Budget de la transportation et de la relégation
Les moyens de répression usités tant pour punir ceux que la loi pénale a frappés que pour placer sous la main de la justice ceux qui ne sont encore que prévenus ou accusés sont tellement divers, que l'on a été obligé de créer au budget pour en désigner l'ensemble une rubrique spéciale qui, sou.--, le nom de services pénitentiaires, englobe toutes les dépenses occasionnées par les prisonniers quelle que soit la cause pour laquelle ils aient été privés de la liberté.
ISous n'avons pas ici à traiter des services pénitentiaires en tant qu'ils se rapportent aux divers systèmes u.sités pour punir et garder tous ceux qui sont tombés sous le coup de la loi pénale, nous n'avons à les considérer qu'au point de vue de.; charges qu'ils imposent à l'Etat et des ressources que lui procure le travail des condamnés.
Le côté cocrcitif des divers systèmes pénitentiaires a depuis longtemps et dans tous les pays soulevé les [)lus vives controverses. Les nombreux congrès qui ont eu lieu sur la matière ne sont par venus à se mettre entièrement d'accord sur un système nettement défini et organisé en vue de frapper le condamné proportionnellement à la peino qu'il a encourue. En raison des dépenses nombreuses auxquelles il faudrait pourvoir ou a plutôj cherché à améliorer ce qui existait qu'à réaliser le^ aménagements reconnus nécessaires soit pour iso-j 1er plus complètement les condamnés entre euij soit pour leur assurer du travail en raison de leui^ facultés intellectuelles.
Quoique l'ou ait longtemps combattu l'idée ai l'emprisonnement cellulaire, on parait aujourd'hui un peu revenu des hostilités qui avaient accueill| son introduction en France, et beaucoup d'espriis qui y étaient opposés s'y sont ralliés. Les dépenseîj
d'établissement que ce système implii|ue ot les obstacles qu'il crée à l'urganisalion ratlDimello ilu travail out relardé et relanioront pendant longlonips encore sou application générale.
Car si l'on cons'ate encore des divergences sur le mode d'eaiprisonnement, pr.'Sijuo tout le monde est d'accord aujourd'hui pour reconnaître que le travail SOUS n'imporle quelle forme doit être la base des systèmes pénitentiaires modernes. Ce que l'on ciierciie et ce à quoi on s'applique eu Irance aussi bien qu'à l'étranger, c'est de trouver les meilleurs procédés d'utilisation de la main-d'œuvre pénitentiaire pour compenser par les recettes que l'on peut en tirer les charges considérables (|ue le service des prisons impose aux Unances publiques de tous les pays.
Les charges qui pèsent en France sur le Trésor du fait des services pénitentiaires sont considérables, et elles le seraient encore bien davantage si les idées philanthropiques d'amélioration du sort des condamnés, d'accord cette fois avec l'intérêt bien entendu de l'État, n'avaient fait prévaloir le principe de l'obligation du travail.
Cette question a été, elle aussi, pendant bien longtemps sujette à des controverses. Personne ne méconnaissait l'inQuence morale que le travail pouvait exercer sur les individus frappés par la loi, mais certains auteurs pensaient qu'il était inutile de fournir aux condamnés les moyens d'adoucir leurs peines soit en les laissant moins livrés à eux-mêmes, soit en leur donnant la faculté de se procurer sur les produits de leurs travaux une amélioration de leur bien-être; d'autres, examinant de plus près la réalité des choses, ne voyaient dans l'obligation du travail imposé aux condamnés que la concurrence que ce travail pouvait faire à l'industrie libre.
Ces opinions n'ont heureusement pas prévalu en France et il est aujourd'hui admis ([ue la première condition qui s'impuse pour moraliser les condamnés est de leur rendre le sentiment de leur dignité, de leur utilité sociale et pour cela de les employer à une tâche productive.