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IT. PRODDCTIOK. EXPLOITATION DES MINES

Les formations aurifères remontent les unes à l'époque primaire d'autres aux époques tertiaires et quaternaires.

L'extraction des alluvions ou des sables contenant des matières d'or a été le procédé le plus usité ; c'est dans tous les cas le plus simple pour se procurer le métal précieux, souvent le plus pur. La plus grande et la meilleure part du travail est faite par le roulage naturel de la rivière.

Les alluvions sont encore assez exploitées ; mais cette production, en quelque sorte naturelle, est devenue trop lente et surtout trop incertaine pour suffire à elle seule à l'approvisionnement normal. Aussi avec la continuité et Faccroissement des besoins s'est-on mis à rechercher les liions mêmes, c'est-à-dire les mines où le métal se trouvait soit à l'état natif, suit à l'état de mélange avec d'autres minerais.

La main-d'œuvre entre donc pour une part de plus en plus grande dans les calculs d'exploitation. Elle est de 4 à 6 en Guyane, de 10 à 12 au Venezuela, de 12 à 15 en Californie. Pour éviter la cherté du travail aux lieux de production, une compagnie du sud africain vend son minerai, aussitôt extrait, 500 fr. la tonne à une maison de Liverpool qui se charge de faire avec des machines tout le travail ultérieur.

On trouve souvent l'argent mêlé à l'or, mais là où l'or domine, il le fait dans une proportion beaucoup plus forte que l'argent là où il domine à son tour : on retrouve ainsi la supériorité de l'or partout. Dans les mines présentant une grande richesse à la surface, on s'en est tenu à l'exploitation de simples affleurements, et il n'y a pas longtemps encore, en Uruguay, des compagnies françaises se sont contentées de ces affleurements dans des terrains qui avaient déjà été exploités par des particuliers et où les recherches en profondeur auraient été trop coûteuses. Ces recherches en profondeur ne sont pas toujours une garantie absolue de la richesse ; elles la confirment toutefois au moins généralement et c'est à tort que Sterling a dit d'une façon beaucoup trop absolue qu'en creusant profondément le rendement n'augmente pas.

Le minerai e.x Irait des roches aurifères est en général moins pur que celui des alluvions. 11 est bocardé, soumis à l'amalgamation, puis soumis à Fopération du départ, c'est-à-dire au traitement par l'acide nitrique concentré et l'acide sulfurique également concentré et bouillant, traitement qui rend l'or aussi pur que possible. Récemment en Australie ou a substitue au procédé d'amalgamation le procédé par chloruration qui utilise l'alfinité chimique de For et du chlore : on mélange le minerai avec du chlorure de chaux et de l'acide sulfurique étendu d'eau; Facide sulfurique s'empare de la chaux et l'or du chlore ; on agite, on décante le liquide après une demi -heure et on filtre sur du charbon de bois qui n-tient le chlorure d'or, puis on sépare l'or du chlorure soit en volatilisant le ciilore par la chaleur, soit en le déplaçant par un agent chimique.

L'Europe, qui a fourni à l'antiquité presque tout son or, ne donnait plus guère annuellement, en 1851, que 2,210 kilogr. dont 2,000 fournis parl'Autriche. Au dire de iM. Levasseur, le produit total des deux Amériques, de 1804 à l.s4,s, serait de 3,G75 millions de francs d'or, qui, avec la produc-

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tion de 1 hV2 à tSOi , ferait 10,r>73 millions. L'Europe et la Russie paraissent avoir produit depuis le commenooment du xvi' siùclo 2 milliards 100 millions et l'Afrique et l'Asie 7 milliards ôOO millions.

En Californie, la production a éti\ de IStS à 1850, de 752. 100 kilogr.

