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Sociétés coopératives

Les sociétés coopératives, dont le succès aujourd'hui n'est plus douteux pour personne, sont appelées à transformer les conditions économiques du travail. C'est l'application du grand principe de la mutualité, qui n'a rien de commun avec le collectivisme et le communisme. Dans la coopération, les intérêts sont solidaires mais restent distincts. La propriété individuelle subsiste et par l'accord des volontés, les petites épargnes de chacun viennent s'accumuler pour l'effort commun, c'est la coopération. Tantôt l'efiort de tous se concerte pour procurer à chacun les choses nécessaires à l'existence au plus bas prix, c'est la coopération de consommation. Tantôt le capital de tous sert à fonder une industrie, un établissement pour produire un travail, qui sera bien plus rémunérateur, puisque les associés auront la totalité des bénéfices, c'est la coopération de production.

7. Sociétés coopératives de consommation, de crédit et de construction.

Les premières sociétés coopératives de cousommation remontent à cinquante ans environ. Les ouvriers cotisés achètent une certaine quantité de marchandises, comprenant surtout les objets de première nécessité, et les revendent soit à un prix très peu différent du prix de revient, et l'économie qui en résulte dans le ménage de l'ouvrier n'est que peu apparente, ou bien encore ils les débitent au même tarif que dans le commerce, et alors dans ce cas les magasins de vente sont ouverts à tout le monde, taudis que le bénéfice qui en résulte est réparti en fin d'année entre les participants associés, et l'économie se traduit alors par un assez sérieux revenu, du moins dans les sociétés que leurs frais généraux et surtout d'administration ne grévent pas outre mesure.

Il est impossible, en parlant des sociétés de consommation , de pas.ser sous silence les établissements que certaines grandes compagnies, comme

les compagnies de chemins de fer, ont institués sous le nom d'économats et dont le but est de livrer à leur personnel, au prix de revient faiblement majoré, les produits de première nécessité, tout en limitant la délivrance aux besoins des familles. Quelques-uns de ces économats se sont transformés par la suite en de véritables sociétés de coopération, les bénéfices réalisés sur les ventes ayant permis de constituer un fonds social qui, attribué aux participants, a permis cette mutation. Ces économats, dont le but est essentiellement humanitaire, ont cependant fait l'objet d'une réclamation de la part des petits commerçants qui se prétendaient lésés par une concurrence qu'ils trouvaient déloyale. Aous ajouterons que du reste cette réclamation a été transmise à la Chambre des députés en 1886 sous forme de pétition et que l'Assemblée l'a renvoyée à l'examen d'une de ses commissions. A côté de ces sociétés de consommation, se sont fondées depuis quelques années des sociétés coopératives de crédit. Quoiqu'une active propagande ait été faite en leur faveur, on n'eu comptait que 18 en 1892. Quant aux sociétés pour la construction de maisons à bon marché, émanant, bien entendu, de la coopération ouvrière, elles n'existent pour ainsi dire pas.

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