VII. TBA5SF0BTATI0N ET BELÉGATIOH
Les prisons ne sont pas les seuls établissements affectés à la répression des condamnés. Il existe dans certaines colonies des établissements spéciaux ou pénitenciers sur lesquels sont dirigés les individus que la justice a frappés et dont la loi a prescrit l'éloignement.
La création des établissements pénitentiaires extérieurs est de date récente. Elle remonte seulement à 1848.
A la suite des journées de Juin, un décret du 27 juin 1848 prescrivit la transportation dans nos possessions d'outre-mer des insurgés arrêtés le 23 juin et jours suivants.
Vers la fin de ISôO, la question de la transportation fut reprise à un point de vue plus général.
Cette fois, c'était une réforme pénale que l'on voulait réaliser, une colonisation à l'instar de celle que l'Angleterre avait fondée en Australie vers la fin du xvm* siècle.
Une commission fut instituée le 21 février 1851 pour étudier la question de la transportation, particulièrement au point de vue du choix de la colonie pénitentiaire.
Elle choisit la Guyane, colonie assez étendue et assez peu peuplée pour se prêter au développement d'une iuimigration pénitentiaire.
Un décret-loi du 8 décembre 1851 — le point de départ de la législation actuelle — donna au Gouvernement la faculté de transporter pour cinq ans au moins et pour dix ans au plus, soit à Cayenne, soit en Algérie', les individus placés sous la surveillance de haute police, reconnus coupables de rupture de ban ou d'avoir fait partie d'une société secrète.
Un peu plus tard, sur un rapport du ministre de la marine, le Gouvernement offrit la transportation comme une faveur aux forçats en cours de peine (D. 27 murs 1862). Plus de 3,000 d'entre eux l'acceptèrent spontanément. Des adoucissements de peine étaient garantis aux condamnés : les hommes ne seraient plus accouplés ; ils ne porteraient plus la chaîne ; ils ne seraient plus attachés la nuit ; une liberté relative leur était promise. On jetait ainsi les fondements d'un système nouveau qui devait être consacré et complété deux ans plus tard par la loi du 30 mai 1854.