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Réorganisation; les effectifs de l'ancien régime

Jusqu'alors officiers et soldats s'habillaient selon leur fantaisie. Louvois, en 1G82, fit décréter l'uniformité d'habillement pour la cavalerie et, en 1683, pour l'infanterie.

Il établit partout une slricte discipline et régla minutieusement toutes choses dans de nombreuses instructions qu'il faisait, chose étrange à cette époque, respecter.

" Entre le chaos qui existait avant lui et l'ordre 'I de choses qu'il a créé, la distance est immense. « Son œuvre a été durable, l'état militaire qu'il a « fondé était encore debout en 1792. » (Duc d'Au- « maie, Listitutions ntilitaires de la France.)

Avec lui, les forces de l'armée de l'ancien régime sont arrivées à leur apogée. En 1678, on compte avec une surprise pleine d'admiration, 280,000 hommes sous les armes.

« Jamais roi de France ne s'est vu 300,000 hom- « mes sur pied, écrit M'"* de Sévigné, il n'y a que • les rois de Perse. »

On est loin des effectifs du commencement du siècle. L'armée de Henri IV qui ne dépassa guère 1.5,000 hommes, ferait bien petite ligure et le cardinal de Richelieu ne dirait plus avec fierté : « Sans « hyperbole, le Roi paie maintenant 60,000 hommes " en son royaume. »

En môme temps que les forces militaires de la France se développaient, petit à petit, avec Sully, Hiclielieii, Sublet de Aoyers, Le Tellier, Louvois et Clioiseul, l'administration militaire, à peine rudinientaire d'abord, était arrivée à un contrôle efficace.

Richelieu avait, par les règlements de 1619 et de 1620, créé le ministère de la guerre. 11 avait envoyé dans les régiments des trésoriers avec mission de surveiller les capitaines.

Pour fortifier cette surveillance vite reconnue illusoire, les édils de mai 1624 et de mai 1035 avaient institué des commissaires des guerres, qui vinrent sans beaucoup plus de succès passer les revues.

C'est aux intendants d'armée qu'appartint l'honneur d'apporter l'ordre dans ce gâchis. C'était par nominations individuelles et seulement dans quelques armées que les premiers intendants avaient été appelés à exercer leur contrôle. L'essai avait réussi pleinement ; on nomma des intendants dans toutes les armées et le 24 juillet 1 638 un règlement fixa l'organisation de leur service. Ils étaient investis des pouvoirs les plus étendus et en usèrent pour mettre le holà.

Le premier pas était fait. Les dilapidations deviendront de jour en jour plus dilficiles ; sans doute, l'on verra encore, en 1707, durant la guerre du Palatinat, le maréchal de Villars piller sans vergogne « pour engraisser son veau », comme il s'en vantait lui-même ; mais il pouvait prétexter de la nécessité de payer à ses troupes et aux fournisseurs des arriérés considérables que le Trésor avait omis d'acquitter.

Sous Louis XV et Louis XVI, le paiement de la solde sera de plus en plus régulier, et l'emploi en sera plus scrupuleusement surveillé.

Choiseul enlèvera enfin aux officiers l'entreprise de la solde, de la nourriture et de l'habillement de leurs hommes. Cette seule mesure fera disparaître les plus gros abus. Le prêt sera versé à l'ordinaire après prélèvement de certaines retenues qui viendront, avec d'autres allocations, constituer la masse d'entretien.

Par suite d'incessantes améliorations, le commissariat des fiucrres et le service des subsistances fonctionneront de façon réellement satisfaisante. En un mot, la Révolution trouvera déjà existants quelques-uns des rouages essentiels de l'organisation administrative actuelle de l'armée.

Celle-ci comptait en 1789 : 101 régiments d'infanterie, dont 23 étrangers, à 2 bataillons de 000 hommes (en tout 125,000 hommes) ; 62 régiments de cavalerie (35,000 hommes), 7 régiments d'artillerie, 6 compagnies de mineurs, 9 compagnies d'ouvriers (8,000 à 9,000 hommes); enfin la maison du roi (environ 10,000 hommes).

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