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A/icie/is tarifs. ïa.re progressive à la distance

La nécessité d'un tarif modéré et simple pour les lettres a été longtemps méconnue.. lusqu'à la Révolution, la taxe des lettres était graduée non seulement d'après le poids, mais encore d'après le nombre des feuilles employées, et d'après les distances comptées tantôt en saivaat la route réellement parcourue, taatôt a vol d'oiseau '.

1. Vuir riiistorii(uo ronijjlct dus larils iiostaux on l'^rniico thiiis le Trailé de U'iiisldtiun et d'cxjduiUition pusiale de M. Paul .Jaci;ottev. t)-^ partie, iMiap. M etsiiiv.

POSTE

Le dernier tarif proporlionnol aux distancrs qui ait été appliqué en France est celui de la loi du 15 mars IS'27. Le nombre des zones lut llxé à onze et la taxe dos lettres simples graduée par décime, depuis "20 centimes.

Ce tarif était compliqué ; la plupart du temps, un double calcul était nécessaire pour déterminer le prix du port à percevoir ; il était cher, puisqu'une lettre de Taris pour Marseille, du poids de 15 grammes, qu'on atVraucliit aujourd'hui à raison de lô centmies, coûtait alors 2 fr. 20 c. de port.

La progression de la taxe avec la distance était une source de diflicultés que la logique et l'é(|uité même ne justiliaieut pas. Les frais de transport ne sont pas les seuls dont il y ait lieu de tenir compte pour lixer le prix de port d'une lettre. Il y a d'autres éléments irréductibles qui sont : le relevage des correspondances, l'affranchissement ou la taxation, la manipulation, la remise à domicile. Le développement du réseau ferré, sur lequel la poste jouit de la gratuité presque complète pour ses transports, a fait de la distance un élément négligeable dans la détermination du prix de port des lettres.

Ce principe a été mis en lumière, pour la première fois, par Rowland Ilill, le promoteur de la réforme postale en Angleterre.

Dans ce pays, comme en France, le tarif des lettres était gradué par zones , depuis iO centimes jusqu'à 1 fr. 70 c, pour les lettres simples. A partir du l" janvier 1840, ce tarif fut réduit uniformément à 10 centimes. Le résultat de cette mesure fut très remarquable. Dès la première année, le nombre des lettres s'éleva de 76 millions à 169 millions, soit une augmentation de 122 p. 100, et, depuis lors, la progression annuelle, sans être aussi rapide, a été en moyenne supérieure à 17 p. 100. Quant au produit, il est demeuré, pendant de longues années, au-dessous du niveau qu'il avait atteint avant la réforme. Le revenu brut du l'ost ollice baissa, en 1840, de 43 p. 100. et le revenu net de 69 p. 100. Le revenu brut d'avant la réforme ne put être regagné qu'en 1852, et le revenu net qu'en 1863.

Bésultals de la réforme postale anglaise, d'après les rapports des postmasters généraux.

. Nombre Revenu brut „

^'"'*^'- de lettres. de la poste. Revenu net.

IWO 168,768,344 1,359,466 .500,789

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