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Eiploitatioa par l'industrie privée

Le téléphone, dont le principe parait avoir été découvert dés ISô-i par M. Bourseul, inspecteur des télégraphes, ne revêtit une forme pratique qu'en 1878. lors de l'Exposition universelle, grâce à Grahaiu Bell.

Les services téléphoniques fonctionnèrent dés cette date en Amérique où ils prirent un développement exceptionnel.

En 1879, des demandes de concession de réseaux téléphoniques furent adressées au gouvernement français.

Des autorisations furent accordôesà troispétitionnaires pour une durée de cinq ans sans privilège et avec réserve entière des droits de l'Elat.

Eu 1880, les trois concessions primitives, réduites à deux par suite de cession, exploitaient dans Paris deux réseaux comptant 300 abonnés: la construction de ces réseaux avait été subordonnée à l'autorisation accordée par la ville de Paris d'occuper la voie publique ou le réseau des égouts.

Les inconvénients résultant de l'existence simultanée de plusieurs concessionnaires amena bientôt la ville de Paris à subordonner son agrément à diverses conditions, notamment à la fusion des sociétés rivales, ce qui amena, le 10 décembre 1880, la formation de la Société générale des téléphones.

Cette société reprit l'exploitation du réseau de Paris et établit de nouveaux réseaux à Lyon, Marseille, Bordeaux, .Nantes, Lille, le Havre, Rouen, Saint-Etienne, Saint-Pierre-lès-Calais, Alger et Oran, en vertu d'autorisations spéciales à chaque ville.

La concession de cinq ans accordée à la Société expirait le 8 septembre 1884 ; elle fut renouvelée pour une nouvelle période de cinq ans.

Aux termes du cahier des charges, la construction et l'entretien de toutes les lignes devaient être faits par l'État, pour le compte et aux frais de la Société générale des téléphones.

La fixation des tarifs et des conditions d'abonnement était subordonnée à l'autorisation ministérielle.

Aucun tarif de faveur ne devait être accordé, sauf l'attribution d'un tarif réduit aux abonnements des établissements publics de l'État ou des communes.

Le cahier des charges stipulait le paiement par la Société, à titre de droit d'usage, d'une redevance égale à 10 p. 100 du produit brut des réseaux (de 1879 à 1889 le montant total de ces redevances s'est élevé à 1 ,300,000 fr.) et réservait à l'État la faculté de racheter la concession ainsi que le matériel de l'entreprise moyennant une indemnité à fixer d'un commun accord et, à défaut, à dire d'experts.

Pour l'établissement des lignes souterraines et aériennes , la Société était obligée de se soumettre aux conditions qu'imposaient les villes ou les particuliers pour la pose de câbles dans les égouts ou l'installation de fils aériens dans les voies publiques sur les toits ou le long des maisons.

l.e tarif des abonnements ordinaires aux réseaux de la Société des tt léi)hones était Û\{^ à GOO fr. pour Paris, iOO fr. pour les départements.

La Société prenait à sa charge les frais de premier établissenieiit des lignes des abonnés et leur fiiurnissait gratuitement les appareils.

2. Débuts do l'exploitation du service téléphonique par l'Etat.

L'extension rapide que le service téléphonique avait prise avait démontré la nécessité de l'organiser définitivement.

En l8S-\ eu vue de préparer l'adoption des mesures à prendre pour établir un régime délinilif de la téléphonie en France, l'Etat demanda les crédits nécessaires pour établir des réseaux dont l'exploitation serait confiée à l'administraliiui des postes et des télégraphes.

Lesvilieslesplus iinporlanteselant déjà exploitées par la Société concessionnaire, les premiers réseaux établis par l'État le furent dans des conditions moins avantageuses. Néanmoins, les réseaux établis à Reims, Uoubaix et dans 13 autres localités prirent un développement plus rapide que ceux de la Société.

Au 31 décembre 18S8 ces 1 j réseaux desservaient 770,000 habitants et comptaient 1 ,936 abonnés ; les frais de premier établissement s'élevaient â 737,000 francs, les recettes totales encaissées depuis 1882 dépassaient 1,600,000 fr., tandis que les dépenses d'exploitation et d'entretien n'avaient atteint que 525,000 fr.

A la même date, les 1 1 réseaux établis par la Société (celui de Lille avait déjà été racheté par l'État) comptaient 8,349 abonnés (dont 6. 120 pour Paris) et desservaient 3,800,000 habitants.

Jusqu'en 1884 l'usage du téléphone fut restreint aux abonnés des réseaux.

Depuis, l'ouverture de nombreuses cabines publiques a étendu la catégorie des personnes pouvant faire usage du téléphone.

Le public non abonné peut correspondre des cabines publiques soit avec tous les abonnés du réseau, soit avec toute personne placée dans une autre cabine.

A partir de 1885, des lignes interurbaines, les unes spéciales, les antres utilisées en même temps pour le service télègrapliiqùe, furent mises à la disposition du public pour lui permettre d'échanger des conversations à grande distance.

Les premières lignes téléphoniques interurbaines furent celles de Rouen -le Havre, Paris- Reims, Paris-le Havre, Paris-Rouen et Paris-Lille. En 1887, Paris était mis en connnunication téléphonique avec Bruxelles, en 1888 avec Lyon et Marseille.

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