Variations des prix de vente
Les prix de vente des tabacs ont été modifiés à différentes reprises depuis l'origine du monopole. Celui du kilogramme de tabac ordinaire, dont la consommation est de beaucoup la plus importante, a été successivement fixé :
A 8 fr. 50 c. aux débitants et à 9 fr. GO c. aux consommateurs, par le décret du 9 mars 1811 ;
A G fr. 40 c. et à 7 fr. 20 c. par le décret du 29 décembre 1812 ;
A 7 fr. 20 c. et à 8 fr. par l'ordonnance du 9 octobre 1816;
A 7 fr. et à S fr. par l'ordonnance du 18 mars 1832, qui supprima la remise de 5 p. 100 accordée pour trait de balance aux débitants, sur le prix de toutes les qualités de tabac, par l'ordonnance du 9 octobre 1816 ;
A 7 fr. 25 c. et à 8 fr. par le décret du 2 mai 1848;
A 9 fr. et à 10 fr. par le décret du 19 octobre 1869 ;
Et, enfin, à 1 1 fr. 50 c. et à 12 fr. 50 c. par la loi du 29 février 1872.
Les prix de vente des tabacs supérieurs, qui ne comptaient à l'origine qu'une ou deux variété.^, ont subi des modilicalions analogues.
Ainsi, les cigares qui ont été, pour la première fois, mis en vente par l'ordonnance du 28 février 181 G et qui ne comprenaient, à cette époque, qu'une seule qualité à 12 fr. 50 c. le kilogramme vénal de 250 cigares, soit 5 cent, la pièce, présentent aujourd'hui 33 variétés, savoir:
20 espèces de cigares de la Havane, de provenance directe et authentique, dont les prix de vente aux consommateurs varient de 50 fr. le kilogramme, soit 20 c. la pièce, à 1,250 fr. le kilogramme, soit 5 fr. le cigare ;
2 espèces de cigares de Manille, de provenance directe, vendus 02 fr. 50 c. et 75 fr. le kilogramme, soit 25 c. et 30 c. le cigare ;
15 espèces de cigares fabriqués en France, avec
TABACS
une échelle de prix allant de 12 Ir. JO o. lo kilngrainme, soit 5 c. le cigare, à l'2j Ir. lo iviloyraïuuie, soit 50 c. le cigare.
Quant aux cigarelles. qui ont fait leur première apparition à la suite de rordoiniauee du OJ octobre 1S43. et qui, au début, ne comprenaient aussi que deux espèces : l'une, à simple enveloppe de papier, vendue au public a raison de ôO fr. le kilogramme vénal de 1,000 cigarettes, Tautre à bout en bois, vendue 7j fr. le kdogramme, il en existe aujourd'hui 21 espcces dilïérentcs, dont les prix de vente aux consonmiateurs varient de 15 fr. le kilogramme de 1,000 cigareltes. soit 30 c. le paquet de "20 cigarettes, à 180 fr. le kilogramme, soit 3 fr. (iO c les 20 cigarettes.
En fait, de ISIG à 1860, c'est-à-dire pendant une durée de U ans, les prix de vente des tabacs sont restés les mêmes et n'ont subi d'autres variations que celles résultant des nouvelles espèces successivement introduites dans la consommation.
Les augmentations assez importantes dont ils ont été l'objet en 1S60 n'ont exercé sur la marche ascensionnelle des ventes aucune inlluence appréciable. En 1861. les quantités vendues ont, il est vrai, llechi de 4''»,ô20 p. 100 par rapport à 1860 et de l'^«,260 seulement coniparativement à 1850, mais dés 1864 elles avaient reconquis le terrain perdu, puisqu'elles excédaient de l''',l'JO p. 100 les ventes de 1860. En 1869, elles étaient arrivées à les surpasser de 9''s,l90 p. 100.
Quant à l'augmentation de tarif de 1872, elle n'a nullement contrarié l'essor de la consommation.
Les ventes, en elfet. se sont présentées dés 1873 en accroissement de 4''^,62o p. 100 sur celles de 1872, et à la lin de 1891 on les trouve en amélioration de 25'''^, 370 p. 100 sur ces dernièrco et de 10^«.110 p. 100 sur celles de 1869, maigre la réduction de territoire provenant de la perte de l'Alsace et de la Lorraine.