, base sur la(]uelle se raisonnent les transactions sur le marché libre.
Le premier règlement sur le change date de Philippe le Hel, et le plus im[)orlaiit fut rendu sous Louis XIV en 1697. La quotité des droits alloués a été souvent modifiée, la d(;rniére (ixatioii est du 26 octobre 1771.
On fait des arbitrages sur les malières or et argent comme sur toute autre valeur, ce (|ui permet d'envoyer les lingots uniquement là où le besoin est réel et le profit plus grand. Cette opération est du domaine des ban([uiers.
En acceptant les dépôts de métaux précieux et en avançant sans intérêt ni commission leur valeur intégrale au prix du tarif, la Banque de France a donné, depuis 1880, à la Régie des monnaies une grande facilité de service, permettant de suspendre la fabrication quand les métaux se présentent au change en quantité insignitiaute et à la modérer daus le cas contraire.
Le taux du change avec un pays étranger s'établit sur les rapports commerciaux et autres qui les constituent entre eux débiteurs ou créanciers, et sur la nature de la monnaie qu'on peut donner en paiement. C'est ce qui explique comment le change avec l'Angleterre nous a élé plus défavorable lorsque notre circulation métallique a été en argent que lorsqu'elle a été en or. Il résulte en effet d'un tableau de M.'Juglar, que de 1819 à 1852, le change est monté à 25 fr. 80 c. et 25 fr. 90 c. pour la livre sterling payable à Loudres, tandis que depuis 1852, il ne s'est jamais élevé à plus de 25 fr. 35 c. ou 25 fr. 40 c, en laissant en dehors les cours cotés au moment des colossales opérations de change faites en 1871 pour le paiement de l'indemnité de guerre à l'Allemagne.