En Australie, de ISôl à 1SJ6, elle a été de ÔOS.SUO kilogr. L'exploitation s'y fait par des galeries de plus do SO mètres de profondeur et les aftleurements tant des alluvions que des liions ont été reconnus sur plus de l.ôOO kilomètres de développement. En Russie se trouvent les anciennes mines de Scythie, que Pierre le iirand e.>saya vainement de tirer de l'oubli. En 183S, on lit une découverte importante dans la Sibérie orientale, et diverses chaînes de montagnes. Caucase, Oural et Altaï, renferment dans toute leur étendue plus de 5,000 kilomètres de minerai d'or. Ces mines de Russie sont assujetties à des droits régaliens qui ont donné au Trésor, en 1870, 504, i 14 roubles et, en 1SS9, 2,580,589 roubles.

Dans l'Amérique du Sud, !a production, qui était de 900,000 Ji en 1S8S. s'est élevée en 1889 à 1,750,000 -£. C'est là, en Uruguay, au Venezuela, en Colombie, au Brésil et particulièrement en Guyane qu'ont été faites des recherches récentes, sérieuses; et si les compagnies des mines El Calao, Cortada de San Antonio, Segovia, Ouro-Pretro, Faria, Lamana, voient à peine leurs actions au pair, c'est uniquement, au dire des ingénieurs Flory, Viala et autres, à cause des hésitations qu'on meta faire les dépenses nécessaires pour pousser les travaux plus à fond, ou de Timporlance des droits de redevance ou d'exportation équivalant par exemple pour la Californie à 30, 40 et même GO p. 100 des bénéûces, ou encore des complications et de la rigueur des règlements imposés aux concessionnaires.

En Guyane, le prix de revient, qui varie par tonne de minerai de 120 à 140 fr., pourrait s'abaisser jusqu'à 100 fr. Dans l'Afrique australe et particulièrement dans le Transvaal, l'or a commencé à s'y révéler en 18G8, la découverte des gros filons ne date que de 18SI et, déjà en 1889, ce pays était le cinquième sur la liste des pays producteurs d'or.

En attendant que l'Afrique australe la dépasse, l'Australie est le pays le plus grand producteur d'or.

Depuis 1887, la plus riche mine d'or est celle de Mount Morgan en Queensland qui a produit à elle seule 7,450 kilogr. d'or. Les diverses mines et alluvions de Victoria ont produit ensemble, en 1888, 23,719 kilogr. d'or. La teneur or est très élevée, 150 grammes par 1,000 kilogr. de minerai; cet or est très pur, contenant entre 87 et 99.7 p. 100 de fin.

En réunissant les statistiques de Burckard, Kimbal et du rapport publié sur l'exploitation des mines, la production de l'or aux États-Unis, de 1804 à 1888, aurait été de 1,810,030,070 dollars, et en Australie, de 1851 à 1888, de 8,279,419,8GG fr.

Les dernières estimations de M. Bois^evain sont pour la production totale du monde jusqu'à nos jours de 40 milliards d'or dont 20 milliards en cirulation, y compris le stock d'Asie et d'Afrique.

M. Burckard a fait pour l'année 1884 la répartition de la production, du monnayage et du stock or. La voici en milliers de francs :

ProJiictiou

Moii-

Stock

auDtii'Ui'.

Dayage.

existant.

Ij.'iD.'i

ir>7,500

ir.o,520

.\frique

Algorio

.Mloinagno

.Vineriquo conlralo . .

AiigleteiTC-Irlancio . .

.Vuslralio

Autridio-Hoiigrio . . .

Uoliiiijuo .......

Bolivie

Brésil

Cunada

Gap de Bonne - Espo -

ranco

Chili

Colombie

Cuba

Danomarlv

Kspagiio

l-:tats-Unis

Franco

Grèce

Guadeloupe

Haïti

Hollande

Iles hawaïennes . . .

Indes

Ilalie

Japon

Luçonou Manille . . .

Mexique

Pérou

Perse

Portugal

RopuDlique Argentine.

Roumanie

Russie

Suisse

Suéde et Norvège . . .

Turquie

Uruguay

Venezuela

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