Musée monétaire
Ce uiii.--ei' formé depuis la réunion de la Monnaie des médailles à celle des espèces et rattaché au service monétaire, renferme tous les coins et poinçons et une série de méd;iilles frappées depuis Charles Mil. Il sert aux études de numismati(iue, de celte science qui, juir l'analyse approfondie de tout ce que révèlent les monnaies et médailles, est le meilleur auxiliaire de l'histoire. Les premières médailles furent de véritables monnaies, comme les monnaies votives furent de véritables médailles. Le cabinet le plus complet de numismatique est à la Bibliothèque nationale et remonte à François l*^
Pétrarque et les Médicis sont cités comme les premiers collectionneurs de monnaies et médailles. On cite auh)urd'hui comme collections remarquables de simples particuliers, celles d'Hauteroche, lloUiu, Duranil, et, comme cabinets nationaux, ceux de Londres. Vienne, Munich. Berlin, Milan, Florence et Rome.
IX. ADMINISTRATION DES MONNAIES ET MÉDAILLES. 34. Organisation antérieure à 1789.
Jusqu'en 851, les rois eurent dans leur palais toute l'administration monétaire qui, dans les voyages, se déplaçait avec le reste de la maison. A cette époque, furent établis des ateliers fixes dans certaines villes avec des gardes, essayeurs, tailleurs et monnayeurs ou olHciers de fabrication ayant divers privilèges; mais ce n'est guère qu'à partir du xiv* siècle que l'administration des monnaies commence à présenter une organisation régulière. A la tète, furent placés trois, puis huit maîtres généraux (jui dirigèrent l'ensemble des opérations et constituèrent la première Chambre des monnaies relevant du Parlement de Paris. Henri 11 Ut de cette dernière Chambre, en I.'jôl, une Cour souveraine ayant en matière de monnaie les plus grands pouvoirs de contrôle, de police, de jugement et comprenant un grand nombre d'olliciers de juridiction ayant des privilèges plus grands encore que ceux des officiers de fabrication.
Aussi loin qu'on remonte, c'est l'airermage qu'on trouve pratiqué comme mode d'exploitation de fabrication (arrêt de Charles IX en lôGGi. Les baux furent d'abord particuliers jusqu'en 1645, puis généraux et de nouveau particuliers. En 10G6, la régie aux risques du roi vient remplacer le fermage. On revient en 1672 au bail pur et simple, et en 1683, à un mode particulier de régie directe de l'État.
L'édit de juin 16'..t6, complété par celui de 1705 et resté en vigueur jusqu'en 1789, créa pour l'administration centrale :
r Un directeur trésorier général chargé de surveiller avec un contrôleur général le travail de la fabrication dans tous les hôtels des monnaies et dépendant pour les avances à faire, l'emploi des espèces fabriquées, le règlement des dépenses, du contrôleur général des finances ;
2" Un directeur trésorier particulier dans chaque établissement avec des contrôleurs contre-gardes.
Ces directeurs entrepreneurs étaient tenus : l°de faire le change des matières et espèces, or et argent.
au prix des tarifs arrêtés par la Cour des monnaies; 2° de convertir à leurs frais et risques les matières en espèces ; 3° de prendre en charge les espèces passées en délivrance ; î" d'ac(iuitter toutes les dépt'iises ; 5" de rendre comiite annuellement au trésorier général. Les réparations de gros œuvre et des machines étaient seules à la charge de l'Etat. Les directeurs avaient le droit de brassage, un droit de déchet et :? deniers par marc de matière pour travaux supplémentaires. Ils tenaient uu compteinridères indi(iuant le lin reçu au change avec son emploi et jugé par la Chambre des comptes et un compte-fs/)èc(;.v jugé parle Conseil royal. Le contrôle des gardes s'appliquait à tous les faits de l'atelier monétaire. Il y avait de plus à la Monnaie «le Paris un contrôleur général au change et un inspecteur du monnayage.
Le règlement du 3 mai 1557 fixa les attributions des graveurs. En outre, des inspecteurs généraux étaient envoyés de temps en temps en vérification, et un garde des archives avait la conservation des objets nécessaires aux essais, de l'étalon servant à la vérification des poids.
Cette organisation avait des parties encore bien défectueuses. Ainsi le directeur, bien (|ue responsable, ne pouvait acheter des matières sans l'assistance du contrôleur contre-garde ; ses fontes étaient fixées simplement par un essayeur officier royal; il était obligé de se servir d'un graveur, d'ajusteurs et de monnayeurs qu'il ne choisissait pas ; enfin les règlements avaient exagéré les tolérances à tel point qu'elles permettaient aux directeurs, sous prétexte de bénéfice pour le Trésor, de chatouiller les remèdes ; si bien que le débet arriéré de ces derniers était, malgré les sévérités de la Cour, de 0,161,290 fr. en 1792.