Obligations à court terme
Le premier point à considérer dans un emprunt est celui qui consiste à deierminer la nature des capitaux auxtjuels on veut faire ai)pel. De cette première détermination dépend la forme de l'emprunt. Les capitaux en (luète de longs placement."^ |)rèrèrcnl les rentes perpétuelles ou aniorlis-sablcs ; les capitaux flottants préfèrent s'employer eu bons du Trésor à èciièance variable dont le délai ne dépasse généralement pas un an.
.Mais si la forme de l'empriiut indique à l'avance la clientèle que le Trésor désire attirer, elle est aussi l'indice de la destination des capitaux appelés à s'employer. C'est en raison de ces principes ([u'un a vu le Trésor s'adresser tour à tour, soit a des banquiers ou gros capitalistes, soit à l'épargne pu-. bli(iue.
Les obligations du Trésor, dont la création a été autorisée par la loi du 2;{ juin 1SJ7, avaient pour but de faciliter l'exécution et l'extension du réseau des chemins de fer. A cette époque, les compagnies concessionnaires avaient demandé à l'épargne des capitaux considérables, sous forme d'obligations remboursables à 500 fr., rapportant un intérêt annuel de 15 fr.
Ce type spécial d'obligation, aujourd'hui si connu, avait trouvé la faveur du public, et l'on s'explique que l'Etat ayant à rembourser des sommes dues aux compagnies de chemins de fer ou à procéder lui-même à des travaux au lieu et place des compagnies, ait adopté la même forme d'emprunt qu'elles.
La clientèle existait, et elle allait être privée des émissions consécutives auxquelles elle était habituée de répondre. L'État s'olï'rant de la satisfaire, 11 était tout naturel que les obligations du Trésor aient le môme succès que celles des compagnies. C'est ce qui se produisit.
Eu raison de la durée de l'amortissement de ces premières obligations, 30 années, elles furent appelées obligations Irentenaircs.
l'ius tard, lorsque le Trésor eut à pourvoir à des dépenses d'armements et d'approvisionnement pour le compte des ministères de la guerre et de la nuirine, on émit une autre catégorie d'obligations remboursables en G années, (jue l'on appela oblirjutions à court terme ou scxcjinuires.
Elles furent surtout souscrites par les grandes sociétés d'assurances ou de crédit, et par les ban- (|uiers auxquels elles offraient un omi)loi temporaire et sur de leurs capitaux '.