III. MUSÉES DÉPARTEMENTAUX ET MUNICIPAUX
Il existe en province un assez grand nombre de petites collections dont les origines sont antérieures à la Bèvolution ou remontent à la période révolutionnaire. Le Consulat eut lidée de choisir les plus importants de ces musées embryonnaires et d'en faire ce que nous appelons des musées départementaux. Un arrêté du 14 fruclidoran VlUdécida qu'il serait formé quinze collections de tableaux destinées aux musées de Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Bruxelles, Marseille, Rouen, Nantes, Dijon, Toulouse, Genève, Caen, Lille, Mayence, Rennes et Nancy.
11 existe^ de cette façon, des collections très importantes, mais la sollicitude du Gouvernement s'est aussi étendue aux petites collections appartenant à des municipalités et les a encouragées de son mieux. C'est ainsi qu'en 1872, 4,000 œuvres d'art furent réparties entre tous les musées de province. Il n'existe pas moins de 250 villes ayantaujourd'hui un musée plus ou moins important et en relation avec l'administration centrale des beaux-aris. Il convient de mentionner ici le musée que la ville deParisa consacré à sa propre histoire, installé dans l'ancien hôtel Carnavalet (le])\\\i 1881 et ouvert au public les jeudis et dimanches.
Tous ces musées vivent : 1° des libéralités artistiques que leur fait l'État ; 2° de certains secours en argent qu'il leur accorde et qu'il prélève sur le crédit de 15,000 fr. ouvert au budget avec cette affectation ; 3° des subventions allouées par les départements et les villes et 4° des libéralités qui leur sont faites par des particuliers.
Le personnel de chaque musée comprend en général un conservateur nommé par le préfet [D. 25 mars 1852), sur la présentation du maire, et un concierge et des gardiens choisis par le maire. 11 existe, en outre, dans certaines villes une commission de surveillance.
Quant à l'Élat, il exerce un droit de contrôle à raison des œuvres d'art qu'il donne aux musées et sur lesquelles il garde une sorte de droit de propriété éminente. Cette surveillance s'exerce par des inspecteurs spéciaux. Deux crédits, l'un de 9,000 fr. pour les traitements, l'autre de 5,000 fr. pour les frais de tournée, sont ouverts pour ce service.
Emile MoRLOT.