‹ Dictionnaire des financesChapitre 167 sur 3112 · ENFANTS MORAL. ABANDONNÉS · texte numérisé non relu

ENFANTS MORAL. ABANDONNÉS

Viennent ensuite : la Mourthe-et-Moscllc, la Haute- Vienne, la Sartlie. le Calvmlos, la Mayenne, la SeiQe-et-M.irnc. la Charente, la Somme, les Cotesdu-Nord. l'Aisne, la Nendée. l'Allier, la Dordotine, le Puy-de-Dôme, la Haute- Saône, l'Orne, les Bassts- Pyrénèes, le Vaucluse et l'Oise, qui ont de ôOO à 1,000 enfants immatriculés.

Ceux qui en ont le moins sont : le Tarn, 97 ; les Basses-Alpes, i^C; la L07À're, 89; rArdèchc, 7 j ; la Haute-Loire, 73; de Hant-lHiin) Belfort. 48.

Le nombre total des e7)fants secourus atteint d'autre part les cliill'rcs les plus élevôs dans les départements suivants :

La Seine, 10,OSI; le Rhône, 2,125; la Gironde, 1.129: les Bouches-du-Rhônc, 1,127; la Manche, 1.060.

Nienneut ensuite par ordre d'importance les départements ci-après : Allier, Nord, l'as-de-Calais, Morbihan, Dordogne. Mayenne, Loire-Inférieure, Saône-ct-Loire, Maine-et-Loire, Calvados, Vienne, Loire, Haute-Vienne, Meurthe-et-Moselle, Loiret, Cher. Seine-et-Marne, l'uy-de-Dôme, Ârdennes, lllcet-Vilaine , Indre-et-Loire , Côtes-du-iNord , Eure , Indre, Basses-Pyrénées, Corrèze, Creuse, dont le nombre d'enfants secourus varie de 500 à 1,000.

Ceux (|ui ont le moins d'enfants de cette catégorie sont : les Hautes-Alpes, 146; les Basses-Alpes, 138; le Taru-et-Garouue , 115; l'Aube, 107; la Corse, 88.

H. NiELLV.

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ENFANTS i MORALEMENT ABANDONNÉS). — Création du service. — Sauver du vagabondage et du crime les enfants mis hors le décret de 1811 parla circulaire ministérielle de 1823, c'est-à-dire ceux qui ne peuvent plus profiter du service des enfants assistés, par la seule raison qu'ils ont atteint l'âge de 12 ans, quelle que soit leur situation, abandonné ou orphelin; recueillir également ceux dont ne s'occupent plus des parents indignes, telle est l'œuvre réalisée depuis 1880 par l'administration de l'Assistance publique à Paris, tel est également le but poursuivi par la Société générale de protection de l'enfance abandonnée ou coupable fondée

quelques années auparavant par M. Georges Bonjoan.

Toutefois, les résultats que l'on se promettait ne pouvaient être obtenus qu'en garantissant l'administration charitable contre la mauvaise volonté des parents. Une loi du 24 juillet 1889. due à l'initiative de M. Théophile Roussel, a tlxé la situation légale des enfants moralement abandonnés et permis dans certains cas de retirer aux parents indignes la puissance paternelle.

Organisa/ion. — La création et l'organisation do ce service à Paris sont dues à l'initiative féconde de M.\l. Michel Moring, directeur de rAssi$lauce publi(|ue, et Brueyre, chef de division, aidés de MM. Thulié et Lafont, alors conseillers généraux de la Seine.

Le service recueille :

1* Les enfants de 12 à 16 ans orphelins, abandonnés ou enfants de parents condamnés;

2° Les mineurs de 16 ans qui, arrêtés parla Préfecture de police pour menus délits, ou simplement parce qu'ils sont errants dans la ville, étaient jusqu'ici déférés au parquet, acquittés en vertu de l'article 66 du Code pénal comme ayant agi sans discernement et envoyés jusqu'à leur majorité dans les établissements correctionnels;

3° Les mineurs de 16 ans conduits directement à l'hospice par la Préfecture de police après leur arrestation, et le refus de leurs parents de les réclamer, puis les enfants qui sont signalés à l'administration par les conseillers généraux ou municipaux, les maires du département, les bureaux de bienfaisance, les commissaires de police, comme délaissés de fait par leurs parents et dont ceux-ci demandent l'admission.

Fonctionnemoit. — Tout enfant dont l'admission est réclamée, est, sans aucune formalité, immédiatement recueilli à l'hospice dépositaire pendant environ 15 jours, mais l'admission définitive n'a lieu qu'après ce stage pendant lequel l'enfant est étudié à un double point de vue.

Tout d'abord il convient d'écarter ceux des enfants dont un état de sauté chronique ou des infirmités dissimulées par les parents ne pennettent pas l'apprentissage. Puis il est nécessaire de se rendre compte exactement de la situation morale de l'enfant alin d'écarter ceux dont la corruption invétérée rendrait impossible le placement chez des patrons et deviendrait une cause de désorganisation du service.

Dès que l'admission est définitivement prononcée, il y a lieu de pourvoir au placement de l'enfant eu vue de son éducation professionnelle.

Le système adopté consiste à mêler les enfants à la population ordinaire sans que rien les en distingue. On interroge les goûts do l'enfant, ses aptitudes, et dans la limite des ressources et aussi des offres de placements qui sont faites à ce moment, on le met, comme eût du faire sa famille, chez un patron ou dans une usine.

Sauf les professions dangereuses ou malsaines qui sont naturellement écartées, l'administration recherche la plus grande variété dans les placements aÛR de répondre aux tendances et au goût des enfants.

Ces placements sont faits soit isolément chez des patrons, soit par groupe chez des industriels : chacun dos deux systèmes offre des avantages spéciaux, cependant l'administration parisienne considère le placement on groupe comme plus favorable.

bl4 EiNFANTS MOUAL. ABANDONNES

Dans les fabriques ou usines, les conditions du travail sont réglées conformément à la loi du 19 mai 1874 et aux décrets additionnels à celle-ci. L'instruction y est donnée régulièrement aux enfants.

Indépendamment des placements de toute nature dont dispose l'Assistance publique, tant à l'aris qu'en province, elle a créé avec le concours du conseil général, des écoles professionnelles d'horticulture et de culture maraîchère à Yillepreux, d'ebénisterie et de typographie à Montèvrain, de typographie à Alençon.

Les deux premiers établissements ont été acquis et aménagés en partie grâce aux dons considérables faits en faveur du service.

Éducation. — Les enfants y reçoivent l'instruction technique et primaire.

Dès l'admission d'un enfant, un compte lui est ouvert; on porte à son actif tout ce qu'il gagne et à son passif toutes les dépenses faites par lui, à l'exception toutefois des frais d'hospice, de voyages, de premier trousseau, d'instruction, de médecin, etc.

L'excédent d'actif de l'élève est capitalisé à son profit.

En résumé, le service des moralement abandonnés offre aux enfants recueillis les avantages suivants :

1» L'éducation libre et préventive est substituée à l'éducation dans les établissements correctionnels jusqu'à leur majorité;

2'' Chaque enfant est réellement doté d'un métier ou d'une profession qu'il peut exercer après son apprentissage ;

3" La capitalisation à la caisse d'épargne de tout l'actif qui lui est acquis lui assure, le jour où il devient son maître, la possession d'un pécule relativement important.

Statistique. — Le nombre des enfants admis de 1SS2 à 1887 a été :

Garçons. Filles. Total.

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