Crises monétaires
Toute variation brusque de la valeur des métaux précieux et des monnaies entre eux, ou relativement aux autres marchandises, constitue une crise monétaire qu'il ne faut pas confondre avec les crises industrielles et commerciales, bien que celles-ci la provoquent et en accroissent le plus souvent l'intensité. Elles ont, en effet, les rapports les plus intimes avec les liquidations de pays à pays ; la monnaie en circulation étant un réservoir de cajiitaux exportables. Les crises monétaires proprement dites iirovicnnriit le plus généralement de la disj)roportion entre la quantité de métaux et de monnaies réclamée par le besoin des échanges et celle qui se trouve en circulation. Telles ont èlé les dernières crises de la Tunisie p(nn" la monnaie divisionnaire, et de la Rèpubli(|ue Argentine i)0ur la monnaie d'or. Celles qui résultent d'un excès de numéraire sont les moins dangereuses et les moins durables, l'or et l'argent étant toujours, surtout avec le progrès industriel, beaucoup plus demandés qu'offerts. C'est ce qu'on a vu en 1559, lors de la découverte des abondantes mines d'argent du
MONXAIKS
MONNAIES
Potosi et en 1S50 après l'allliix de l'or île Californie et d'Australie : il n'y a presque pas eu de crise et la baisse a été insignilianle.
Le retrait des dépôts des banques et la hausse de Tesconipte sont à la l'ois les symptômes et les derniers remèdes des crises. Quant aux remèdes préventifs, ils consistent dans une bonne organisation dos banques, canalisant les réserves métalliques et pondérant l'émission des billets, ilans le perfectionnement des opérations de compensations et dans l'application aussi complète que possibli' du libre-échanij:e (jui facilite l'écoulement des produits et leur eclianiie contre du miméraire, exemple : la crise de 1847. entin, dans l'unilicatiou de jdus en plus éteuilue des divers systèmes monétaires. Le crédit mal conduit est une cause fréquente de crise monétaire. Ou n'a qu'à se rap[)eler la banque de Law qui inonda le pays de papier-monnaie alors que celui-ci reclamait des espèces, et la planche aux assignats dont les 46 milliards amenèrent une telle cherté des vivres qu'on dut décréter le maximum pour les objets de première nécessité.
En I7jv), lorsque le roi porta sa vaisselle à la Monnaie, la crise provenait de la rareté du numéraire par suite des altérations et du billonnagc. — Uu autre trouble monétaire est celui de nos jours résultant de la diprèciation de l'un des deux métaux précieux vis-à-vis l'autre, dépréciatiou qui, selon les bimétallistes. proviendrait de la démonétisation allemande de 1873 et de la suppression de la frappe des ecus de 5 fr. dans l'Union latine, mais qui, selon les monométallistes, est inhérente à l'état du commerce et serait insensible si le rapport légal et fixe préexistant n'existait pas.