Paiement de la solde sous l'ancien régime; les fraudes
.Nous avons vu au mot Ordi/utire que la soMe était rarement payée à son échéance et presque jamais de façon intégrale.
Pour subvenir à l'entretien des troupes, on comptait le plus souvent sur l'habiiaiit, sur le « bonliomme », qu'on pressurait sans pitié, même en pays ami.
Mais les ressources du « bonhomme » avaient des bornes et bien des généraux, après avoir ruiné le pays qu'ils occupaient, virent leurs troupes se débander, faute de solde.
Les retards fréfiuents du Trésor, la vénalité des Chartres, l'état des mœurs encourageaient des exactions de tout genre.
Les officiers ne songeaient qu'à tirer des bénéfices de leurs grades.
Le jour de la paye, « de la montre », comme on raf)pelait alors, parce que le capitaine devait faire voir ses hommes au commissaire chariré d'en vérifier le nombre, l'effectif qu'il présentait était toujours singulièrement grossi au moyen de valets ou de gens quelconques transformés pour ce seul jour en soldats.
SOLDE
SOLDE
D'autres fois, c'étaient les soldats de la compagnie voisine qui se glissaient dans les rangs de la compagnie passée en revue.
Cette fraude, dite des passe-volants, était si généralement usitée que, pour l'empêcher, l'on dut ordonner qu'en faisant la montre, de grauds intervalles seraient laissés entre les compagnies.
Ces abas, sans disparaître entièrement, furent un peu réfrénés par les iustructious sévères de Richelieu et de Sublet de iSoyers qui chercha à établir, disait-il, « si bon ordre dans les garnisons, « qu'elles fussent effectives dans les places et non « pas seulement dans la bourse des capitaines, « comme elles avaient été jusqu'alors ».
Les primes par l'appât desquelles on recrutait alors les soldats étaient une autre source de gain pour les officiers chargés de les payer et qui en retenaient ponr eux-mêmes la plus grande partie. Pour remédier à cette volerie, on ordonna aux commissaires, au moment des revues, de demander aux hommes ce qu'ils avaient reçu.
Certains capitaines ne se contentaient pas de rogner les primes d'engagement qu'ils auraient dû remettre à leurs soldats. « Les deniers revenants bons » de la solde qu'ils se faisaient payer pour des soldats qu'ils n'avaient point levés ne leur suffisaient même pas.
Chargés de l'entretien de leur troupe , ils la nourrissaient mal et, pour ménager son équipement, la faisaient marcher presque en haillons.
« Le Roi a été informé, écrit en 1683 Louvois « aux inspecteurs, que les capitaines de la garni- « son de Casai ôtent à leurs soldats leurs souliers '< qu'ils leur donnent le jour de la revue, et les « laissent aller nu-pieds. »