Théâtre italien
- En février 1577, les comédiens italiens appelés Gli Gelo.n, que le roi Henri III avait fait venir de Venise, et desquels il avait fait payer la rançon, ayant été pris par les Huguenots, coniniencèreiit à jouer leurs comédies dans la salle des états de Blois, et leur permit le roi de prendre rletui Teslon
de ceux (jui voudraient les voir jouer. — Le dimanche 19 mai, ces mêmes comédiens commencèrent à jouer leurs comédies en l'hôtel du Peiit- Bourboa (rue des Poulies) à Paris. Ils prenaient de salaire quatre sols par personne... '. »
Telle fut l'origine des représentations italiennes en France. Les chanteurs ou les acteurs venaient exploiter à Paris un genre inconnu chez nous, opéra ou comédie. La vogue épuisée, ils s'en re-tournaient dans leur pays. A toutes les époques le caractère de leurs entreprises a été le même: essentiellement transitoire. L'instabilité fut leur loi, car, malgré l'éclat des chefs-d'œuvre qu'ils interprétaient et le retentissement de la célèbre guerre des Bouffons â laquelle prirent part les philosophes du siècle dernier, les Italiens n'en restaient pas moins étrangers aux mœurs, aux usages, aux traditions françaises, et, à ce titre, pouvaient bien offrir, par leurs spectacles, un attrait à la curiosité, un stimulant à la production artistique et constituer en somme une école instructive, mais, quant à devenir une institution durable, ils ne l'auraient pu sans se transformer, sans cesser d'être eux-mêmes.
Les subventions régulières de l'État au Théâtre italien ne remontent pas au delà des premières années de ce siècle :
1840 à 1810 120,000 par au.
Les Italiens ont occupé, avec des intermittences, la salle Favart, jusqu'à l'incendie de 1838.
Installés à la salle Ventadour en 1811, ils y restèrent jusqu'à l'année 1878, époque de la clôture définitive de leur théâtre.
Le genre italien parait avoir rempli sa fonction artistique : d'abord en produisant, dans leur texte original, des œuvres que toute traduction devait amoindrir, ensuite en réunissant sur une même scène un ensemble de chanteurs dont la méthode était justement appréciée. L'art musical a pris une orientation nouvelle ; la disparition du Théâtre italien en a été la conséquence.