‹ Dictionnaire des financesChapitre 1352 sur 3112 · IV. GESTION SES ORDINAIRES · texte numérisé non relu

IV. GESTION SES ORDINAIRES

Les corps peuvent se procurer les denrées nécessaires à l'alimentation des hommes vivant à l'ordinaire :

Par des achats effectués directement pour chaque compagnie, à la diligence du capitaine et de ses agents : le fourrier et le caporal chargé de l'ordinaire ;

Par des achats effectués, pour toutes les unités du corps, par une commission dite des ordinaires et constituée comme il suit :

Un chef de bataillon, président ;

Quatre capitaines, membres ;

Un lieutenant ou sous-lieutenant, secrétaire.

La commission des ordinaires n'a pas à s'immiscer dans l'administration et la comptabilité des ordinaires des compagnies, dont la surveillance appartient aux chefs de bataillon de qui dépendent ces compagnies. Mais elle a pour mission d'acheter, de recevoir et de distribuer les denrées ou objets nécessaires aux ordinaires.

Pour les fournitures les plus importantes, celle de la viande par exemple, elle passe des marchés généralement par adjudication, de gré à gré toutes les fois que les circonstances le rendent préférable et que le chef de corps l'autorise. Toutes les denrées achetées par la commission des ordinaires sont reçues par le capitaine de semaine de cette commission qui s'assure de leur qualité et veille à la stricte observation des clauses du cahier des charges. Il refuse les denrées qui ne seraient pas satisiaisantes et en exige le remplacement immédiat. En cas de contestation, il en rend compte au pré-sident, qui convoque la commission. Celle-ci prononce, et, s'il y a lieu, fait acheter au compte des fournisseurs les denrées nécessaires au remplacement. Ces dispositions doivent faire l'objet de stipulations spéciales dans les marchés passés.

Clia([ue jour, le secrétaire de la commission des ordinaires reçoit des capitaines de compagnie la note indicative des denrées que chaque compagnie doit prendre, et il avise les fournisseurs de l'importance des livraisons à effectuer le lendemain, à l'heure qu'il leur indique.

On s'accorde généralement à trouver excellents les résultats que donne l'application de ce règlement. C'est qu'on a enliu compris qu'il devait servir de sauvegarde contre les fraudes possibles, sans être une gène pour les officiers à (jui incombe son exécution.

Ceux-ci, n'ayant plus à craindre les tracasseries administratives, ai)portcnt le zèle le plus louable à amélionir l'ordinaire de leurs hommes. Une rivalité heureuse s'est établie, et cha(|ue capitaine s'efforce

de faire mieux dans sa compagnie que dans toute autre. Presque partout, les soldats ont une nourriture suffisamment variée, peuvent enfin manger sur des tables et jouissent du luxe inouï de vaisselle.

Ces dépenses n'empêchent cependant pas la formation de bonis importants.

Ces bonis servent à augmenter la ration toutes les fois qu'elle est insuffisante.

La ration journalière du soldat en marche est seulement de :

Vivres-min nain i ^^^^ ordmaire 0^1

de taYle ^ ' ^ 0" pain biscuité 0 7

^^ ^^"^^ f Ou biscuit 0 5

Vivres-viando

Viande fraîche

Uu viande de conserve . .

Ou bœuf salé

Ou lard salé

1 I\iz (2 jours sur 3) . . .

Autres légumes , haricots, pois, lenlilles, I etc. (iiour sur 3) . .

Sel

Sucre

r^F^ ( Café torréfié en grains

^'^'°- ( Ou café vert

Vivres de campagne .

Légumes.

O^TSC ?oo

La ration comprend en outre 0'',250 de pain do soupe. Ce pain doit être acheté par les troupes elles-mêmes, dans le pays, sur les fonds de l'ordinaire. Lorsqu'elles ne peuvent s'en procurer, l'administration leur en fournit. Les liquides ne sont distribués qu'exceptionnellement, sur l'ordre du commandant en chef, à raison de ^j^ de litre devin, ou '/j litre de bière ou de cidre, ou 0,0623 d'eaude-vie.

Les fatigues considérables que l'on impose aux soldats pendant les manœuvres rendent indispensable une alimentation plus forte que celle qui leur est ainsi allouée.

Les capitaines le savent bien et consacrent presque toutes les économies de l'ordinaire à préparer pour leurs hommes une réserve qui est rapidement absorbée durant cette période.

RODERT-BÉR.^RD.

Bibliographie.

Règlement du 23 octobre 1887 sur la gestion des ordinaires, AlbiTt Babeau, La vie militaire sous l'ancien régime. VicomtH d'Avenel, Biclu'tieu et la monarchie absolue,

Page 1